Ailleurs dans le monde

Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 16:05

 

Source : www.acatfrance.fr

 

 

Deux ans de prison pour avoir dénoncé sa torture

 

 

Lundi 20 octobre, la cour d’appel de Tanger a condamné à deux ans de prison ferme Wafaa Charaf, une militante du mouvement du 20 février et de l’AMDH accusée d’allégation mensongère de torture. Une façon d'imposer la loi du silence.
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Le 22 / 10 / 2014

Lundi 20 octobre, la cour d’appel de Tanger a condamné à deux ans de prison ferme Wafaa Charaf, une militante du mouvement du 20 février [1] et de l’AMDH [2] accusée d’allégation mensongère de torture. Selon l’ACAT, les autorités marocaines, qui affirment qu’elles luttent activement contre la torture, tentent dans les faits d’imposer la loi du silence en poursuivant les victimes.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb et Moyen-Orient à l’ACAT, « Le Maroc fait preuve d’une hypocrisie effarante. En façade, il communique sur l’organisation, le mois prochain, du Forum mondial des droits de l’homme avec une place importante réservée aux problématiques de torture et de justice. Dans l’arrière-scène, il poursuit les personnes qui disent avoir été victimes de torture. Sous couvert de lutte contre l’impunité, Rabat entend perpétuer l’omerta. »

Le 27 avril 2014, Wafaa Charaf a participé à Tanger à une manifestation de soutien à des syndicalistes licenciés. En rentrant chez elle, elle a été enlevée par deux hommes qui lui ont bandé les yeux et l’ont embarquée de force dans une voiture et conduite en dehors de la ville. Pendant plusieurs heures, ils l’ont frappée, insultée et menacée en évoquant ses engagements politiques. Puis ils l’ont abandonnée sur place. Elle est allée faire constater ses blessures par un médecin et, le 30 avril, a porté plainte contre X pour torture et enlèvement auprès du procureur de Tanger. Cela lui a valu d’être arrêtée le 8 juillet dernier, placée en détention provisoire et poursuivie pour dénonciation calomnieuse et outrage à agent.

En dissuadant ainsi les victimes de porter plainte, le Maroc se rend coupable d’une violation flagrante de l’article 13 de la Convention contre la torture, selon lequel l’Etat doit garantir aux victimes le droit de porter plainte [3].

L’ACAT est aussi poursuivie devant la justice marocaine pour dénonciation calomnieuse alors que les plaintes pour torture qu’elle a déposées aux côtés de plusieurs victimes sont sérieuses et circonstanciées.

Le 4 mars 2014, le Maroc s’est joint au Chili, au Danemark, au Ghana et à l’Indonésie pour lancer l’initiative mondiale pour la ratification de la Convention contre la torture. Cette initiative, saluée par l’ACAT, doit se traduire par des actes. Au même moment, le royaume chérifien multipliait les mesures de rétorsion à la suite de la convocation par la justice française du patron de la DST marocaine concernant des plaintes pour torture déposées par l’ACAT et plusieurs victimes.

Selon Hélène Legeay, « Avant d’appeler les autres pays à ratifier la Convention contre la torture, le Maroc devrait balayer devant sa porte, en s’assurant que ce texte, ratifiée par le pays en 1993, soit appliquée. »

Le 23 juillet, Oussama Hassan, autre militant de l’AMDH et du mouvement du 20 février, a été condamné à trois ans d’emprisonnement et 10 000 dirhams d’amende lui aussi pour dénonciation calomnieuse pour avoir dénoncé les tortures qui lui ont été infligées par des inconnus à l’issue d’une manifestation à laquelle il venait de participer, le 2 mai dernier.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr  

Notes aux rédactions :

  • [1] Dans le sillage des mouvements sociaux nés du Printemps arabe, des protestataires marocains venant de différentes tendances idéologiques, mais partageant les revendications pour plus de démocratie et la fin de la corruption se sont fédérés au sein du « Mouvement du 20 février » et ont organisé à partir de cette date une série de manifestations pacifiques dans plusieurs villes du pays.
  • [2] Association marocaine des droits humains
  • [3] Selon l’article 13 de la Convention contre la torture, « Tout Etat partie assure à toute personne qui prétend avoir été soumise à la torture sur tout territoire sous sa juridiction le droit de porter plainte devant les autorités compétentes dudit Etat qui procéderont immédiatement et impartialement à l'examen de sa cause. Des mesures seront prises pour assurer la protection du plaignant et des témoins contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite. »

 

 

Source : www.acatfrance.fr

 

 

 

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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 19:43

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Arrêt sur images 13/10/2014 à 10h05

Chut ! Le président de gauche a été réélu

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

 

C’est dès le premier tour que le président de gauche a été réélu, avec 61% des voix. Le candidat de l’opposition de droite n’en a recueilli que quelque 21%, lors d’une élection qui s’est déroulée dans une parfaite régularité (il est vrai que le vote est obligatoire dans le pays).

Comment expliquer cet exploit ? Par la croissance du pays, 5,2%, la plus élevée du continent, et dont les effets se font sentir dans la population : le gaz arrive progressivement dans les logements des plus pauvres, des routes, des hôpitaux, des stades, des usines, ne cessent de sortir de terre.

Contrairement à ce que prédisaient certains, la nationalisation de l’énergie par rachat d’actions aux industriels, voici deux ans, n’a pas conduit le pays au bord du gouffre, au contraire. Le Président a pu aussi compter sur le soutien des classes moyennes, qui se sont massivement portées sur son nom. Et même le patronat lui est reconnaissant de la stabilité du pays.

Une brève dans les journaux du matin

Une telle nouvelle, un matin, devrait logiquement occuper une bonne partie des journaux d’information. Haletants, les présentateurs devraient interroger leurs envoyés spéciaux : expliquez-nous !

Un président de gauche réélu ? En tenant ses promesses, et au-delà ? Des nationalisations bénéfiques pour tout le monde ? Quelles sont les recettes ? Quelques-unes d’entre elles seraient-elles, par miracle, transposables ?

Mais non. Dans le meilleur des cas, la réélection d’Evo Morales en Bolivie est traitée en brève dans les journaux du matin. Le plus souvent, elle passe à l’as.


Le regard d’Evo Morales, dans le rétroviseur de la voiture qu’il conduit, le 11 octobre 2014 à Chapare (Bolivie) (Juan Karita/AP/SIPA)

Du côté de la presse libérale, ce silence se comprend. Voici deux ans, Le Figaro soulignait le risque des nationalisations : l’effondrement de la production pétrolière. Celle-ci ne s’étant apparemment pas produite, Le Figaro reconnaît, sportivement quoique brièvement, le succès de la politique Morales.

Même Mélenchon...

Quant au Monde, sa correspondante à Lima, même si elle a constaté la prospérité économique bolivienne, l’attribue à... la croissance chinoise, qui a dopé ses exportations de minerais et d’hydrocarbures. L’explication par les nationalisations est simplement suggérée en seconde place, au conditionnel, et prudemment placée dans la bouche de Morales lui-même.

A gauche aussi, il n’est pas impossible que le cas Morales dérange : pensez, un président de gauche qui a légalisé le travail des enfants à partir de 10 ans, et apparemment à la demande des enfants eux-mêmes : qu’en penser ? Voilà qui bouscule toutes les catégories. Les débats se poursuivent jusque dans nos forums. Même Mélenchon, pourtant doté d’antennes surpuissantes en Amérique latine, semble l’avoir perdu de vue sur son blog. Le miracle bolivien n’aura pas de savants docteurs.

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Mercredi 17 septembre 2014 3 17 /09 /Sep /2014 20:25

 

Source : www.marianne.net

 

 

L'Equateur sur le chemin d'un salaire maximum !

Mercredi 17 Septembre 2014 à 19:00

 

Patricia Neves

 

Rafael Correa, le président équatorien, l'a annoncé ce week-end : il envisage d'instaurer un salaire maximum dans les entreprises privées. Le rapport entre le plus bas et le plus haut salaire pourrait être fixé de 1 à 20. Des manifestations en réponse à cette mesure sont prévues cette nuit dans le pays.

 


Moises Castillo/AP/SIPA
Moises Castillo/AP/SIPA
«Si le directeur d'une banque veut gagner 60 000 dollars (près de 46 000 euros), parfait, mais ça n’excédera pas vingt fois le salaire de son travailleur le plus pauvre » a annoncé ce week-end le président équatorien, Rafael Correa, sans toutefois préciser s'il évoquait un revenu mensuel ou annuel... Sans doute, notre homme a-t-il avancé ce montant par pure provocation. Car l'important est ailleurs, dans le rapport de 1 à 20 retenu par le chef de l'Etat. Car c'est contre les « inégalités » que s'est érigé Rafael Correa, en faisant cette sortie dans son habituel espace de parole hebdomadaire, « Enlace Ciudadano », diffusé à la radio, sur les écrans de la télévision via les dizaines de chaînes pro-gouvernementales. Ainsi, si cette réforme voyait le jour, les salaires les plus élevés pourraient donc, selon nos calculs, ne pas dépasser 6 800 dollars (5 300 euros) par mois, soit vingt fois 340 dollars, le montant du Smic équatorien (262 euros), qui a plus que doublé sous la présidence Correa.
 
Calquée sur « Aló presidente », l’émission à succès de son ancien homologue vénézuelien et grand orateur Hugo Chavez, « Enlace Ciudadano » est diffusée depuis 2007, date de l’élection du président Correa, et ne vise pas seulement à tenir informés les électeurs des projets en cours ou en devenir mais à maintenir un lien direct avec la population. Qui d’ailleurs le lui rend bien. Avec 75 % de taux de popularité, Rafael Correa est en effet le dirigeant sud-américain le plus populaire.
 
Ce week-end cependant, l’annonce de l’instauration d’un salaire maximum tant dans le public qu’au sein des entreprises privées, a surpris. Elle intervenait de fait à quelques jours seulement d’une grande manifestation organisée à l’appel de plusieurs organisations syndicales, tous secteurs confondus, allant de la fonction publique aux peuples indigènes. Tous se réunissent aujourd'hui (cette nuit en France, ndlr) pour une « grande marche » contre la réforme du Code du travail, actuellement en préparation, qui inclura donc désormais le plafonnement des plus hauts salaires.
 
Un mécontentement auquel n’a pas tardé de réagir le chef de l’Etat. Sur Twitter, Correa a en effet anticipé cette semaine « difficile » et appelé ses sympathisants à se mobiliser eux-aussi, à Quito, la capitale. « S’ils sont 3 000 nous serons 30 000 » prévient-il. En face, les opposants déclarent ne pas vouloir « mesurer » leurs « forces » respectives. Ce sera pourtant l’occasion de le faire...
 
Car plusieurs autres mesures phares s’annoncent dans les prochains mois, comme l’augmentation possible du prix des transports publics dont les conséquences au Brésil, l'année dernière, ont été dévastatrices pour le parti des travailleurs (PT) de la présidente Dilma Rousseff. Jamais les Brésiliens n'avaient autant manifesté, par millions, dans les rues, sur les réseaux sociaux, poussant même le gouvernement à reculer. Mais un autre sujet inquiète : un amendement de la Constitution équatorienne est à l'étude. Celui-ci permettrait aux autorités en place, en particulier au président, de se représenter sans limite de mandats successifs. L'exemple du voisin vénézuelien, cette fois, est aussi éloquent. La mesure, soumise par référendum une première fois en 2007 puis en 2009 par Caracas est aujourd'hui encore et toujours contestée. 

Demain, la mobilisation à Quito sera donc un test. Alors que la tension sociale est palpable depuis plusieurs mois. En témoignent les dernières municipales, tenues en février dernier et à l’issue desquelles les trois plus grandes villes du pays, Quito, Guayaquil et Cuenca ont toutes échappé à Alianza País, le parti au pouvoir. 

En France, la question du salaire maximum n'est pas passée inaperçue. Sur le site internet du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon rappelle en effet qu'il en avait fait l'une de ses principales propositions de campagne, lors de la présidentielle de 2012. François Hollande, lui, promettait alors d'imposer un « écart maximal de rémunérations de 1 à 20 » aux « dirigeants des entreprises publiques ». Un décret de juillet 2012 fixe bien un « plafond brut annuel », mais à 450 000 euros, soit en fait un écart de 1 à 26 si l'on se réfère au Smic comme salaire le plus bas.

Mais quid d'un tel dispositif dans les entreprises privées ? En mars 2013, le Figaro rapporte un sondage selon lequel 83 % des Français se déclarent favorables à une « loi instaurant un "salaire maximum " pour les dirigeants d'entreprises privées» Proposition rejetée en Suisse huit mois plus tard à 65 % quand bien même le pays possède l'un des plus grands écarts de revenus, derrière les Etats-Unis et le Canada. « En moyenne, écrit à l'époque France 24, un dirigeant helvète gagnait en 2012, 148 fois plus que son employé lambda. » C'est 108 fois pour la France...

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 23:55

 

Source : www.ritimo.org

 

 

Politiques de la Pachamama 

Extraction des ressources naturelles vs. droits autochtones et protection de l’environnement

1er juillet 2014

Cet article a été traduit de l’espagnol vers le français par Jessica Pagazani et relu par Annabelle Rochereau, traductrices bénévoles pour Ritimo. Retrouvez l’article original ici : The Politics of Pachamama : Natural Resource Extraction vs. Indigenous Rights and the Environment in Latin America

 

 

De bon matin, il y a de cela plus de dix ans, j’avais interviewé Evo Morales à Cochabamba, en Bolivie. Celui-ci, alors leader des cultivateurs de coca et député dissident, était en train de boire un jus d’orange fraîchement pressé dans les locaux de son syndicat, sans prêter attention aux sonneries incessantes du téléphone. Quelques semaines à peine avant notre entretien, un mouvement social d’ampleur nationale avait réclamé la nationalisation des réserves de gaz naturel de la Bolivie. Tout le monde se demandait comment les richesses du sous-sol pourraient bénéficier à cette majorité sans ressources qui vivait à la surface.

