Nucléaire

Mercredi 21 janvier 2015 3 21 /01 /Jan /2015 23:50

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire


 

Areva accusé de corruption : l'Observatoire du nucléaire relaxé

 

AFP - 21 janvier 2015 - Paris - La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi le président de l'Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui était poursuivi en diffamation par Areva qu'il avait accusé de corruption au Niger.En première instance, le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis et lui avait ordonné le retrait des propos litigieux ainsi que la publication d'un communiqué judiciaire sur le site internet de l'Observatoire du nucléaire.

Le 11 décembre 2012, dans un communiqué, l'association avait fait état d'une contribution d'Areva au budget national nigérien d'environ 26 millions d'euros, dont 15 millions auraient été directement affectés à l'acquisition d'un avion pour le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Il s'agit donc clairement d'une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva, avait accusé l'Observatoire.

Le lendemain, Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), avait confirmé à l'AFP qu'Areva avait accordé au Niger une aide budgétaire de 26 millions d'euros, dont une partie a été affectée pour l'achat d'un avion présidentiel.

Areva, qui conteste cette accusation de corruption, avait assigné en justice.

Le 7 février 2014, les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait estimé que l'utilisation du terme corruption ne faisait manifestement preuve d'aucune prudence.

Les documents produits par M. Lhomme ne lui permettaient nullement de conclure à la corruption alléguée, ni au fait qu'Areva aurait acheté un avion au président du Niger, avait alors estimé le tribunal.

L'Observatoire du nucléaire avait alors annoncé qu'il ferait appel de ce jugement affligeant mettant gravement en cause la liberté d'expression et le droit de contester les méfaits des entreprises du lobby nucléaire.
AFP

Rappel de l'affaire : http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire

 

 

 

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Mercredi 21 janvier 2015 3 21 /01 /Jan /2015 22:17

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

À Bure, une fleur de résistance s’épanouit contre les déchets nucléaires

Emmanuel Daniel (Reporterre)

mercredi 21 janvier 2015

 

 

 

Pour s’opposer à l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse, des militants ont créé la « maison de la résistance à la poubelle nucléaire ». Un lieu pour faciliter la lutte et l’organisation mais aussi pour mettre en pratique d’autres modes de vie, à contre-courant de la « société nucléarisée ».


- Bure (Meuse), reportage

Une église, pas de commerces, et soixante-dix habitants qui ne sortent de chez eux que pour prendre leur voiture. Bienvenue à Bure, un village quasi fantôme, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Ce n’est pas un hasard si cette zone faiblement peuplée et à la population vieillissante a été choisie pour recevoir, enterrés à 500 mètres de profondeur, les déchets radioactifs de France et de Navarre.

Pour s’y opposer, il y a dix ans, le réseau Sortir du nucléaire et l’association Bure Zone libre ont acheté un corps de ferme de 600 m² à Bure. La « Maison de la résistance à la poubelle nucléaire » est née. L’idée était de proposer aux militants un pied à terre pour pouvoir s’organiser et s’opposer efficacement au projet.


- Le dortoir -

Organisation et alternatives

« Quand les gens venaient de loin, ils n’avaient aucun endroit pour se réunir ou rester dormir après les manifestations », explique Sidonie [parmi la dizaine de militants rencontrés, la plupart disent s’appeler Michel ou Michèle pour préserver leur anonymat. Afin de faciliter la lecture, les prénoms ont été changés], cheveux bruns coupés courts et regard pétillant, régulièrement présente depuis trois ans.

Progressivement, la bâtisse a été retapée par les visiteurs et les soutiens locaux. Deux « occupants permanents » qui tournent tous les six mois environ habitent le lieu et un dortoir d’une vingtaine de places abrite les activistes et les curieux qui viennent pour quelques jours ou quelques semaines. Les dons et les efforts des visiteurs ont transformé la vieille ferme en lieu de vie confortable. Une salle spacieuse accueille également les activités militantes (réunions, projections de film…).

Un peu partout, des cartes, des magazines, des films, des livres et des prospectus divers font de la Maison de la Résistance un « point d’info » sur l’énergie nucléaire et plus particulièrement sur le projet Cigeo (Centre industriel de stockage géologique, nom donné au projet d’enfouissement des déchets).

Le lieu a aussi pour but de prouver par l’exemple que le nucléaire ne constitue pas un horizon indépassable et qu’il existe des alternatives. Un chauffage au bois assure une chaleur confortable dans les pièces à vivre, un panneau thermique installé sur le toit contribue à chauffer l’eau, tandis qu’une éolienne construite sur place avec l’association Tripalium produit une partie de l’énergie consommée.

Un abonnement à Enercoop (fournisseur d’énergie alternatif) fournit le reste. Régulièrement, des chantiers participatifs et des ateliers (isolation du dortoir, construction de l’éolienne, stage de « grimpe »…) sont organisés. C’est l’occasion de partager des savoirs et d’attirer de nouvelles personnes.

A la Maison de la résistance, on croise des profils variés. Militants associatifs multicartes, zadistes en transit, opposants locaux de longue date et riverains à la recherche d’informations ou de convivialité. « Pour moi, ce qui se passe à Bure est l’une des deux choses les plus graves en France avec les migrants à Calais, explique Fatima, de retour en Meuse après un passage sur la ZAD du Testet. C’est plus grave qu’un projet d’aéroport ou de barrage. Un aéroport, tu casses le bitume et c’est reparti. Là, les déchets restent actifs pendant 100 000 ans », dit-elle.

Quant à Sidonie, elle a décidé de venir à Bure quand elle a découvert les conditions de travail dans les mines d’uranium au Niger. « C’est impossible d’avoir un impact là-bas, alors j’ai décidé d’agir ici », raconte-t-elle. Une troisième est arrivée « un peu par hasard », sur les conseils de la famille lors d’un tour de France en vélo. Si c’est la question du nucléaire qui les a majoritairement amenés là, d’autres motifs les poussent à rester ou à revenir.

