Sortir du nucléaire et des energies polluantes

Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 18:30

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Greenwashing

Comment EDF prétend lutter contre le réchauffement climatique… en délocalisant sa pollution en Europe de l’Est

par Rachel Knaebel 20 octobre 2014

 

 

 

EDF n’est pas avare de louanges sur ses efforts pour lutter contre le réchauffement climatique. Problème : ses discours collent mal avec la réalité. Car si l’entreprise réduit ses émissions de CO2 en France, elle les augmente en Europe de l’Est où elle investit largement dans des centrales à charbon, très polluantes, en Pologne ou dans l’ex-Yougoslavie. Une stratégie qui pose également la question du rôle de l’Etat français, son actionnaire à 84%, alors qu’une loi sur la transition énergétique vient d’être votée. Une transition énergétique qui ne semble pas s’appliquer à l’entreprise publique en dehors des frontières de l’Hexagone.

Le communiqué est presque triomphant : « Dans sa lutte contre le changement climatique, EDF franchit une étape majeure dans la maîtrise de son empreinte carbone, en divisant par deux ses émissions de CO2 en France à horizon 2016 » [1]. L’entreprise, dont l’État français est actionnaire à 84%, aurait-elle enfin lancé sa transition énergétique, délaissant les énergies nocives pour le climat au profit des énergies renouvelables ? EDF demeure le premier producteur d’électricité nucléaire au monde, défendant l’énergie atomique comme le « pivot d’une production d’électricité compétitive, sûre et sans CO2. » Pour ce qui est de la sûreté, chacun appréciera (voir notre dossier sur le sujet).

Ce que le groupe se garde bien de souligner, c’est qu’il investit dans le charbon, en particulier en Europe de l’Est. Or, ce combustible est un gros émetteur de CO2. Dans ses communiqués et ses rapports annuels, l’entreprise range la plupart du temps ses centrales à charbon sous l’appellation générale de « centrales thermique », qui englobe aussi les installations qui fonctionnent au fioul ou au gaz naturel. En France, EDF gère encore six centrales à charbon [2]. Plusieurs fermeront dans les prochaines années parce qu’elles ne respectent pas les nouvelles normes européennes en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Les autres seront modernisées. À l’étranger en revanche, le groupe français continue de promouvoir cette énergie particulièrement polluante. Via des rachats d’entreprises ou des partenariats, EDF exploite des centrales au charbon au Royaume Uni, en Pologne, et prévoit d’en construire de nouvelles en Serbie, voire en Croatie. En Grèce, l’énergéticien français convoiterait des mines de lignite en cours de privatisation.

EDF augmente ses émission de CO2

Résultat : même si en France, EDF se prévaut d’avoir divisé ses émissions de CO2 par deux depuis 1990, à l’étranger, elles augmentent. Pire, EDF consomme même de plus en plus de charbon : 25 millions de tonnes en 2013, quatre millions de tonnes de plus qu’en 2011 [3]. Conséquence logique, l’entreprise publique relâche de plus en plus de CO2 dans l’atmosphère : 80 millions de tonnes de CO2 émises en 2013, soit dix millions de tonnes de plus qu’en 2011. Seule différence : ces émissions supplémentaires, EDF les transfèrent à l’est. Pas sûr que la ministre de l’Écologie Ségolène Royal apprécie.

Car ce ne sont pas les nouveaux projets polluants qui manquent. En 2012, EDF rachetait le groupe énergétique italien Edison. Et avec lui son projet de construction d’une nouvelle centrale à charbon sur le site minier de Kolubara, à une soixantaine de kilomètres au sud de Belgrade, en partenariat avec le groupe serbe EPS. La nouvelle centrale, appelée Kolubara B, fonctionnera au lignite, la forme la plus polluante du combustible fossile, et sera alimentée par les mines de charbon à proximité. De nouveaux puits sont donc en train d’être forés. Une calamité pour les habitants des villages environnants.

Un millier de foyers pourrait être déplacé pour agrandir la mine. La qualité de l’air est déjà affectée par les rejets de la centrale existante. Les eaux et les sols sont contaminés par des métaux lourds. Et l’approvisionnement en eau est altéré par les activités de la mine et de la centrale. « Il y a encore trois jours, la consommation de l’eau du robinet était restreinte dans la zone autour de la mine, témoigne Zvezdan Kalmar, de l’association environnementale serbe Centre pour l’écologie et le développement durable (Cekor). Ce genre de restriction est régulier. Et quand ça arrive, ça ne dure pas quelques heures, mais plusieurs jours. Il n’y a pas de système d’épuration des eaux usées de la centrale. Elles sont simplement pompées puis jetées dans la rivière. »

En Serbie, un projet entaché de pollution et de corruption

Le conseil municipal de Vreoci, le village qui doit être déplacé et démoli pour agrandir la mine, avait déposé une plainte en août 2012, auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En cause : le soutien financier de l’institution à un projet d’aménagement de la mine. Dans le document, les élus de Vreoci signalaient une pollution persistante des nappes phréatiques de la commune et une diminution « sévère » des ressources en eau. « Le réseau d’approvisionnement en eau est médiocre sur toute la zone d’exploitation du bassin de lignite de Kolubara, particulièrement à Vreoci. (…) Les jardins d’enfants, les écoles et les cliniques n’ont pas d’approvisionnement régulier en eau potable [4]. », ajoutait le conseil municipal. L’arrivée d’EDF, si soucieuse de son « empreinte carbone » et du développement durable, va-t-elle changé les choses ?

« La gestion des résidus miniers de Kolubara n’est pas satisfaisante », constate Malika Peyraut, chargée de campagne aux Amis de la Terre, qui s’est rendue sur place en 2013. Cette année-là, plusieurs habitations du village de Junkovac, au nord de la mine,ont été ensevelies par des éboulements causés par l’activité minière. En mai dernier, les inondations qui ont touché les Balkans n’ont pas épargné le bassin de Kolubara. Les mines se sont retrouvées immergées. « Quand les inondations ont touché la zone et que les rives ont cédé, elles ont emportée avec elle un amas de résidus de la centrale à charbon et ont dispersé la boue noire autour du village. Les habitants sont maintenant inquiets, ils ne savent pas ce que contiennent ces résidus et demandent au gouvernement de procéder à des tests », signale en juillet 2014 l’association serbe Cekor.

Pendant ce temps, la France accueille la Conférence internationale sur le climat...

Il n’y a pas que l’environnement et la santé des habitants. Kolubara a aussi fait les gros titres de la presse serbe pour des affaires de corruption. En 2011, l’ancien directeur de la mine est arrêté aux côtés de 16 autres responsables du groupe énergétique EPS ou de fournisseurs dans le cadre d’une enquête autour d’irrégularités [5]. Une nouvelle vague d’arrestations s’est déroulée en septembre 2013. A cause, cette fois, d’irrégularités autour des expropriations des habitants touchés par les projets d’extensions des mines.

