Economie et social

Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 22:39

 

 

Source : www.reporterre.net


 

CHRONIQUE - Et si on imaginait la fin de l’emploi ?

Vincent Liegey

mardi 21 octobre 2014

 

 

 

Il faut questionner la notion de travail pour sortir d’une vision productiviste de la vie, qui sert surtout les tenants d’un système profondément inégalitaire. S’échapper de la « sacro-sainte croissance », « décoloniser nos imaginaires travaillistes afin de remettre l’économie et une vision comptable de la vie à leur place et sortir de la centralité de la valeur travail ! »



- Vincent Liegey -

Tous les les jours, les chômeurs sont stigmatisés : « Ces assistés », « ces profiteurs », « ces salauds de chômeurs » qui « ne veulent pas travailler ». Il faudrait toujours plus les contrôler, les surveiller.

Surtout, il faudrait qu’ils participent à la relance de la croissance, à ce grand effort productif... mais en se précarisant toujours plus... Pour produire toujours plus, faire tourner la mégamachine et relancer la sacro-sainte croissance si possible « verte »... et enrichir toujours plus l’oligarchie ?!

Travailler, d’accord, mais à quoi ?

Mais, au fait, quel sens ont nos emplois ? Qu’est-ce qu’on produit ? Pour quel usage ?

Déjà, certains emplois s’inscrivent dans la logique destructrice du système et se révèlent donc néfastes et toxiques. C’est le cas notamment des emplois du complexe militaro-industriel (160 000 emplois et un chiffre d’affaire annuel de 15 milliards d’euros en France) ; de la publicité : outil de colonisation de nos imaginaires, d’aliénation et d’abrutissement afin de créer constamment de nouveaux besoins, du désir et de la frustration en gâchant créativité et talents de nos congénères (150 000 emplois et 30 milliards de chiffre d’affaire annuel) ; des lobbyistes (plusieurs dizaines de milliers d’emplois à Bruxelles par exemple) ; des emplois reliés à l’obsolescence programmée, aux emballages, mais n’oublions pas également les emplois liés au monde de la finance, des banques, des assurances, des nouvelles technologies (extrêmement énergivores), du transport (routier ou aérien pour prendre les plus polluants) et puis, et puis…

En fait, à bien y regarder, plus on réfléchit, plus la liste s’allonge. Allez, un dernier exemple avec les « bullshit jobs » que l’on pourrait supprimer en particulier en simplifiant nos systèmes bureaucratiques de flicage !

Tout cela représente des millions d’emplois, des centaines de millions d’heures gâchées... et, au final, du mal-être, le mal-être d’être contraint à ce travail et peu importe les conséquences.

« Oui, mais eux, ils bossent... contrairement aux assistés ! »

« Et tout travail mérite salaire pour les homo-economicus que nous sommes ! » « Et eux, ils contribuent à faire gonfler notre salvateur PIB »... Et bien non, ce n’est pas si simple, une grande partie des tâches effectuées dans nos sociétés se font à l’extérieur de la sphère marchande.

Nos imaginaires économicistes nous empêchent de voir cette autre réalité : les tâches ménagères, le bénévolat, les loisirs, l’économie de réciprocité... et encore plus tout ce qui a du sens, apporte bien-être dans une logique de gratuité [11] et bien loin de ces calculs comptables mortifères : l’amour, l’amitié, la solidarité, la convivialité… Au final, les prémices d’une société du buen vivir.

Travailler moins pour vivre mieux

C’est les questions qui nous animent avec notre slogan provocateur la Décroissance. Déconstruire ces mythes : du travail pour le travail, du productivisme, de l’économicisme, de la compétition et des frustrations créées par les médias sur les soi-disant assistés, en négligeant l’évasion fiscale (plusieurs dizaines de milliards par an en France !) et des inégalités de plus en plus criantes.

Ne devrions-nous pas dire « salauds de riches » dans une grande majorité plutôt que de se retrouver diviser. Enfin, c’est tellement plus simple pour régner : l’oligarchie semble avoir de beaux jours devant elle.

La Décroissance, c’est faire ces pas de côté en questionnant nos productions : leurs conditions, leurs utilités ou encore l’usage des produits.

Au vu de la liste ci-dessus, nous pourrions nous dire que l’on pourrait travailler moins en produisant moins de saloperies inutiles, en produisant local, durable et réparable mais aussi en partageant, en coopérant, en vivant ensemble plutôt que dans nos bulles individuelles en compétition les unes avec les autres.

Bien sûr l’enjeu n’est pas de culpabiliser, encore moins de montrer d’un doigt moralisateur les un-e-s et les autres, d’autant plus que ces emplois sont contraints par l’économie, on est pris dans un système : travaille, emprunte, consomme, obéis, travaille ! L’enjeu est bel et bien d’ouvrir le débat sur le sens de nos activités. Et de voir comment se les réapproprier.

Small is beautiful

Un autre enjeu de la Décroissance est de réfléchir à une société d’abondance frugale soutenable. Une société de low tech et aussi de tâches manuelles à partager mais surtout à concevoir pour les rendre les moins dures possibles. C’est ce qui est expérimenté par exemple avec les nouvelles méthodes pour produire de la nourriture saine de proximité de manière soutenable comme la permaculture, l’agroécologie et l’agroforesterie.

La Décroissance, c’est aussi penser aux transitions : comment sortir de l’impasse de la société de croissance, comment se désintoxiquer de toutes nos dépendances techniques, de nos esclaves énergétiques, étape par étape, de manières démocratiques et sereines.

La transition est en marche, et en s’appuyant sur ces alternatives, elle expérimente ce qui pourrait être demain des sociétés d’a-croissance.

Mais cela n’est pas suffisant, c’est pourquoi, dans « Un Projet de Décroissance » nous proposons des pistes de réflexions, des débats autour d’outils économiques et sociaux susceptibles de nous sortir de l’emploi pour l’emploi pour créer des sociétés d’activités choisies.