Bienvenue en zone libre

Tous mettent en avant la convivialité du lieu. Il faut dire que l’ambiance est bonne à la Maison de la résistance. Les repas, préparés à plusieurs, se terminent souvent sur des airs de guitare et des chants, de préférence révolutionnaires. La grande table du salon se transforme alors en percussion géante. Les meubles, les mains ou les couverts deviennent des instruments de musique. Bien sûr, chaque nouvel arrivant a droit à une visite détaillée du lieu. Et quand la nuit tombe, les gens de passage se voient proposer de rester dormir plutôt que de reprendre la route. « On s’y sent vite chez soi », résume Fatima.

La maison n’est pas qu’un point de rendez-vous entre militants anti-nucléaires. Elle sert aussi de lieu d’expérimentation d’une forme de vie collective basée sur l’autogestion. Les visiteurs sont invités à prendre part aux tâches quotidiennes et aux travaux du moment.

Pendant mes quelques jours sur place, j’ai par exemple aidé à ranger l’atelier et à monter un échafaudage afin de repeindre un mur. Certains réguliers travaillent à l’extérieur ou font des saisons, d’autres vivent du RSA (revenu de solidarité active). Mais personne ne chôme. Entre activités militantes, préparation des repas, travaux dans le jardin et la maison, chacun s’active sans qu’aucun chef ne vienne donner d’ordre.

Un peu partout dans la maison et sur sa façade, on peut lire l’inscription « Bure Zone Libre ». Zone libérée du nucléaire bien sûr, mais aussi « de son monde », souligne Archibald, visiteur fréquent venu d’Alsace, en référence au slogan des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

« Une société nucléarisée ne peut pas être démocratique, poursuit-il. Elle ne peut pas fonctionner sans secrets d’État, corruption et conflits d’intérêts. On ne veut plus de toutes ces choses. » Pour beaucoup ici, le scandale nucléaire n’est qu’une conséquence de l’accaparement des pouvoirs par quelques-uns. La maison de Bure se veut un exemple en actes de comment pourrait fonctionner une société libérée du joug de l’oligarchie, comme l’explique Francis, mèche brune dépassant de son chapeau : « On recherche l’autonomie, l’autogestion et on essaie de se libérer du diktat de la consommation. »

Apéro et nucléaire

Pendant les repas, on discute OGM, péril fasciste, risque de récupération des initiatives locales ou souvenirs de soirées arrosées pendant les vendanges. Mais la question nucléaire occupe une large place dans les conversations. Une militante raconte avec moult détails la tentative de passage en force de l’Etat sur le dossier Cigeo.

D’autres commentent l’absurde document produit par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui se demande dans quelle langue signaler aux populations qui habiteront le territoire dans des dizaines de milliers d’années la présence d’un danger en sous-sol.

Aucun scientifique spécialiste du nucléaire n’habite la maison mais ses habitants connaissent bien leur sujet. Trop parfois : « C’est tellement scandaleux que par moments, on est obligés de prendre ça à la rigolade sinon on deviendrait dingues », me glisse Sidonie.

Actions et différentes formes de lutte

La maison de la résistance à la poubelle nucléaire entend aussi être une « épine dans le pied de l’ANDRA », dont les infrastructures déjà existantes sont situées à quelques coups de pédale de là. La maison est un espace propice à l’organisation des activistes. Elle a notamment facilité la tenue de l’assemblée du Grand t’Est, à l’origine du projet Bure 365 qui invite les militants de France et d’ailleurs à mener des actions décentralisées contre CIGEO pendant une année.

Certains, qui s’adonnent à la désobéissance civile, préfèrent rester discrets sur les actions qu’ils mènent. Mais d’autres évoquent volontiers leurs activités récentes : occupation de rond-points, perturbation des visites des installations par des clowns activistes, mise en lumière des failles techniques ou juridiques du dossier, ou travail de sensibilisation auprès des habitants de Bure. « La maison est ce que les gens en font. Et chacun choisit les modes d’action qui lui correspondent », résume Archibald.

Cela fait près de vingt ans que la mobilisation dure...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Dimanche 11 janvier 2015 7 11 /01 /Jan /2015 22:07

 

Reçu par mail

 

 

Appel à Soutien
Coodinationatio anti nucléaire sud est
Coordination antinucléaire du Sud-est . www.coordination-antinucleaire-sudest.org
Contact : sudest.antinucleaire@free.fr




Appel a soutien

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est !

Nous ne nous laisserons pas bâillonner !


Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit à Fukushima et en vallée du Rhône.


Qui sommes-nous ?
La Coordination Antinucléaire du Sud-Est est constituée de collectifs informels et d'individus, reliés en réseau autour d’un site internet pour l’arrêt immédiat et inconditionnel du nucléaire.
Pas d’argent, pas de personnel salarié, pas de locaux, pas de budget, pas de subvention et surtout pas de hiérarchie ou de délégation de pouvoir.
Notre force c’est l’engagement opiniâtre pour la vie, contre le crime nucléaire.

Par cette attaque en justice, le géant du nucléaire veut faire taire la contestation au moment même où le groupe Areva est en décrépitude financière (-52% de sa valeur en Bourse) et industrielle (échec de l’EPR en Finlande, investissements hasardeux, réduction de ses ventes de Mox notamment au Japon, mis en cause dans des financements de budget étranger,…), où les incidents se multiplient dans ses installations en France et alors que se meurent à petit feu des milliers d’enfants et d'adultes (recensés ou pas encore) à Fukushima et ailleurs, comme au Niger.

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est dénonce :

. la guerre idéologique fanatique que les tenants de la destruction atomique mènent contre une pensée libre et contre le peuple, l’arrogance et l’impérialisme du lobby nucléaire et de sa caste dirigeante,

. les atteintes à la santé et à la vie des populations et la contamination des territoires par les rejets radioactifs dans l’air et dans l’eau de chacune des 125 installations nucléaires civiles auxquelles s’ajoutent les Installations Nucléaires de Base secrètes militaires disséminées sur le territoire français. Atteintes voulues, répétées et quotidiennes, telle la fabrication par Areva de l’uranium « appauvri » radioactif, sans doute utilisé dans les armes de guerre.