Que vient faire EDF dans cette galère ? Qu’en est-il donc de la stratégie d’« économie décarbonné », prônée par l’entreprise publique ? Ne vaut-elle pas dans cette partie de l’Europe ? « Il y a un double discours de l’État français », accuse Malika Peyraut, des Amis de la terre. « D’un côté, la France accueille la Conférence internationale sur le climat (Cop 21) en 2015, mais de l’autre, EDF, dont l’État est actionnaire à 84 %, investit dans des projets polluants comme le charbon. Nous demandons que les investissements d’entreprises dont l’État est actionnaire n’enferment pas des pays dans des stratégies de dépendance au carbone. En Serbie, il y a un potentiel pour développer l’hydraulique et l’éolien. Si EDF veut vraiment exporter ses installations, elle pourrait au moins apporter ses technologies en matière d’énergies renouvelables ! »

En Croatie, le charbon plutôt que le soleil

La question se pose aussi en Croatie. EDF, toujours à travers sa filiale Edison, y est candidate pour construire une nouvelle centrale à charbon, Plomin C. L’entreprise publique d’énergie croate décide finalement de donner le marché au conglomérat formé par Alstom et l’entreprise japonaise Marubeni. Edison est arrivé troisième. « Mais rien n’est définitivement décidé pour l’instant », précise Pippa Gallop, de l’ONG néerlandaise Bankwatch, qui suit de près les investissements dans le charbon en Europe de l’est.

Là encore, la nouvelle centrale doit en remplacer une plus ancienne. Elle devra doubler la production électrique issue du charbon dans le pays, plutôt que de développer le potentiel en énergie renouvelables de la Croatie, en particulier le solaire. « La Croatie ne dispose pas de charbon en propre. Ce qui devrait déjà être une raison suffisante pour arrêter d’utiliser ce combustible et se tourner plutôt vers les énergies renouvelables, pour lesquelles nous disposons d’un potentiel énorme », souligne Zoran Tomic, de Greenpeace Croatie. « En plus du projet de Plomin C, il y aussi des plans pour construire une autre centrale à charbon dans la ville de Ploce », dans l’extrême sud du pays. « Dans le même temps, la Croatie, l’un des pays les plus ensoleillé d’Europe, a moins de capacité installée en énergie solaire que la ville slovène de Maribor, qui est une station de ski », regrette le militant.

De gros investisseurs se retirent du charbon

Mais c’est surtout en Pologne qu’EDF mise à fond sur le charbon. Le groupe français y exploite notamment la centrale de Rybnik, qui fonctionne intégralement au charbon avec une puissance équivalente à la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim. EDF la modernise pour la faire fonctionner jusqu’en 2030. La réduction des émissions de CO2 n’y est pas d’actualité : seuls 4% de la production d’électricité polonaise d’EDF provient des énergies renouvelables, contre 90% pour le charbon (et 4% pour le gaz). Et la transition énergétique ? Les entreprises dont l’Etat française est actionnaire semble l’ignorer au-delà des frontières orientales. EDF n’est pas la seule : GDF Suez, dont la France est actionnaire à 36,7%, exploite également une centrale au charbon en Pologne et prévoit d’en ériger une près de la frontière Ukrainienne.

En investissant tous azimuts dans le combustible très polluant, EDF, et donc l’État français, vont à l’encontre d’une tendance internationale. « Plusieurs banques multilatérales d’investissement ont récemment émis des critères pour leurs soutiens aux projets énergétiques qui excluent la plupart des installations au charbon. Des pays du Nord de l’Europe ont également décidé d’arrêter de soutenir des projets dans le charbon à l’étranger », indique Malika Peyraut. Depuis 2013, les États-Unis, le Royaume Uni, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, l’Islande, et la Suède ont annoncé cessé ou limiter leurs soutiens à de nouvelles centrales à charbon à l’étranger. Le tout nouveau gouvernement suédois, composé de sociaux-démocrates et d’écologistes, pourrait même pousser le groupe énergétique Vattenfall à abandonner ses projets de nouvelles mines de lignite en Allemagne. Une posture similaire est adoptée par des banques multilatérales de développement, comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

« EDF sera demain l’entreprise la plus responsable »

En Serbie, la Berd, qui avait annoncé une aide de 400 millions d’euros pour la centrale Kolubara B, s’est retirée du projet en 2013. « EDF au contraire a plutôt pris le parti de participer aux côtés d’autres grandes groupes énergétiques à l’initiative Better coal (meilleur charbon), qui vise à redorer l’image du charbon, constate Malika Peyraut. L’idée est qu’il est possible de faire du charbon propre et équitable. Mais les critères définis sont flous et non contraignants. C’est du maquillage. » EDF vend par exemple ses nouvelles centrales à charbon comme plus propres. Elles produisent certes plus d’électricité avec moins de charbon, mais continuent d’émettre de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

Lors de la dernière assemblée générale d’EDF, en mai, les Amis de la terre ont interrogé Henri Proglio, PDG d’EDF, sur les intentions du groupe en Serbie. « Je ne voudrais pas qu’on s’appesantisse sur tel ou tel projet qui n’ont pas encore vu le jour », a-t-il répondu [6]. Avant d’ajouter : « EDF est et sera demain l’entreprise la plus responsable en matière de protection contre les gaz à effet de serre. » Il serait temps de se mettre au boulot. En attendant, EDF est nominé cette année au Prix Pinnochio, un palmarès des entreprises très polluantes ouvert au vote des internautes, dans la catégorie « plus vert que vert ».

Rachel Knaebel

CC : Meriol Lehmann

 

Notes

[1Voir le communiqué d’EDF du mois de juin 2014.

[2Au Havre, à Cordemais (Loire-Atlantique), Bouchain (Nord), La Maxe (Moselle), Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Blénod-lès-Ponts-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

[3Rapport annuel 2013, p 59.

[4Voir le texte de la plainte ici, p 18.

[5Voir le rapport "Winners and loser. Who benefits from high level corruption in the South East Europe energy sector ?” publié en juin 2014.

[6À écouter ici, à 2 heure 21 minutes.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 20:03

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Ecologie

Auto électrique : la grande arnaque

Barnabé Binctin (Reporterre)

samedi 4 octobre 2014

 

 

 

Alors qu’on appelle le contribuable à se serrer la ceinture pour combler les déficits publics, l’Etat va dépenser des dizaines de milliards d’euros pour développer la voiture électrique. Une obsession estampillée « transition énergétique » qui oublie totalement le coût financier et environnemental exorbitant de la voiture électrique, et qui vise simplement à maintenir le nucléaire.


« La Zoé coûte 21 000 euros, mais avec le bonus à l’achat, elle baisse à 15 000 euros, soit le prix d’une Clio ». L’argument est huilé, le calcul prêt à l’emploi. Vincent Carré, directeur commercial de la gamme électrique de Renault, qui l’expose à Reporterre, le répètera maintes fois lors du Mondial de l’automobile qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Zoé ? Le modèle électrique phare du groupe automobile.

Avec l’appui massif du gouvernement et du lobby nucléariste : la voiture électrique sera « La voiture de demain en France » selon le ministre de l’économie Emmanuel Macron.

Le ministre de l’économie a donné un nouveau coup d’accélérateur au dispositif : une prime de reconversion de 3.700 euros peut s’ajouter à la subvention existante de 6.300 euros, portant ainsi le total du bonus à 10.000 Euros. Et l’augmentation sensible des bornes de recharge électrique, avec un objectif de 16.000 en France d’ici la fin de l’année 2014, en vue d’atteindre les sept millions d’ici 2030. Aux frais de l’Etat, donc du contribuable, appelé par ailleurs à se serrer la ceinture pour combler les déficits publics.

