Economie et social

Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 16:57

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Irresponsabilité sociale

Crédit agricole, la « banque verte » qui soutient les énergies sales et la destruction de montagnes

par Olivier Petitjean 30 octobre 2014

 

 

 

 

Très loin de ses racines mutualistes et agricoles, le Crédit agricole figure, aux côtés de BNP Paribas et de la Société générale, parmi les principaux financeurs mondiaux du secteur du charbon, une source d’énergie particulièrement polluante, et la principale responsable du changement climatique. Selon des chiffres révélés par les Amis de la terre et Banktrack, le soutien financier des banques françaises au charbon ont même augmenté de 218% depuis 2005 ! La « banque verte » est aussi critiquée pour son soutien à l’une des formes les plus destructrices d’extraction de charbon, la pratique du « mountaintop removal » – suppression des montagnes – aux États-Unis.

Le Crédit agricole est régulièrement critiqué pour s’être peu à peu éloigné de ses racines coopératives et mutualistes, afin de devenir une banque « comme les autres », brassant des milliards d’euros en bourse, via sa banque d’affaires Crédit agricole SA, présente sur les marchés financiers. Ses attaches historiques au monde rural français se sont donc quelque peu distendues [1], au point qu’elle paraît aujourd’hui moins préoccupée de répondre aux besoins des petits paysans qu’à ceux de l’agrobusiness, y compris dans ses activités les plus controversées. Le nom de la « banque verte » a ainsi été cité par les ONG parmi les principaux acteurs de la spéculation sur les matières premières agricoles, du développement des agrocarburants au détriment de l’environnement et de la souveraineté alimentaire, ou encore de l’accaparement des terres. Au moins ces diverses activités gardaient-elles un lien ténu avec la vocation originelle du Crédit agricole.

Un « vert » qui tire sur le noir charbon

Ce que ses clients savent peut-être moins, c’est que le Crédit agricole est aussi l’un des principaux financeurs mondiaux du secteur du charbon (mines et centrales électriques), l’une des formes d’énergie les plus nocives pour l’environnement et la santé humaine, et le principal contributeur au changement climatique. Un ensemble de rapports publiés le 29 octobre par les Amis de la terre et le réseau mondial Banktrack [2] vient confirmer l’ampleur des investissements du Crédit agricole dans ce secteur. La banque y aurait injecté plus de 7 milliards d’euros, sous forme de prêts ou d’émissions obligataires, entre 2005 – date de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto – et avril 2014. Ce qui la place derrière BNP Paribas, championne nationale avec 15,6 milliards d’euros, mais devant la Société générale.

Globalement les investissements des banques françaises dans le charbon [3] ont augmenté de 218% en huit ans – alors même qu’elles multipliaient les déclarations de bonnes intentions au sujet de la lutte contre le changement climatique ! C’est pourquoi les Amis de la terre ont classé le Crédit agricole et BNP Paribas, dans leur guide « Comment choisir ma banque ? » comme les deux banques françaises comportant le « risque maximal » pour le climat. Elles sont classées respectivement 9e et 20e au classement mondial des banques les plus impliquées dans le charbon établi par Banktrack.

500 cimes de montagnes rasées aux États-Unis

Et ce n’est pas tout. Les Amis de la terre ont voulu, en nominant le Crédit agricole aux prix Pinocchio 2014, dénoncer plus particulièrement le soutien financier apporté par la banque à ce qui constitue l’une des formes les plus destructives et les plus polluantes de l’exploitation du charbon : le mountaintop removal (MTR), ce qui se traduit littéralement par « suppression des cimes de montagne ». Cette pratique, utilisée dans les régions charbonnières des Appalaches aux États-Unis (Virginie occidentale, Kentucky, Tennessee…) consiste à évider à coups d’explosifs des sommets montagneux pour porter à l’air libre les filons de charbon qu’elles recèlent. Ce qui permet ensuite de les exploiter de manière ultra-économique, en réduisant drastiquement la main d’œuvre nécessaire.

On estime qu’au moins 500 montagnes et plusieurs milliers de kilomètres carrés de forêt ont déjà disparu à cause de l’expansion du mountaintop removal depuis les années 1970. Pire encore, les éclats de roche et les déchets toxiques issus du traitement du charbon sont ensuite déversés dans les vallées. Les cours d’eau qui ne sont pas purement et simplement enfouis sous les décombres sont gravement pollués. La combinaison de cette pollution de l’eau avec celle des poussières et particules libérées dans l’air entraine des conséquences sanitaires dramatiques : les taux d’incidence de cancers dans les régions concernées sont supérieurs de 50% à la normale. « Le mountaintop removal n’est pas seulement un crime environnemental mais constitue un véritable danger pour les populations qui voient les cas de cancer se multiplier et dont l’espérance de vie est près de vingt ans inférieure à la moyenne états-unienne », dénonçait Paul Corbit Brown, de l’ONG locale Keepers of the mountains, lors de l’Assemblée générale du Crédit agricole en mai 2014.

Double langage ou dialogue de sourds ?

Autant de raisons qui font du mountaintop removal une technique extrêmement controversée. Ce qui n’a pas empêché le Crédit agricole de soutenir financièrement, sous diverses formes, deux des principales entreprises concernées, Arch Coal et Alpha Natural Resources, à hauteur de 519 millions d’euros entre 2005 et 2014. Selon les chiffres collectés par Banktrack, elle se classe ainsi au 10e rang des banques impliquées dans le mountaintop removal. Pourtant, les campagnes citoyennes, la multiplication des procès pour pollution de l’eau, les (timides) efforts récents de l’administration fédérale états-unienne pour réguler davantage la pratique ainsi que la baisse du prix du charbon rendent ces investissements plutôt risqués. Le numéro 2 du secteur, Patriot Coal, a annoncé l’abandon progressif du mountaintop removal, suite à une procédure de banqueroute en 2012. Et le Crédit agricole a déjà perdu de l’argent suite à la mise en redressement l’année suivante de Trinity Coal, une autre entreprise impliquée dans le mountaintop removal.