Concernant ses ambitions pour le gaz naturel bolivien, l’intention de Morales était de faire des ressources naturelles « un instrument politique de libération et d’unité en Amérique latine ». Il était à l’époque considéré par beaucoup comme un candidat populaire à l’élection présidentielle et il ne cachait pas que les politiques autochtones qu’il voulait mettre en œuvre en tant que leader étaient intrinsèquement liées à une vision de la Bolivie mettant ses richesses naturelles au service du développement national. « Nous, les autochtones, sommes en train de reprendre le pouvoir, après 500 ans de résistance. Cette reprise de pouvoir est axée sur la récupération de nos propres richesses, de nos propres ressources naturelles. » C’était en 2003. Deux ans plus tard, il était le premier président indigène à être élu en Bolivie.

Revenons au mois de mars de cette année. La scène se passe un samedi matin ensoleillé dans le centre-ville de La Paz, alors que les vendeurs de rue montent leurs stands pour la journée aux côtés d’un groupe de rock qui organise un concert dans une rue piétonne. Je dois rencontrer Mama Nilda Rojas, la leader du groupe amérindien dissident CONAMAQ, une confédération de communautés aymara et quechua du pays. Rojas, tout comme ses collègues et sa famille, a été persécutée par le gouvernement de Morales en raison de sa mobilisation contre les industries extractives. « Les territoires autochtones sont entrés en résistance, explique-t-elle, car les veines ouvertes de l’Amérique latine continuent à saigner, recouvrant la terre de sang. Ce sang est pompé par toutes les industries extractives. »

Tandis qu’Evo Morales considère les richesses du sous-sol comme un outil de libération, Rojas estime que le président n’hésite pas à soutenir les industries extractives - exploitation minière, pétrolière et gazière - sans se préoccuper de la destruction de l’environnement ni du déplacement des communautés auxquels conduisent ces industries.

Comment peut-il exister un tel décalage entre Morales et Rojas ? Cela s’explique en partie par l’ampleur des conflits qui opposent les politiques extractivistes menées par les gouvernements de gauche en Amérique latine et les politiques de la Pachamama (la Terre Mère), et par la manière dont les mouvements autochtones ont mené la résistance contre l’extractivisme pour défendre leurs droits, leurs terres et l’environnement.

Depuis le début des années 2000, une vague de présidents de gauche a remporté les élections en Amérique latine en promettant notamment d’utiliser la richesse des ressources naturelles abondantes pour financer des programmes sociaux, accroître l’accès aux services de santé et d’éducation, redistribuer les richesses, donner des moyens d’action aux travailleurs, lutter contre la pauvreté et bâtir la souveraineté économique nationale.

 

 

Au cours de ce changement, c’est l’État, à la place de la sphère privée, qui a joué le rôle le plus important dans l’industrie extractive. L’objectif était d’en faire bénéficier un large pan de la société plutôt que de simplement remplir les poches d’une poignée de dirigeants de multinationales, comme cela s’était systématiquement produit sous les gouvernements néolibéraux. Les coûts sociaux et environnementaux des opérations d’extraction n’ont pas disparu, seule la vision économique a changé. « Les activités extractives et l’exportation des matières premières continuent comme avant, mais elles s’accompagnent maintenant d’un discours progressiste pour les justifier », explique Carmelo Ruiz-Marrero, journaliste portoricain spécialisé dans les questions environnementales.

Bien que de nombreuses économies et de nombreux citoyens aient pu profiter de l’implication accrue de l’État dans l’extraction des ressources, l’extractivisme, même s’il est mis en œuvre par des gouvernements progressistes, n’a pas cessé d’entraîner le déplacement de communautés rurales, d’empoisonner les sources d’eau, de tuer les sols et de porter atteinte à l’autonomie territoriale amérindienne, comme c’était déjà le cas sous le néolibéralisme. Comme l’écrit la sociologue argentine Maristella Svampa, en Amérique latine, « les politiques progressistes mises en place ces dernières années s’inspirent de la conception conventionnelle et hégémonique d’un développement fondé sur l’idée d’un progrès infini et de ressources naturelles soi-disant inépuisables ». Cette tendance extractiviste, favorisée par le discours et par les mandats progressistes de la gauche latino-américaine, a eu des conséquences préoccupantes dans toute la région.

Suite à la crise de 2001-2002 en Argentine, les gouvernements de Nestor et Cristina Kirchner ont œuvré avec succès pour redresser l’économie du pays et pour donner des moyens d’action aux travailleurs. Ils ont mis en place des politiques économiques progressistes afin de promouvoir la souveraineté de l’Argentine, après des années de néolibéralisme pendant lesquelles les entreprises et services publics avaient été privatisés. Les Kirchner ont placé de nombreuses industries sous le contrôle de l’État et ont utilisé les nouvelles recettes du gouvernement pour financer des programmes sociaux et pour réduire la dette du pays face aux entreprises et aux prêteurs étrangers.

Dans le cadre de cette réorientation politique, en 2012, l’État argentin a obtenu 51 % des parts de la compagnie pétrolière YPF, qui avait été privatisée dans les années 1990. Cependant, l’année dernière, la compagnie argentine YPF a signé un accord avec Chevron pour étendre les zones de fracturation de gaz de schiste dans le pays. Or les opérations doivent se dérouler sur les territoires mapuche. Les communautés autochtones menacées ont répliqué en occupant quatre puits de forage d’YPF. « Il ne s’agit pas seulement de la terre dont ils s’emparent », a expliqué Lautaro Nahuel, de la Confédération mapuche de Neuquén à Earth Island Journal. « Toutes les formes de vie naturelle de la région sont étroitement liées. Ce qu’ils font ici aura des conséquences sur le fleuve Neuquén ; or nous buvons l’eau de ce fleuve. » Des manifestations contre les projets de fracturation hydraulique d’YPF-Chevron se déroulent dans tout le pays.

Le président uruguayen José « Pepe » Mujica, qui a récemment attiré l’attention de la communauté internationale en légalisant la marijuana, l’avortement et le mariage homosexuel et en proposant d’accueillir d’anciens détenus de Guantanamo, est en train de négocier un accord avec la compagnie minière anglo-suisse Zamin Ferrous portant sur un énorme projet d’extraction minière à ciel ouvert. Ce projet impliquerait l’extraction de 18 millions de tonnes de minerai de fer dans tout le pays au cours des 12 à 15 prochaines années. Outre l’exploitation minière en elle-même, le projet prévoit la construction de pipelines afin de transporter le minerai à travers les terres jusqu’à la côte atlantique du pays. Les critiques ont pointé du doigt le fait que le plan allait avoir des conséquences désastreuses pour la biodiversité de la région et allait entraîner le déplacement de ses agriculteurs. En réponse à ces projets, un mouvement national est actuellement en cours pour réclamer l’organisation d’un référendum afin d’interdire l’extraction minière à ciel ouvert en Uruguay.

L’ancien président brésilien Luiz Lula da Silva et sa successeure Dilma Rousseff, tous deux du Parti des travailleurs, ont œuvré pour le développement de la classe moyenne dans le pays et ont mis en place des programmes d’aide sociale visant à éliminer la pauvreté et la faim. Cependant, leurs administrations ont également dirigé un vaste système économique fondé sur l’extractivisme, ne laissant aucune place aux petits paysans ni aux questions environnementales. Le Brésil abrite la plus grande industrie minière de toute la région : en 2011, le volume de l’extraction était supérieur au double du volume de minéraux extraits dans l’ensemble des autres pays d’Amérique du Sud. C’est également le plus grand producteur de soja, une culture OGM qui se propage rapidement sur tout le continent, avec son lot de pesticides mortels qui détruisent les sols et empoisonnent les sources d’eau, forçant les petits paysans à quitter les campagnes pour aller s’agglutiner dans les bidonvilles en périphérie des métropoles latino-américaines.

Le président équatorien Rafael Correa est devenu célèbre en tant que défenseur de l’environnement dans son pays en apportant son soutien à l’adoption, en 2008, d’une constitution donnant des droits à la nature. En 2007, il avait également lancé une initiative pour que le pétrole présent dans le parc national Yasuní ne soit pas exploité. En échange de la non-exploitation du pétrole dans cette zone riche en biodiversité, un appel aux dons de 3,6 milliards de dollars (soit la moitié de la valeur du pétrole) a été lancé auprès de la communauté internationale en faveur du Programme des Nations Unies pour le développement, qui finance des programmes internationaux de santé et d’éducation, entre autres. En août dernier, comme seulement 13 millions de dollars avaient été collectés et 116 millions promis, Correa a annoncé que son initiative avait échoué, et que l’extraction du pétrole aurait bien lieu dans le parc Yasuní. Lors d’une allocution télévisée le président avait déclaré : « Le monde nous a laissés tomber. »

Et pourtant, tandis que Correa soulignait à juste titre que les nations les plus riches ont l’obligation de contribuer à résoudre les problèmes liés à la crise climatique mondiale, dans son pays, il développait l’industrie minière et criminalisait les mouvements indigènes qui protestaient contre les industries extractives sur leurs territoires. Sous son mandat, de nombreux leaders autochtones qui s’organisaient contre les mines, contre les mesures de privatisation de l’eau et contre l’extraction d’hydrocarbures ont été mis en prison du simple fait de leur militantisme.

La criminalisation des militants autochtones luttant contre l’industrie minière au Pérou est également devenue la norme dans ce pays riche en ressources minérales. Sous la présidence d’ Ollanta Humala, l’industrie minière a connu un véritable essor, tout comme les conflits qu’elle a provoqués avec les communautés locales luttant pour défendre leurs droits à la terre et à l’eau.

En Bolivie, le président Evo Morales s’est largement exprimé sur le thème du respect dû à la Pachamama, de la lutte contre le changement climatique dans le monde et de la mise en œuvre des philosophies autochtones telles que le Buen Vivir (vivre bien), permettant de vivre en harmonie avec la planète. Son gouvernement a promulgué certaines politiques progressistes dans l’optique de générer davantage de revenus publics en confiant à l’État la gestion de l’extraction des ressources naturelles pour qu’il utilise ce revenu supplémentaire pour financer une hausse des salaires ainsi que des programmes sociaux à l’échelle nationale en matière de santé, de retraite, d’éducation et de développement des infrastructures. L’administration Morales et son parti, le MAS (Mouvement vers le Socialisme), ont également cherché à promouvoir des changements constitutionnels et des lois pour la protection de l’environnement, l’autonomisation des communautés autochtones et pour faire de l’accessibilité aux services et ressources de base un droit. Pourtant, la plupart des discours et promesses de changement ont été contredits par la façon dont les politiques du MAS se sont traduites sur le terrain.

Le gouvernement a par exemple défendu un projet de construction d’une grande autoroute à travers le territoire amérindien et parc national Isiboro Secure (TIPNIS). Les protestations contre le projet du gouvernement ont renforcé le mouvement pour la défense des droits des autochtones et de l’environnement. En 2011, la réponse du gouvernement a été de brutalement réprimer les familles qui manifestaient contre le projet routier. La violence gouvernementale a fait 70 blessés. Les familles et amis des victimes sont toujours en quête de justice.

Plus récemment, la promesse faite par le MAS de respecter la Terre Mère ainsi que les droits des autochtones et des petits paysans s’est heurtée à un autre de ses projets : la loi sur les mines, qui a été approuvée fin mars par le Congrès, contrôlé par le MAS, et qui devait ensuite être adressée au Sénat. Mais les manifestations contre la loi ont contraint le gouvernement à suspendre son adoption en attendant d’en savoir plus sur les exigences des opposants. Tandis que les coopératives minières privées, célèbres pour leur indifférence à l’égard de l’environnement et des communautés locales affectées par l’industrie minière, protestent contre la loi car elle ne leur octroie pas le droit de vendre les ressources à des entités privées à l’étranger sans être surveillées par le gouvernement, d’autres groupes avec des exigences différentes ont exposé leurs critiques. N’ayant rien à voir avec les mineurs coopérativistes, ces opposants venus des mouvements paysans et autochtones sont davantage préoccupés par les questions d’accès à l’eau et par la défense du droit de manifester.

La loi sur les mines accorde à l’industrie minière le droit d’utiliser l’eau publique pour ses opérations nocives et très gourmandes en eau. Cela sans se préoccuper du droit des communautés rurales et agricoles à avoir accès à cette même eau. De plus, cette loi criminalise les protestations contre les opérations minières ; les communautés les plus affectées par la pollution et par les déplacements forcés n’auraient donc plus aucun recours légal possible pour défendre leurs foyers. En réaction à cette loi, un certain nombre d’organisations amérindiennes et de petits paysans sont descendus dans la rue pour manifester.

J’ai pu échanger avec Mama Nilda Rojas, la leader amérindien du CONAMAQ, à propos de sa vision de la loi sur les mines. « Le gouvernement Morales nous avait dit qu’il dirigerait le pays en écoutant le peuple et que les lois viendraient d’en bas. Mais, cette promesse n’a pas été tenue en ce qui concerne la loi sur les mines, poursuit Rojas. Cette loi a été élaborée sans que les représentants des communautés les plus touchées par les activités extractives aient été suffisamment consultées. C’est une loi qui criminalise le droit à la protestation. Cette loi nous empêchera de bloquer les routes. Nous n’aurons pas le droit de manifester [contre les opérations minières] », explique-t-elle. « Nous n’oublions pas qu’il s’agit de ce même Evo Morales que l’on voyait manifester et bloquer des routes [il y a des années]. Alors, comment se fait-il qu’il soit en train d’abolir ce droit de protester ? ».

Rojas explique : « Ce gouvernement a prononcé de faux discours au niveau international, prétendant défendre la Pachamama, la Terre Mère », or ce qui a lieu en Bolivie est une toute autre histoire. Et pendant ce temps, à l’extérieur de l’Amérique latine, les gouvernements, les militants et les mouvements sociaux voient les pays comme la Bolivie et l’Équateur comme des exemples à suivre pour vaincre le capitalisme et pour lutter contre le changement climatique. Le modèle de Yasuní et le respect des droits de la nature peuvent et doivent avoir un impact au-delà des frontières de ces pays. Les pays les plus riches et leurs consommateurs, et toutes les industries dont les sièges se situent dans les pays du Nord, doivent prendre leurs responsabilités et relever les défis liés à la crise climatique.

À bien des égards, la majorité des partis de gauche en Amérique du Sud constituent un progrès par rapport à leurs prédécesseurs néolibéraux. Ils ont contribué à tracer un chemin formidable vers des modèles alternatifs qui sont une source d’inspiration dans le monde entier. Dans l’ensemble, ils ont permis aux pays de se libérer du joug du Fonds Monétaire International et des dictatures soutenues par les États-Unis, et leur ont donné les moyens d’accéder à l’autodétermination. Dans l’intérêt de ses nouvelles orientations, il est à espérer que la droite néolibérale ne parviendra pas à regagner du terrain dans la région dans un futur proche et que Washington ne pourra plus continuer à s’immiscer dans les affaires d’une Amérique latine toujours plus indépendante.

Néanmoins, alors que cette marche vers le progrès se poursuit sous toutes ses formes et que les périodes d’élections vont et viennent, les perdants de la nouvelle gauche d’Amérique latine sont bien souvent les mêmes qu’avant... les communautés rurales expropriées et les mouvements autochtones qui, pourtant, ont ouvert la voie ayant permis à ces présidents d’accéder au pouvoir. Au nom du progrès, de la Terre Mère, du Buen Vivir et du socialisme du XXIe siècle, ces gouvernements contribuent à empoisonner les rivières et la terre et à déplacer, emprisonner et assassiner les militants anti-extractivistes. Une solidarité qui resterait aveugle à cette contradiction causerait beaucoup de tort aux divers mouvements populaires qui luttent pour un monde meilleur.

Si un modèle alternatif - mettant la qualité de vie et le respect de l’environnement au-dessus de la croissance du produit intérieur brut et de l’expansion de la société de consommation, plaçant la soutenabilité au-dessus de la dépendance face à l’extraction des matières premières finies, mais aussi respectant le droit à une agriculture à petite échelle et le droit à l’autonomie des territoires indigènes plutôt que l’intérêt des compagnies minières et des exploitations de soja - parvient un jour à triompher, ce modèle sera sûrement le fruit des luttes menées par ces mouvements populaires. Pour que ce modèle réussisse à transformer les tendances progressistes de toute la région, il est nécessaire que les espaces de dissidence et de débat au sein des mouvements autochtones, paysans et de défense de l’environnement soient respectés et renforcés, et non pas écrasés et réduits au silence.

« Nous sommes debout, et nous manifestons contre l’extractivisme, conclut Rojas, la Terre Mère est fatiguée. »

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Benjamin Dangl est journaliste en Amérique latine depuis plus de dix ans et réalise des reportages sur les mouvements sociaux et la vie politique de la région. Il est l’auteur des livres suivants : Dancing with Dynamite : Social Movements and States in Latin America et The Price of Fire : Resource Wars and Social Movements in Bolivia

Dangl est actuellement doctorant en Histoire de l’Amérique latine à l’Université McGill et il a créé UpsideDownWorld.org, un site Web sur le militantisme et la vie politique en Amérique latine, ainsi que TowardFreedom.com, qui offre une perspective progressiste sur les événements dans le monde. Email : BenDangl(at)gmail(dot)com.

Twitter : @bendangl

 

Source : www.ritimo.org

 

 

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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 19:56

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Manifestation 24/08/2014 à 15h40

Allemagne : heurts entre néonazis et antifas le jour d’une Gay Pride

Pierre Pauma | Journaliste


 

Le parti d’extrême droite allemand Die Rechte devait manifester samedi après-midi dans une rue de Dortmund, mais les antifascistes leur ont coupé l’herbe sous le pied en occupant le lieu avant eux. La suite est moins drôle : les néonazis ont organisé une seconde manifestation dans le nord de la ville avec l’aval de la police, et avec à la clé plusieurs blessés chez les forces de l’ordre.

 


Une manifestation de BlockaDO à Dortmund, le 28 mai 2014 (Pierre Pauma)

Dortmund et Die Rechte

Dortmund, avec ses 600 000 habitants, est la plus grande ville de feu le bassin industriel de la Ruhr. Pour brosser le tableau à gros traits, la Ruhr est à l’Allemagne ce que le Nord-Pas-de-Calais est à la France : un glorieux passé industriel et minier, un présent économique compliqué.

Le taux de chômage à Dortmund atteint 13,2% (7% dans le reste du pays), et presque 30% des habitants de la ville ont des origines étrangères : il n’en faut pas plus pour faire le creuset de l’extrême droite. Ressuscitée dans les cendres de divers partis néonazis et de mouvements hooligans dissous, la branche locale du parti d’extrême droite Die Rechte (La Droite), menée par le militant néonazi Siegfried Borchardt (dit SS-Siggi) a fait son entrée au conseil de la ville en mai dernier en obtenant 1% des voix aux dernières élections communales. Le soir même, ses militants agressaient plusieurs personnes devant la maison communale de la ville.

Alors qu’en Allemagne, le vieux débat sur l’interdiction ou non du NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, considéré comme néonazi) court toujours, la ville de Dortmund doit composer depuis trois mois avec Die Rechte, un parti d’extrême droite virulent... Et élu.

La ville accueillait ce 23 août le Christopher Street Day (CSD, une fête gay, lesbienne et trans), et les néonazis ont décidé de déposer une demande pour manifester à 500 mètres du rassemblement gay-friendly.

Accordé par les autorités de police locales, mais à une condition : les chemises jaunes (communication visuelle oblige, le parti se cherche une autre couleur que le brun) avec des slogans qu’avait préparées le parti resteraient dans les placards, tout comme les T-shirts estampillés « Protection de la ville » dans lesquels des membres du parti néonazi aimeraient pouvoir patrouiller (tiens donc).

Pas vraiment l’idée du siècle, décident les militants antifascistes du cru rassemblés sous le nom de BlockaDO. En deux jours de mobilisation sur Internet, ils appellent à contre-manifester et sont aidés par un détachement du CSD pour bloquer les entrées de la rue Katharinen où doit se tenir la manifestation néonazie et occuper la principale rue commerçante.

 

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"@kritikell: Heute in Dortmund! pic.twitter.com/X54X6DO3T8" Großartig! @blocka_do

« Aujourd’hui à Dortmund, énorme ! » [sur l’affiche : « Les nazis mangent des kebabs en cachette »)

« Nous sommes déjà là et nous restons »

A 13 heures, les premiers contre-manifestants sont déjà sur place. En moins d’une demi-heure, ils sont 250 et dépassent largement les capacités des forces de police présentes. Sur les photos diffusées sur les réseaux sociaux, de nombreux militants sont masqués par crainte d’être reconnus. On aperçoit aussi un drapeau du Parti pirate.

Une heure plus tard, alors que la manifestation néonazie doit commencer dans une demi-heure, pas question de lever le camp, déclare la porte-parole de BlockaDO Iris Bernerdt au journal local Ruhr Nachrichten :

« La police nous a amicalement signifié qu’à 14h45, le rassemblement devait se terminer. BlockaDO pour sa part a décidé de ne pas partir. Les néonazis veulent peut-être venir ici à 15 heures, mais nous sommes déjà là et nous restons. »

Sur son compte Twitter, BlockaDO écrit :

 

 

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Die Demo aus Richtung des CSD ist unterhalb der Katharinentreppen angekommen. Alles Dicht.

« La manifestation venant du CSD est arrivée sous les escaliers de la rue Katharinen. C’est dense. »

Seulement trois quarts d’heure de manif

Peu avant 15 heures, ce sont finalement les néonazis qui se voient interdire l’accès au lieu par la police. Impossible de déloger les militants antifascistes qui se font de plus en plus nombreux sur place. La manifestation néonazie débute finalement peu avant 16 heures, avec presque une heure de retard. Ils sont 85 selon la police, coincés entre des grilles de chantier, un café et un cordon de police, à manifester à côté du lieu initial.

Parmi les banderoles, l’une d’entre elles réclame la réintroduction du paragraphe 175 dans le code pénal allemand, qui criminalisait l’homosexualité masculine.

Alors que la manifestation devait durer jusque 18 heures, elle est stoppée prématurément trois quarts d’heures après son début.


Capture d’écran de la page Facebook de Die Rechte Dortmund montrant une banderole néonazie réclamant la criminalisation de l’homosexualité (Die Rechte Dortmund)

« On vous aura tous »

Mais Die Rechte n’en reste pas là et annonce un rassemblement « spontané » devant une ancienne église occupée par les antifascistes, dans un quartier où habitent de nombreux immigrés ou descendants d’immigrés.

Alors que les habitants assistent à la scène depuis leurs fenêtres, le reporter de Ruhr Nachrichten rapporte les propos de manifestants d’extrême droite à l’attention de la population locale, d’origine immigrée : « On vous aura tous ! ».

Alors que la police intervient pour faire barrage entre néonazis et antifascistes, des militants « autonomes de gauche » (c’est le communiqué de presse de la police qui le dit) jettent des pierres, tandis qu’un néonazi tente d’asperger du spray au poivre par dessus le cordon de police en direction des antifascistes. Tous deux sont interpellés.

 

Par ailleurs, treize policiers ont légèrement été blessés par une attaque au produit chimique venant des rangs des antifascistes.

 

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Sind jetzt vor dem besetzten Gebäude und haben die Polizeikette vor uns.

« Nous sommes devant le bâtiment occupé et avons la chaîne de policiers devant nous. »

Une deuxième manifestation tenue secrète

Seulement voilà, selon, Die Rechte, la formation d’extrême droite avait prévenu au petit matin la police de Dortmund de son intention de se rendre au nord de la ville pour manifester devant l’église occupée par les activistes de gauche.

C’est ce qu’affirme le parti sur sa page Facebook :

« Dans les premières heures de la matinée, Die Rechte a publié un acte de manifestation dans la rue Enscheder. La police de Dortmund ne pouvait pas autoriser un tel acte. Il a finalement été accepté qu’un court sit-in avec le titre “ Pas d’espace libre pour les criminels gauchistes ! Libérons la maison occupée !” puisse se tenir. »

Une fois tout ce petit monde évacué en fin d’après-midi, chaque camp fait son débriefing sur les réseaux sociaux et crie à la victoire. Sur sa page Facebook, Die Rechte se félicite d’avoir pu manifester malgré le blocage de ses opposants.

« Merci à tous d’être venus dans la rue à Dortmund. Malgré les tracasseries avec la police, un fait positif : les gauchistes n’ont pas réussi à empêcher notre manifestation dans le centre-ville. Et le rassemblement devant “ leur ” maison qu’ils occupent les aura méchamment surpris ! »

Même son de cloche sur le site de BlockaDO, à leur avantage bien sûr :

« BlockaDO se veut et se doit de vous adresser ses compliment aux personnes qui étaient dans la rue avec nous. Vous avez été formidables ! La rue Katharinen a été occupée dès 13 heures et tenue tout l’après-midi. Les nazis se sont rassemblés avec une heure de retard, et cela s’est limité à un mini-rassemblement tenu par la police. »

Le porte-parole du mouvement, Stefan Michaelis, a aussi déploré fait que l’extrême droite ait pu marcher jusqu’au nord de la ville devant le bâtiment occupé par des membres de BlockaDO :

« C’est un scandale que la police ait gardé le secret de cette provocation pour permettre un rassemblement des nazis. Bravo aux habitants qui se sont réjouis de la contre-manifestation et qui ont crié leur opposition aux nazis. »

La police a par ailleurs annoncé des poursuites pénales contre les activistes qui ont jeté des pierres sur les policiers ainsi que l’ouverture d’une information judiciaire contre les opposants qui ont bloqué l’accès au lieu de la manifestation.

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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Jeudi 22 mai 2014 4 22 /05 /Mai /2014 18:09

 

Source : www.mediapart.fr

 

Maroc : des peines de prison pour des manifestants du 20-Février

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La dizaine de manifestants arrêtés lors d'une manifestation syndicale le 6 avril dernier ont été condamnés à des peines allant jusqu'à un an de prison ferme.

 

La dizaine de jeunes militants marocains du mouvement du 20-Février, arrêtés le 6 avril dernier lors d’une manifestation syndicale, ont été condamnés jeudi 22 mai par un tribunal de Casablanca à des peines de prison.

À l’occasion de ce verdict, l’accès au tribunal avait une nouvelle fois été interdit aux proches et aux militants. À l’ouverture du procès, le 6 mai, plusieurs dizaines de manifestants étaient venus soutenir ceux que l’on surnomme « les détenus du 6 avril » en criant « Liberté immédiate pour les détenus politiques ! » ou « Ils sont détenus pour nous, nous militons pour eux ! ».

Parmi les 10 personnes poursuivies, Fouad Elbaz et Amine Leqbabi, jugés en liberté provisoire, ont écopé de deux mois avec sursis. Les autres ont écopé des peines allant de six mois à un an de prison ferme. Hamza Haddi, militant connu de la coordination casablancaise, a été condamné à un an ferme. Il s’agit de sa troisième incarcération.

 

Les dix manifestants avaient été arrêtés violemment alors qu'ils participaient à une manifestation syndicale d'une dizaine de milliers de personnes. Ils étaient poursuivis pour « manifestation non autorisée » et « violence contre les forces de l'ordre ». Interrogé par Mediapart à l’ouverture du procès, Youssef Raïssouni de l'AMDH (Association marocaine des droits humains) avait dénoncé « un procès fabriqué ». « Ils sont poursuivis pour organisation de manifestation non autorisée mais ce cortège était autorisé. Ils sont aussi poursuivis pour actes de violence à l'égard des agents de l'autorité mais il y a des vidéos qui prouvent le contraire. Les autorités cherchent à intimider le mouvement et empêcher toute action militante. »

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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Jeudi 15 mai 2014 4 15 /05 /Mai /2014 17:53

 

Source :  www.marianne.net/martinegozlan


 

1 000 coups de fouets, 10 ans de prison pour un blog: c'est l'Arabie Saoudite!

 

Rédigé par Martine Gozlan le Jeudi 8 Mai 2014 à 21:38

 

Le jeune blogueur saoudien Raef Badawi est condamné à 1 000 coups de fouet, dix ans de prison et 270 000 dollars d'amende pour « offense à l'islam ». Après les enlèvements de lycéennes au Nigeria, l'horreur intégriste se porte affreusement bien.


Raef Badawi, la beauté tragique du courage - Photo : Comité de soutien de Raef Badawi, Facebook
Raef Badawi, la beauté tragique du courage - Photo : Comité de soutien de Raef Badawi, Facebook

Vous connaissez déjà ce visage. C'est celui du jeune blogueur saoudien Raëf Badawi et il a la beauté tragique des amants de la liberté. Hier, un autre jeune homme nommé Waleed al Husseini m'a appelée pour m'informer du sort de Raëf : il devra subir 1 000 coups de fouet, passer dix ans en prison et payer 270 000 dollars au prétexte qu'il aurait offensé l'Islam en créant un réseau de discussion sur le net. Au programme, l'insolent avait osé évoquer la relation à la religion. Voici plus d'un an qu'il est embastillé et la condamnation d'hier est encore pire que la première, prononcée voici quelques mois. On en était alors à 600 coups de fouet et 7 ans de prison.

Waleed était désespéré en m'apprenant la nouvelle. C'est un jeune Palestinien à qui la France a offert l'asile politique. Il n'a pas fui le conflit israélo-palestinien mais sa ville natale de Kalkiliya, dans les territoires autonomes, où la justice de Mahmoud Abbas l'avait aussi enfermé pour athéisme. Marianne a déjà évoqué son destin que j'ai retracé dans mon enquête sur les Rebelles d'Allah. Waleed et Raëf ne se sont jamais rencontrés mais ils ont lutté pour la même cause : celle de la liberté de conscience. Le contexte saoudien était évidemment plus périlleux que le contexte palestinien. Quoique... Waleed a subi des centaines de menaces de mort et n'a été libéré que sur intervention française et européenne.

Mais qui va intervenir pour Raëf Badawi? On n'ose même pas imaginer mille coups de fouet, ce qu'est un corps face à cela. Qui va braver cette Arabie dont on nous vante les nouvelles transitions ? Qui va descendre dans la rue pour clamer que l'intégrisme islamiste est toujours et, de plus en plus, ce fascisme vert dénoncé par l'écrivain algérien Rachid Boudjedra dès la montée du Front islamique du Salut dans son pays au début des années 1990 ?

Sans doute, l'épouvantable affaire des enlèvements de lycéennes par la secte Boko Haram au Nigeria commence-t-elle à préoccuper l'opinion. Il n'est que temps. Mais qu'y a-t-il derrière cette horreur, les 1000 coups de lanières promis au jeune corps rebelle de Raef comme l'esclavage revendiqué pour les jeunes corps de Nigerianes par leurs bourreaux ? Encore et toujours la même barbarie accouplée à la traite mafieuse, à l'obsession sexuelle, à la jouissance sadique, le tout sous le label d'une religion qui, depuis plus d'un quart de siècle, assassine les siens. L'islamisme a tué en effet bien plus de musulmans que de non-musulmans même si le même désir de passer les seconds au fil du sabre reste une constante de cette folie.

Et avec tout cela, les beaux esprits lobotomisés de nos plateaux télé viendront nous expliquer que ce sont fantasmes de journalistes...

 

 

Source :  www.marianne.net/martinegozlan

 

 

 

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Dimanche 27 avril 2014 7 27 /04 /Avr /2014 23:00

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

Un nouveau geste de contestation politique en Iran : le crâne rasé

Roohollah Shahsavar - exilé iranien

 

Publié le 26/04/2014 à 12h17

 

 

Ce n’est pas une nouvelle mode, ni une nouvelle façon de s’amuser. C’est une manière d’exprimer la colère.

On ne sait même pas qui est derrière cette initiative, ceux sont surtout des jeunes qui publient des photos avec leurs têtes rasées sur les réseaux sociaux – Facebook, Twitter, Instagram, Google+... Et ils le font en bravant l’interdiction et les restrictions établies ces dernières années, suite aux événements post-électoraux de juin 2009.

 


Samane et sa sœur Asie (Facebook)

Ces jeunes Iraniens expriment leur contestation contre la répression des prisonniers politiques du lundi 17 avril.

Des prisonniers frappés

Selon le témoignage d’une soixantaine de prisonniers politiques publié sur Kaleme.com (le site principal des oppositions), les gardiens de la prison d’Evin (nord de Téhéran) ont brutalement frappé des prisonniers lors d’une fouille irrégulière dans leurs cellules, le 17 avril.

Bilan : « Une trentaine de blessés, dont quatre hospitalisés, avec les côtes brisées », selon Amnesty International.

 


Photos de jeunes Iraniens le crâne rasé

 

Après l’apparition de quelque photos montrant les prisonniers avec les cheveux rasés (au parloir), plusieurs sympathisants du « mouvement vert » (surnom donné au courant d’opposition) se sont pris en photo avec le crâne rasé, en solidarité.

Les femmes aussi participent à l’évènement contestataire.

Parmi elles, on voit des activistes politiques et des journalistes comme Samane Abolpour, proche de Mohammad Khatami, ex-président de la République islamique. Elle a publié sa photo sur son compte Facebook (voir plus haut) en notant :

« J’ai rasé mes cheveux pour soutenir des prisonniers politiques à la prison d’Evin à Téhéran. Les prisonniers politiques ont été battus cruellement par les gardiens de la prison. »

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 19:32

 

 

Révolution agricole aux Etats-Unis : c’est la fête au bio, aux fruits et aux légumes

 

Hélène Crié-Wiesner - Binationale
Publié le 04/04/2014 à 12h07

Barack Obama s’apprête à prononcer un discours sur le Farm Bill, à l’université d’Etat du Michigan, le 7 février 2014 (Jacquelyn Martin/AP/SIPA)

 

L’agriculture américaine trimballe une exécrable réputation en Europe : industrialisée, OGMisée, subventionnée à mort… Et si tout cela n’était plus vrai ? Un autre plan agricole vient d’être voté : adieu la sainte trinité maïs-blé-soja ! Le bio, les fruits et des légumes sont enfin à la fête.

Tout est relatif, mais le nouveau Farm Bill, la loi quinquennale définissant la politique agricole et alimentaire du gouvernement fédéral, accorde enfin aux petits et moyens producteurs les mêmes droits qu’aux exploitants céréaliers géants. Mieux : les fermiers voulant se convertir au bio vont être solidement soutenus.

Je n’entre pas dans les détails de la remise à plat des subventions qui favorisaient les gros exploitants et les cultures polluantes, dévoreuses d’eau et d’énergie. Elles sont désormais remplacées par un système d’assurance sur les récoltes, dont – c’est une grande nouveauté – peuvent dorénavant bénéficier les producteurs de fruits et légumes.

Comme toutes les lois, celle-ci est très technique. Il suffit de savoir que plus rien ne sera comme avant. En fixant de nouvelles règles du jeu pour pouvoir accéder aux assurances, la loi régule par la même occasion l’usage des produits phytosanitaires et l’exploitation des terres, histoire de préserver l’environnement mis à mal par les changements climatiques.

Des étoiles dans les yeux des républicains !

Les cultures de fruits et de légumes, ainsi que le bio en général, sont les grands bénéficiaires de cette petite révolution américaine. Celle-ci est déjà bien visible dans les rayons des supermarchés, de mieux en mieux fournis avec des produits corrects. La multiplication fulgurante des marchés fermiers dans les villes est un autre signe de l’engouement des consommateurs pour le frais et le plus sain.

Inutile de préciser que, dans le climat délétère qui règne au Congrès, où les républicains ont pour règle de saboter la politique d’Obama, les élus ont eu du mal à accoucher de ce nouveau Farm Bill. Mais apparemment, quand il s’agit de nourriture, les haines et les clivages traditionnels s’estompent.

A vrai dire, les perspectives économiques du bio allument des étoiles jusque dans les yeux des républicains. On comprend pourquoi en écoutant ce que disait le 20 mars Tom Vilsack, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture :

« La demande pour le bio a crû de façon exponentielle pendant la décennie écoulée. Avec des ventes au détail estimées à 35 milliards de dollars l’an dernier, l’industrie du bio représente une opportunité économique exceptionnelle pour les fermiers, les éleveurs et les communautés rurales. »

Même phénomène dans le renouvelable

Ce principe de réalité bouleverse les plus conservateurs des élus républicains, de ceux qui crachent depuis toujours sur les environnementalistes et « les hippies » amateurs de nourriture saine, et qui portent aux nues l’idée de « marché libre ».

Le New York Times rapporte ainsi les propos d’un député du Wisconsin, un des plus gros Etats agricole des Etats-Unis :

« Je pense qu’on doit laisser les consommateurs décider du genre d’aliments qu’ils veulent acheter. S’il y a un marché pour les produits bio, on doit le soutenir. »

Petite parenthèse : le même phénomène touche le secteur des énergies renouvelables. J’ai passé le début de l’année à enquêter sur la croissance folle de la production photovoltaïque en Caroline du Nord, Etat républicain, qui vient de se hisser à la deuxième place du marché solaire aux Etats-Unis.

Alors que le parti républicain, historiquement financé par la coalition des charbonniers-pétroliers-gaziers, s’oppose aux coups de pouce fiscaux accordés aux renouvelables, ses élus de terrain prônent le soutien au solaire et à l’éolien, générateur d’emplois et de richesses pour leurs électeurs.

La culture du chanvre, bannie depuis 75 ans

Revenons à nos moutons... En plus du soutien financier au bio, le Congrès est tombé d’accord pour relever le statut des producteurs de fruits et de légumes conventionnels – c’est-à-dire non bio. Jusque-là, ils étaient les parents pauvres de l’agriculture américaine. Pourquoi ce cadeau ? La demande des consommateurs, toujours, mais aussi le souci de combattre l’obésité qui affecte la population américaine.

Un détail amusant : les recherches scientifiques sur le chanvre, ainsi que sa culture, qui étaient bannies du pays depuis 75 ans, vont pouvoir reprendre, et permettre de développer une production nationale d’huile, cire, corde, vêtements et autres produits dérivés, qui étaient jusqu’ici totalement importés de l’étranger.

Finalement, il arrive que des hommes politiques tiennent leurs promesses, même quand celles-ci étaient tellement grosses qu’on ne donnait pas cher de leur réalisation.

Cette nouvelle loi agricole résulte certes de la ténacité de sa rapporteuse au Sénat, la démocrate Debbie Stabenow, mais l’idée générale en revient au secrétaire d’Etat Tom Vilsack.

Stupéfaite par l’audace du secrétaire d’Etat


Tom Vilsack, portrait officiel (Bob Nichols/Wikimedia Commons)

En mars 2009, Vilsack, nouveau secrétaire d’Etat à l’Agriculture nommé par un Obama tout frais élu, avait dit tout le mal qu’il pensait des pratiques agricoles de son pays. Sur la radio publique NPR, je l’avais entendu expliquer les réformes qu’il souhaitait, et j’avais alors été stupéfaite par son audace (dans le contexte américain).

J’avais traduit entièrement l’interview pour American Ecolo. En voici à nouveau quelques extraits, à mettre en perspective de ce qu’il vient d’accomplir par le biais du Farm Bill. Qui a dit que l’administration Obama n’avait rien fait de ce qu’elle avait promis ?

« C’est complexe, ces histoires de subvention ! Elles ont été créées pour garantir la survie des agriculteurs en des temps difficiles. Le défi est donc de trouver un moyen pour continuer à offrir aux consommateurs de la nourriture à un prix raisonnable, tout en assurant une certaine aisance aux producteurs.

C’est là qu’interviennent les contraintes climatiques : on doit anticiper un avenir dans lequel les fermiers seraient payés pour réduire leur empreinte carbone et la nôtre, pour préserver la nature. Nous nous préoccupons de la qualité de l’eau, de la préservation des sols, et nous sommes prêts à payer ces gens pour qu’ils travaillent leur terre d’une manière qui ne soit pas seulement bénéfique pour eux, mais aussi pour nous. [...]

Ce qu’on veut, c’est offrir une certaine sécurité aux agriculteurs qui en ont besoin. [...]

L’agriculture doit évoluer, et je pense que les changements climatiques et les impératifs énergétiques fournissent une opportunité idéale. [...] En ce moment, nous avons une occasion unique de nous attaquer aux réformes : les Américains n’ont jamais été aussi attentifs à ce qu’ils mangent.

Nous devons encourager nos enfants à devenir des consommateurs alimentaires avertis. Ils faut qu’ils aient envie de fruits et légumes variés dans leurs assiettes. Ils doivent être capables de réclamer ça. On doit les y encourager. Cette crise énergétique et climatique est une opportunité formidable. Mais le changement, c’est toujours difficile. »

Il aura fallu cinq ans à Tom Vilsack pour aboutir. J’imagine que ce Farm Bill tout neuf ne comble pas toutes ses attentes, mais la politique, c’est l’art des compromis, non ?

Evidemment, l’impact de cette loi sur l’économie mondiale ne va pas se faire sentir tout de suite. Le rouleau compresseur agricole américain va continuer à laminer les cultures des pays pauvres. Mais à l’échelle des Etats-Unis, le progrès est indéniable.

                                                                                                                                                                              Source : blogs.rue89.nouvelobs.com


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