. l’exploitation colonialiste des travailleurs et des ressources du Niger ainsi que la contamination radioactive des territoires de vie et de culture des populations touareg et autres de ce pays,

. le noyautage des institutions, de l’État, et des assemblées élues par un groupe d’intérêts privés et leurs relais idéologiques pour imposer un ordre dominant et un état de terreur nucléaire sur le pays et la planète,

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est rappelle qu’il n’y a pas de dose de radioactivité artificielle inoffensive.

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est appelle à la solidarité toutes les personnes et tous les collectifs, groupes et organisations épris de liberté et attachés au droit d’expression et de critique :
à s’opposer à cette atteinte à la liberté d’expression,
à soutenir la défense en justice de la Coordination antinucléaire du sud-est,
à manifester son/leur indignation auprès des pouvoirs et de Areva par les voies que chacun-e déterminera.

Nous avons besoin dans l’urgence
de la manifestation expresse de votre soutien de principe
de ressources documentaires sur les victimes sanitaires des activités d’Areva en France et/ou à l’étranger
d’aide juridique (conseil, avocat,…)
-        de soutien informatif et de caisses de résonance médiatiques pour faire connaître l’attaque dont nous sommes l’objet

La plainte d’Areva contre nous et le procès qui pourrait s’ensuivre est l’occasion d’en faire une tribune de dénonciation des atteintes à la liberté d’expression, de dénonciation des lobbies ( celui du nucléaire particulièrement) qui gangrènent notre société depuis des décennies.

Avec nos remerciements,
La Coordination Antinucléaire du Sud-Est




Contact : sudest.antinucleaire@free.fr
Site : www.coordination-antinucleaire-sudest.org

* http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2014/07/27/Avignon-%3A-les-%C3%A9lus-EELV-ne-condament-pas-la-convention-que-signe-la-municipalit%C3%A9-avec-Areva

 

 


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Lundi 5 janvier 2015 1 05 /01 /Jan /2015 18:09

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Pour imposer le site de déchets nucléaires Cigéo, l’Andra aurait dissimulé une source géothermique

Émilie Massemin (Reporterre)

lundi 5 janvier 2015

 

 

 

L’Andra, dont la mission est d’informer le public, aurait caché l’existence d’une ressource en géothermie sous le site envisagé pour Cigéo, centre d’enfouissement de déchets nucléaires. Ce potentiel énergétique remet pourtant totalement en cause le site. L’Agence de gestion des déchets radioactifs est assignée ce lundi à 15 h au Tribunal de Nanterre par les associations d’opposants.


C’est l’aboutissement de plus de treize années de travail pour les opposants au projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de Meuse/Haute-Marne. Ce lundi à 15 h, le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) examinera l’assignation en responsabilité pour faute déposée contre l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) par le réseau Sortir du nucléaire et les associations Burestop 55, Mirabel Lorraine nature environnement, Les habitants vigilants du canton de Gondrecourt-le-Château, le Cedra 52 et l’Asodedra.

Ces associations accusent l’Andra d’avoir délibérément dissimulé une ressource en géothermie dans le sous-sol de Bure, afin de ne pas compromettre l’installation de Cigéo sur le site.

Le début de l’affaire remonte à 2002. André Mourot (aujourd’hui décédé), ingénieur géophysicien et membre du Comité local d’information et de suivi (Clis) du laboratoire de Bure, découvre des inventaires du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) établissant l’existence d’une ressource géothermique sous le site du futur Cigéo.

Or, la règle fondamentale de sûreté n°III-2-f, adoptée le 10 juin 1991 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), est très claire : « Les sites retenus [pour le stockage définitif de déchets radioactifs en formation géologique profonde] ne devront pas présenter d’intérêt particulier du point de vue [de la géothermie et du stockage de chaleur]. » Le Guide de sûreté qui la remplace le 12 février 2008 reprend les mêmes termes.

Boîte de Pandore

Cela relève du bon sens : « On ne fait pas d’enfouissement dans un secteur où se trouve une ressource quelconque, parce que nos descendants, ayant oublié l’existence d’un tel dépotoir souterrain, risqueraient d’aller chercher cette ressource et de tomber sur la boîte de Pandore, explique Michel Marie, membre du Cedra 52 et du Clis. On imagine les conséquences. »

Ce risque est d’autant plus important que Cigéo a pour vocation de stocker des déchets radioactifs de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL). De l’iode 129 par exemple, hautement radioactif et dont la période d’activité est de seize millions d’années...

L’Andra ne pouvait ignorer l’existence de cette ressource, estime André Mourot dans une note présentée au Clis en décembre 2002. Et pour cause : c’est la même personne, l’hydrogéologue C. Maiaux du BRGM, qui a cosigné le document Les possibilités de réalisations géothermiques dans le département de la Meuse. Inventaire en 1981, et le rapport Antéa « Département de la Meuse, synthèse des données hydrogéologiques préliminaires » de 1994, lequel a servi à la réalisation du référentiel géologique de l’Andra et admet des caractéristiques du sous-sol compatibles avec une ressource en géothermie, d’après l’ingénieur.


- Présentation des recherches de l’ANDRA à l’espace information du laboratoire de Bure -

Aucune exploration sérieuse avant le choix du site

L’Andra, qui a connaissance de la règle fondamentale de sûreté, n’a pas non plus cherché une ressource géothermique dans les règles de l’art avant de fixer son choix sur Bure en 1994, souligne Michel Marie. « Il y a eu une dizaine de forages au total, calcule-t-il. Mais ils étaient peu profonds aux dires des géologues, 600 mètres de profondeur environ. Or, la géothermie se situe bien plus profondément. A l’époque, on disait qu’il fallait trois forages profonds, qui traversent toutes les couches géologiques sur 1.700 mètres pour découvrir la ressource. »

Alertées par André Mourot, les associations d’opposants au sein du Clis de Bure réclament un forage profond dès 2003. « Pendant trois ans et demi, l’Andra nous a affirmé, sans preuves, que l’eau ne serait pas assez chaude, que ceci, que cela, se souvient Antoine Godinot, docteur en géologie et membre du Clis. Nous avons découvert ensuite qu’ils attendaient, pour donner suite à notre demande, la loi de 2006. »

Cette loi relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, adoptée le 28 juin 2006, prévoit la création d’un centre de stockage géologique en profondeur sur un site ayant fait l’objet d’études au moyen d’un laboratoire souterrain, autrement dit le laboratoire de Meuse/Haute-Marne de l’Andra.

Des résultats sciemment sous-estimés

Un forage profond est finalement commandité par l’Andra, en 2008. Mais les résultats n’ont pas été clairement expliqués aux membres du Clis, dénonce Antoine Godinot. « Pour exploiter une ressource en géothermie, on extrait l’eau chaude des profondeurs de la roche grâce à un forage, explique le géologue. Quand on effectue un forage de recherche pour évaluer le potentiel en géothermie d’un sous-sol, il faut mesurer la transmissivité, c’est-à-dire la facilité avec laquelle l’eau circule dans la roche. Si ce paramètre est bon, cela veut dire qu’avec une bonne pompe, on pourra tirer 200 mètres cubes d’eau par heure. »

Ce que l’Andra n’a pas pris en considération. « Elle a glissé le chiffre de la transmissivité, 1,1.10-3 m²/seconde, ce qui est un bon résultat. Mais évidemment, personne n’a rien compris et c’est normal, parce que c’est un terme de spécialistes, poursuit Antoine Godinot. Puis ils ont dit qu’ils n’avaient pu obtenir qu’un débit de 5 m3/heure, alors qu’il en aurait fallu 150 pour que le sous-sol soit exploitable. Cela, c’est compréhensible pour tout le monde. »

En lisant le rapport de test des opérateurs ayant effectué le forage, Antoine Godinot découvre d’autres faiblesses : la boue artificielle utilisée pour le forage n’a pas été retirée avant les tests et de la roche argileuse est tombée de la paroi du forage au fond du trou, ce qui a pu gêner les mesures.

Les associations parviennent à introduire le doute au sein du Clis, pourtant favorable au projet Cigéo. Le comité fait appel à un expert suisse, Geowatt, pour une contre-expertise. Ses conclusions vont dans le sens des associations. « Compte tenu des données et informations disponibles, nous sommes d’avis que les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique avec l’emploi de techniques et de matériel appropriés », peut-on lire dans son rapport.

De l’absence de ressource... à l’absence de ressource « exceptionnelle »

L’Andra a donc menti. Les associations lui adressent une lettre le 17 décembre 2012, dans laquelle elles réclament une indemnisation pour « sous-estimation du potentiel géothermique du site de Bure ». Dans sa réponse du 30 janvier 2013, l’Andra « réaffirme qu’il n’existe pas de ressource géothermique présentant un intérêt exceptionnel dans la zone qu’elle étudie pour l’implantation de Cigéo » - le lecteur relèvera le glissement sémantique de « pas de ressource » à « pas de ressource exceptionnelle ».

Elle reconnaît seulement avoir utilisé « un raccourci qui pouvait porter à confusion quant à la production que pourrait donner une utilisation industrielle locale » en présentant le débit plutôt que la transmissivité.

Cette réponse ne satisfait pas les associations, déterminées à poursuivre leur action en justice. Mais les règles fondamentales de sûreté de 1991 ne sont pas contraignantes, et pas davantage le Guide de sûreté de 2008 – les associations ne peuvent donc pas attaquer l’Andra sur le choix du site. D’autant moins que le projet n’est pas encore validé, puisque l’Andra n’a prévu de déposer sa demande d’autorisation de création qu’en 2017.


- "Bure Zone Libre". Maison de la résistance contre Cigéo. -

Il faut donc biaiser, et assigner l’Andra pour dissimulation d’informations. « C’est une question très simple qui a déjà été résolue par la jurisprudence antérieurement : quand vous divulguez une information, la première chose à faire est qu’elle soit correcte, explique Me Étienne Ambroselli, avocat des associations. Là, c’est pire : vous avez un établissement qui a obligation par sa mission statutaire fixée par le législateur, d’informer le public sur ces sujets extrêmement complexes. Nous sommes donc face à un manquement à une obligation statutaire d’information. » Le 3 mai 2013, les associations assignent donc l’Andra en responsabilité pour faute.

Des positions qui évoluent

L’avocat se veut optimiste quant au dénouement du procès. « Quand nous avons assigné cet établissement il y a plus d’un an, c’était une action inédite, assez difficile à faire comprendre. Mais les choses se sont beaucoup simplifiées depuis, analyse l’avocat. L’Andra a dû reconnaître sa faute, sous pression de ce recours et suite au rapport Geowatt. »

Autre signe positif de prise de conscience, le discours de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) évolue. « En 2009, l’IRSN affirmait l’absence de potentiel géothermique exploitable à l’aplomb de Cigéo. Aujourd’hui, elle reconnaît que ce potentiel existe et qu’il faudra faire des études spécifiques sur les risques de perforation en raison de ce potentiel. »

Dans sa fiche « Potentiel géothermique du site de Meuse/Haute-Marne », l’IRSN indique ainsi que « dans l’hypothèse de l’oubli de la présence du stockage, il ne peut être exclu que ce potentiel puisse conduire dans le futur à la réalisation de forages venant traverser l’installation. L’IRSN estime que ce type de situation doit faire l’objet d’une analyse spécifique, au titre de la démonstration de sûreté de Cigéo, afin d’apprécier notamment son incidence sur les capacités de confinement du stockage ».

François Besnus, directeur des déchets et de la géosphère à l’IRSN, explique à Reporterre que « la ressource en géothermie est exploitable. Mais actuellement, est-il intéressant de l’exploiter d’un point de vue économique ? Notre conclusion est que non ». Il souligne deux faiblesses de la ressource : le gradient de température, qui n’est pas meilleur qu’ailleurs, et la très forte salinité de l’eau, qui obligerait les exploitants à la réinjecter dans le sol, une technique coûteuse et compliquée. « Cette ressource ne présente pas de caractère exceptionnel », conclut-il.

« Pour autant, on ne peut pas gommer d’un trait le risque d’une intrusion dans le futur, avertit-il. Nous avons aujourd’hui une certaine vision du sous-sol, qui peut évoluer. La présence de géothermie est un risque, mais l’incertitude est encore plus grande pour des ressources encore plus profondes et peut-être encore insoupçonnées. » Dans cette perspective, l’Andra est obligée, géothermie ou non, d’étudier plusieurs scénarios d’intrusion, qu’elle devra présenter à l’IRSN avant de déposer sa demande d’autorisation de création. « Ces études devraient être effectuées dans un cadre pluraliste, où l’Andra et l’IRSN joueraient un rôle moteur mais où le BRGM, les universitaires, les associations et la société civile... auraient également leur mot à dire », souhaite François Besnus.

Des pressions

Mais la pression du gouvernement reste forte...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 22:39

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Déchets nucléaires : le gouvernement essaye encore de tricher

Barnabé Binctin (Reporterre)

jeudi 20 novembre 2014

 

 

 

Le projet de loi « sur la croissance et l’activité » comporte un article visant à autoriser Cigeo, l’éventuel futur centre d’enfouissement des déchets nucléaires. Après avoir tenté sans succès cette tromperie lors de la discussion de la loi sur la transition énergétique, le gouvernement tente un nouveau coup de force législatif.


Pour pouvoir enfouir les déchets nucléaires à Bure (Meuse) tel que le prévoit le projet de centre industriel de stockage géologique (Cigeo), il faudrait pouvoir d’abord enfouir sa possibilité dans la loi. Après l’échec du coup de force pour introduire une disposition sur Cigéo dans la loi de transition énergétique, échec révélé par Reporterre en juin, le gouvernement retente sa chance dans la nouvelle loi pour la croissance et l’activité que doit présenter le ministre de l’Economie, M. Macron, au mois prochain.

Que vient faire Cigéo dans cette loi ?

Dans un document de travail daté du 13 novembre, et qui constitue l’avant-projet du texte de loi, un article entier est ainsi consacré au projet Cigeo, « l’invité surprise de la loi Macron » comme l’intitule le site Contexte, qui a rapporté l’information mardi soir. De son côté, Denis Baupin y voit un « cavalier législatif » : « Une telle disposition n’a rien à voir avec l’objet de la loi, nous ne voyons pas en quoi cela va permettre d’améliorer la croissance », dit le député EELV à Reporterre.

- A télécharger ici :

PDF - 3 Mo

Le texte justifie cette apparition par l’« impact significatif au niveau économique et en terme d’emplois » que doit représenter l’infrastructure, qui « contribue à la consolidation de la filière nucléaire, qui en assure le financement », est-il ainsi écrit dans l’article 72. Or, cette filière du nucléaire est en proie à de grandes difficultés économiques, victime d’une explosion des coûts, dont témoigne le nouveau retard de l’EPR à Flamanville et la crise financière d’Areva.

De plus, la première estimation du projet, à environ 15 milliards d’euros, fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique » comme le reconnaît l’article 72. La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. « Le nucléaire n’est ni facteur de croissance ni créateur d’emplois, au contraire, mais on continue d’en maintenir la croyance. On prend les solutions à l’envers, les emplois sont du côté des alternatives », dit Florent Compain, président des Amis de la Terre.

Brouiller la procédure pour éviter le débat parlementaire

Faire passer le projet de Bure en catimini en le noyant dans la loi sur la "croissance" est en fait un moyen d’éviter un débat parlementaire sur le sujet. Celui-ci, selon Laura Hameaux, du réseau Sortir du Nucléaire, « nécessiterait de remettre Cigéo sur la table et risquerait alors de mettre en lumière toutes les difficultés que rencontre le projet, que ce soit sur les failles techniques comme les risques d’incendie ou sur l’explosion des coûts ».

La loi de 2006, relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, prévoyait en effet que soit adoptée une loi définissant les conditions de réversibilité, préalablement à toute autorisation pour le début du projet (voir article L542-10-1). Or l’article 72 du texte sur la "croissance" se propose justement de définir cette notion de « réversibilité », modifiant ainsi la donne et le calendrier du projet tel qu’il était jusque-là institué.

En jeu, l’autorisation de débuter une phase-pilote qui s’accompagne d’une autorisation de création de l’ensemble de l’infrastructure, tandis que l’autorisation de mise en service, elle, resterait soumise à une promulgation de loi. En clair, l’article 72 permettrait ainsi de lancer la construction du centre sans passer par la case législative qui était jusqu’alors nécessaire.

Le collectif d’opposants Bure Stop ! dénonce le flou qui entoure toutes ces procédures. « Ce nouveau texte est une bouillie de chat, très difficile à décrypter alors que la loi 2006 était pourtant claire sur le sujet », dit Corinne François, qui a tenté de démêler le texte avec des collègues tout au long de la journée de mercredi. Ce texte pourrait ainsi enlever subrepticement aux parlementaires leur droit de regard sur l’autorisation du début de l’expérimentation, tandis qu’une autre instance pourrait se trouver boycottée : le Comité national de la transition énergétique, normalement consulté sur ces questions. Face à ce « déni de démocratie », les Amis de la Terre demandent la saisine du CNTE pour examiner le projet de loi sur la « croissance ».

L’illusion du report...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 


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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 17:11

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le groupe nucléaire Areva est en perdition

|  Par martine orange

 

 

 

 

Derrière la chronique de cour sur le changement de président à la tête du groupe nucléaire, se joue un drame : Areva prend l’eau de toutes parts. Une recapitalisation de l’ordre de 1,5 à 2 milliards d’euros s’impose. Des coupes sombres s’annoncent. Même le sort du réacteur EPR paraît menacé.

En apparence, cela se résume à cette chronique de cour qu’est devenu le pouvoir, dont les échos nous sont infligés désormais chaque semaine. Vendredi 14 novembre au matin, Matignon a convoqué Pierre Blayau pour lui annoncer qu’il ne serait pas renouvelé à la présidence d’Areva. Bien que sans aucune expertise dans le nucléaire, mais avec la chaude recommandation d’Alain Minc dont il est client depuis des années, il avait été nommé en mai 2013 par François Hollande à la présidence du conseil de surveillance du groupe nucléaire. Pierre Blayau demandait à être reconduit, alors qu’Areva s’apprête à abandonner son organisation en directoire et conseil de surveillance pour revenir à un schéma plus simple avec un président du conseil d’administration et directeur général.

Pierre Blayau, qui militait pour ce changement afin de renforcer le pouvoir de contrôle des administrateurs, notamment sur les comptes et les grands contrats signés par le groupe, espérait bien obtenir son maintien. Il pensait avoir d’autant plus de chances que, dans la précipitation, le gouvernement a dû nommer Philippe Knoche, fin octobre, pour assurer l’intérim de Luc Oursel, président du directoire, qui s’est retiré pour raisons de santé. Imposer un changement complet de direction au moment où Areva rencontre de grandes difficultés lui semblait presque impossible.

Matignon en a décidé autrement. Dans la foulée, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, annonçait son intention de nommer Philippe Varin, ancien président de PSA, à la présidence du conseil d’administration. Le corps des Mines, dont il est membre, soutient cette nomination à la tête de l’entreprise, qui est un de ses prés carrés. Philippe Varin a aussi pour lui d’avoir été nommé par l’État administrateur d’EDF : il est censé faire la liaison entre les deux groupes qui entretiennent des relations orageuses depuis des années.

« Pierre Blayau a été la victime collatérale de la guéguerre entre Hollande et Valls », dit un proche du dossier « François Hollande a décidé de ne pas renouveler Henri Proglio à la tête d’EDF contre l’avis de Manuel Valls qui souhaitait le maintenir. Manuel Valls a profité de l’absence de François Hollande (alors au sommet du G20 en Australie, ndlr) et de l’affaiblissement de Jouyet pour marquer son territoire », explique-t-il.

 

Philippe Knoche, président du directoire d'Areva 
Philippe Knoche, président du directoire d'Areva © Reuters

Ces petits jeux de pouvoir, cependant, ne doivent pas cacher l’essentiel. Le changement complet de direction à la tête d’Areva répond à une autre urgence que l’État et les responsables du groupe, soutenus par le corps des Mines et l’inspection des finances, très impliqués dans ce dossier, ont tenté de cacher depuis des mois voire des années : Areva est en perdition.

Les aveux de cette situation catastrophique commencent. Dans un communiqué publié ce mardi 18 novembre après la clôture de la Bourse, le groupe a annoncé qu’il « suspendait l'ensemble des perspectives financières qu'il s'était fixées pour l’exercice 2015 et 2016 ». Il précisait également ne plus pouvoir garantir son objectif d'un cash flow opérationnel libre « proche de l'équilibre ».

Au premier semestre, Areva a annoncé une perte de 694 millions d’euros. Selon certaines informations, la perte pourrait à nouveau dépasser le milliard d’euros à la fin de l’année. À l’exception de son activité minière, toutes les autres branches sont en perte. Le groupe ne dispose d’aucune marge de manœuvre financière. Son free cash flow est négatif. Il n’a donc aucune ressource propre pour assurer ses investissements. Son endettement atteint 4,7 milliards d’euros pour 4 milliards de fonds propres. Pourtant, le groupe a déjà cédé quelque 7 milliards d’euros d’actifs en quelques années, notamment sa filiale T&D et ses participations dans Eramet et dans ST Microelectronics, et a bénéficié d'une première augmentation de capital de 600 millions C’est dire l’ampleur du désastre, que beaucoup se sont évertués à nier pendant des années (lire notre article : Areva, l’ardoise d’une gestion désastreuse).

« Si Areva était une société privée, elle aurait déposé son bilan », dit un connaisseur du dossier. L’analyse rejoint celle de l’agence de notation Standard & Poor’s. Au début de l’automne, celle-ci a mis Areva sous surveillance négative. Bercy a beaucoup bataillé pour que le groupe nucléaire ne soit pas classé dans la catégorie infamante de junk bonds. En échange, l’Agence des participations de l’État (APE), principal actionnaire du groupe avec le CEA, et la direction d’Areva ont promis de remédier très vite à la situation. Une émission obligataire hybride de quelque 800 millions d’euros devait être lancée début novembre. Malgré un taux de 8 %, très supérieur aux conditions de financement actuelles, les investisseurs n’ont pas suivi, selon nos informations. Areva a annoncé qu’il repoussait son opération, en attendant des temps plus favorables.

Sous pression, la direction d’Areva n’a plus le choix : il lui faut faire la vérité des comptes. Ce que le groupe a besoin de solder, ce ne sont pas ses rêves d'expansion détruits dans l'explosion de Fukushima mais les erreurs de gestion passées. Il lui faut dresser le véritable bilan de la présidence d’Anne Lauvergeon. Ce bilan que les administrateurs, les autorités de tutelle, les commissaires aux comptes, les experts extérieurs ont refusé de faire jusqu’à présent, parce qu’ils y avaient tous une part de responsabilité, préférant fermer les yeux plutôt que de bousculer les réseaux de pouvoir.

À son arrivée à la présidence du directoire, en 2011, Luc Oursel avait opéré un premier nettoyage : une dépréciation de 1,4 milliard d’euros avait été passée pour ramener la valeur d’Uramin, ce désastreux achat minier (lire notre enquête), à zéro. Mais tout ceci est très loin du compte, selon nombre de connaisseurs du dossier. Depuis 2006, Areva ne cesse de présenter une image flatteuse, bien éloignée de la réalité, que ce soit sur le réacteur EPR ou ses autres activités. 

Depuis le début de l’année, cette question de la vérité des comptes empoisonne l’atmosphère au sein du groupe nucléaire. Luc Oursel, alors président du directoire, était partisan de la transparence, mais jusqu’à un certain point, afin de ne pas porter un coup fatal au groupe. Sa vision, jugée trop optimiste, a beaucoup énervé l’APE et les autorités de tutelle, au point qu’elles envisageaient de ne pas le reconduire à la présidence, avant qu’il ne tombe malade. En face, Pierre Blayau prônait un nettoyage sans concession, quitte à abandonner des activités, voire à pousser au démantèlement du groupe. Son agressivité a aussi beaucoup énervé les autorités de tutelle, qui préféraient temporiser.

La réalité est en train de rattraper tout le monde. Fin septembre, un comité d’audit du groupe a pris des allures dramatiques, selon nos informations. Déjà sous la menace d’une dégradation par Standard & Poor’s, le comité d’audit a dû constater que l’hémorragie financière ne cessait de s’aggraver, et qu’Areva avait un besoin urgent d’être recapitalisé pour éviter l’effondrement financier.

L'avenir de l'EPR en question

L’augmentation de capital d’Areva est estimée à moins 1,5 milliard d’euros, voire 2 milliards, d’après les connaisseurs du dossier. Les sources de perte du groupe sont en effet multiples.

 

 
© Reuters

D’abord, il y a le chantier de l’EPR finlandais. Alors que le réacteur nucléaire devait à l’origine entrer en fonctionnement en 2009, son démarrage ne cesse d’être repoussé, d’abord en 2016, puis 2017. Le groupe parle maintenant de 2018. « Chaque année de retard coûte 400 millions d’euros de plus au groupe », dit un salarié. Areva a déjà avoué un surcoût de 4 milliards d’euros par rapport aux 3,5 milliards d’euros prévus dans le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO. Mais le coût pourrait être encore plus élevé, le groupe ayant, semble-t-il, pris en compte des remboursements et des dédits liés à des contentieux qui ne sont pas encore réglés avec son client.

La situation dans l’activité minière est tout aussi sinistre. Il y a d’abord le dossier Uramin, qui devrait conduire à la mise en examen prochaine de certains responsables, et qui n’est pas totalement purgé. Il reste notamment le milliard d’euros de travaux réalisés en Namibie qui n’a jamais été provisionné.  

Mais il faut aussi compter maintenant avec le dossier Imouraren. Areva a obtenu le permis d’exploitation de cette mine d’uranium au Niger début 2009. À l’époque, le groupe parlait à nouveau d’une mine exceptionnelle : le gisement devait produire 5 000 tonnes de minerai au moins par an avec un permis d’exploitation pendant 35 ans. Des travaux ont été commencés. La piste d’atterrissage a été refaite deux fois. Des équipements d’usine et des camions pour exploiter la mine ont été commandés.

Au début de l’année, le groupe a décidé de tout arrêter. La mine semble être aussi inexploitable que les gisements d’Uramin. Toutes les références aux réserves ont disparu dans les documents de référence. Des moteurs commandés par Areva pour cette mine sont toujours en attente de livraison à Tokyo, des châssis à Cotonou, des bennes à Anvers. Coût total de cette acquisition : 800 millions d’euros. Mais la perte est encore à inscrire en partie dans les comptes.

L’activité enrichissement connaît elle aussi des déboires. En 2008, Areva a décidé de construire une nouvelle usine de gazéification pour l’uranium sur le site de Tricastin, en remplacement de celle de Lodève. Le prix de cette nouvelle construction s’élève à un milliard d’euros environ. Elle devrait fonctionner à partir de 2016 mais n’a toujours pas de client. De même, l’usine d’enrichissement Georges-Besse 2, toujours sur le site de Tricastin, peine à monter en puissance, alors qu’elle a coûté elle aussi plus d'un milliard d’euros à réaliser.

Enfin, les énergies renouvelables ne tiennent pas les promesses attendues. Au milieu des années 2000, Anne Lauvergeon avait décidé de repeindre Areva en vert et de le présenter comme le groupe spécialisé dans les énergies sans CO2. Le groupe avait alors choisi de se développer très rapidement dans les énergies renouvelables. D’importants investissements, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros, ont été réalisés pour croître rapidement dans ces activités, notamment dans l’éolien en mer.

Les efforts consentis ne sont pas payés de retour. La branche énergies renouvelables a réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions d’euros au premier semestre, en baisse de 18 % par rapport à la même période de l’an dernier. Surtout, elle a multiplié ces pertes par deux sur la même période pour les porter à 19 millions, soit près des deux tiers de son chiffre d’affaires. « Personne ne peut reprocher à Areva d’avoir tenté le pari des énergies renouvelables. Beaucoup d’autres l’ont fait. À l’exception des Chinois, jusqu’à présent, aucun groupe ne gagne de l’argent dans les énergies renouvelables. S’il n’y avait eu que ces contretemps, Areva aurait largement pu faire face. Malheureusement, il y a tout le reste », relève un connaisseur du dossier.

Le renflouement d’Areva semble inévitable, si le groupe veut éviter la faillite. Mais qui va payer ? Plusieurs scénarios paraissent avoir été mis à l’étude, pour aboutir aux mêmes conclusions : « Il n’y a que l’État qui puisse renflouer Areva. Le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) qui est actionnaire va être dessaisi et va sortir. L’État aura alors les manettes pour reprendre en main le dossier Areva », dit un proche du gouvernement. Selon le magazine Challenges, Bercy envisagerait, parallèlement à cette augmentation de capital, de créer une société de défaisance pour y placer les actifs risqués ou à vendre. Une  structure semblable avait été créée lors de la faillite du Crédit lyonnais. 10 milliards d’actifs pourraient y être placés.

Si un tel projet voit le jour, le périmètre choisi donnera les premières indications sur les intentions du gouvernement quant à l’avenir d’Areva. Le long conflit qui a opposé Luc Oursel, Pierre Blayau et les autorités de tutelle depuis le début de l’année, portait notamment sur ces questions. D’un côté Luc Oursel tentait de préserver Areva comme un groupe intégré dans le nucléaire, de l’autre Pierre Blayau prônait la mise à l’encan de nombre d’activités, quitte à démanteler le groupe.

De nombreuses activités, de toute façon, semblent appelées à être sacrifiées. La sortie d’Areva des énergies renouvelables s’impose, selon de nombreux observateurs. D’autres semblent condamnées à nettement diminuer.

Mais la question la plus sensible politiquement, qui va déterminer l’avenir du groupe, est celle de l’arrêt ou non de l’EPR. Le réacteur nucléaire est un fiasco industriel et commercial. Il se révèle trop compliqué et trop cher à construire. EDF vient de le confirmer : le groupe public a annoncé le 18 novembre que le démarrage du réacteur était reporté à 2017.

L’État, qui a longtemps fermé les yeux sur cette situation au nom de « l’excellence française », ne peut plus se permettre d’ignorer le sujet. Beaucoup de conseillers pensent qu’il vaut mieux tirer un trait sur cette coûteuse et malheureuse aventure. Soucieux, toutefois, de montrer que la France ne se retire pas du nucléaire, certains recommandent que les bureaux d’ingénierie d’Areva soient rapprochés de ceux d’EDF afin de concevoir un nouveau réacteur, plus petit et surtout moins cher à construire. Mais c’en serait alors fini d’Areva.

« Anne Lauvergeon aura beaucoup plus fait que les écolos pour détruire le nucléaire. Areva est en train de sombrer. Ces gens des Mines ont réussi à mettre une entreprise qui gagnait des centaines de millions par an par terre, en toute impunité », s’énerve un salarié du groupe. De fait, la question des responsabilités à tous les niveaux de cette faillite n’a jamais été posée. Anne Lauvergeon est même partie avec une indemnité de 1,5 million d’euros pour la dédommager de ne pas avoir été renouvelée une troisième fois à la présidence d’Areva en 2011.

À l’intérieur du groupe, la colère et la peur se mêlent à la stupeur. Jamais les salariés n’auraient cru en arriver là. Mais ils savent que ce sont eux qui vont payer le prix des folies passées. Plus de 1 500 suppressions de poste sont déjà annoncés en Allemagne, 200 aux États-Unis. En France, le chiffre n’est pas encore connu. Mais les suppressions d’emploi pourraient se compter en milliers.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 16:48

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 

Un appel solennel accompagné de l’exigence de la fermeture, dans les plus brefs délais, de la centrale de Fessenheim

 

 

 

a été lancé le samedi 11 octobre 2014
lors d’un forum tenu à Orléans

auquel participaient :

  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim, réprésentant l'ensemble des associations anti-nucléaires alsaciennes
  • Catherine Ségala, NPA
  • Fabrice Van Borren, Nouvelle Donne Loiret

Participants excusés du fait d'une cascade de faits imprévus et de faits prévisibles, le forum ayant été avancé pour répondre à la contrainte du vote le 14 octobre en procédure accélérée de la loi de transition énergétique (incompatibilité de la nouvelle date, w-e chargé en manifestations diverses...)

  • Yannick Rousselet, Greenpeace
  • Françoise Chanial, Les Amis de la Terre
  • Corinne Lepage, Cap 21 (procès Xynthia)
  • Clémentine Autain, Ensemble (maladie)
  • François Longérinas, Parti de Gauche (adversité)
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche
  • Julien Bayou, EELV (exigences de fonction)

Nous vous invitons à signer cet appel
et à le diffuser largement:

Au regard des conséquences de la catastrophe de Fukushima qualifiée d’apocalyptique le 15 mars 2011 par le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, face à l’inertie qu'elles suscitent en France, nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, sommes plus qu’interrogatifs. Nous sommes scandalisés par la désinvolture et/ou le déni des dirigeants d’EDF et de l’Etat français, actionnaire d’EDF à 85%.

Ils se sont montrés incapables jusqu’à aujourd’hui, contrairement à ceux de plusieurs autres pays, d’en tirer, au-delà des mots, les enseignements en terme de dénucléarisation effective de notre pays. Ils ont notamment reporté sine die la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité. Cette fermeture, objet d’un accord pré-électoral entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, était prévue pour être immédiate au lendemain de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A priori la chose n’était pas impossible puisqu’un engagement pré-électoral identique, pris par la future première ministre québécoise a, lui, été tenu.

En conséquence nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, exigeons que l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim soit effectif avant la fin 2014. La date de l’arrêt devra être fixée avant la nomination du prochain PDG d’EDF, c’est-à-dire au plus tard le 22 novembre 2014.

 

Pour signer l'appel, cliquer ici


Les premiers signataires

Particuliers
Liste des cent premiers signataires

  • Noël Mamère, député-maire de Bègles
  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim
  • Martine Billard, ancienne députée, Parti de Gauche
  • Gilles Barthe, CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Corinne Lepage, ancienne ministre de l’écologie, ancienne député européenne, présidente de CAP 21
  • Aline Baumann, Stop Fessenheim
  • Isabelle Attard, députée, co-présidente de Nouvelle Donne
  • André Hatz, Stop Fessenheim
  • Julien Bayou, porte-parole national d'Europe Ecologie - Les Verts
  • Rémi Verdet, Stop Transports – Halte au nucléaire
  • Clémentine Autain, porte parole d’Ensemble
  • Pierre Fetet, blog "Fukushima"
  • François Longérinas, secrétaire national du Parti de Gauche délégué aux luttes écologiques et à l’ESS
  • Philippe Wirth, Stop Fessenheim
  • Catherine Ségala, membre du Conseil national politique du NPA
  • Arnaud Demangeat, