Alertes- Ce que vous devriez savoir

Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 18:56

 

 

Source : ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

Les lapins en cage : un élevage « choquant » qui reste méconnu

 

 

 

006

Des lapereaux aux yeux infectés et avec des mycoses, des lapins entassés dans des cages trop petites, sombres et jonchées par des cadavres ou encore des kilos de déjections accumulés le long des barreaux : dans une enquête vidéo diffusée jeudi 23 octobre, l'ONG CIWF dénonce les "conditions de vie désastreuses" des lapins élevés en batterie dans l'Union européenne, un élevage industriel qui reste encore méconnu.

 

 

 

CIWF, qui promeut des pratiques d'élevage respectueuses du bien-être animal, a réalisé cette enquête – tournée sans recours à la caméra cachée – cet été dans 16 élevages de cinq pays de l'Union européenne (Italie, Grèce, Chypre, Pologne et République tchèque). Une situation qu'elle avait également dénoncée en France et en Espagne en 2012. En juin, l'association L214 avait elle aussi dénoncé "l'horreur" d'un élevage de milliers de lapins du Morbihan, en réclamant sa fermeture d'urgence, et mené plusieurs enquêtes dans cette industrie"une des pires formes d'élevage" existantes.

"Cette situation est choquante et alarmante, et pourtant elle reste méconnue, regrette Romina Sanfourche, chargée de campagnes CIWF France. La production cunicole [l’élevage de lapins] fait très peu parler d’elle, alors que les lapins sont le deuxième animal le plus élevé pour sa viande en Europe. Ils sont à 99 % élevés en cage."

017

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 332 millions de lapins sont élevés en cage dans l'Union européenne. Malgré une baisse continue de la consommation, la France, 3e producteur européen après l'Italie et l'Espagne, en élève encore 37 millions, essentiellement dans l'Ouest du territoire (48 % pour les Pays-de-la-Loire, 21 % en Bretagne et 11 % en Poitou-Charentes, selon l'interprofession du lapin). Avec la Chine, ces quatre pays assurent l'essentiel de la production mondiale.

Des animaux qui passent leur vie entière derrière des barreaux, dans des espaces trop étroits : ils naissent dans de petites cages grillagées hors-sol et y restent jusqu'à leur mort, soit 80 jours plus tard. Les lapines reproductrices sont quant à elles maintenues isolées et confinées pendant deux ans. Et tous sont gavés d'antibiotiques : les lapins sont les plus exposés à ces médicaments, devant les volailles et les porcs, selon l'indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) livré par le rapport de 2012 de l'Agence nationale de sécurité sanitaire – un chiffre toutefois en baisse depuis quelques années. Malgré tout, près d'un tiers des lapins meurent avant d'atteindre l'âge d’abattage.

018

Or, aucune réglementation n'existe au sein de l'Union en matière de bien-être des lapins, pour contrôler la taille des cages, le nombre d'animaux qu'elles peuvent contenir et les "enrichissements" (paille, objets à ronger, tubes pour se cacher, etc.) dont elles doivent être dotées, contrairement aux poules pondeuses ou aux truies.

"Les cages les empêchent d’exprimer leurs comportements naturels (faire des bonds, creuser et se mettre à l’abri, ronger pour se limer les dents), mais aussi les mouvements les plus basiques (comme se mettre debout et bondir) et leur causent des blessures fréquentes et un stress permanent", dénonce le CIWF, qui a lancé nouvelle campagne "Une nouvelle ère sans cage" assortie d'une pétition.

007

Certains pays commencent à évoluer. En Autriche, les cages conventionnelles sont d’ores et déjà interdites, et elles le seront également aux Pays-Bas à partir de 2016. En Belgique, sous la pression de l’opinion publique, elles sont prohibées depuis le 1er janvier 2013 pour tout nouvel élevage, sauf pour les lapines reproductrices (prévu pour 2021). "Ces pays ont opté pour l’élevage en parcs en plein air, ou les systèmes de clapiers, avec de l'herbe pour nourriture principale, qui améliorent le confort des animaux et leur donnent la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels, indique Romina Sanfourche. Tous les pays doivent faire de même et définitivement interdire les cages."

Audrey Garric

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Photos : CIWF

 

 

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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 18:37

 

Source : ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

Les lapins en cage : un élevage « choquant » qui reste méconnu

 

 

 

006

Des lapereaux aux yeux infectés et avec des mycoses, des lapins entassés dans des cages trop petites, sombres et jonchées par des cadavres ou encore des kilos de déjections accumulés le long des barreaux : dans une enquête vidéo diffusée jeudi 23 octobre, l'ONG CIWF dénonce les "conditions de vie désastreuses" des lapins élevés en batterie dans l'Union européenne, un élevage industriel qui reste encore méconnu.

 

 

 

CIWF, qui promeut des pratiques d'élevage respectueuses du bien-être animal, a réalisé cette enquête – tournée sans recours à la caméra cachée – cet été dans 16 élevages de cinq pays de l'Union européenne (Italie, Grèce, Chypre, Pologne et République tchèque). Une situation qu'elle avait également dénoncée en France et en Espagne en 2012. En juin, l'association L214 avait elle aussi dénoncé "l'horreur" d'un élevage de milliers de lapins du Morbihan, en réclamant sa fermeture d'urgence, et mené plusieurs enquêtes dans cette industrie"une des pires formes d'élevage" existantes.

"Cette situation est choquante et alarmante, et pourtant elle reste méconnue, regrette Romina Sanfourche, chargée de campagnes CIWF France. La production cunicole [l’élevage de lapins] fait très peu parler d’elle, alors que les lapins sont le deuxième animal le plus élevé pour sa viande en Europe. Ils sont à 99 % élevés en cage."

017

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 332 millions de lapins sont élevés en cage dans l'Union européenne. Malgré une baisse continue de la consommation, la France, 3e producteur européen après l'Italie et l'Espagne, en élève encore 37 millions, essentiellement dans l'Ouest du territoire (48 % pour les Pays-de-la-Loire, 21 % en Bretagne et 11 % en Poitou-Charentes, selon l'interprofession du lapin). Avec la Chine, ces quatre pays assurent l'essentiel de la production mondiale.

Des animaux qui passent leur vie entière derrière des barreaux, dans des espaces trop étroits : ils naissent dans de petites cages grillagées hors-sol et y restent jusqu'à leur mort, soit 80 jours plus tard. Les lapines reproductrices sont quant à elles maintenues isolées et confinées pendant deux ans. Et tous sont gavés d'antibiotiques : les lapins sont les plus exposés à ces médicaments, devant les volailles et les porcs, selon l'indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) livré par le rapport de 2012 de l'Agence nationale de sécurité sanitaire – un chiffre toutefois en baisse depuis quelques années. Malgré tout, près d'un tiers des lapins meurent avant d'atteindre l'âge d’abattage.

018

Or, aucune réglementation n'existe au sein de l'Union en matière de bien-être des lapins, pour contrôler la taille des cages, le nombre d'animaux qu'elles peuvent contenir et les "enrichissements" (paille, objets à ronger, tubes pour se cacher, etc.) dont elles doivent être dotées, contrairement aux poules pondeuses ou aux truies.

"Les cages les empêchent d’exprimer leurs comportements naturels (faire des bonds, creuser et se mettre à l’abri, ronger pour se limer les dents), mais aussi les mouvements les plus basiques (comme se mettre debout et bondir) et leur causent des blessures fréquentes et un stress permanent", dénonce le CIWF, qui a lancé nouvelle campagne "Une nouvelle ère sans cage" assortie d'une pétition.

007

Certains pays commencent à évoluer. En Autriche, les cages conventionnelles sont d’ores et déjà interdites, et elles le seront également aux Pays-Bas à partir de 2016. En Belgique, sous la pression de l’opinion publique, elles sont prohibées depuis le 1er janvier 2013 pour tout nouvel élevage, sauf pour les lapines reproductrices (prévu pour 2021). "Ces pays ont opté pour l’élevage en parcs en plein air, ou les systèmes de clapiers, avec de l'herbe pour nourriture principale, qui améliorent le confort des animaux et leur donnent la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels, indique Romina Sanfourche. Tous les pays doivent faire de même et définitivement interdire les cages."

Audrey Garric

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Photos : CIWF

     

     

     

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    Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 17:25

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

    Décès inattendus à la ferme-usine des 998 vaches

    Barnabé Binctin (Reporterre)

    jeudi 23 octobre 2014

     

     

     

    Des clichés réalisés les 4 et 5 octobre, et que Reporterre dévoile aujourd’hui, prouvent qu’au moins deux bovins sont morts dans la ferme-usine dite des Mille vaches, trois semaines à peine après l’ouverture du site.


    La ferme-usine des Mille vaches pourrait mettre encore plus de temps que prévu à honorer son nom. Alors que les premières vaches sont arrivées sur le site de l’exploitation dans la nuit du 12 au 13 septembre dernier, certaines auraient succombé sur place, quelques semaines plus tard, selon les preuves fournies par l’association Novissen.

    Le samedi 4 octobre, Claude Dubois, vice-président de l’association d’opposants au projet de ferme-usine, effectue un tour en ULM. Retraité, ce passionné d’aviation vole fréquemment depuis l’aéroclub situé à 150 mètres de l’emplacement de la ferme-usine. Ce jour-là, ce n’est pas lui qui pilote, il se charge des photos aériennes.

    En les regardant le soir même, il constate une tache blanche et noire située entre l’énorme hangar et le tas de fumier. Une vache gît à même le sol. « Je n’avais pas de grand-angle et de loin, je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment », raconte-t-il.

    Le lendemain, il remonte de nouveau à bord avec un collègue. Cette fois, son appareil photo est muni d’un zoom plus puissant. Et cette fois, ce n’est plus une vache, mais deux, qui sont étendues, inertes, sur le sol en bitume de l’exploitation, au même endroit que la veille.

    Lorsqu’on zoome sur l’image, on aperçoit des flaques de sang dégoulinant directement du museau du bovin. Il ne fait aucun doute : les vaches sont mortes.

    Reporterre a joint hier par téléphone Michel Welter, le directeur de l’exploitation. M. Welter se veut d’abord rassurant concernant l’état de santé de son troupeau : « Les vaches vont très très bien. Ça je peux vous dire, elles vont bien : on a tout fait pour qu’elles aillent bien »....

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

     

     

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    Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 17:09

     

    Source : www.mediapart.fr

     

     

    Santé et produits chimiques : « l’inaction confondante des pouvoirs publics »

    |  Par christophe Gueugneau

     

     

     

    Le journaliste Fabrice Nicolino publie une enquête remarquable sur la place prise par la chimie dans nos vies. Plongée effarante depuis la découverte de la chimie industrielle, au milieu du XIXe siècle, jusqu'au drame sanitaire en cours, en passant par les gaz moutarde et autres gaz de combat, les pesticides, les PVC…

     

     

    Depuis plusieurs années maintenant, le journaliste Fabrice Nicolino tire des fils : comment et pourquoi ce que l'on mange est-il gavé de milliers de produits chimiques ? Qui est responsable ? Pourquoi les pouvoirs publics ne font-ils rien, ou presque ? Mais avec son dernier livre, Un empoisonnement universel, c'est l'ensemble du tableau qui se dessine sous les yeux du lecteur.

    Pourquoi, entre 1980 et 2012, assiste-t-on à une augmentation de 110 % du nombre de cancers en France ? L'industrie chimique figure une excellente piste, explorée sous tous les angles dans le livre : l'impunité totale des industries de la chimie, l'action des lobbies industriels, l'« ignorance crasse », pour reprendre Nicolino, des pouvoirs publics.

    Un exemple ? La dose journalière admissible, censée être la dose maximale qu’un homme normal peut ingérer chaque jour pendant toute sa vie. D'où vient-elle ? Mais des lobbies industriels évidemment. « Une mystification destinée à rassurer mais qui ne repose sur rien de scientifique, bricolée sur un coin de table », assène l'auteur. Le reste est à l'avenant.

     

    Un empoisonnement universel – Comment les produits chimiques ont envahi la planète

    Fabrice Nicolino

    Éditions Les liens qui libèrent

    Septembre 2014, 448 pages, 23 €.

     

     

    Source : www.mediapart.fr

     

     

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    Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 23:15

     

    Source : rue89.nouvelobs.com

     

    Camouflage 21/10/2014 à 12h50

    Pour être efficace, la publicité doit faire semblant de rater sa cible

    Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

     

    Les marketeurs sont tombés sur un écueil : la personnalisation à outrance de la pub la rend insupportable et donc inefficace.


    Un jeu de tir dans un Luna Park (Sarah Ackerman/Flickr/CC)

     

    « Prêt à décoller pour la Turquie ? », « Vivez le week-end de vos rêves à Antananarivo »... Qui n’a pas vécu sur son écran l’irruption très irritante d’une publicité en lien direct avec des e-mails échangés avec sa mère ou ses dernières recherches sur Google ? On sait que vous allez partir en voyage, que vous êtes prêt à débourser une bonne somme d’argent, alors on vous balance la pub adéquate.

    Après la personnalisation calibrée sur le profil de chacun, les publicitaires ont passé un cap en intégrant le facteur temporel : à quel moment exact faut-il placer l’annonce sous les yeux du consommateur. Et surtout, quel moment est significatif, « bankable » ?

    Le voyage est un événement parmi d’autres : le divorce cause des déménagements, la maladie impose des traitements et accompagnements, la naissance d’un enfant suppose l’achat de matériel approprié... Autant de jackpots pour l’intermédiaire qui saura se manifester opportunément.

    A trop se personnaliser, la publicité n’en est-elle pas devenue inquiétante, révoltante ?

    Le supermarché qui détecte les femmes enceintes

    La polémique a émergé sur la question sensible de la grossesse. En 2011, un père excédé interpelle le directeur de la chaîne de magasins américains Target en lui demandant s’il veut pousser sa fille, 16 ans, à tomber enceinte. Son grief : le flot de publicités pour couches et habits de bébés que reçoit cette dernière.

    Manque de bol, c’est l’entreprise qui avait vu juste et la jeune fille passe aux aveux quelques jours plus tard : elle est bien enceinte. Etrange fait divers qui esquisse un monde où nous nous renseignerions auprès d’entreprises tierces pour percer les secrets de nos proches.

    Comment ce petit miracle est-il possible ? En 2002, un statisticien fraîchement recruté par Target, Andrew Pole, se voit confier une mission bien particulière : bâtir un algorithme capable d’identifier les femmes qui en sont à leur second semestre de manière à les « capturer pour des années » dans les filets du magasin.

    Pour réaliser cet exploit, l’analyste va utiliser toutes les données qui sont à sa disposition : activité de la carte de fidélité, ouverture de e-mails, les historiques de visites sur le site, informations relatives au nombre d’enfants, statut marital, quartier habité, et toutes les données complémentaires concernant goûts et activités que l’entreprise peut acheter à des « fossoyeurs numériques », les « databrokers ».

    Ensuite, il « suffit » d’étudier le comportement des femmes que l’on sait enceintes, en direct ou rétrospectivement, et voir si des habitudes sont identifiables, si des schémas comportementaux types peuvent être établis. Exemple : tel achat ou tel intérêt pour tel type de produit chez une femme mariée, sans enfants, de 35 ans, indique une probabilité qu’elle soit enceinte de 70%.

    Géolocalisation, caméras... une cible à tout moment

    Les marketeurs, dans leur course à la personnalisation, ont ajouté l’élément temporel. Le but : découvrir « le moment » optimum pour proposer des produits, ou les signes d’une vulnérabilité passagère annonçant ce qu’ils appellent un « comportement irrationnel ».

    Cette conquête est grandement aidée par une technologie particulièrement populaire : la géolocalisation. Le bon moment n’est pas uniquement le résultat d’un contexte familial ou d’un état physiologique : il dépend aussi du lieu fréquenté. Des entreprises travaillent ainsi à envoyer des publicités ciblées sur smartphones pour proposer une réduction ou une offre ciblée.

    Vous venez de quitter le domicile parental et d’emménager dans un petit studio ? Il est 14 heures, un jeudi (votre jour de congé), dans une rue où vous avez l’habitude de faire vos emplettes ? Pourquoi ne pas entrer dans ce magasin de décoration d’appartement à deux rues d’ici ? Pour vous convaincre : la deuxième lampe à moitié prix.

    Une autre technologie viendra peut-être prêter main forte au tout personnalisé : la reconnaissance faciale. La société britannique Amscreen a commercialisé des panneaux publicitaires qui s’adaptent à qui les regarde – comme dans « Minority Report ». A terme, ils sont pensés pour retrouver l’identité des passants et leur proposer une publicité ultraciblée.

    Les marques sont entrées dans une « vallée dérangeante »

    Quand la publicité arrive à ce point, la question se pose : la personnalisation à outrance est-elle une bonne chose, même pour les marketeurs ? Colin Strong, spécialiste du Big Data à l’institut d’étude GfK, pose le problème en ces termes : « Les marques entrent-elles dans une “vallée dérangeante” ? »

    Le terme est emprunté au vocabulaire de la robotique. L’effet « Uncanny Valley » est une hypothèse développée par un chercheur japonais : plus un robot ressemble à l’homme, plus il nous devient sympathique, mais lorsqu’il devient trop ressemblant, ses imperfections nous deviennent hideuses, comme un miroir déformant de l’homme. Et le robot nous devient insupportable.

    Strong avance deux chiffres qu’il présente comme des symptômes possibles d’un rejet des consommateurs face à la pub sur-mesure :

    • 38% des consommateurs auraient déclaré lors d’une récente étude GfK [PPT] utiliser une forme de blocage publicitaire de type Adblock ;
    • une autre étude de l’institut établit que 68% des britanniques consommant sur le Net considèrent que la manière dont les annonceurs utilisent les informations personnelles les concernant est « inquiétante ».

    Les recherches entreprises par GfK tendent en outre à montrer l’existence d’un phénomène similaire à celui qui touche la robotique humanoïde, rapporte Colin Strong :

    « Au départ, les consommateurs apprécient la personnalisation des messages publicitaires, avec une amélioration régulière de l’attachement à la marque à mesure que la personnalisation augmente. Il apparaît toutefois qu’une limite est franchie quand la personnalisation devient excessive, l’attachement à la marque décline alors rapidement, tombant dans une “ vallée dérangeante ”. »

    Le ciblage serait socialement excluant

    Qu’est-ce qui rend le phénomène dérangeant ? Il y a certes une dimension morale liée à ce qui nous apparaît comme une violation de notre intimité : difficile de supporter que Google soit le premier à savoir que vous avez un cancer ou que vous souhaitez un nouvel enfant. Mais ce seul facteur semble insuffisant.

    Joseph Turow, professeur à l’université de Pennsylvanie, tente une autre explication dans son ouvrage « The Daily You » (éd. Yale University Pres, 2013) Le rejet viendrait plutôt, selon lui, du miroir social que peut constituer une publicité trop ciblée :

    « Les publicités et offres commerciales sont des signaux : elles alertent les gens sur leur position sociale. Si vous recevez en permanence des annonces pour des voitures bas-de-gamme, des vacances tout près de chez vous, des fast-foods, et d’autres produits qui reflètent l’appartenance à une classe sociale défavorisée, votre perception des chances que vous offre le monde sera plus limitée que celle d’une personne qui reçoit des pubs pour des voyages plus lointains et des produits de luxe... »

    Les publicitaires résumeraient ainsi les individus à un statut fixe et rigide, créant de fait une exclusion, ou plutôt un enfermement social, en entravant leurs désirs d’émancipation en rétrécissant leurs horizons. Pour tirer au centre, mieux vaut que la cible ne soit pas mouvante.

    Cachez cette publicité où je ne saurais me voir

    La sémiologue Judith Williamson, dans son ouvrage référence « Decoding Advertisements », analyse le rapport à la publicité au-delà de son seul référentiel social.

    « Les publicités nous vendent quelque chose en marge des biens de consommation : en nous fournissant une structure dans laquelle nous, et ces produits, sommes interchangeables, ils nous vendent à nous-mêmes. »

    Consommer répondrait finalement à une logique d’identification : en achetant un produit, on n’achète pas seulement le produit mais aussi l’identité qui va avec, on « s’échange soi-même avec la personne “à qui l’on s’adresse”, le spectateur que la pub créé pour elle-même ».

    Dans une publicité pour BMW, on ne désire pas seulement le produit (l’élégance et la puissance d’une voiture de luxe) ou son marqueur social (le prix). La publicité produit un conducteur – généralement mâle, hétéro, sûr de lui – auquel le spectateur-consommateur peut s’identifier.

    En ayant recours à des publicités personnalisées, en vendant, et ce ostensiblement, un produit « sur-mesure », les publicitaires déchirent l’illusion du choix et les fantasmes de l’identification. On ne ressemble plus qu’à nous-mêmes, un « nous-mêmes » vu par le prisme réducteur du consumérisme. La voiture est d’occasion et le conducteur est affreusement familier.

    Le camouflage : l’avenir du marketing

    Sans regard à sa nature, les publicitaires commencent à prendre au sérieux le rejet des publicités trop ciblées. Chez Target, on avouait ainsi qu’on avait constaté que certaines femmes réagissaient « vraiment mal » à la publicité ciblée pour produits de bébés.

    Le département marketing de l’entreprise en a conclu que ce n’était pas tant le choix du produit qui dysfonctionnait que la méthode qui était un peu trop grossière. Qu’à cela ne tienne, il suffit donc de camoufler la technique en conservant le produit. Un responsable explique la procédure au journaliste du New York Times :

    « Nous avons commencé à mixer dans toutes ces pubs des trucs que nous savions qu’aucune femme enceinte n’achèterait jamais, pour que les pubs pour bébé aient l’air aléatoires. On a mis une pub pour une tondeuse à gazon à côté de couches. On a mis un coupon pour des verres à vin à côté de vêtements pour nourrisson ».

    Et devinez quoi ? Plus de rejet : les futures mères ont toutes recommencé à consommer paisiblement. Finalement, le défi de demain pour les publicitaires ne sera peut-être pas de trouver le produit idéal pour chacun, mais de développer des techniques pour rendre leur travail imperceptible et endormir toute méfiance.

     

     

     

    Source : rue89.nouvelobs.com

     

     

     

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    Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 22:50

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

    Center parcs 1- démocratie 0. Dans l’Isère, le béton veut détruire deux cents hectares de forêt

    Andrea Barolini (Reporterre)

    mardi 21 octobre 2014

     

     

     

    À Roybon, près de Grenoble, un immense projet de Center Parcs menace un site gorgé de sources d’eau, de zones humides et d’espèces protégées, avec à l’horizon : nature en toc, béton et emplois précaires. Les citoyens sont contre, l’enquête publique et les experts ont émis des avis défavorables. Mais les politiques veulent leur Center Parcs. Les travaux ont commencé. La bataille aussi.


    - Roybon (Isère), reportage

    Les opposants au projet étaient nombreux, lundi 20 octobre à 8h30, au cœur du bois des Avenières, en Isère, loin des villes. Plus de deux cents personnes ont participé à une manifestation menée par l’association Pour les Chambaran sans Center Parcs (PCSCP), le jour où la pose de la première pierre du Center Parcs, à deux pas de Roybon, était annoncée.

    Un petit brouillard accueille les militants sur la route blanche qui côtoie l’un des nombreux étangs de la zone. Ils se sont rassemblés en silence, à la lisière d’une partie de la forêt qui, selon les plans des promoteurs du projet, sera transformée en un immense parc ludique.

    Après le feu vert donné par le Préfet de l’Isère, la société Pierre et Vacances n’a pas perdu de temps, et a commencé les premiers travaux pour édifier son village de vacances et ses résidences de tourisme. Une petite équipe d’ouvriers, munie d’un tracteur et de deux fourgons, a arraché la végétation au bord de la route qui mène aux bois.

    C’est la première phase du balisage de la piste forestière. Dans les prochains mois, la multinationale touristique espère fonder une véritable ville de presque 6.000 habitants, construite sur des sources d’eau, des zones humides, au coeur d’un site qui regorge d’espèces protégées.

    Un déni de démocratie

    Stéphane Péron, président de l’association PCSCP, était sur place. La bouche scotchée, comme la plupart des militants présents, pour signifier qu’« une telle décision constitue un déni de démocratie ».

    À coté de lui, les habitants des villages qui entourent la forêt. Les gens sont arrivés en famille. Comme Mirelle et ses deux enfants, eux aussi avec des bâillons sur la bouche : « Je leur ai expliqué qu’on est ici parce que quelqu’un veut détruire la nature ».

    Dans les dernières semaines, le projet - programmé depuis 2007 - a subi une accélération qui n’était pas prévue. On n’était en effet qu’à la fin juillet, quand la commission d’enquête publique « loi sur l’eau » expliquait qu’« à l’examen de toutes les observations, tant écrites qu’orales, du public [...] et après avoir auditionné des experts », elle ne pouvait qu’émettre, unanimement, « un avis défavorable au projet ».

    Une décision motivée principalement par le fait que les incidences du village de vacances sur l’environnement avaient été mal mesurées et sous-évaluées. La construction de plus de mille bungalows sur deux cents hectares, le défrichement de plus de quatre-vingt-dix hectares, l’imperméabilisation de trente-et-un hectares, la dégradation de soixante-deux hectares de zones humides n’était donc pas acceptables. Ni, surtout, compatible avec la loi.

    Le maire de Roybon : "Je suis content pour les chefs d’entreprise"

    Mais les partisans du projet n’ont pas baissé les bras, en s’appuyant sur un soutien quasiment unanime de la part des politiques : sauf les écologistes, élus de droite et de gauche se sont rassemblés autour de Pierre et Vacances. Ainsi, toutes les collectivités locales se sont déclarées favorables : les mairies, le département, la région.

    Et malgré les avis négatifs des experts, vendredi 3 octobre, le préfet de l’Isère a pris un arrêté qui valide le projet, en s’appuyant sur un avis consultatif favorable du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires.

    La semaine dernière, le Conseil général de l’Isère a voté pour débloquer sept millions d’euros. Et vendredi, le maire de Roybon, Serge Perraud, a signé le document qui établit la vente du terrain où devrait être édifié le parc ludique : « C’est une formidable opportunité pour les chefs d’entreprises, je suis surtout content pour eux. En cette période de crise, le Center Parcs va apporter une vraie bouffée d’oxygène », a-t-il déclaré.

    « C’est une décision, il faut le dire, marquée par de l’imbécillité humaine et par la volonté d’une classe politique intellectuellement corrompue par les lobbies », a répondu M. Péron, en prenant la parole durant la manifestation.

    « Aujourd’hui démarrent les travaux d’un projet que la majorité des citoyens a refusé en enquête publique. Des travaux déclaré hors la Loi sur l’eau par la commission d’enquête publique à l’unanimité des trois commissaires enquêteurs. Des travaux qui ont reçu les avis négatifs de tous les experts qui ont étudié le dossier ».

    Quant à la décision du préfet de l’Isère et au début immédiat des travaux, le président de l’association des opposants a expliqué q’il s’agit « d’une rapidité qu’on reconnaît bien : c’est celle utilisée pour le stade des Alpes à Grenoble. C’est celle du barrage de Sivens, dans le Tarn, concernant l’engloutissement d’une zone humide pour favoriser une agriculture intensive de maïs ».

    Intérêt public ? Sérieusement ?

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

    Source : www.reporterre.net

     



    Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Alertes- Ce que vous devriez savoir
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    Mercredi 15 octobre 2014 3 15 /10 /Oct /2014 20:01

     

    Source : www.reporterre.net


     

    Un projet de Vinci pour enfouir les déchets du Lyon Turin menace l’eau de 20 000 habitants

    Daniel Reymond (Assape)

    mercredi 15 octobre 2014

     

     

     

    Dans l’Ain, près de Belley, Vinci veut créer un site d’enfouissement de déchets, notamment pour accueillir ceux des travaux de la LGV Lyon-Turin et ceux de Genève. En plus de perturber l’écosystème, ces « déchets inertes », susceptibles de contenir plomb et amiante, risquent de polluer la nappe phréatique qui alimente en eau 20.000 personnes.


    Le groupe Vinci, via sa filiale Eurovia, a pour projet de créer une carrière de granulats dans le but de la transformer en zone d’enfouissement de déchets dits « inertes », sur le site de Peyzieu, commune d’Arbignieu, proche de Belley, dans l’Ain. Initialement, la zone d’exploitation est prévue sur une surface de 28 hectares, avec une extension ultérieure à environ 80 hectares.

    Le réel intérêt financier : l’enfouissement des déchets

    Aucun dossier à ce jour n’a été déposé dans aucune des instances contactées par notre association ASSAPE (Association de Sauvegarde du Site de Peyzieu/Arbignieu et de ses Environs) : Préfecture, DREAL, Chambre d’agriculture ; mais les propriétaires des terrains se situant sur le site du projet ont été approchés par l’entreprise Actifi, mandatée par Vinci, avec des offres très alléchantes d’achat.

    Ce qui intéresse Vinci n’est pas tant l’extraction de matériaux pour les granulats (à côté du site prévu existent déjà des carrières de granulats) que de « faire le trou » pour l’enfouissement ultérieur de déchets, car l’intérêt économique est énorme : 10 à 15 euros par tonne pour le granulat contre 100 à 150 euros par tonne pour les déchets d’enfouissement.

    Des risques énormes pour l’eau

    L’enfouissement, c’est évidemment là que se situe le risque : malgré toutes les promesses de suivi et de contrôle rigoureux des déchets constamment mises en exergue par les carrières, les non conformités sont nombreuses et parfois lourdes de conséquences.

    Nous en avons des exemples près de chez nous : gravats contaminés de la centrale du Bugey déversés dans une carrière à Pérouges (Ain) en 2011, 55.000 tonnes de mâchefers déposés illégalement dans la carrière des lapiaz à Aviernoz (Haute-Savoie) qui menacent aujourd’hui la qualité de l’eau de la nappe phréatique.

    Pour nous aussi le risque est réel, du fait que le site du projet est en totalité situé sur une nappe phréatique exceptionnelle de par son volume et la qualité de son eau, et de plus située à faible profondeur (quatre à douze mètres). Cette nappe alimente sept communes du bassin Belleysan (dont Belley), soit une population d’environ 20.000 habitants.

    Un site potentiel pour les déchets des travaux de la LGV Lyon-Turin

    Lors d’une réunion suite à notre demande avec un député de la région, celui-ci nous a confirmé que dans le cadre du programme de déconstruction des vieux bâtiments de l’agglomération genevoise il était recherché des sites d’enfouissement, en particulier en région frontalière ; du côté de Genève, le projet Vinci est donc le bienvenu, par contre chez nous on peut légitimement être inquiet avec ce type de « déchets inertes » susceptibles de contenir plomb et amiante.

    Par ailleurs, ainsi qu’il en est fait état dans l’enquête d’utilité publique pour la LGV Lyon-Turin, des sites seront nécessaires pour l’enfouissement des déchets et des boues de décantation résultant des travaux, ce qu’envisage de faire Vinci avec son projet de carrière à Peyzieu, information qui nous a été donnée au cours d’une réunion avec un élu local.

    Là encore, quelle certitude aurons-nous sur la véritable innocuité de ces déchets ; Reporterre a révélé en juin 2013 la présence d’uranium et d’amiante en quantité sur le tracé du LGV Lyon-Turin...

     

    *Suite de l'article sur reporterre

     

     

    Source : www.reporterre.net

     

     

     

     

    Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Alertes- Ce que vous devriez savoir
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    Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 13:04

     

    Source : www.usinenouvelle.com

     

     

    Ces énergéticiens européens qui invitent l'Europe à ne plus subventionner les renouvelables

    Par  - Publié le 11 septembre 2013, à 07h48

     

    Eolienne
    © Swisscan - Flickr - C.C.

     

    Le français GDF Suez, les italiens Eni et Enel, les allemands EON et RWE, les espagnols Gas Natural Fenosa et Iberdrola... Neuf énergéticiens européens ont lancé le 10 septembre un appel à Bruxelles afin de limiter les aides aux énergies renouvelables et rebâtir "l'Europe de l'énergie".

    C'est une iniative rare. Neuf patrons de grands énergéticiens européens, unis sous la même bannière pour influer sur la politique de l'Union européenne en faveur du développement des énergies renouvelables.

    Les PDG de deux industriels de l'énergie - Gérard Mestrallet pour le français GDF Suez et Paolo Scaroni pour l'italien Eni - ont présenté le 10 septembre au Parlement européen des "mesures concrètes pour rebâtir l'Europe de l'énergie", selon un communiqué relayé par l'AFP.

    Soutenus par sept autres groupes (l'italien Enel, les allemands EON et RWE, les espagnols Gas Natural Fenosa et Iberdrola, le néerlandais Gas Terra et le suédois Vattenfall), ils demandent à l'Europe de freiner le soutien public au développement des énergies renouvelables.

    L'objectif est, selon eux, "d'alerter sur les risques inhérents à la politique énergétique européenne actuelle. En effet, les efforts des énergéticiens pour réaliser les indispensables investissements dans le secteur ont été entravés par l'incertitude sur la rentabilité de ces investissements en raison notamment de l'absence de cadre politique clair, prévisible et objectif, fondé sur une législation stable et prévisible", relate le communiqué.

    Et de tirer la sonnette d'alarme sur plusieurs points : "la sécurité d'approvisionnement énergétique n'est plus assurée, les émissions de CO2 repartent à la hausse, les investissements dans le secteur diminuent drastiquement et les factures énergétiques sont en forte augmentation".

    Dans les colonnes du Financial Times le 9 septembre, le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet met directement en cause le soutien public aux énergies renouvelables. "Nous devons réduire le rythme auquel l'Europe installe des parcs éoliens et des panneaux solaires. Actuellement, il est insoutenable", accuse-t-il.

     

     

    Source : www.usinenouvelle.com

     

     

    Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Alertes- Ce que vous devriez savoir
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    Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 16:57

     

    Source : www.bastamag.net

     

     

     

    Europe

    Carburants très polluants : le lobby pétrolier remporte une bataille

    par Sophie Chapelle 8 octobre 2014

     

     

     

    Le lobbying de l’industrie pétrolière a remporté une bataille le 6 octobre. L’Union européenne semble renoncer à considérer le pétrole issu des sables bitumineux comme « hautement polluant ». Ces sables bitumineux sont un mélange de bitume, c’est-à-dire de pétrole brut à l’état solide, de sables de silice, de minéraux argileux et d’eau. Son extraction, en particulier au Canada, a des conséquences désastreuse sur les écosystèmes, les forêts, les ressources en eau, sans oublier les émissions de gaz à effet de serre.

    L’Union européenne souhaitait en limiter l’importation. Selon la directive sur la qualité des carburants, les fournisseurs devaient réduire de 6 % d’ici 2020 le contenu carbone de leurs produits. Pour évaluer ces efforts, la Commission a présenté en 2011 une première méthode de calcul qui inclut les émissions de l’ensemble du cycle de vie. Cette méthode aurait permis d’attribuer des valeurs plus élevées au pétrole issu des sables bitumineux, dont le mode d’extraction produirait 23 % de plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel [1].

    Le vote sur cette proposition, attendu initialement en 2012, a été maintes fois reporté. La France s’est notamment illustrée en refusant de soutenir cette directive européenne (lire notre article). Ces derniers mois, « les pressions des lobbies se sont intensifiées, notamment au travers des négociations commerciales avec les États-Unis (Tafta) et le Canada (CETA) », soulignent les Amis de la terre [2]. La Commission européenne a finalement émis une nouvelle proposition le 6 octobre fortement affaiblie : les fournisseurs devraient désormais déclarer le niveau d’émission moyen des matières de base utilisées dans leurs produits. La Commission abandonne ainsi l’idée de considérer les produits des sables bitumineux à part, leurs impacts négatifs étant dilués dans les moyennes fournies par les pétroliers. Cette proposition va maintenant être soumise pour décision au Conseil dans un délai de deux mois, et au Parlement européen pour examen.

    Suspension de projets d’extraction outre-Atlantique

    Au Canada, l’extraction de ce pétrole non conventionnel est en perte de vitesse. Fin septembre, l’entreprise norvégienne Statoil a reporté d’au moins trois ans un projet d’extraction de sables bitumineux d’une capacité de 40 000 barils par jour en Alberta (Canada). Elle a expliqué sa décision par des coûts de main d’œuvre et de matériaux devenus trop élevés. Cette annonce fait suite à celles de l’entreprise néerlandaise Shell et de la société française Total qui ont renoncé en 2014 à extraire respectivement 200 000 et 160 000 barils par jour dans les mines de Pierre River et de Joslyn, toujours en Alberta.

    La compagnie Statoil a indiqué que l’accès limité aux pipelines pour transporter le pétrole de l’Alberta vers les marchés avait pesé dans sa décision. Le gouvernement états-unien tarde à donner son accord pour la construction du pipeline Keystone XL. Une hésitation qui s’explique par la forte mobilisation contre ce projet de pipeline de 3200 kilomètres, depuis les gisements de sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux raffineries texanes du golfe du Mexique (notre précédent article). Selon les organisations écologistes, la quantité de barils extraite dans le cadre du projet de Statoil aurait produit « l’équivalent d’une année d’émissions de 204 centrales au charbon américaines ». « Obama devrait jeter un œil à ces données, avant de prendre sa décision » arguent-elles.

    La major de l’énergie nord-américaine TransCanada, en charge de la construction du pipeline, a besoin de l’accord de la Maison Blanche pour commencer à enterrer son oléoduc. D’abord favorable au projet, Barack Obama a depuis repoussé l’accord présidentiel à plusieurs reprises. Neuf prix Nobel, parmi lesquels le dalaï-lama (1989), Alfredo Pérez Esquivel (1980), Rigoberta Menchu (1992) et Shirin Ebadi (2003), ont exhorté le président états-unien à rejeter ce projet et à tenir « sa promesse de créer une économie faite d’énergie propre ». L’avis de la Maison Blanche sera donné après le mois de novembre, date des élections de mi-mandat.

    @Sophie_Chapelle

    Photo : source

     

    Notes

    [1107 grammes d’équivalent CO2 par megajoule d’énergie produite contre 87g pour le pétrole conventionnel : lire à ce sujet notre article.


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    Source : www.bastamag.net

     

     

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