De nombreuses banques américaines et étrangères – parmi lesquelles BNP Paribas, RBS, UBS, JPMorgan Chase, Wells Fargo et UniCredit – ont officiellement annoncé qu’elles cesseraient de financer le mountaintop removal. C’est d’ailleurs aussi théoriquement le cas du Crédit agricole, suite à l’entrée en vigueur de sa nouvelle politique sectorielle mines et métaux. Sauf que, selon les Amis de la terre, cette politique est formulée de manière tellement vague qu’elle a permis à la banque de continuer à financer Arch Coal et Alpha Natural Resources comme si de rien n’était. La politique du Crédit agricole stipule par exemple qu’aucun financement ne sera accordé à une entreprise dont plus de 20% du charbon serait issu du mountaintop removal. Un engagement plutôt facile à tenir alors qu’aucune entreprise n’est dans ce cas !

Suite à sa nomination au prix Pinocchio, le Crédit agricole a réagi en déclarant qu’elle ne « participe à aucun projet de financement de MTR » [4]. Et de préciser que seules deux lignes de crédit sont actuellement accordées à Alpha Natural Resources et Arch Coal, que ces lignes de crédit ne sont pas utilisées, et qu’en outre ces entreprises ne sont quasiment plus engagées dans le mountaintop removal… Des affirmations plutôt étranges : aucune autre source ne fait état d’un abandon du mountaintop removal par les deux entreprises concernées. Et les informations rassemblées par les écologistes indiquent que la banque a bel et bien continué à intervenir financièrement auprès d’Arch Coal et Alpha Natural Resources au cours des derniers mois. Il est vrai qu’il ne s’agissait pas de « projets de financement » au sens strict du terme.

Pour Lucie Pinson, des Amis de la terre, c’est signe que le Crédit agricole « continue à jouer avec les mots ». La nomination de la banque au prix Pinocchio est une bonne occasion de pousser la banque à traduire ses engagements en actes clairs. Les votes sont ouverts à tous les internautes jusqu’au 17 novembre.

Olivier Petitjean

Une version plus complète de cet article est publiée sur le site de l’Observatoire des multinationales.

Photo : © Paul Corbit Brown

 

Notes

[1Au Conseil d’administration de Crédit agricole S.A. siège un représentant des organisations professionnelles agricoles, désigné par arrêté ministériel, qui n’est autre que Xavier Beulin, président de la FNSEA et de Sofiprotéol (lire notre article).

[2Il s’agit du guide actualisé « Climat : comment choisir ma banque ? » et du rapport Charbon : l’argent sale des banques françaises. Voir aussi (en anglais) le rapport Banking on Coal 2014 du réseau Banktrack, qui fournit les données globales.

[3Qui sont pour 93% le fait des trois plus importantes d’entre elles.

[4Voir la réponse du Crédit agricole et la « réponse à la réponse » des Amis de la terre sur cette page.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 16:27

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon

 

 

De Tarnac à Sivens: «Réprimer toute discussion en déclenchant l'alarme»

Quelques jours seulement après la mort du jeune Remi Fraisse, Alain Bauer, qui, avec Stephane Fouks, constitue la garde rapprochée de Manuel Valls, vient opportunément de démasquer dans une interview à Atlantico les contours d’une conspiration extrémiste verte où se mêlent gauchistes, anarchistes, « environnementalistes » de tous poils et écologistes radicaux. Des jeunes gens radicalisés dont les tendances politiques vont du vert au rouge en passant par le noir de l'anarchisme, jusqu'au vert-de-gris plus récemment, et « qui ne sont pas du genre à fuir devant une charge de police. » On en tremblerait de peur si le criminologue, bien connu pour ses extrapolations hasardeuses, n’apportait cette précision de nature à susciter l’hilarité générale : « L'exemple type du néo rural qui n'a pas peur de la violence, c'est José Bové. » C’est pourtant ce genre d’élucubrations qui ont conduit à l’affaire Tarnac dont on sait maintenant qu’elle fut montée de toutes pièces par la police et dont l’inspirateur, on n’ose dire le scénariste, fut Alain Bauer, le conseiller officieux de Manuel Valls. A cette occasion je republie une chronique parue dans Le Monde du 5 décembre 2008 sous le titre « Fictions du terrorisme ».

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"Vous habitez Saint-Denis, donc vous êtes anarchiste, affirmait Rochefort dans L'Intransigeant du 16 mars 1892. Si vous n'étiez pas anarchiste, vous n'habiteriez pas Saint-Denis. Or, une bombe a fait explosion à la porte de l'hôtel de Sagan ; et comme les bombes ne peuvent être lancées que par des anarchistes... Je vous envoie au dépôt parce que vous êtes certainement anarchiste, puisque vous habitez Saint-Denis, et qu'étant anarchiste, il est évident que c'est vous qui avez lancé la bombe."

La boutade de Rochefort pourrait s'appliquer à la construction médiatico-policière de la prétendue "cellule" terroriste basée à Tarnac, en Lozère. La prise d'assaut de ce paisible village situé sur le plateau de Millevaches par les brigades antiterroristes avec hélicoptères, troupes d'élite et caméras de France Télévisions est la plus grande opération d'intoxication de l'opinion réalisée par un gouvernement depuis plusieurs décennies. Qualifiée alternativement d'anarchistes ou d'autonomes, voire d'anarcho-autonomes, une vingtaine de jeunes gens qui avaient entrepris de redonner vie à ce petit village, ouvrant une épicerie-restaurant, une bibliothèque et un ciné-club, avec le but innocent et peut-être naïf de vivre et de penser autrement, se sont retrouvés embrigadés, profilés, enfermés dans la fiction d'une dangereuse organisation terroriste invisible qui complotait contre la sécurité de l'Etat. Un récit policier. A leur tête, un chef, doctrinaire et omniprésent, que son père décrit comme incapable de planter un clou sans se blesser ou de transporter une brouette sans renverser son contenu, aurait manigancé toutes sortes d'actions périlleuses contre l'Etat démocratique.

Ce jeune philosophe ami de Giorgio Agamben et ancien élève du sociologue Luc Boltanski, le seul avec sa compagne à être maintenu en prison depuis le 11 novembre, serait le cerveau d'une entreprise terroriste aux ramifications internationales, une construction qui nous informe davantage sur l'imaginaire policier que sur une nébuleuse terroriste qui apparaît après trois semaines d'interrogatoires et huit mois de filature de plus en plus nébuleuse et de moins en moins terroriste.

Pour Giorgio Agamben, qui partage avec les inculpés la même critique de la biométrie et qui refusa de s'y soumettre au point de renoncer à faire cours aux Etats-Unis, "on cherche le terrorisme et on finit par le construire, tout ça pour répandre la peur chez les jeunes gens". L'écrivain Serge Quadruppani y voit la "farce du retour de l'épouvantail terroriste" et la "fabrication de la mouvance anarcho-autonome par la ministre de la police et par les médias qui ont relayé sa parole sans aucun recul critique...".

La matérialité des preuves et la qualification "terroriste" des faits font l'objet de vives critiques de la part d'universitaires, de philosophes, d'écrivains et d'éditeurs. "Les habitants de Tarnac ont refusé d'acheter ces histoires", affirme Eric Hazan, l'éditeur de La Fabrique, qui a publié L'Insurrection qui vient, un livre présenté par la police comme une pièce à conviction, alors qu'il s'agit d'une critique du capitalisme cognitif comme on en trouve des dizaines sur les étals des libraires, à la suite, par exemple de La Société du spectacle, de Guy Debord, ou de L'Homme unidimensionnel, d'Herbert Marcuse : deux essais qui annonçaient effectivement, sans les fomenter pour autant, les événements de mai 1968, si c'est cela qui inquiète le ministère de l'intérieur.

Pour la première fois peut-être dans l'histoire des sociétés, tous les mécanismes de contrôle et de surveillance ne reposent plus seulement sur des données observées et recensées visant à donner la connaissance la plus complète possible des activités passées d'un individu ou d'un groupe social, mais à les profiler, les prévoir ou les inventer, comme dans le film Minority Report (2002), de Steven Spielberg, dans lequel la "brigade du précrime" est capable de prévoir, et même de voir, les images de crimes avant qu'ils ne se produisent et d'en intercepter les auteurs, ou dans celui de Paul Verhoeven, Starship Troopers (1997), où les agents du "corps psy", une Gestapo high-tech, sont capables de divination : ils lisent dans les pensées de l'adversaire et peuvent influencer les personnes sur lesquelles ils se branchent. 

Cette fictionnalisation de la surveillance va bien au-delà des dangers dénoncés par Orwell dans 1984 et ouvre la voie à toutes les constructions paranoïaques de l'imaginaire médiatico-policier. C'est ce nœud entre surveillance et simulation, contrôle social et construction fictionnelle qui est sans doute le principal danger qui pèse aujourd'hui sur les démocraties.

Jeremy Bentham est sans doute le premier à avoir perçu cette dérive possible dans "les fictions politiques du parlementarisme britannique du début du XIXe siècle". Son manuel des sophismes politiques (1824) pourrait servir de bréviaire à tous les démocrates inquiets des dérives sécuritaires et de leur banalisation médiatique. Il y diagnostiquait ce sophisme redoutable "dont le sujet est le danger sous ses diverses formes et dont l'objet est de réprimer toute discussion en déclenchant l'alarme...".

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Lire également l'article de Joseph Confavreux sur le dernier livre du Comité Invisible,  "A nos amis" : "Comité Invisible, la révolution au XXI ème siècle" http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/291014/comite-invisible-la-revolution-au-xxie-siecle

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon

 

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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 17:28

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

L'Igas publie un rapport sévère sur les Hôpitaux de Marseille

AFP 29 octobre 2014 à 07:24 (Mis à jour : 29 octobre 2014 à 15:24)
L'hôpital de La Timone à Marseille, en 2006.L'hôpital de La Timone à Marseille, en 2006. (Photo Anne-Christine Poujoulat. AFP)

Clientélisme, gestion archaïque et privilèges accordés à FO sont au nombre des griefs pointés par l'Inspection générale des affaires sociales. Le directeur de l'AP-HM affirme que le rapport porte sur «une époque révolue».

 

Gestion «archaïque», «système clientéliste», finances «inquiétantes», «privilèges» accordés au syndicat majoritaire : l’Igas a publié mardi soir un rapport accablant sur la situation de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM).

«L’inertie qui a caractérisé l’établissement pendant des années et la prégnance du poids politique et d’organisations syndicales fortes sont des freins réels à la restauration d’un fonctionnement normal», résument les auteurs. «La bonne distance entre la mairie et les instances de l’AP-HM n’est toujours pas trouvée», selon le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, commandé en mars 2013 par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

«Il doit être mis un terme au système clientéliste qui a longtemps prévalu», intime l’Igas, qui développe : «Un grand nombre de recrutements de personnels non qualifiés est intervenu pendant de nombreuses années sur recommandation d’élus. Un certain nombre de ces agents, qui se considèrent "protégés" posent des problèmes en raison de leur comportement irrespectueux voire menaçant vis-à-vis des cadres de proximité dont certains sont découragés.» La mission de l’Igas s’étonne, en outre, que les réunions du conseil de surveillance «aient toujours lieu à la mairie de Marseille» et recommande qu’elles se tiennent désormais au sein de l’établissement.

L’Igas cible également les «privilèges» accordés au syndicat majoritaire Force ouvrière : «Il convient de mettre fin à la situation réservée à une organisation syndicale [...] fût-elle majoritaire, et de la considérer comme les autres, sans privilège d’information et en évitant de lui laisser son rôle traditionnel de "conseil" en recrutement.»

Investissements excessifs

Par ailleurs, l’Igas juge «inquiétante» la situation financière de l’AP-HM, «très fortement endettée» à cause notamment «d’une politique d’investissement ambitieuse et coûteuse». La dette de l’AP-HM a atteint un milliard d’euros fin 2012 et «l’objectif de retour à l’équilibre est toujours repoussé» et «n’est actuellement prévu qu’en 2014», déplore l’Igas. «Les efforts pour y parvenir sont encore insuffisants», estime l’Inspection, alors que c’est un enjeu «fondamental pour assurer l’avenir de l’AP-HM». Outre la réduction de la dette, l’Igas prône donc la mise en œuvre «sans délai d’un plan d’actions pour assurer la fiabilité et la sincérité des comptes».

Le rapport est aussi cinglant concernant l’organisation. «Des activités sont gérées de manière archaïque», assène l’Igas, qui cite notamment la gestion «sous forme papier» des archives «sans cohérence entre les différents sites» de l’AP-HM.

Autre point noir : la situation «toujours préoccupante» de l’informatique. En février 2012, un rapport de la Cour des comptes constatait l’échec de l’informatisation du dossier-patient, qui avait engendré une dépense «largement voire totalement inutile» d'«au moins 14 millions d’euros». «Au moment des investigations de la mission, tous les enseignements tant sur le plan financier qu’organisationnel n’ont pas été tirés», assure l’Igas.

«L’ARS Paca doit exercer, plus qu’elle ne l’a fait au cours des dernières années, ses missions de contrôle, d’évaluation et de suivi de la gestion et de l’évolution de l’AP-HM», conclut le corps de contrôle interministériel du secteur social.

«Constats du passé»

«La période analysée dans ce rapport se termine fin 2012. Un certain nombre de constats sont pour moi des constats du passé», a réagi le directeur général de l'AP-HM, Jean-Jacques Romatet, lors d’une conférence de presse, affirmant que ce rapport de l’Inspection générale des affaires sociales rendu public mardi parlait «d’une époque révolue». «Je trouve normal qu’un rapport fait par une inspection générale soit rendu public. La date à laquelle il est rendu public ne m’appartient pas», a-t-il remarqué, interrogé sur l’échéance de la sortie de ce rapport, achevé en janvier 2014.

«La gestion des ressources humaines a été repensée de la cave au plafond. Aujourd’hui, les recrutements sont faits comme dans tous les autres hôpitaux de France, avec une équipe dont je réponds comme de moi-même, il ne peut y avoir de critique sur ce point», a affirmé Jean-Jacques Romatet, qui a pris ses fonctions en janvier 2013. Et de marteler : «Je ne fais pas de recrutement sur des raisons autres que professionnelles». «Aucune personne n’est protégée à l’AP-HM, c’est clair !», a-t-il aussi lancé.

Le secrétaire FO à l’AP-HM Marc Katramados,a dénoncé de son côté «un rapport qui ne sert à rien», où «tout est faux». «Il y a toujours des jaloux... Rien ne m’inquiète, ça me fait même rire ! Le clientélisme, c’est des conneries», a-t-il poursuivi, considérant que ce rapport qui «ressemble à un règlement de comptes» ne vise qu’à «casser l’image de l’AP-HM et sa nouvelle équipe de direction». Celle-ci a présenté mardi au ministère de la Santé le plan de «redressement» sur 5 ans de l’AP-HM. «Il y un temps pour semer, un temps pour récolter, et je peux vous dire qu’on recoltera», a conclu Jean-Jacques Romatet, insistant sur la mise en place d’une «nouvelle organisation».

L’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), troisième CHU de France, emploie environ 15 000 agents sur quatre sites.

AFP
Source : www.liberation.fr

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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 21:05

 

Source : www.arte.tv

 

 

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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 20:26

Si les ressources mondiales de notre planète étaient gérées au mieux, aucun enfant ne devrait mourir ni de faim ni de soif. Une hypothèse que Claus Kleber, journaliste à la ZDF, s'attache à démontrer point par point. Pourquoi les ressources alimentaires, pourtant abondantes, n’atteignent-elles jamais certaines populations ? Comment empêcher que les matières premières et l’eau potable ne deviennent la cible des spéculateurs ou des enjeux de pouvoir ? Peut-on tirer un meilleur parti des terres et des mers sans les épuiser ?

Nourrir la planète

À l’horizon 2050, la Terre comptera dix milliards d'habitants : impossible de continuer à balayer d’un revers de main la question alimentaire, alors que la population augmente trois fois plus vite que la production agricole. Des remèdes sont proposés à diverses échelles, du recours au génie génétique jusqu’à l’idée de faire des terres d’Afrique un gigantesque champ destiné à nourrir la planète. Pourtant, la solution la plus évidente consisterait d’abord à répartir plus rationnellement la production actuelle, à l’heure où une partie colossale de celle-ci est dilapidée par une gestion très peu scrupuleuse. L'amélioration du niveau de vie dans les nouveaux pays industrialisés comme la Chine ne facilite pas la tâche, car elle entraîne une hausse spectaculaire de la demande en viande, denrée coûteuse en eau et en terres. Ce documentaire en deux parties – la première consacrée à la faim, la seconde à la soif – traverse les frontières à la rencontre des populations les plus touchées par la pénurie, pour mettre en évidence le caractère mondial de la crise qui s’annonce, et s'interroger sur les responsabilités des États, des décideurs politiques, des entreprises et des scientifiques…

 

 

Source : www.arte.tv

 

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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 18:19

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Prix Pinocchio

Lyon-Turin : une ligne ferroviaire à 30 milliards d’euros pour gagner une heure ?

par Sophie Chapelle 28 octobre 2014

 

 

 

 

« Pourquoi améliorer les lignes [ferroviaires] existantes quand on peut tout simplement creuser un nouveau mégatunnel dans les Alpes, et dépenser des milliards d’euros pour gagner quelques minutes ? » L’association des Amis de la Terre ne mâche pas ses mots à l’égard du projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin (voir nos précédents articles). Elle a décidé de nominer aux Prix Pinocchio la société Lyon-Turin ferroviaire (LTF) – filiale commune de Réseau Ferré de France (RFF) qui gère le réseau ferré national et de son homologue italien Rete Ferroviaria Italian – dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ». Un prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier, en termes de lobbying ou dans sa chaine d’approvisionnement.

100 millions d’euros par kilomètre

Les critiques portent en partie sur le coût pharamineux de l’ouvrage qui ne cesse d’augmenter. « De 3 milliards d’euros initialement, on est passé aujourd’hui à 30 milliards, observe les Amis de la terre. Le tout pour quoi ? Pour relier Paris à Milan en 4 heures et quart. Alors qu’avec la ligne actuelle, on pourrait déjà assurer cette liaison en un peu plus de 5 heures… ». Soit seulement une heure gagnée avec ce projet de ligne à grande vitesse. Dans un courrier à l’association [1], la société LTF défend son projet, soulignant que le trajet entre Paris et Milan s’effectuera bien « en 4h au lieu de 7 aujourd’hui ». Le coût de la section entre la France et l’Italie serait par ailleurs établi à 8,5 milliards d’euros. Deux arguments que les Amis de la Terre déconstruisent point par point sur leur site [2].

Le rapport de la Cour des comptes publié le 23 octobre dernier n’épargne pas le projet Lyon Turin dont elle juge la rentabilité « trop faible » [3]. « Rappelons que la ligne coûterait 100 millions du kilomètre selon les évaluations les plus basses et que selon les prévisions de LTF en valeur 2010, pour le seul tunnel de base de 57 km, le kilomètre coûterait plus de 149 millions d’euros ! », s’insurge Daniel Ibanez, fervent opposant au projet. « Comment justifier, au moment où le gouvernement recherche 50 milliards d’euros, un projet dont chaque kilomètre de tunnel est égal à la construction d’un hôpital de 60 000 m² », réagissent les eurodéputées écologistes Karima Delli et Michèle Rivasi. Le financement de la section transfrontalière par l’Union européenne, à hauteur de 40 %, ne serait par ailleurs toujours pas confirmé, selon Michael Cramer, président du Comité des transports du Parlement européen [4].

Risques « d’infiltration criminelle » ?

L’association des Amis de la Terre rappelle également que deux anciens responsables de LTF, le directeur général et le directeur des travaux, ont tous deux été condamnés à de la prison en première instance en Italie pour trucage d’appel d’offre [5]. Une procédure d’appel étant en cours, la société LTF se refuse à tout commentaire sur ce dossier. Lyon Turin Ferroviaire tient néanmoins à préciser qu’elle a signé un protocole visant à prévenir des infiltrations criminelles dans les marchés des travaux publics entre les pouvoirs publics italiens et les organisations syndicales du BTP. Elle s’est également engagée à respecter auprès du CIPE – Comité interministériel pour la programmation économique – des engagements antimafia dans l’attribution des marchés. En trois ans, l’autorité publique de contrôle (GITAV) aurait ainsi écarté 4 entreprises intervenant sur le chantier du Lyon-Turin.

Les Amis de la Terre observent toutefois que « des comptabilisations troublantes persistent dans les comptes de LTF ». A l’instar des 10,322 millions d’euros pour une galerie jamais creusée à Venaus, en Italie... Malgré les interpellations de l’association de lutte contre la corruption Anticor, LTF n’a pas donné de réponse à ce sujet. Les Amis de la Terre, aux côtés d’autres organisations, remettent en question la pertinence du projet de ligne à grande vitesse. Et appellent à utiliser la ligne ferroviaire existante modernisée, « qui à elle seule pourrait transporter la totalité des marchandises circulant actuellement par les Alpes du Nord entre la France et l’Italie ».

Le vote en ligne pour le prix Pinocchio 2014 est ouvert jusqu’au 17 novembre.

@Sophie_Chapelle

Pour aller plus loin :
- La société LTF invite à lire les 10 questions clés sur le Lyon-Turin (voir ici)
- Le site de la coordination des opposants au Lyon-Turin (voir là)

 

Notes

[1Voir ici.

[2Voir ici.

[3Télécharger le rapport en cliquant ici. Voir en page 27 : « Il ne reste en fait pratiquement aucune ville européenne qui soit à la fois d’importance suffisante en termes de population et suffisamment proche pour justifier d’une liaison TGV par rapport à la France. Cette trop faible rentabilité socio-économique est par exemple manifeste pour la liaison Lyon-Turin, que la Cour a critiquée dans son référé du 1er août 2012. »

[4« Le projet ne fait toujours pas l’objet d’un accord de financement qui en tout état de cause ne pourra intervenir qu’après un arbitrage entre différents projets qui doivent être proposé avant la fin février 2015 », précise un communiqué du Mouvement No Tav. Vidéo de la rencontre

[5Voir le jugement des deux directeurs (2011).


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 17:39

 

  Source : www.mediapart.fr

 

85,7 milliards d'euros de subventions implicites pour les banques européennes en 2013

|  Par martine orange

 

 

 

 

Au lendemain de la publication des stress tests bancaires par la Banque centrale européenne, les Verts européens ont publié leurs propres tests. Ils n’obtiennent pas du tout le même résultat. Pour eux, le système bancaire européen est toujours aussi risqué.

Au lendemain de la publication des stress tests bancaires par la Banque centrale européenne, le groupe des Verts au parlement européen publie ses propres tests sur les banques européennes. Étonnant : ils n’obtiennent pas du tout le même résultat. Pour les Verts européens, la situation des banques en Europe n'a pas du tout été assainie depuis la crise financière de 2008. « Le système bancaire n’a pas été réformé en profondeur. Il reste une source réelle de danger pour la zone euro », disent-ils.

Le groupe européen des Verts juge que le message envoyé par la BCE à l’occasion de ces tests de résistance est un très mauvais signal. La Banque centrale européenne laisse penser qu’« une réforme structurelle du secteur bancaire européen ne serait plus nécessaire », que les problèmes bancaires sont résolus. Or, il n’en est rien, soutiennent les Verts.

D’abord, notent-ils, les méthodes d’évaluation qui ont été utilisées pour évaluer la solidité des bilans bancaires sont biaisées : ce sont les modèles internes des banques qui ont servi pour estimer les risques encourus. « Les banques peuvent ainsi respecter les exigences de fonds propres réglementaires sans nécessairement réduire l'effet de levier », insiste leur étude. Même la banque d’Angleterre s’est montrée plus sévère en ce moment, soulignent-ils, puisqu’elle a inclus ce ratio dans ses évaluations, en ne se contentant pas d’un simple ratio de capital.

Ensuite, les tests ont été faits banque par banque, en niant totalement les interconnexions bancaires, soulignent-ils. Or ces liens constituent les risques les plus grands mais aussi les plus opaques du système bancaire international. Si la faillite de Lehman Brothers avait été limitée à ce seul établissement, elle n’aurait jamais provoqué la crise financière de 2008. Mais c’est parce que la banque américaine avait des engagements et était contrepartie pour des montants représentant des milliers de milliards que la panique a saisi tout le système. Personne ne connaissait l’étendue des risques et des désastres possibles. Après des mois de travail, les liquidateurs ont eu une meilleure vision : 5 milliards de dollars environ auraient suffi pour sauver Lehman Brothers.

Les risques pour les banques européennes sont encore plus élevés, insistent les Verts, car elles continuent de dépendre étroitement des marchés interbancaires et des marchés de financement de gros pour assurer leurs financements à court terme. Elles se retrouvent donc à la merci du moindre choc.

Enfin, les tests de la BCE n’incluent pas du tout la question de la finalité de l’activité bancaire. Les banques servent-elles à financer l’économie ? Ou participent-elles essentiellement au grand casino financier et aux jeux de la spéculation ?

Les Verts ont décidé de faire leur propre évaluation des principales banques dans six pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Espagne, Belgique et Pays-Bas). Six indicateurs ont été retenus, les uns pour estimer le profil de risque de la banque (niveau d'endettement, nature du financement des activités), d’autres pour peser son utilité sociale (part respective des activités spéculatives et de financement de l'économie réelle, degré de dépendance aux montages financiers offshore, et montant des subventions implicites).

Résultat ? Rien n’a changé. « À l'image de la Deutsche Bank, BNP Paribas, ou Barclays, les mégabanques européennes ne répondent toujours pas aux exigences de base en matière de gestion des risques financiers et d'utilité sociale », constate leur étude. Elles sont toujours aussi gigantesques et opaques. Elles ont toujours des effets de levier importants et dépendent toujours des financements à court terme pour leur activité. Elles consacrent toujours autant d’énergie et de moyens aux activités spéculatives.

Tout cela serait impossible si ces grandes banques, au nom du too big to fail, ne bénéficiaient pas de la garantie implicite voire explicite des États. Celle-ci leur permet de lever de l’argent sur les marchés à un coût bien inférieur à celui de leurs concurrentes plus petites. Ces subventions implicites se sont élevées à 85,7 milliards d’euros pour les 57 plus grandes banques européennes en 2013, selon leurs calculs. 

 
© pechesbancaires.eu

Les Verts ont établi un critère de nuisance sociale, rapprochant d’un côté les activités spéculatives, et de l’autre les subventions implicites. Un classement a été établi à partir de ce critère. Les noms des dix premières banques est sans surprise : toutes les grandes banques européennes s’y retrouvent. Les banques françaises y figurent en très bonne place.

Alors que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, se félicitait dimanche des excellents résultats des stress tests pour les banques françaises, y voyant la pertinence du modèle français de la banque universelle, les parlementaires écologistes européens insistent au contraire sur la situation « caricaturale » des banques françaises. Elles travaillent avec des effets de levier toujours plus importants et dans des activités spéculatives. La loi sur la séparation des activités bancaires était pourtant censée mettre un terme à ces pratiques. « En 2013, l’effet de levier est de 24,3 pour le groupe BCPE, de 27,3 pour BNP, de 32,7 pour la Société générale et de 67 pour le Crédit agricole. En d’autres termes, cette dernière, pour 1 euro de fonds propres, emprunte 67 euros, à peu près autant que Dexia avant que cette dernière ne fasse faillite ! », note l’étude.

Un tableau reprenant les principaux critères a été construit pour les  principales banques dans chaque pays. Ils sont consultables sur le site pechesbancaires. eu.

 

© pechesbancaires.eu

Source : www.mediapart.fr

 

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Lundi 27 octobre 2014 1 27 /10 /Oct /2014 19:34

 

Source : www.marianne.net

 

 

Révocabilité des élus : les vertus d'une mesure subversive

Samedi 25 Octobre 2014 à 12:00

 

Clément Sénéchal

 

Pour Clément Sénéchal, "l’épée de Damoclès de la révocabilité des élus aurait plusieurs vertus indéniables". Celle-ci, explique ce membre du Parti de gauche sur son blog, "obligerait à accorder une plus grande importance au programme, au débat d’idées, à la confrontation idéologique". Cette mesure "aurait aussi un impact certain sur la conduite individuelle : elle obligerait en effet l’élu à observer une stricte éthique du pouvoir".


SIPA
SIPA
Dresser l’inventaire des trahisons de François Hollande est périlleux tant il est interminable. Ce n’est toutefois pas inutile, dans la mesure où la plupart des grands médias rechignent à lire la politique sous l’angle du respect des promesses de campagne, puisqu’il impliquerait qu’ils se placent dans une perspective critique et trahissent la norme conservatrice et le relai aveugle de sa doxa qui régissent leur jeu (« Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que “ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît”. L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive » nous rappelle Guy Debord). Mais de ces observations pouvoir tirer un geste politique dont le régime soit comptable, voici la vraie question.
 
Le crédit du pouvoir actuel souffre de quatre objections, au moins : François Hollande mène une politique néolibérale qui n’a rien de socialiste (et a ouvertement renié plusieurs points de son programme de candidat), son pouvoir a souffert de nombreuses affaires qui affectent gravement la promesse d’une République exemplaire, rien de tangible ne se passe sur le plan des « résultats » (le chômage progresse, la crise économique s’accentue), et les divers appareils de mesure de l’opinion, qu’il s’agisse des sondages, des atermoiements au sein du Parlement ou des élections intermédiaires (la dernière ayant, faut-il le rappeler, placé l’extrême droite en tête pour la France) témoignent d’une popularité en berne.
 
Mais que faire ? Rien. Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons rien faire. Rien faire contre Thévenoud, par exemple. Les règles du jeu institutionnel telles que définies actuellement condamnent à l’impuissance. La vie politique française est en effet organisée de telle manière que l’élection apparaît comme un talisman, une immunité démocratique qui place son titulaire à l’abri de la volonté populaire le temps de son mandat. Mais s’il veut être réélu, il ne peut faire n’importe quoi, il reste sous contrôle populaire, répondrez-vous. Oui, a minima. D’abord l’élection donne à l’élu un certain nombre de ressources cumulatives (financières, constitution d’un réseau, accès aux dossiers) qui lui permet de s’inscrire dans une guerre de position contre l’opposition. Par ailleurs, dans bien des cas peut se faire ressentir le besoin de démettre un élu dans le temps même de son mandat, c’est-à-dire avant son terme. Ainsi, dans la Ve République, ce que le peuple a fait, il ne peut le défaire. Et l’élu se retrouve trop souvent dans une position d’extériorité, voire de séparation, vis-à-vis des électeurs (la quintessence de cette séparation étant bien entendu le statut actuel du chef de l’État). En démocratie, l’élection n’est pourtant qu’une délégation temporaire, pas une attribution définitive ; une commande, pas un blanc-seing.
 
Ainsi, la succession des immunités ne saurait faire l’obligation démocratique. L’élu qui déçoit se sait protégé par la similarité des pratiques de ses homologues : qu’on réélise le même ou un autre, aucun ne sera davantage contraint à partir du moment de son élection. Et sur le long terme, l’indignation vaine des citoyens laisse mécaniquement la place à l’indifférence propre à la dépossession démocratique. Un système qui repose sur la vertu individuelle plutôt que sur des mesures de contrôle adaptées ne peut être que dysfonctionnel. C’est ce que disait déjà Robespierre : compter sur les institutions plus que sur les hommes.
 
La destitution du Président de la République : un leurre
 
Pourtant, un léger infléchissement semble se produire. Le Parlement a en effet adopté le mardi 21 octobre 2014 un projet de loi organique qui permet de destituer le président de la République en cas de « manquements graves » (un mouvement enclenché par la réforme constitutionnelle de 2008). Mais la mise en pratique de cette destitution confine à la gageure.
 
D’abord la notion de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat »est on ne peut plus floue. Ensuite, pour que cet impeachment à la française se produise, il faut le vote des deux tiers des députés, celui des deux tiers des sénateurs afin de réunir les deux chambres en Haute Cour, puis celui des deux tiers des députés et des sénateurs ensemble réunis en Haute Cour. Sachant que les députés de la majorité dépendent, du fait de l’inversion du calendrier électoral, directement du président de la République, cette hypothèse n’a aucune chance d’advenir. Surtout, seuls des parlementaires aujourd’hui peu représentatifs de la diversité du corps politique seront chargés de cet examen, alors même que le président de la République est élu au suffrage universel direct.
 
La révocabilité : une garantie démocratique élémentaire
 
Au-delà de ces gesticulations cosmétiques, il existe un instrument simple mais terriblement subversif pour restituer un lien organique entre les électeurs et leurs élus, afin que ces derniers se comportent non plus en propriétaires du pouvoir mais en commissaires du peuple. Il s’agit du référendum révocatoire, qui instaure la pratique du rappel des élus. Le diable est dans les détails et la simple légalisation de cette procédure chamboulerait profondément la vie démocratique de notre système politique.
 
Il est en effet temps de retrouver cette aspiration portée lors de la Révolution française, lorsque les sans-culottes, indignés par les prises de position libérales des girondins, manifestement contradictoires avec les engagements qui les avaient fait élire à la première Convention, se mobilisèrent pour leur destitution.
 
Lire la suite sur « Lésions politiques », le blog de Clément Sénéchal
Source : www.marianne.net

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Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 23:32

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Les 99% 10/10/2013 à 19h25

La richesse mondiale a doublé depuis 2000 (et 9 autres chiffres révoltants)

Clément Guillou | Journaliste Rue89
Mis à jour le vendredi 11 octobre 2013 à 9h05
 

De l’argent (Nick Ares/Flickr/CC)

Le groupe de services financiers Crédit suisse et la Croix-Rouge viennent chacun de sortir un rapport dont la lecture conjuguée est désespérante.

Le premier (en anglais, PDF) fait un bilan statistique de la richesse mondiale. On apprend qu’elle « a plus que doublé depuis 2000, atteignant un nouveau record historique de 241 000 milliards de dollars ».

Le deuxième (en anglais, PDF) parle des « impacts humanitaires de la crise économique en Europe » (42 pays étudiés dans l’Union européenne, les Balkans, l’Europe orientale). Il constate que « le nombre de personnes dépendant des distributions de nourriture de la Croix-Rouge dans 22 des pays concernés a augmenté de 75% entre 2009 et 2012 ».

Quelques chiffres à retenir de ces deux rapports.

46% du patrimoine mondial est détenu par 1% des ménages

La richesse mondiale a crû de 4,9% entre mi-2012 et mi-2013, la période examinée par Crédit suisse, et de 68% ces dix dernières années.

Le pourcent le plus fortuné des ménages commence à 753 000 dollars (557 000 euros) et amasse 46% du patrimoine mondial – part en hausse –, tandis que les deux tiers des ménages, dont le patrimoine reste stable, ne représentent que 3% de la richesse globale.

Il faut avoir un patrimoine de 4 000 dollars (environ 3 000 euros) pour être dans la moitié la plus riche du globe, et de 75 000 dollars (55 500 euros) pour être dans la tranche des 10% les plus riches.


Pyramide de la richesse mondiale. Lecture : « 22,9% de la population mondiale a un patrimoine de 10 000 à 100 000 dollars, et représente 13,7% de la richesse mondiale. » (Crédit Suisse)

25% de travailleurs pauvres en Allemagne

Le nombre de salariés allemands ne pouvant subvenir à leurs besoins est en constante augmentation, relève la Croix-Rouge : un quart d’entre eux ont des bas salaires – le montant n’est pas précisé, mais il n’y a pas de salaire minimum en Allemagne.

Près de la moité des contrats signés en Allemagne depuis 2008 sont à court terme, sans sécurité sociale, et 1,3 million de travailleurs ne peuvent subvenir à leurs besoins.

Une étude de la Fondation Bertelsmann publiée en décembre 2012 montre que la classe moyenne est passée de 65% de la population en 1997 à 58% quinze ans plus tard :

  • 5,5 millions d’Allemands sont devenus « pauvres » ;
  • 500 000 sont devenus « riches ».

Dans toute l’Europe, « la Croix-Rouge signale un nombre important de “nouveaux pauvres”, des gens qui travaillent mais ne peuvent pas assumer leurs besoins primaires à la fin du mois et doivent choisir entre acheter de la nourriture et payer leur loyer ».

31 millions : le nombre de millionnaires en dollars

Le nombre de millionnaires en dollars n’a jamais été aussi élevé. Ils sont :

  • 14 millions aux Etats-Unis ;
  • 10 millions en Europe ;
  • 6,5 millions en Asie-Pacifique.

Parmi les près de 100 000 ultra-riches au capital supérieur à 50 millions de dollars (37 millions d’euros), la moitié environ est aux Etats-Unis. La Chine arrive loin derrière, devant l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et le Japon.

L’économie actuelle est propice à l’accumulation de fortune : tandis que la richesse mondiale a crû de 4,9%, le nombre de millionnaires a progressé de 6,1% et celui d’ultra-riches de plus de 10%.

5 : nombre de pays en Europe où le chômage des jeunes dépasse 50%

Bosnie, Macédoine, Serbie, Espagne, Grèce : dans tous ces pays, plus d’un jeune de 15 à 24 ans sur deux, en situation de travailler, était au chômage en 2012. Dans les trois derniers, le chiffre a explosé pendant la crise.

En Europe de l’Est, le chômage des jeunes, déjà élevé avant la crise, a atteint des niveaux alarmants. Il a doublé en Croatie, en République Tchèque, en Pologne et dans les Pays baltes.

Le rapport de la Croix-Rouge dénonce l’austérité qui « ajoute de la pauvreté, alors que les autres continents la réduisent avec succès ».

« Les conséquences à long terme de cette crise ne sont pas encore connues. Les problèmes engendrés se ressentiront pendant des décennies même si l’économie s’améliore dans un futur proche [...] Nous nous demandons si, en tant que continent, nous comprenons vraiment ce qui vient de nous arriver. »

7e : la position de la France dans la hiérarchie des plus gros patrimoines moyens

Grâce à la valeur de l’immobilier (parisien, surtout), le patrimoine moyen français est très élevé : 296 000 dollars, soit 219 000 euros. C’est davantage qu’en Allemagne, en Belgique ou au Royaume-Uni.

L’immobilier compte pour deux tiers de la richesse et le niveau d’endettement des ménages est en France plutôt faible (12% des actifs).

Le Crédit suisse souligne que l’inégalité financière en France est plus grande que dans la plupart des pays européens : un quart des millionnaires européens réside en France. Cependant, les ultra-riches sont plus nombreux en Allemagne, en Suisse et au Royaume-Uni.

14% de la population française sous le seuil de pauvreté

En 2011, selon l’indice d’Eurostat repris par la Croix-Rouge, le pourcentage de ménages français sous le seuil de pauvreté (moins de 60% de la richesse médiane dans le pays) s’élevait à 14%. Une hausse de 1,3 point, soit 350 000 habitants de plus, par rapport à 2008.

Malgré la crise, cet indice a baissé dans quelques pays d’Europe occidentale : Portugal (18%), Royaume-Uni (16,2%) et Autriche (5,2%). Mais ils constituent des exceptions. Commentaire de la Croix-Rouge :

« Non seulement de plus en plus de gens tombent dans la pauvreté, mais les pauvres sont de plus en plus pauvres et il semble que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres aille croissant. Ce qui signifie que la “distance sociale” requise pour refaire partie de la société s’agrandit. »

40 : part des Chinois dans la « classe moyenne » mondiale

La Chine a, par rapport à sa population, peu de très pauvres et peu de très riches. En revanche, en rangeant la population mondiale par déciles de richesse, on s’aperçoit qu’elle constitue 40% de la classe moyenne supérieure : celle des déciles 6 à 9.


Composition régionale de la distribution de richesse en 2013. Lecture : « Il y a 25 à 30% d’Africains dans les 10% de ménages les plus pauvres du monde. » (Crédit Suisse)

L’inégalité des richesses en Chine est ainsi relativement faible comparativement au reste des puissances émergentes. Sa classe moyenne, moteur de la croissance mondiale se distingue de celle de l’Inde, quasi-inexistante et coincée entre une majorité de la population très pauvre et un nombre non négligeable d’ultra-riches.

« C’est dû à l’absence quasi-totale de fortunes héritées et à une division relativement égale des terres agricoles et de l’habitat privé. Les inégalités sont cependant en forte hausse avec l’enrichissement d’entrepreneurs et d’investisseurs », explique Crédit suisse.

40% : l’augmentation du taux de suicide en Grèce au premier semestre 2011

Selon le ministère grec de la Santé, le taux de suicide en Grèce a grandi de 40% entre janvier et mai 2011 par rapport à la même période en 2010. Les premiers effets des plans d’austérité se faisaient sentir. Le taux de suicide des femmes a plus que doublé.

Bien d’autres pays européens ont vu leur taux de suicide augmenter pendant la crise, après un long ralentissement, explique la Croix-Rouge.

« Un signe clair que le nombre de personnes souffrant de dépression et d’autres maladies mentales est en augmentation. »

Dans la plupart des pays européens, l’Etat a coupé dans les dépenses de santé pendant la crise économique, obligeant les associations à remplir de nouvelles missions.

35% de la richesse russe est détenue par 110 personnes

« La Russie a le plus gros niveau d’inégalité financière dans le monde, hormis les petits pays des Caraïbes où résident des milliardaires », souligne Crédit suisse.

Dans le monde entier, il y a un milliardaire pour 170 milliards de dollars de richesse. En Russie, le rapport tombe à un milliardaire pour 11 milliards de richesse. Les 110 milliardaires russes selon Forbes – ils étaient huit en 2000 – accumulent 35% de la richesse du pays.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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