La loi de transition énergétique : dites plutôt, la loi de l’auto électrique

Le projet est au cœur de la loi sur la transition énergétique, soumis actuellement au vote des députés, qui réjouit l’entreprise Renault, dont l’électrique est un pilier de la stratégie : « La confirmation des aides d’Etat et le niveau d’infrastructures appelées à être développées doivent nous permettre de sortir du marché de niche », dit Vincent Carré. Alors que le parc électrique français représente aujourd’hui 20 000 véhicules, Renault espère franchir rapidement le palier des 100 000 véhicules électriques par an.

Mais pour Lorelei Limousin, chargée de mission au Réseau Action Climat (RAC), « il y a une focalisation excessive sur la voiture électrique, alors même que le sujet n’a pas émergé dans le Débat National sur la Transition Energétique. Il n’était pas question de la voiture électrique dans les recommandations qui en sont issues ».

L’attention portée aux véhicules électriques tranche d’autant plus que le transport est totalement oublié par la loi, qui est muette sur le report modal ou les transports en commun.

En réalité, une première loi est passée dans le silence de l’été, le 4 août dernier : elle vise à faciliter « le déploiement d’un réseau d’infrastructures de recharge de véhicules électriques sur l’espace public » (Voir ici le texte de la loi n°2014-877). Celle-ci exempte de toute redevance l’Etat lors de l’installation des bornes. « C’est une loi d’exception pour favoriser au plus vite le développement de la voiture électrique » dénonce Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire.

Un empressement qui fait d’ailleurs l’impasse sur les études d’impact : « Un amendement a été déposé pour demander l’évaluation des impacts de la voiture électrique, mais il a été refusé par Mme Royal au motif que le réseau n’était pas assez développé pour qu’on puisse les mesurer… On fonctionne complètement à l’envers », constate Lorelei Limousin.

« Un gouffre financier »

Il s’agit en fait d’un passage en force, juge Stéphane Lhomme : « Avec les sommes astronomiques mises en jeu, cela mériterait un grand débat de société ». Car le dispositif coûte cher : 42 milliards a minima. En juillet, Reporterre avait révélé les hésitations troublantes de la ministre de l’Écologie sur le coût de la mesure et son financement, en particulier celui de l’installation des bornes de recharge. Si la fourchette d’estimation reste large à défaut de clarification depuis – entre 5 000 et 20 000 euros la borne – le coût global pourrait s’alourdir au gré des évolutions techniques dans les prochaines années : « Le risque d’obsolescence est important sur ce genre de technologie », note M. Lhomme.

Rien ne semble par ailleurs garantir l’amortissement des investissements. Au début de l’été, un rapport de la Chambre régionale des Comptes d’Aquitaine révélait la mauvaise expérience du véhicule électrique en Poitou-Charente à la fin des années 2000, au moment où Ségolène Royale présidait le Conseil Régional.

Outre les critiques quant à une gestion opaque des aides, le rapport mettait en relief le « gouffre financier qu’a creusé le soutien ‘‘important et inconditionnel’’ de l’ancienne présidente du Poitou-Charentes », alors que son projet s’est soldé par la liquidation de la PME en mai 2012…

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- Le rapport -

Mais côté constructeur, on défend le soutien de l’Etat dans une filière qui représente quatre milliards d’euros d’investissement au total, chez Renault : « C’est une technologie produite en France, qui sert donc l’économie nationale. Les aides publiques vont relancer le secteur industriel et créer de l’emploi », assure Vincent Carré.

L’augmentation de la consommation d’électricité ?

La facture pourrait encore s’alourdir si l’on en croit les derniers travaux sur le coût du nucléaire qui annoncent la hausse du prix de l’électricité : « Que ce soit à travers le grand carénage des centrales ou par l’introduction de l’EPR, il y aura un renchérissement du prix de l’électricité dans les prochaines années », estime Benjamin Dessus, ingénieur et économiste président de Global Chance.

Le développement du parc automobile électrique n’implique-t-il pas, à terme, une augmentation de la consommation d’électricité ? Chercheur à l’IDDRI, Andreas Rüdinger tempère : « Développer la voiture électrique ne va pas forcément mener à une électrification à outrance. En partant de la consommation actuelle d’une Renault Zoé (12 kWh/100km) et à raison d’une distance moyenne de 15 000 km par an, mettre dix millions de véhicules électriques sur les routes en France [soit environ un tiers de l’ensemble du parc automobile estimé à 35 millions de véhicules, ndlr] à l’horizon 2030, cela représenterait une consommation d’électricité de 18 TWh sur l’année. Soit, en volume, moins de 4 % de notre consommation totale d’électricité actuelle (500 TWh) ».

L’objectif politique affiché étant de deux millions de véhicules électriques d’ici 2020, l’effet reste donc marginal en termes de consommation d’électricité. L’impact, toutefois, serait beaucoup plus conséquent sur le réseau de distribution, « avec des risques de pointe qui pourraient considérablement perturber le réseau », selon Benjamin Dessus.

Le constructeur dénonce cette approche : « On joue souvent sur la sidération en imaginant des scénarios anxiogènes où toutes les voitures se brancheraient au même moment. L’enjeu, c’est la recharge nocturne, car la nuit, nous avons une disponibilité d’électricité colossale et le réseau électrique est largement capable de supporter la demande, affirme Vincent Carré. Et avec une autonomie d’au moins 150 kilomètres alors que 40 % des voitures en Europe font moins de 100 kilomètres par jour, on ne rechargera pas quotidiennement ».

La controverse reste ouverte. Avec des durées de rechargement à domicile de huit à dix heures, d’aucuns craignent des moments de pointe sur le réseau, à l’heure du retour du bureau ou le week-end. « A l’image de ce qui se passe déjà l’hiver avec le chauffage, compare Stéphane Lhomme. La solution serait alors la même : on rechargerait alors avec de l’électricité venue d’Allemagne et produite par… du charbon ».

Le mythe de la voiture propre

En plus d’alourdir la balance commerciale française, l’argument remet en cause celui que ressassent les industriels : « La voiture électrique est la seule solution en main pour réduire les émissions de CO2. Elle est rapide à mettre en œuvre, et même en période d’austérité, ce n’est pas à vous que je vais apprendre qu’il ne faut pas attendre pour s’attaquer à ce problème ! », nous assure à nouveau Vincent Carré.

L’idée d’une voiture neutre en CO2 a pourtant été battue en brèche. En novembre 2013, une étude de l’ADEME analyse les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie de la voiture électrique. Le résultat est marquant : une voiture électrique « rentabilise » son impact CO2 à partir de 50 000 km en France, et de 100 000 en Allemagne – une différence qui s’explique par l’alimentation électrique au charbon, à hauteur de 44 % outre-Rhin.

Nouveau calcul : « Cela revient à une moyenne de 15 kilomètre par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans. En dessous, la voiture électrique est moins efficiente en CO2 qu’une voiture thermique », dit Stéphane Lhomme. Avec l’Observatoire du nucléaire, il a récemment obtenu du Jury de déontologie publicitaire le retrait des adjectifs « propres », « vert » ou « écologique » qu’utilisaient les constructeurs automobiles pour qualifier la voiture électrique...

 

*Suite de l'aricle sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 17:16

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

En Bretagne, l’Etat fait du zèle pour sauver une centrale à gaz controversée

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Brancher la Bretagne sur les éoliennes irlandaises ? Le projet est à l'étude. Malgré l'opposition du préfet de région, qui milite, lui, pour l'installation d'une centrale thermique fossile à Landivisiau.

C’est une procédure de consultation citoyenne comme il en existe des milliers en France : le 15 septembre, s’ouvre en Bretagne une enquête publique concernant un projet de centrale à gaz à cycle combiné à Landivisiau (Finistère), développé par la Compagnie électrique de Bretagne (CEB), une société créée par Poweo-Direct Energie et Siemens. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, les habitants sont invités à consulter le dossier du futur site de production d’électricité et à faire connaître leur avis. 


Aire d'étude de la centrale à gaz de Landivisiau (extrait de l'avis de l' Autorité environnementale) 
Aire d'étude de la centrale à gaz de Landivisiau (extrait de l'avis de l' Autorité environnementale)

Ce qu’ils ignorent, c’est que l’État a suivi de très, très près les conditions de déroulement de cette opération. Au point de demander à RTE, la filiale d’EDF chargée de transporter l’électricité, de reporter ses études sur une éventuelle interconnexion sous-marine avec le réseau irlandais. Motif : « Le lancement de telles études risque d’être perçu comme un mauvais signal pour l’avenir de la centrale de Landivisiau. » En effet, s’il semble possible de brancher les consommateurs bretons sur le courant électrique issu des éoliennes irlandaises, l’utilité d’une nouvelle centrale électrique sur place pourrait se réduire. C’est pourquoi le préfet de région, Patrick Strzoda, écrit à la présidence du directoire de RTE, en avril dernier : « Je souhaiterais a minima qu’aucune étude ne soit menée près des côtes avant les élections régionales. Un tel calendrier éviterait un télescopage avec l’enquête publique de la centrale. » C’est ce qu’il écrit noir sur blanc dans un courrier que Mediapart s’est procuré, et que nous reproduisons ci-dessous.


Copie de la lettre du préfet de Bretagne (1/2). 
Copie de la lettre du préfet de Bretagne (1/2).

Suite de la lettre du préfet de Bretagne (2/2). 
Suite de la lettre du préfet de Bretagne (2/2).

On y découvre les préoccupations très politiques du préfet qui répercute « les fortes inquiétudes » du conseil régional, « à une échéance proche des élections régionales », qui « craint » que ces études « ne soient perçues comme un mauvais signal pour le développement des projets énergétiques renouvelables en Bretagne ». Terre socialiste, la région Bretagne était présidée jusqu’en 2012 par Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de la défense, et très proche de François Hollande.  

On y lit encore sa suggestion de « recours rémunéré » aux navires pêcheurs bretons pour les repérages en haute mer de ces mêmes études, pour en « faciliter l’acceptation sociale ». Une manière d’huiler les rouages de l’opinion publique. 

Interrogée par Mediapart au sujet de ce courrier, la préfecture de Bretagne répond que « c’est pour éviter tout risque de confusion que le Préfet de la Région Bretagne avait demandé à RTE de tenir compte du déroulement de l'enquête publique dans le calendrier des études du projet d'interconnexion », car « la concomitance des calendriers aurait pu générer un risque important de confusion dans l’esprit des citoyens ».

Pour Alain Le Suavet de l’association Gaspare qui regroupe des opposants à la centrale, « le courrier du préfet est une forme de barrage à l’enquête publique, elle ne peut plus se dérouler comme prévu ». Son association demande l'arrêt du projet, ainsi que la remise à plat du Pacte électrique breton, le document de planification de l’offre énergétique en Bretagne jusqu’en 2020. Préparé par l’État, la région et RTE en 2010, c’est lui qui donne le top départ au projet de centrale à gaz : « L’implantation d’un nouveau moyen de production classique au nord-ouest de la Bretagne s’avère indispensable, et ce le plus rapidement possible », explique le document, car « le déséquilibre structurel entre la production et la consommation bretonne expose l’ensemble de la Bretagne à un risque généralisé d’écoulement de tension ». Cette centrale doit servir d’appoint au réseau en période de pointe, ce pic de consommation d’électricité en fin de journée, alors que chacun rentre chez soi. Les logements bretons sont souvent équipés de chauffage électrique, très énergivore.

Selon les estimations du « pacte » d'après leur scénario de référence, la consommation d’électricité devait atteindre autour de 22,5 térawattheures (TW-h) en 2013 en Bretagne, alors qu’en réalité, elle a plafonné à 21,7 TW-h, soit bien en deçà de ce qu’ils craignaient. Pour Gaspare, la centrale est désormais inutile. Les opposants ont publié leur propre scénario d’évolution du système énergétique, beaucoup plus complet et précis que celui de l’État. Ils s’appuient notamment à moyen terme sur des interconnexions avec les réseaux européens d’énergies renouvelables, notamment éolienne. 

Pour Michel Rolland, militant EELV, « la centrale de Landivisiau est devenue un grand projet inutile ».

« Une énorme diversion d’argent public »

En réalité, les études de faisabilité ont tout de même eu lieu l’été dernier, explique Didier Beny, délégué RTE Ouest : au mois d’août, pendant une dizaine de jours, pour cartographier les fonds marins. Malgré la demande de la préfecture. « On leur a expliqué qu’on n’avait pas le choix », explique-t-il : les conditions météo limitent la fenêtre d’intervention et les navires nécessaires à l’opération sont très demandés et donc peu disponibles. Les études doivent se prolonger l’année prochaine, une décision pourrait être prise au plus tôt fin 2016. Soit après les futures élections régionales (prévues fin 2015). 


Vue du projet de centrale de Landivisiau (extrait de l'avis de l'Autorité environnementale). 
Vue du projet de centrale de Landivisiau (extrait de l'avis de l'Autorité environnementale).

Mais selon la filiale d’EDF, ce projet d’interconnexion sous-marine n’a rien avoir avec la centrale à gaz de Landivisiau : « Ce ne sont pas du tout les mêmes échéances de temps. Si l’interconnexion avec le réseau d’EirGrid, l’opérateur irlandais, se fait un jour, ce sera à l’horizon 2025/2030 ». Selon le pacte électrique breton, les 450 Mégawatts (MW) de la centrale de CEB sont indispensables à l’horizon 2020. Elle devrait bénéficier d’un tarif d’achat (financé par la contribution au service public de l’électricité, la CSPE, prélevée sur la facture des clients) de 94 euros par megwatt-heure (MW-h) pendant vingt ans. 

Sans craindre de se contredire, la préfecture de Bretagne précise encore à Mediapart que « les deux projets d'interconnexion France Irlande et de la centrale à gaz de Landivisiau sont des projets totalement différents », à la fois « dans leurs enjeux, leur périmètre et les délais de mise en œuvre ainsi que leur degré de maturité ». Sans expliquer alors pourquoi deux projets si radicalement différents risquaient de créer la confusion dans l’esprit des Bretons. 

« La construction de cette centrale n’est pas souhaitable en l’état du système énergétique breton, surtout qu’il existe un fort potentiel éolien en Bretagne », considère Cyrille Cormier, de Greenpeace France : « On met la charrue avant les bœufs en essayant de répondre à la stabilité d’un territoire en augmentant la capacité de sa production d’énergie. »
 
Pour Yannick Jadot, eurodéputé EELV pour l’ouest de la France, « on est dans un projet totalement délirant, avec une triple incohérence : par rapport aux enjeux de la transition énergétique en Bretagne, par rapport au projet européen d’interconnexion des réseaux électriques et c’est aussi une énorme diversion d’argent public ».

Si elle est confirmée, la centrale de Landivisiau nécessiterait la construction d’un gazoduc de 111 km de long, qui traverserait plusieurs zones humides, alerte l’Autorité environnementale. Ses impacts environnementaux ne seraient donc pas uniquement climatiques.

Sur place, la mobilisation contre la centrale de Landivisiau est forte. Des réunions d'opposants ont rassemblé plusieurs centaines de personnes. À Landivisiau, ils ont été à deux doigts d’emporter les dernières élections municipales.

En Europe, le secteur du gaz est en pleine crise, suscitant la montée au créneau de Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, contre le système de tarif d’achat dont bénéficient les énergies renouvelables. Le gaz est délaissé, devenu plus cher que le charbon. L’hiver dernier en France, les centrales thermiques (fioul, gaz, charbon), qui assurent notamment les pics de demande, ont peu tourné, du fait en partie d’un hiver doux. Direct Energie a dû renoncer à son projet de centrale à gaz à Verberie (Oise), très contesté sur place. Son autre projet de centrale à Hambach (Moselle) vient d’être retoqué par la justice. Et l’ex-centrale thermique de  Poweo à Pont-sur-Sambre (Nord), revendue en 2010 au groupe autrichien Verbund, cherche un nouvel opérateur.

Ouvrir une centrale à Landivisiau est donc un objectif stratégique important pour Poweo-Direct Energie, entré sur le marché de l’électricité en France à la faveur de la libéralisation exigée par la Commission européenne, mais dépourvu de moyens de production, à part de petits barrages hydrauliques. Pourtant, dans ce contexte, la viabilité économique du site de Landivisiau semble fragile, et son activité promet d’être coûteuse en argent public : jusqu’à 40 millions d’euros par an pendant vingt ans, soit 800 millions d’euros.

L’ouverture d’une centrale de production d’électricité au gaz est-elle compatible avec la transition énergétique dont le projet de loi sera discuté par les députés à partir du 1er octobre ? Sollicité par Mediapart, le ministère de Ségolène Royal n’a pas répondu à nos questions.

 

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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Dimanche 9 mars 2014 7 09 /03 /Mars /2014 22:30

 

Source : www.reporterre.net

 

Ukraine, Thaïlande : derrière les révoltes, la crise de la civilisation fossile

Nafeez Ahmed (The Guardian)

vendredi 7 mars 2014

 

 

 

De l’Ukraine au Venezuela et à la Thaïlande, les révoltes se multiplient. Leur vrai cause : la triple crise alimentaire, énergétique et climatique. Ce que dit la rue, c’est que la civilisation a atteint sa limite de validité.

 


 

L’ère post-crise de 2008, y compris 2013 et début 2014, a vu la persistance et la prolifération des troubles civils sur une échelle jamais été vue auparavant dans l’histoire humaine. Rien que le mois dernier, nous avons assisté à des émeutes au Venezuela, en Bosnie, en Ukraine, en Islande et en Thaïlande.

Ce n’est pas une coïncidence. Les émeutes ont leurs racines dans l’effet des mêmes forces économiques régressives sur tous les continents de la planète. Ces forces elles-mêmes sont symptomatiques d’un processus plus profond, alors que nous passons de l’ancienne ère industrielle à base de combustibles fossiles vers autre chose.

Même avant que le printemps arabe ait éclaté en Tunisie en décembre 2010, les analystes de l’Institut des systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre avait averti du danger de troubles civils liés à l’escalade des prix des denrées alimentaires : « Si l’indice des prix de la nourriture établi par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’élève au-dessus de 210, cela pourrait déclencher des émeutes dans de nombreuses régions du monde. »

Les jeux de la faim

Le scénario est connu. La flambée des prix alimentaires en 2008 a coïncidé avec l’éruption de l’agitation sociale en Tunisie, en Égypte, au Yémen, en Somalie, au Cameroun, au Mozambique, au Soudan , à Haïti, en Inde, entre autres.

En 2011, les hausses de prix ont précédé les troubles sociaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord - Égypte, Syrie, Irak, Oman, Arabie saoudite, Bahreïn, Libye, Ouganda, Mauritanie, Algérie.

L’année dernière a vu les prix alimentaires atteindre pour la troisième année consécutive les niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis la création de l’indice, avec les flambées de violences correspondantes en Argentine, au Brésil, au Bangladesh, en Chine, au Kirghizistan, en Turquie et ailleurs.

 

 

En une dizaine d’années, l’indice des prix alimentaires de la FAO a plus que doublé, passant de 91,1 en 2000 à une moyenne de 209,8 en 2013. Comme le professeur Yaneer Bar-Yam, président fondateur de l’Institut des Systèmes Complexes, l’a déclaré récemment au magazine Vice :

« 210 sur l’indice de la FAO est le point d’ébullition et nous y sommes depuis dix-huit mois... Dans certains cas, le lien causal est évident, dans d’autres, étant donné que nous sommes sur le point d’ébullition, quelque chose d’autre déclenche les troubles. »

Mais l’analyse par Bar-Yam des causes de la crise alimentaire mondiale ne va pas assez loin pas. Elle se concentre sur l’impact de l’utilisation des terres agricoles pour les agro-carburants et la spéculation financière excessive sur les denrées alimentaires. Ces facteurs ne font qu’effleurer le problème.

La dangereuse dépendance au fossile



- Oléoduc en Ukraine -

 

Les cas récents de révoltes montrent le lien entre les troubles civils et un système alimentaire mondial de plus en plus volatil, mais aussi que la racine de ce problème se trouve dans la non-viabilité croissante de la dépendance chronique de notre civilisation aux combustibles fossiles.

En Ukraine, les chocs précédents des prix alimentaires ont eu un impact négatif sur les exportations de céréales, contribuant à l’intensification de la pauvreté urbaine en particulier. Les niveaux de l’inflation domestique sont sous-estimés dans les statistiques officielles : les Ukrainiens dépensent en moyenne près de 75 % de leurs revenus pour les factures domestiques.

De même, pour la majeure partie de l’année dernière, le Venezuela a souffert de pénuries alimentaires continuelles venant des dysfonctionnements de gestion, avec une inflation record sur dix-sept ans due surtout à la hausse des prix des denrées alimentaires.

Alors qu’ils sont dépendants d’importations alimentaires de plus en plus coûteuses, ces deux pays vivent une grave crise énergétique qui va s’approfondissant. L’Ukraine est un importateur net d’énergie, après avoir atteint un pic de sa production pétrolière et gazière en 1976. Malgré l’excitation sur ses potentiels de schiste, la production de pétrole de l’Ukraine a diminué de plus de 60 % au cours des vingt dernières années, à cause de problèmes géologiques et d’un manque d’ investissements.

Actuellement, environ 80 % du pétrole de l’Ukraine, et 80 % de son gaz sont importés de Russie. Les prix du gaz naturel russe ont presque quadruplé depuis 2004. Les prix de l’énergie sous-tendent la flambée de l’inflation qui entraine des taux de pauvreté terribles pour les Ukrainiens moyens, exacerbant les divisions sociales, ethniques, politiques et sociales.

La récente décision du gouvernement ukrainien de réduire considérablement les importations de gaz russe aggravera la situation, car les sources d’énergie alternatives moins chères sont rares. L’espoir que les sources d’énergie domestique pourraient sauver la situation sont minces, et ni le schiste, ni le nucléaire ne sont des solutions viables.

Un rapport fuité de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) révèle que les propositions de prêt de 300 millions d’euros pour rénover les 15 réacteurs nucléaires vieillissants appartenant à l’État vont doubler le prix de l’électricité d’ici 2020.

Le Venezuela malade de son cher pétrole

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 


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Mardi 25 février 2014 2 25 /02 /Fév /2014 18:26

 

Source : www.reporterre.net

 

Ecologie

Transparent, Internet ? Les statistiques sur la pollution industrielle sont devenues très opaques

Marie-Paule Nougaret (Reporterre)

mardi 25 février 2014

 

 

 

 

Naguère, le ministère de l’Environnement publiait des annuaires de la pollution industrielle, qui permettaient d’évaluer d’un coup d’oeil le hit-parade des pollueurs et leur identité. Aujourd’hui, tout est sur internet - mais c’est beaucoup moins clair et les plus gros pollueurs sont noyés dans le flou. Enquête.

 


 

Le ministère de l’Ecologie, qui s’appelait jadis ministère de l’Environnement, publie sur internet les statistiques officielles de pollutions industrielles. Il s’agit des pollutions dépassant les limites fixées par des autorisations de rejet dans l’air ou dans l’eau, parfois les deux.

La publication de ces données est prévue par un accord international, le Protocole de Kiev, conclu en 2003, et qui prévoit que chaque Etat signataire doit tenir un Registre des Rejets et Transferts de Polluants (sigle anglais PRTR) consultable électroniquement. C’est consultable, mais peu clair, comme on va le voir, et beaucoup moins que les brochures du ministère d’autrefois.

Léger retour en arrière : en 1976, l’Assemblée Nationale vote, à l’unanimité, la loi de protection de la nature. A l’unanimité, oui, on a peine à le croire, mais l’esprit de liberté de 1968 soufflait encore dans le cœur des députés. Le Concombre masqué, personnage de Mandryka, pouvait utiliser le nom d’un groupe industriel comme juron, tout le monde trouvait ça délicieux, nul ne songeait à lui chercher procès.

 


- Les aventures potagères du concombre masqué 1974 -

 

En 1978, nouvelle avancée : la loi sur l’accès des citoyens aux documents administratifs. Le ministère de l’Environnement, né en 1974, fournira désormais les statistiques de pollution à qui les demandera. Année après année, la présentation s’améliore, devient une Cartographie de la Pollution Industrielle, brochure sur papier recyclé. On y situe sur une carte les gros pollueurs d’un seul coup d’œil ; et leur nom figure en regard. Voici par exemple les rejets dans l’air de dioxyde de soufre, alias SO2, pour 1990 :

 

 

On voit que les plus grosses saletés sortaient des cheminées de Gardanne, près de Marseille, qui crachaient joyeusement 52 924 t de SO2 par an, issues de la combustion d’un charbon local, le lignite, très soufré. La même centrale de Gardanne que l’on veut aujourd’hui reconvertir en centrale à bois, quitte à tondre les Cévennes, la Provence et un morceau du Canada.

Le dioxyde de soufre, en présence d’eau dans l’air, donne des pluies acides. Ces retombées attaquent le nez des bébés, les bronches des enfants, les poumons des parents. Sans parler de la peau, des cheveux, du squelette, du fer, des pierres, des feuillages et des écorces, déminéralisés.

Les cartes des autres pages montraient les déversements autorisés dans l’eau d’aluminium, arsenic, azote, cadmium, chlorures, chrome, cuivre, cyanure, demande en oxygène, étain, fer, fluor, hydrocarbures, manganèse, mercure, matières en suspension, nickel, phosphates, plomb, sulfates, titane et zinc ; ainsi que les émissions dans l’air de cadmium, composés organiques volatils, chlore, fluor, mercure, oxydes d’azote, monochlorure de vinyle, phénols, poussières, thallium et zinc.

C’était du beau travail. Ca ne pouvait pas durer. En 1993, les cartes publiées ne montraient plus le hit parade des pollueurs, mais la pollution par département. On sait ce qui nous tombe dessus, mais il n’y a pas de fautif à incriminer. Leurs noms se trouvaient trois pages plus haut, il fallait chercher.

 

 

On y découvrait que Gardanne avait reculé de la 1ère à la 3ème place, pour la pollution soufrée, derrière la centrale EDF Cordemais en Normandie et la raffinerie Total de Gonfreville, près du Havre.

 


- La vie quotidienne du concombre masqué, 1981 -

 

En 2001, pour le tournant écologiste du millénaire, on atteint un nouveau sommet : brochure de luxe, format in octavo, couverture glacée, couleurs. Gardanne s’appelle désormais SETCM. Divers pollueurs se sont trouvé un nouveau nom. Après sa digestion par Aventis, Rhône Poulenc n’évoque plus grand chose chez les nouvelles générations.

 

*Suitr de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Jeudi 30 janvier 2014 4 30 /01 /Jan /2014 17:43

 

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Alternatives

Cette commune n’utilise plus d’énergie fossile pour se chauffer

Enerzine

jeudi 30 janvier 2014

 

 

 

 

Foussemagne, commune comptant 984 habitants dans le Territoire de Belfort, a déjà atteint les objectifs de 23% du Grenelle de l’environnement en termes de production d’énergie de source renouvelable. En conséquence, la commune n’utilise plus d’énergie fossile pour le chauffage - et ne paiera pas la taxe carbone.

 


 

Avant d’arriver à ce stade, la petite bourgade de Foussemagne a depuis 2004 présenté et mis en oeuvre des projets diversifiés dans le renouvable et l’efficacité énergétique. Voici le détail avec des chiffres à l’appui.

En 2004 :

Foussemagne devient la première commune de Franche-Comté à octroyer des aides à ses habitants lorsqu’ils s’équipent en énergie renouvelable (chauffage bois, eau chaude solaire, chauffage solaire, photovoltaïque, géothermie). Car d’après la municipalité, les économies d’énergie passent d’abord par une meilleure isolation, une sensibilisation aux économies et apprendre à consommer autrement.

En 2005 :

La Commune remplace tout d’abord la vieille chaudière au fioul de la Mairie par une chaufferie aux granulés de bois de 60 kW. Cette dernière chauffe le secrétariat de la Mairie, la salle du Conseil, les archives, la salle des associations et trois logements.

La consommation de bois en 2009 s’établit à 25,76 tonnes (coût financier : 3 939 euros). La réduction des émissions de CO2 est évaluée à 36 tonnes.

En 2006 :

La Commune souscrit avec EDF un contrat de fourniture d’électricité 100% d’origine renouvelable (contrat Equilibre +) pour La Maison des Arches et la médiathèque. Selon le maire, "en exigeant de s’alimenter en électricité renouvelable, vous faites croître la demande et favorisez ainsi le développement des énergies renouvelables et les investissements dans de nouveaux moyens de production".

Par ailleurs, depuis 2006, la Commune participe aussi au financement du programme CISEL qui s’active à faire baisser le coût de fabrication des panneaux photovoltaïques.

En 2007 :

En même temps que les travaux d’extension de l’école, la Commune installe une chaudière aux plaquettes de bois de 80 KW avec réseau de chaleur. Elle chauffe le groupe scolaire de 1.000 m² (maternelle et élémentaire) et l’atelier municipal.

La consommation de bois en 2009 s’établit à 38,75 tonnes (coût financier : 3 827 euros). La réduction des émissions de CO2 est évaluée à 41 tonnes.

Mais ce n’est pas tout. La municipalité de Foussemagne décide aussi de renforcer l’isolation de l’école maternelle construite en 1992, de remplacer les convecteurs électriques de l’école maternelle par un chauffage central alimenté par la chaudière au bois. L’eau de pluie est récupérée pour les sanitaires de l’école dans une citerne de 20 m3. Enfin, un chauffe eau solaire est installé sur le toit.

En 2009 :

La Commune installe une centrale photovoltaïque d’une puissance de 32 KWc sur le toit du groupe scolaire qui fournira 30 000 KWh/an d’électricité revendus à EDF. L’installation permet d’éviter le rejet de 4700 Kg/an de CO2.

 

*Suite de l'article sur

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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Lundi 27 janvier 2014 1 27 /01 /Jan /2014 16:21

 

Source : www.reporterre.net

 

DOSSIER : L’éolien est-il écologique ?

Reporterre

lundi 27 janvier 2014

 

 


 

- En Bretagne, près de Redon, pousseront bientôt des éoliennes citoyennes, Emmanuel Daniel (Reporterre), 27 janvier 2014.

- En Allemagne, les éoliennes ont tellement produit à la fin de l’année que le prix de l’électricité y a été… négatif ! (en anglais), 10 janvier 2014.

Le nord de l’Europe a expérimenté un phénomène hivernal nouveau : des prix d’électricité négatifs, c’est-à-dire où l’on devrait payer le consommateur pour consommer - sauf que ce n’est pas lui qui a empoché la recette, mais les courtiers en électricité, les "traders".

Durant les vacances de Noël, la consommation électrique chute traditionnellement en Allemagne, en Scandinavie, en Tchéquie et en Slovaquie. La baisse a été encore pus accentuée cette année du fait d’un temps doux. Vent et pluie, un temps assez calme, c’est l’idéal pour l’éolien et l’hydroélectricité. En décembre, la production d’électricité éolienne en Allemagne a ainsi atteint le deuxième niveau mensuel le plus élevé jamais observé. Et comme l’énergie renouvelable ne peut pas être stockée, elle a été envoyée le réseau, même s’il n’y avait personne pour l’acheter. D’où des prix négatifs à certains moments.
Le 24 décembre 2013, le prix de l’électricité est ainsi tombé à - 35,45 euros le kwh (bien lire "moins") entre minuit et six heures du matin.

- La Cour de justice européenne confirme que les aides à l’énergie éolienne sont bien une aide d’Etat. Elle satisfait ainsi Vent de colère et les associations opposées à l’éolien industriel, qui avaient saisi la Cour. La balle revient maintenant au Conseil d’Etat. Brève du 20 décembre 2013.

- Et si vous construisiez votre éolienne (en bois) ?, Emmanuel Daniel, le 23 octobre 2013.

- En Lozère, l’impact paysager de l’éolien industriel est caché aux habitants, Collectif Terre de Peyre, 19 septembre 2013.

- La cour de justice européenne fragilise l’éolien en France, 20 Minutes, le 12 juillet 2013.

- L’éolienne nouvelle génération : petite, à voiles et silencieuse !, Ville de Grande Synthe, le 26 juin 2013.

- Les subventions à l’énergie éolienne sont-elles trop élevées ?, par Jacopo Moccia, le 20 juin 2013.

- De l’électricité produite par.... une aile éolienne volante, Enerzine, le 30 mai 2013.

- Le conseil général de Lozère rejette le schéma éolien, La Gazette des communes, le 1 janvier 2013.

- En Rhône-Alpes, le schéma éolien est imposé sans concertation ni débat, Eole 07, le 31 octobre 2012.

- Pourquoi les communes doivent-elles s’occuper d’énergie ?, Jacques Buki, le 15 octobre 2012.

- Echange mes éoliennes contre vos loups, Michel Cogoluègnes (Robins des bois de la Margeride), le 2 octobre 2012.

- Les éoliennes autorisées à s’installer dans les zones protégées, Territorial et Thierry Vallat, le 4 septembre 2012.

- En Lozère, les éoliennes financent un rallye automobile, Les Robins des bois de la Margeride, le 29 août 2012.

- Qui paiera pour les énergies renouvelables ?, Gilles Bellec, le 16 août 2012.

- Qui veut la peau de l’éolien ?, Arnaud Gossement, le 25 mai 2012.

- Une éolienne perd une pale en Eure et Loir, Green Univers, le 25 mai 2012.

- En Lozère, EELV prend position contre l’éolien industriel, Claude Lhuillier, 19 mars 2012.

- Les éoliennes de Lozère, au mépris de paysages uniques, Michel Cogoluègnes, 17 décembre 2011.

- Les Cévennes, patrimoine de l’humanité envahi par les éoliennes, 11 octobre 2011.

- 250 éoliennes de 140 m de haut menacent les paysages de Lozère, 14 juillet 2011.

- L’électricité va coûter cher, Der Spiegel, 13 octobre 2010.

- L’éolien industriel terrestre est une erreur,
Thierry Jaccaud, 6 juillet 2010.

- Pourquoi les communes doivent-elles être propriétaires des éoliennes ?, 9 juin 2010.

- Qu’est-ce que l’éolien participatif ?, 14 mai 2010.

- La justice ordonne la destruction de quatre éoliennes,
Valéry Laramée de Tannenberg, 22 avril 2010 :
http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Les éoliennes signent la mort de la campagne,
Yves Vérilhac, 8 avril 2010 : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Le vent nous porte sur le système,
Courant alternatif, 11 mars 2010 : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Pourquoi faut-il que les communes réalisent elles-mêmes les parcs éoliens ?, 30 janvier 2010.

 

*Suite  de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

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Lundi 27 janvier 2014 1 27 /01 /Jan /2014 16:01

 

Source : www.reporterre.net

 

On a découvert en 2013 moins de pétrole qu’on n’en a consommé

Christopher Helman (Forbes)

lundi 27 janvier 2014

 

 

 

C’est simple : on a découvert en 2013 vingt milliards de barils de pétrole conventionnel, et on en a consommé plus de cinquante. Les nouvelles ressources ne couvrent plus la consommation.

 


 

2013 a été une année décidément morose pour l’exploration pétrolière. Il n’y a eu dans le monde, aucune découverte qui dépasse un milliard de barils. Et certains explorateurs doués, comme Tullow énergie, ont eu des résultats de forage épouvantables, dont vingt forages qui se sont révélés secs.

Tout autour du globe il y a eu de nombreuses déceptions coûteuses. Selon l’analyste Anish Kapadia, de Tudor, Pickering & Holt, sur ses vingt-cinq« puits à fort impact de l’année » en 2013 seuls quatre ont produit.

Sur les quatre cents puits d’exploration forés l’an dernier qu’il a suivis, Kapadia estime que l’industrie a découvert l’an dernier vingt milliards de barils de pétrole conventionnel et autant de gaz naturel, pour une consommation mondiale de cinquante milliards de barils.

Les grandes découvertes qui ont été faites ont tendance à contenir plus de gaz naturel que prévu. Or le gaz n’est pas aussi désirable que l’huile parce que plus difficile à mettre sur le marché (surtout s’il vient de lieux éloignés) et, à qualité énergétique égale, il se vend beaucoup moins cher que le pétrole.

Comme on peut le voir dans la liste ci-dessous, les plus grandes découvertes de l’année ont eu lieu un peu partout, Malaisie, Mozambique, Égypte, Angola et Canada. Les quantité en réserve, estimées par Tudor, Pickering, sont donnés en Bep, barils équivalent pétrole (un baril = 159 litres), plus l’équivalent d’énergie dans le gaz naturel.

1 - Agulha / Coral découvertes de gaz au large du Mozambique par Eni - 700 millions de bep chaque

2 . Lontra découverte en Angola par Cobalt CIE internationale de l’énergie 0,36 % - 900 millions de bep

3 . B14/B17 découvertes de gaz en Malaisie par Newfield Exploration NFX -0,59 % - 850 millions de bep

4 . Ogo découverte au Nigeria par Afren / Lekoil - 775 millions de bep

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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Vendredi 24 janvier 2014 5 24 /01 /Jan /2014 22:37

 

 

Source : www.mediapart.fr

A Bruxelles, la France agit contre les énergies renouvelables

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Malgré ses déclarations volontaristes, la France a œuvré en coulisse à Bruxelles pour que les objectifs européens sur les énergies renouvelables en 2030 ne s’imposent pas aux pays. Pour Greenpeace, « c’est une rupture ».

La stratégie de l’Union européenne au sujet du climat ressemble de plus en en plus à un périlleux jeu d’équilibriste. Mercredi 22 janvier, la Commission a publié ses recommandations pour le « paquet-énergie climat 2030 », les trois directives structurant sa politique « bas carbone » : baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990), « au moins » 27 % d’énergies renouvelables et pas d’objectif pour l’efficacité énergétique. Le premier chiffre satisfait la France, hôtesse de la conférence de l’ONU sur le climat en 2015, qui craignait le ridicule si l’Europe plafonnait ses ambitions à - 35 % – comme l’envisageait Bruxelles dans un premier temps – alors que le Giec préconise une baisse de 80 % d’ici 2050 pour les pays industrialisés. L’absence de chiffrage sur les économies d’énergie arrange beaucoup de monde, car elles sont à la fois difficiles à mettre en œuvre et ardues à valoriser auprès des électeurs.

 

José Manuel Barroso et François Hollande à Bruxelles en mars 2013 (Reuters).  
José Manuel Barroso et François Hollande à Bruxelles en mars 2013 (Reuters).

La discussion autour de la part des renouvelables est la plus révélatrice. Bruxelles propose que l’Union se dote d’un objectif contraignant de 27 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, mais se garde bien d’en imposer les déclinaisons nationales. Alors que le « paquet énergie climat 2020 », actuellement en vigueur, oblige chaque État-membre à respecter des pourcentages minimaux de renouvelables dans leur production d’énergie (pour la France, 23 % en 2020), ce ne sera plus le cas pour la décennie suivante. 

Quelle portée peut bien avoir une contrainte partagée à vingt-huit pays ? Une source européenne invoque « la nécessité de donner plus de flexibilité aux États » considérant que « c’est une garantie d’efficacité ». En France, le syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est dit « préoccupé » par ces recommandations.

Et Paris dans tout ça ? En décembre, Philippe Martin, ministre de l’écologie et de l’énergie, a bien cosigné une lettre avec plusieurs homologues européens réclamant « un objectif pour les énergies renouvelables pour 2030 ». Le 22 janvier, il « se félicit(ait) de la volonté d'afficher un objectif européen d'énergies renouvelables en 2030 dans la consommation énergétique de l’Union » et de ces « engagements ambitieux ». La France, championne de l’éolien, du solaire et de la biomasse ? Pas si simple. En réalité, ces derniers jours, elle a œuvré pour que les objectifs concernant les renouvelables ne s’imposent pas aux pays nominalement. 

« La France a fait un lobbying clair pour qu’il n’y ait pas d’objectifs contraignants au niveau des États, explique Cyrille Cormier de Greenpeace France. Elle est sortie de sa position attentiste pour passer à l’offensive, c’est une vraie rupture. » 

« Oui, c’est en partie vrai, reconnaît Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la planète, la position de la France a été d’établir des objectifs spécifiques par pays dans un second temps, de manière à assurer la cohérence avec l’objectif de réduction des gaz à effet de serre en fonction du mix énergétique de chaque partenaire européen. » Ces derniers jours, Hulot a signé et diffusé la pétition de l’ONG Avaaz réclamant une baisse de 50 % des rejets de gaz à effet de serre en 2030. 

Embarras dans l’entourage de Philippe Martin : « Il est vrai que compte tenu du "contexte" et des équilibres européens, on a poussé plus fort sur les 40 % de gaz à effet de serre (plutôt que 35). Charge à nous, en vertu du principe de subsidiarité, de doter la France d'objectifs renouvelables ambitieux ! On y travaille. »

Au départ, la France défendait une stratégie en deux temps : d’abord un bon objectif sur les gaz à effet de serre, ensuite sur les renouvelables. « C’était une position bancale mais pas offensive contre les objectifs nationaux », décrit Célia Gautier, du Réseau action climat (RAC). Mais entretemps, il s’est produit un déchaînement de lobbying : par le Royaume-Uni, vent debout contre des objectifs nationaux contraignants, et par des groupes énergéticiens (GDF Suez, E-ON, RWE, ENI, Enel, Iberdrola…). En privé, des conseillers de l’exécutif ne cachent pas leur ambition d’exporter des réacteurs nucléaires en Pologne et en République tchèque, en plus des deux EPR en cours d’achat outre-Manche. Des perspectives commerciales qui se verraient mécaniquement limitées par une poussée obligatoire des renouvelables.  

« C’est un net recul par rapport au système actuel, qui oblige les États à rendre des comptes et à se faire contrôler par la Commission », regrette Celia Gautier, pour qui « le gouvernement français nous montre qu’il n’est pas sérieux sur sa transition énergétique ». Les propositions de la Commission doivent encore être approuvées par le parlement européen et les chefs d’État, réunis en conseil de l’énergie les 20 et 21 mars prochains.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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