L’urgence de ralentir

Tout d’abord, nous proposons la logique de travailler toutes et tous pour travailler moins. On pourrait imaginer la mise en place de mesures décentralisées ouvrant la porte à la liberté de choisir de travailler moins : droit opposable au temps partiel, aux congés sabbatiques, plateforme d’échange et de mise en partage de projets, de temps de travail... Moins de « bullshit jobs » pour plus d’activités qui ont un sens, pour une plus grande participation à cette transition qui est belle et bien en marche... pour une réappropriation de l’autonomie !

Aussi dans une logique de transition, on peut imaginer une série de loi privilégiant la relocalisation de nos productions et sanctionnant ce qui n’est pas souhaitable : baisse drastique des budgets militaires, obsolescence programmée sanctionnée, encadrement stricte de la publicité, mise en place de taxations progressives sur l’emballage, les transports inutiles, les gadgets avec bien sûr des projets d’accompagnement et de reconversion....

 

*Suite del'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 18:24

 

 

Source : www.lemonde.fr


 

Après l’industrie, le commerce détruit aussi des emplois

LE MONDE | 20.10.2014 à 05h19 • Mis à jour le 20.10.2014 à 14h57 | Par Denis Cosnard

 
 

 

Les repreneurs de La Redoute ont prévu un plan social comportant la suppression de 1 178 postes en quatre ans.

 

Mauvaise nouvelle pour l’économie française. Un des derniers moteurs de l’emploi est en train de caler à son tour : le commerce. C’est ce que montre une étude publiée lundi 20 octobre par le cabinet Trendeo. Depuis deux trimestres, ce secteur longtemps porteur a commencé à détruire des emplois, indique la société française, qui relève dans la presse toutes les annonces de création et de suppression de postes.

Pour le moment, le nombre net d’emplois disparus demeure minime, de l’ordre de 250 en six mois. Mais la rupture avec la période précédente se révèle spectaculaire. « Depuis 2009, le commerce était en effet le premier créateur d’emplois, avec un solde positif de 89 000 postes », relève David Cousquer, le fondateur de Trendeo. La fin de cette période constitue donc un « phénomène significatif et inquiétant », ajoute M. Cousquer.

 

 

 

Le mouvement est engagé depuis 2010. De trimestre en trimestre, les créations d’emplois se font plus rares, tandis que la courbe des suppressions monte régulièrement.

Une évolution à relier à la crise, qui pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des Français. Pour éviter de perdre trop de clients, les enseignes de la grande distribution se sont lancées depuis deux ans dans une guerre des prix. Elle comprime leurs marges. Un contexte qui ne les incite pas à embaucher massivement.

RÉDUIRE LA VOILURE

De nombreuses sociétés intervenant dans le négoce et la distribution au sens large ont dû réduire la voilure. En 2013, Descours & Cabaud, un négociant lyonnais en produits pour le BTP et l’industrie, a ainsi allégé son effectif d’environ 400 personnes. Les repreneurs de La Redoute, ancienne filiale de Kering (ex-PPR), ont prévu de leur côté un plan social comportant la suppression de 1 178 postes en quatre ans.

Autre exemple : Coop Alsace. Il y a quelques années, ce groupe d’hypermarchés, de supermarchés et de supérettes comptait plus de 4 000 salariés. Depuis, il a cédé de nombreux actifs. Cela n’a pas suffi. Henri Ancel, son PDG, a annoncé, vendredi 17 octobre, qu’il allait déposer, lundi devant la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg, le bilan de l’entreprise, qui n’emploie plus que 150 personnes.

Ces difficultés du commerce sont d’autant plus problématiques que les autres secteurs sont pour la plupart déjà à la peine. « L’industrie ne repart toujours pas, même si elle souffre moins que par le passé », note M. Cousquer.

Jeudi 16 octobre, le laboratoire allemand Fresenius Kabi a encore annoncé la suppression de 338 emplois sur 461 dans son usine de La Châtre (Indre), en raison de l’arrêt de la production de poches de sang.

 

 

Ces neuf derniers mois, Trendeo a recensé 153 fermetures d’usine dans le pays, pour 119 ouvertures. Au total, 1 512 usines ont été fermées depuis le début de la crise en 2009, compensées seulement à 60 % par la création de nouveaux sites.

 

 

MAUVAISE ANNÉE POUR LES BANQUES

Et ce marasme de l’industrie est de moins en moins compensé par le dynamisme des services. La banque, en particulier, pourrait connaître sa plus mauvaise année depuis 2009. « Il n’y a guère que les secteurs du logiciel et des conseils et services spécialisés qui continuent à afficher un dynamisme tel que les créations d’emplois y dépassent nettement les suppressions », souligne le responsable de Trendeo.

Sa conclusion n’est guère optimiste. La croissance qui permettrait d’effacer les lourdes pertes de la période 2008-2009 n’est toujours pas présente. « Au rythme actuel, plusieurs années seront nécessaires à l’inversion de la courbe du chômage », estime M. Cousquer. Loin, très loin de l’objectif affiché par François Hollande durant sa campagne électorale.

 Denis Cosnard
Journaliste au Monde

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 18:02

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

1% 20/10/2014 à 10h49

Deux symboles du capitalisme s’inquiètent des inégalités

Clément Guillou | Journaliste Rue89

 

 


L’insigne d’une Rolls Royce, dans un showroom le 8 juillet 2014 à Londres (Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA)

« L’ampleur et la hausse continue des inégalités aux Etats-Unis m’inquiètent grandement. »

Jean-Luc Mélenchon en visite à Washington ? Thomas Piketty ? Barack Obama ? Non, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine.

Dans un discours prononcé vendredi à Boston, Yellen est allée beaucoup plus loin que le font d’ordinaire les numéros un de la Fed, en jugeant le niveau des inégalités contraire aux « valeurs américaines » et en pointant diplomatiquement les responsabilités politiques. Elle s’est bien gardée de dire si la politique monétaire américaine avait pu accroître les inégalités.

Le banquier central américain n’a pas l’habitude de s’immiscer dans les débats politiques aux Etats-Unis, et les inégalités en est un, notamment depuis le succès du livre « Le Capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty.

Crédit suisse comme Oxfam

Trois jours plus tôt, le groupe de services financiers Crédit suisse avait fait des inégalités le thème de son étude annuelle sur la richesse dans le monde [PDF] – qui continue d’augmenter. La déclaration de Yellen et le « choix éditorial » de Crédit suisse font suite aux inquiétudes émises par le Fonds monétaire internationale et le Forum de Davos, le raout annuel du monde des affaires.

Le Forum de Davos avait été bousculé par une étude d’Oxfam, dont ressortait un chiffre frappant : la richesse cumulée des 85 plus grandes fortunes du monde équivalait à celle des 3,5 milliards de personnes les plus pauvres.

Mais contrairement à Oxfam, le Crédit suisse est peu suspect d’hostilité au capitalisme financier. Il EST le capitalisme financier.

Ses analystes constatent que la richesse mondiale continue d’augmenter mais qu’elle est de plus en plus concentrée, un fait criant dans le graphique ci-dessous : par rapport à 2013, la richesse médiane a baissé – comme depuis 2010 – mais celle des 10% et 1% les plus riches a augmenté.


Niveau de richesse minimum des 50%, 10% et 1% les plus riches du monde (Rapport de Crédit suisse)

Cette évolution est attribuable à la hausse des marchés d’action et immobiliers ainsi qu’à des taux de change favorables. Les 1% les plus riches du monde sont désormais propriétaires de près de la moitié de la richesse mondiale.


Pyramide de la richesse mondiale. A gauche, niveau de richesse en dollars. Au centre, nombre d’adultes (pourcentage de la population mondiale). A droite, richesse cumulée (pourcentage de la richesse mondiale) (Rapport de Crédit suisse)

Le retour de la hausse des inégalités

Entre 2007 et 2014, les inégalités de richesse ont progressé dans 35 pays et diminué dans 11 pays seulement, relève aussi Crédit suisse. C’est essentiellement dans les pays en développement que les inégalités augmentent, comme le prouve cette carte réalisée par Business Insider sur la base des données de Crédit suisse.

Une rupture s’est opérée après la crise financière. De 2000 à 2007, les inégalités étaient globalement en baisse (surtout en Europe). Depuis 2007, elles augmentent partout (sauf aux Etats-Unis). L’analyse est valable pour la France et s’explique, selon Crédit suisse, par la chute des Bourses pendant la crise et leur remontée récente

Plus largement, les économistes du groupe, rappelant le principe de l’accumulation du capital, expliquent le cercle vicieux des inégalités : les riches ont du capital à placer et profitent de taux d’intérêt bas, donc ils font grimper les prix des actifs (actions, immobilier). Ce faisant, ils s’enrichissent et poussent la classe moyenne à s’endetter, augmentant ainsi les inégalités.


Le cercle vicieux des inégalités (Rapport de Cr&eacute ; dit suisse)

Selon Crédit suisse, ce cercle vicieux menace l’équilibre de l’économie mondiale.

« Un signal inquiétant »

Un chiffre – cher à Thomas Piketty – les inquiète particulièrement, celui du ratio richesse/revenu aux Etats-Unis, il montre la part croissante, depuis la fin de la crise financière, du capital dans la richesse globale. Crédit suisse explique :

« Pendant plus d’un siècle, le rapport capital/revenu s’est situé entre 4 et 5. Cependant, ce ratio est monté brièvement au-dessus de 6 durant la bulle internet en 1999 et a encore crevé ce plafond entre 2005 et 2007.

Il est retombé brutalement dans l’intervalle habituel après la crise financière mais ce déclin s’est depuis inversé et le radio est désormais à un niveau record de 6,5, pour la première fois depuis la Grande Dépression.

C’est un signal inquiétant, compte tenu du fait que les ratios richesse/revenu anormalement hauts ont toujours été annonciateurs d’une récession dans le passé. »


Evolution du ratio richesse/revenu aux Etats-Unis depuis 1900 (Rapport de Crédit suisse)

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 


 

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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 17:39

 

Source : www.lefigaro.fr


 

La lettre de Manuel Valls dans laquelle il soigne les radicaux de gauche

Manuel Valls, le 14 octobre dernier à l'Assemblée.

 

INFO LE FIGARO - Le premier ministre a envoyé un courrier de 7 pages à Jean-Michel Baylet pour lui dire combien «la fidélité et la loyauté des radicaux de gauche» étaient nécessaires...

Le premier ministre Manuel Valls, qui viendra dimanche matin clore le «Forum républicain» des radicaux de gauche, a réussi à éviter que le PRG quitte - comme il le menaçait - la majorité gouvernementale, au prix de concessions accordées aux seuls alliés du PS depuis le départ des Verts, au printemps 2014. Dans une lettre de sept pages, dont le président du PRG, Jean-Michel Baylet, a offert la primeur vendredi soir au comité directeur du PRG, et dont Le Figaro s'est procuré ce samedi une copie, Manuel Valls souligne que «depuis 2012, le président de la République et le premier ministre ont toujours pu compter sur la fidélité et la loyauté des radicaux de gauche». Le premier ministre leur indique qu'il «souhaite que cette communauté de projet et d'action soit encore approfondie dans le respect de l'identité de chacun». Il assure que le gouvernement a «fait un choix clair: ne plus augmenter la fiscalité pour ne pas pénaliser les ménages et les entreprises». Il s'agit là d'une demande réitérée des radicaux de gauche.

Manuel Valls insiste sur sa volonté de «relancer le projet européen» pour «retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi», grâce à «une politique ambitieuse d'investissements en Europe». Ce qui correspond là encore à un souhait du PRG. Le premier ministre insiste aussi sur le «combat pour l'égalité» et «la défense de la laïcité», précisant qu' «une nouvelle étape sera franchie à la rentrée 2015 avec l'entrée en vigueur d'un nouvel enseignement moral et civique». Manuel Valls rappelle qu'il a annoncé avec la ministre PRG Sylvia Pinel «un grand plan de relance de la construction».

Le premier ministre met également fin à la pomme de discorde entre l'exécutif et les radicaux de gauche en précisant (dès la page 3 de sa lettre) qu'il s'engage à «pérenniser au moins la moitié des actuels conseils départementaux» dans le cadre de la réforme territoriale, qui viendra en deuxième lecture au Sénat le 28 octobre. Manuel Valls ouvrira lui-même les débats.

Le premier ministre s'engage aussi à nommer un parlementaire radical de gauche en mission sur la question du système de retenue à la source de l'impôt, une mesure réclamée de longue date par le PRG. Un second parlementaire en mission du PRG pourrait être également nommé, selon nos informations, au sujet des dotations revues à la baisse des collectivités locales, afin de mieux protéger les communes rurales.

En conclusion de sa lettre, Manuel Valls souligne qu'il a été «très sensible aux critiques» formulées par les radicaux de gauche sur leur «insuffisante association à la définition des orientations du gouvernement». Il s'engage à travailler à «une véritable association du PRG en amont du dépôt des textes» afin de «renouveler le fonctionnement de la majorité». Jean-Michel Baylet, en tant que président du PRG, assistera désormais tous les mardis matins aux rencontres organisées à Matignon entre l'exécutif et les dirigeants du PS et des groupes parlementaires PS, Bruno Le Roux et Didier Guillaume. Manuel Valls précise enfin qu'il se rendra le 21 octobre devant le groupe RRDP (principalement composé de radicaux de gauche) de l'Assemblée nationale pour recueillir leurs «suggestions».

» DOCUMENT - La lettre de Manuel Valls

 

 

Source : www.lefigaro.fr

 

 

 

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Dimanche 19 octobre 2014 7 19 /10 /Oct /2014 19:11

 

Source : france.attac.org

 

 

 

 

« Prix nobel » d’économie : des cocoricos déplacés

lundi 13 octobre 2014, par Attac France

 

 

 

Le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l’honneur d’Alfred Nobel », improprement appelé prix Nobel d’économie, vient d’être attribué au français Jean Tirole. Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle.

 

 

Présenté comme « un des économistes les plus influents de notre époque » par la Banque de Suède, Jean Tirole est récompensé par « son analyse de la puissance des marchés » et ses recommandations en faveur d’une déréglementation dans les domaines de l’industrie, de la finance et du travail.

C’est ainsi que Jean Tirole, dont on peut penser que le nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron est un admirateur fervent, propose une réforme du marché du travail, dont l’une des mesures doit être d’alléger le code du travail et, en particulier, de supprimer les contrats à durée indéterminés (CDI).

Ce n’est pas tout : Jean Tirole est depuis longtemps un fervent partisan d’un marché mondial des permis d’émission de gaz à effet de serre. Le prix et la concurrence seraient ainsi les principaux instruments mobilisés pour limiter les émissions. Pourtant le marché européen du carbone est un échec retentissant en même temps qu’un nouveau théâtre de spéculation !

Dans le domaine de la finance, Tirole s’est illustré par une approche – fondée sur la théorie des jeux et de l’information – selon laquelle la stabilité des marchés peut être obtenue par la transparence de l’information et la concurrence sur les marchés.Ignorant le caractère fondamentalement instable des marchés, Jean Tirole a cautionné les politiques de dérégulation financière et encouragé les autorités de régulation à négliger la nécessité d’une régulation globale de la finance.

Le caractère global et systémique de la crise a montré qu’il s’agissait là d’une erreur tragique… démontrant par là le caractère inadapté et dangereux des analyses de Jean Tirole et du courant de pensée qu’il représente : un néolibéralisme dogmatique pour lequel la fonction économique essentielle de l’État est d’étendre la logique des marchés à l’ensemble des domaines de la vie sociale.

 

 

 

P.-S.

Photo : licence Creative Commons by-nc-nd 2.0, par International Monetary Fund.

 

 

Source : france.attac.org

 

 

 

 

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Dimanche 19 octobre 2014 7 19 /10 /Oct /2014 18:44

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le gouvernement prêt à brader les réseaux de transport d'énergie

|  Par martine orange

 

 

 

Au moment où l’Autorité de la concurrence dénonce l’erreur de la privatisation des autoroutes, le gouvernement s’apprête à consentir une nouvelle rente au privé, en privatisant les entreprises de réseaux de transport de l’électricité et du gaz. Le grand bradage des actifs publics continue.

Dans la gesticulation quotidienne du gouvernement, chaque jour ou presque une nouvelle annonce arrive, marquée du sceau de “la fin des tabous”. Contrat de travail, ouverture des magasins le dimanche, retraite, allocations chômage, professions réglementées… le programme de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), appliqué avec le succès que l’on sait en Europe du Sud, nous est déroulé quotidiennement.

Un deuxième volet manquait : celui des privatisations. Le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui s’est institué « briseur en chef des tabous » au gouvernement, vient d’ouvrir le chapitre. « La France a l’intention de céder cinq à dix milliards d’euros d’actifs dans les dix-huit mois », a-t-il annoncé cette semaine. Quatre milliards d’euros sont déjà inscrits dans le projet de la loi de finance 2015, pour désendetter les finances publiques.

 

 
© Reuters

Le petit jeu des futures privatisations a commencé. Les mêmes noms reviennent, car dans ce domaine, il a déjà beaucoup été fait : la liste des entreprises où l’État est encore actionnaire s’est réduite comme peau de chagrin depuis vingt ans. On parle donc à nouveau de la cession de quelques pour-cent supplémentaires dans Orange, GDF-Suez, EDF, Renault…

Manifestement, ces ventes possibles ne sont pas à la hauteur ni des besoins financiers de l’État, ni de sa volonté de marquer son grand tournant libéral, afin de donner tous les gages voulus à l’Europe. Très discrètement, le 17 octobre, Emmanuel Macron a dévoilé ses intentions sur le nouveau programme à venir. Ce n’est ni Renault ou EDF qu’il vise, mais les entreprises de réseau comme RTE, l’entreprise chargée du transport de l’électricité dans le pays, et peut-être GRTgaz, le gestionnaire de transport de gaz. « Nous avons des infrastructures existantes dans le pays dans plusieurs entreprises publiques de réseau. Notre volonté, c'est de les ouvrir », a-t-il déclaré lors d'un colloque de l'Association des investisseurs en infrastructure à long terme. Un auditoire tout acquis. 

Au moment où la Cour des comptes et l’Autorité de la concurrence démontrent, dans plusieurs rapports successifs, l’erreur commise avec la privatisation des autoroutes, au moment où certains demandent leur renationalisation afin que l’État puisse reprendre la main sur la politique de transports, le gouvernement n’en tire aucune leçon et s’apprête à céder des infrastructures tout aussi stratégiques pour l’énergie.

Bâtis par l’action publique depuis des décennies, parfois à coups d’expropriations payées des queues de radis, ces réseaux sont l’épine dorsale de toute la distribution d’énergie en France. Ils sont un élément indispensable pour tout le pays, assurant à la fois sa sécurité et l’égalité des territoires. Ces entreprises constituent un monopole physique de fait. En quoi est-il légitime de renoncer au contrôle public pour les mettre dans les mains du privé ?

C’est un vieux projet de la Commission de régulation de l’énergie, farouche adepte de la libéralisation, de mettre à bas toute l’intégration verticale du système énergétique français, au nom de la concurrence libre et non faussée, quel qu’en soit le coût. L’idée est aussi régulièrement agitée à Bercy depuis des années. Mais jusqu’à présent, il n’était question que de permettre l’entrée de la Caisse des dépôts dans leur capital aux côtés d’EDF ou de GDF-Suez, afin de garder une maîtrise publique sur l’ensemble. Cette fois, il ne s’agit plus de faire appel à la Caisse mais à des capitaux privés.

Ces actifs, il est vrai, intéressent les financiers. Passages obligés pour toute distribution de l’électricité et de gaz, quel que soit le fournisseur, ces entreprises de réseaux touchent un droit sur chaque livraison. C’est une rente assurée et sans risque, prise sur le domaine public et les consommateurs, comme peuvent l’être les autoroutes, les aéroports, etc. Tous les actifs qui, comme par hasard, sont en tête de liste des sociétés à privatiser dans les programmes de la Troïka. Il faut bien des garanties pour le capital.

Il y a longtemps que les capitaux privés lorgnent sur ces poules aux œufs d’or. Tant de richesses accumulées ne sauraient rester dormantes. GDF-Suez et EDF, leur société mère, en ont déjà abondamment profité sans que les administrateurs de l’État qui siègent à leur conseil n'y trouvent à redire. RTE, filiale d’EDF, a plusieurs fois assuré les résultats de sa maison mère. Cela a permis de cacher les aventures ruineuses à l’étranger (10 milliards d'euros de pertes en Amérique du Sud, 1,5 milliard en Italie, plus de 2 milliards aux États-Unis) et de verser les dividendes attendus par l’État.

Quand le groupe Suez a mis la main sur GDF, sa première préoccupation a été de faire remonter tous les trésors cachés de sa filiale de transport. Il en a tiré plus de 2 milliards d’euros en quelques années, l’obligeant même à lui verser des dividendes pour l’emprunt de réseaux qui avaient été apportés gratuitement par l’État (lire GDF-Suez la bonne affaire des réseaux gaziers). Là encore, cela a permis d’arrondir les dividendes versés à l’État. Ce dernier n’a rien dit.

Pour justifier l’ouverture de capital de ces sociétés, Emmanuel Macron a avancé ces explications : « Il s'agit de libérer du capital de ces entreprises à infrastructures pour qu'elles le remobilisent sur d'autres projets et des investissements qu'elles doivent faire. » « Et donc, à ce titre, votre présence est utile et nécessaire sur le territoire », a dit le ministre devant un auditoire acquis d’avance.

La montée en puissance des énergies renouvelables, qui n’obéissent plus du tout aux mêmes schémas centralisés de distribution électrique, impose de réorganiser et de rebâtir les systèmes de transport pour permettre l’intégration de ces productions décentralisées. De même, les interconnexions électriques aux frontières, qui devaient voir le jour pour construire le grand marché unique de l’Europe de l’énergie, n'en sont toujours qu’aux balbutiements.

Des moyens, pourtant, ont été libérés. Afin d’éviter « toute subvention cachée » au sein des entreprises publiques et de permettre l’arrivée d’une concurrence, les comptes de toutes les activités ont été séparés. Désormais, les consommateurs paient sur chaque facture une taxe pour la consommation d’énergie et l’entretien des réseaux de transport. Une taxe qui augmente régulièrement d’ailleurs. Si tout se passe comme le souhaite le gouvernement, elle est appelée à prendre l’ascenseur au cours des prochaines années.

Car c’est le montage qui nous est promis. Défendre aujourd’hui l’idée que les capitaux privés vont participer au développement des réseaux relève de la croyance, de l’acte de foi. Il y a longtemps que l’ouverture au privé ne permet plus d’apporter des capitaux aux entreprises. Les entreprises cotées qui font des augmentations de capital se comptent sur les doigts des deux mains chaque année. La Bourse n’est plus là pour financer l’économie, pour apporter des capitaux aux entreprises, mais pour percevoir des dividendes.

C’est en s’appuyant sur la dette que les acteurs privés développent désormais les projets. L’ouverture des entreprises de réseaux au privé ne devrait pas différer de ce schéma. La vente d’une partie du capital va rapporter quelque argent à l’État, et encore, de façon indirecte puisqu’elles sont filiales d’EDF ou de GDF-Suez. En contrepartie, ces nouveaux investisseurs vont demander une gestion « plus dynamique » de ces sociétés. En d’autres termes, qu’elles s’endettent fortement soit directement, soit par l’intermédiaire de partenariats public-privé – une formule très appréciée au gouvernement – pour la construction de certains bouts de réseaux. Pourquoi hésiter ?  Le système est sûr et garanti : à la fin, le consommateur paie. 

Le gouvernement semble prêt à perpétuer ce bradage de l’intérêt général, sans le moindre état d’âme, au mépris de toutes les expériences passées. Les entreprises de réseau ne sont pas des entreprises comme les autres. Toutes les privatisations de ce type de sociétés ont abouti aux mêmes échecs : soit les sociétés privées vivent d’une rente indue, soit les investissements nécessaires ne sont pas faits, obligeant l’État à intervenir, comme dans le cas des chemins de fer britanniques. Pourquoi en serait-il autrement cette fois ?

 

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Par martine orange

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 18:42

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-les-economistes-atterres

 

 

Avec la victoire de l’austérité, l’Europe tiers-mondisée

Eric Berr
Economiste atterré
Publié le 18/10/2014 à 09h43

Un SDF près des grands magasins, à Paris, en décembre 2012 (PRM/SIPA)

 

C’était en 1982. Une grave crise de la dette débutait en Amérique latine, avec le Mexique comme première victime, et allait se propager à de nombreux pays en développement.

Elle était la conséquence d’un laxisme certain de la part des créanciers quant aux prêts accordés et d’une utilisation trop souvent inefficace des sommes reçues par certains dirigeants de pays en développement, peu soucieux de démocratie (parfois avec la bénédiction des créanciers eux-mêmes).

Mais elle n’aurait pu prendre une telle ampleur sans la mise en œuvre de politiques anti-inflationnistes au début des années 80 par les pays occidentaux, entraînant une forte hausse des taux d’intérêt et un ralentissement économique mondial, ouvrant ainsi une période d’austérité (déjà !).

Le Consensus de Washington
Forgé en 1989 par l’économiste américain John Williamson, le Consensus de Washington regroupe les mesures de politique économique partagées par le gouvernement américain, la banque centrale des Etats-Unis (la FED), le FMI et la Banque mondiale.

Cette crise fut gérée, avec l’accord des créanciers et dans leur intérêt (et parfois aussi dans celui des élites collaboratrices des pays en développement), par les institutions financières internationales. Ainsi, dans un contexte de retour au libéralisme, le Fonds monétaire international (FMI) conditionna toute restructuration de dette à la mise en place de politiques économiques reposant sur les dix commandements de la bible économique néo-libérale fondant le Consensus de Washington (voir encadré).

Suprématie du marché

Il s’agissait d’instaurer la suprématie du marché, de favoriser les activités privées en libéralisant tout ce qui pouvait l’être et de limiter le rôle de l’Etat en lui imposant une cure d’austérité.

L’objectif avoué de ces politiques était d’« assainir » les économies des pays endettés afin d’assurer leur insertion sur le marché mondial et leur permettre de développer des activités exportatrices générant les devises nécessaires au remboursement de leur dette.

Dans les faits, loin de favoriser un rattrapage des pays en développement, ces politiques conduisirent à un accroissement des inégalités de revenus entre pays de plus de 20% au cours des trente dernières années tandis que les inégalités entre riches et pauvres d’un même pays explosaient dans nombre de pays en développement.

Aujourd’hui, 2,2 milliards de personnes sont pauvres ou vivent dans le quasi-dénuement et 80% de la population mondiale ne bénéficie pas d’une couverture sociale.

« Réformes structurelles »

C’était en 2008. La crise des subprimes, déclenchée aux Etats-Unis par l’incurie d’un système bancaire jouant à l’apprenti sorcier spéculateur, diffusait son venin à l’ensemble de la planète.

Contraints de voler au secours de banques irresponsables, incapables de sortir de la récession, de nombreux Etats virent leur déficit budgétaire s’accroître et leur dette fortement augmenter ce qui, pour les pays de la zone euro, les plaçait en porte-à-faux au regard de leurs engagements :

  • un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB,
  • une dette publique inférieure à 60% du PIB.

Dans un contexte récessif, il fut alors demandé aux pays de l’Union européenne de mettre en œuvre des « réformes structurelles » et « d’assainir leurs finances publiques ».

Malgré un échec patent dans les pays en développement, le consensus de Washington se vit relégitimé par une Troïka (FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne) qui inocule aujourd’hui encore le poison de l’austérité en Europe sous couvert de promotion de politiques d’offre.

Aujourd’hui comme hier, les pays surendettés le sont pour des raisons qui leur échappent pour une bonne part. Aujourd’hui en Europe, comme hier dans le tiers-monde, ils sont pourtant jugés comme étant les seuls responsables de leur situation alors que l’endettement des uns n’est que la conséquence du désir des autres d’accumuler des richesses (hier les pays de l’Opep, aujourd’hui la Chine ou l’Allemagne).

Et c’est à partir de ce diagnostic erroné que des mesures drastiques, que l’on croyait jusque-là réservées aux pays pauvres du tiers-monde, sont imposées aux pays européens les plus fragilisés (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, stigmatisés au travers de l’acronyme anglais Pigs) et essaiment dans le reste de l’Union européenne.

Ravages au cœur de l’Europe

Sous couvert de compétitivité, les pays européens sont conviés à se livrer une guerre économique les conduisant à une course au moins-disant fiscal et à la baisse des coûts de main-d’œuvre.

Les coupes sombres dans les dépenses publiques ne servent qu’à offrir à l’appétit des marchands des pans de l’économie qui leur échappaient jusqu’à maintenant (santé, éducation, protection sociale). Les dégâts d’une telle approche sont connus. Ils étaient visibles hier dans les pays du tiers-monde, nous nous décidons à les voir maintenant qu’ils font des ravages au cœur de l’Europe :

  • plus d’inégalités ;
  • des services privatisés dont la qualité baisse à mesure que leur coût augmente ;
  • une demande atone qui exclut tout succès des politiques d’offre, entretient le chômage et fragilise l’investissement ;
  • des solidarités qui s’effritent à mesure que la loi du plus fort gangrène nos sociétés.

Aujourd’hui comme hier, l’austérité est un remède qui aggrave le mal qu’il est supposé combattre.

 

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-les-economistes-atterres

 

 

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Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 18:37

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

Barrages privatisés ! Sarko en avait rêvé, Ségo l’a fait…

 

 

 

 

 

Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Energétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français.

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Tout ça pour feller la Commission européenne qui menace de faire panpan-cucul aux têtes-d’œufs qui nous « gouvernent ». L’argument de la pression de la Commission européenne, c’est de la bola : L'Allemagne n'a pas hésité, elle, à prendre des mesures fortes en la matière et à les faire accepter à Bruxelles.

Privatisez ! Privatisez ! Privatisez ! qu’ils braillent les charognards de Bruxelles au service des banksters !

Ben, voilà. C’est fait. C’est un gouvernement « de gauche » qui vient de signer cette saloperie : mettre les barrages français entre les mains des représentants les plus rapaces du profit à tout crin. Nos zélus zélés livrent ainsi aux marchés et à la dictature du profit à court terme une part essentielle de notre souveraineté énergétique. Ceci en catimini, dans un article voté en loucedé dans une séance de nuit…

Ils vendent les bijoux de famille. Mais ce n’est pas une première : c’est Jospin qui, le premier, avant le bradage final par Villepin, a commencé à privatiser partiellement les autoroutes

L'hydroélectricité, c'est une grande histoire française, celle de la « houille blanche » et de l'industrialisation des vallées de montagne. Des ouvrages pharaoniques qui redonnaient de la fierté et de la confiance en leur pays à tous ces Français qui sortaient de cinq années de malheur, de destruction et de honte. Ceux qui on des cheveux blancs et un peu de bide se souviennent de la fierté nationale des mises en eaux des barrages de Génissiat, de Donzère, de Serre-Ponçon, de Tignes, de Bort-les-Orgues, plus tard de Naussac, etc. Actuellement, ces ouvrages sont parmi les piliers de la politique énergétique de la France. Les ouvrages hydroélectriques représentent 20 % de la puissance installée du mix électrique, ce qui est considérable. C'est 12 % de l'électricité des Français et 20 % de la production nationale d'énergie renouvelable ! C'est aussi 66 % de la capacité de pointe, c'est-à-dire un moyen de production flexible, disponible presque instantanément pour faire face à l'évolution structurelle de la consommation électrique. Et c’est tout cela que Hollande (« Sors de ce corps, Thatcher ! ») et ses nuisibles veulent brader au privé !

Il y a longtemps que les gros consortiums privés louchent avec gourmandise l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Il y a longtemps que leurs lobbies dépensent des montagnes de pognon pour arriver à leurs fins : mettre leurs sales pattes sur ce savoureux gâteau national. Parce qu’elles savent que les barrages - grâce aux investissements accomplis par des générations de bâtisseurs et avec l’argent des contribuables – sont très rentables : l’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards par an. Ce qu'on appelle la « rente hydroélectrique » est d'au moins 1,25 milliard d'euros par an. En voilà de la belle et bonne thune à se mettre dans les fouilles !

Et ce n'est pas tout. L'électricité produite par les barrages est de loin la moins chère. De 20 à 30 euros le mégawattheure, soit nettement plus compétitive que le prix de l'électricité nucléaire historique. Cet avantage profite aujourd'hui à tous les consommateurs d'électricité puisqu'il intervient dans le calcul des coûts de production d'EDF. Mais la mise en concurrence des barrages se traduira obligatoirement par une hausse du prix de l’électricité pour nous, les consommateurs finaux ! Oh ! Ci-devant camarade François, tu crois que c’est pour ça qu’on t’a élu ?

Eh ! Les ceusses d’entre nous qui habitent en aval de ces barrages, tenez-vous aux branches, priez si vous êtes croyants ou déménagez ! Parce que vous croyez que les fonds privés veulent produire de l’électricité propre ? Ou faire des flots de thunes avec ces barrages ? Vous faites confiance au privé pour entretenir et investir dans l’équipement des barrages ? Comme d’hab, l’intérêt général est sacrifié pour faire des fellations aux idéologues de l’Europe ultralibérale.

Ce texte scélérat a été voté en première lecture. Il y aura donc une seconde lecture. Faisons savoir aux députés qui nous représentent que nous ne sommes pas, mais alors pas du tout d’accord !

 

 

Illustrations X – Droits réservés.

 

Pour trouver votre député : http://mondepute.free.fr/cadre_deputes.htm

Adresse de l’Assemblée nationale :

Assemblée nationale
126, rue de l'Université 
75355 Paris 07 SP



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                                                                                                                                                                                                                   Source : www.agoravox.fr

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Economie et social
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Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 18:22

 

Source : lavoiedujaguar.net

 

 

Pourquoi le monde ignore-t-il les Kurdes révolutionnaires en Syrie ?

samedi 11 octobre 2014, par David Graeber

 

 


Au sein de la zone où se déroule la guerre de Syrie, une expérience démocratique est en train de se faire écraser par l’État islamique. Que le reste du monde n’en soit pas conscient est un scandale.

En 1937, mon père s’est porté volontaire pour combattre dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole. Une tentative de coup d’État fasciste avait été temporairement mise en échec par la révolte des ouvriers, dirigée par les anarchistes et les socialistes. Dans une grande partie de l’Espagne une véritable révolution sociale avait suivi, instaurant dans des villes entières une gestion de démocratie directe, mettant les industries sous contrôle des travailleurs et favorisant un renforcement radical du pouvoir des femmes.

Les révolutionnaires espagnols espéraient créer une société libre qui serait un exemple pour tout le monde. Au lieu de cela, les puissances mondiales ont décrété une politique de « non-intervention », ils ont maintenu un blocus rigoureux à l’encontre de la République, même après que Hitler et Mussolini, prétendument d’accord sur une non-intervention, ont commencé à engager des troupes et à fournir des armes pour renforcer le camp fasciste. Le résultat a été des années de guerre civile qui ont pris fin avec l’écrasement de la révolution et quelques-uns des plus sanglants massacres d’un siècle sanglant.

Je n’ai jamais imaginé que la même chose pouvait se reproduire dans ma propre vie. De toute évidence, aucun événement historique n’a jamais lieu deux fois. Il y a mille différences entre ce qui s’est passé en Espagne en 1936 et ce qui se passe aujourd’hui dans le Rojava, les trois provinces largement kurdes du nord de la Syrie. Mais les similitudes sont si frappantes et si pénibles que je sens qu’il m’incombe d’intervenir, comme quelqu’un qui a grandi dans une famille dont les convictions politiques étaient largement définies par la révolution espagnole, pour dire que nous ne pouvons pas laisser l’histoire finir de la même façon.

La région autonome du Rojava, telle qu’elle existe aujourd’hui, est l’un des rares points lumineux — même très lumineux — issus de la tragédie de la révolution syrienne. Après avoir chassé les agents du régime d’Assad en 2011 et malgré l’hostilité de la quasi-totalité de ses voisins, le Rojava a non seulement maintenu son indépendance mais développe une expérience démocratique remarquable. Des assemblées populaires ont été créées comme organe absolu de prise de décisions, des conseils ont été choisis soigneusement en tenant compte de l’équilibre ethnique (dans chaque commune, par exemple, les trois responsables principaux doivent inclure un Kurde, un Arabe et un chrétien assyrien ou arménien, et au moins un des trois doit être une femme), il y a des conseils de femmes et de jeunes, et, en écho remarquable au mouvement Mujeres Libres (Femmes libres) d’Espagne, la milice « YJA Star » (l’Union des femmes libres, le star fait ici référence à la déesse mésopotamienne Ishtar), une armée de femmes qui a effectué une grande partie des opérations de combat contre les forces de l’État islamique.

Comment cela peut-il se produire et rester encore presque entièrement ignoré par la communauté internationale, et même, en grande partie, par la gauche internationale ? Principalement, semble-t-il, parce que le parti révolutionnaire du Rojava, le PYD, travaille en alliance avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Turquie, un mouvement de guérilla marxiste qui a été depuis les années 1970 engagé dans une longue guerre contre l’État turc. L’OTAN, les États-Unis et l’UE l’ont classé officiellement comme organisation « terroriste ». Parallèlement, les gauchistes le rejettent largement comme stalinien.

Mais, en fait, le même PKK n’a plus rien à voir avec l’ancien parti hiérarchique léniniste qu’il était jadis. Sa propre évolution interne et la conversion intellectuelle de son propre fondateur, Abdullah Öcalan, détenu dans une île-prison turque depuis 1999, ont changé entièrement ses objectifs et ses tactiques.

Le PKK a même déclaré qu’il ne cherche plus à créer un État kurde. Au lieu de cela, en partie inspiré par la vision de l’écologiste social et anarchiste Murray Bookchin, il a adopté la vision du « municipalisme libertaire », appelant les Kurdes à créer des communautés autogérées, libres, fondées sur les principes de la démocratie directe, qui s’uniraient en dépassant les frontières nationales — espérant ainsi qu’avec le temps ces frontières perdraient de plus en plus leur sens. Ainsi, proposent-ils que la lutte kurde devienne un modèle pour un mouvement global vers une véritable démocratie, une économie coopérative et une dissolution progressive de l’État-nation bureaucratique.

Depuis 2005, le PKK, inspiré par la stratégie des rebelles zapatistes au Chiapas, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral avec l’État turc et a commencé à concentrer ses efforts sur le développement de structures démocratiques dans les territoires qu’il contrôlait déjà. Certains ont mis en doute le sérieux de tout cela. Il est clair qu’il reste encore des éléments autoritaires. Mais ce qui s’est passé dans le Rojava, où la révolution syrienne a donné aux radicaux kurdes l’occasion de réaliser de telles expériences dans un grand territoire contigu, suggère que c’est autre chose qu’une façade. Conseils, assemblées et milices populaires ont été formés, la propriété du régime a été remise à des coopératives autogérées — et tout ça en dépit des attaques continuelles par les forces d’extrême droite de l’État islamique. Les résultats sont conformes à toute définition d’une révolution sociale. Au Moyen-Orient, au moins, ces efforts ont été remarqués : en particulier après que les forces du PKK et du Rojava sont intervenus pour lutter avec succès à travers le territoire de l’État islamique en Irak pour sauver des milliers de réfugiés yézidis piégés sur le mont Sinjar après que les peshmergas locaux ont fui le territoire. Ces actions ont été largement célébrées dans la région, mais n’ont recueilli presque aucun écho dans la presse européenne ou nord-américaine.

Maintenant, l’État islamique est de retour, avec des tanks de fabrication US et de l’artillerie lourde prise aux forces irakiennes, pour exercer leur vengeance contre un grand nombre de ces mêmes milices révolutionnaires à Kobané, déclarant leur intention de massacrer et de réduire en esclavage — oui, asservir littéralement — l’ensemble de la population civile. Pendant ce temps, l’armée turque se cantonne à la frontière et empêche les renforts et les munitions d’arriver aux défenseurs, pendant que les avions des États-Unis vrombissent, en frappant parfois des coups symboliques, des frappes ponctuelles — juste pour être apparemment en mesure de dire qu’ils ne sont pas restés inactifs tandis qu’un groupe, contre qui ils prétendent être en guerre, écrase les défenseurs d’une des grandes expériences démocratiques dans le monde.

S’il existe un parallèle à faire aujourd’hui avec les prétendus dévots et meurtriers phalangistes de Franco, ce ne pourrait être qu’avec l’État islamique. S’il y a un parallèle à faire avec les Mujeres Libres d’Espagne, ce ne pourrait être qu’avec les femmes courageuses qui défendent les barricades à Kobané. Est-ce que le monde et — cette fois-ci plus scandaleusement encore — la gauche internationale vont vraiment être complices en laissant l’histoire se répéter ?

David Graeber
The Guardian, 8 octobre 2014.
Traduit par E.K., R.V. et M.U.

 

 


 

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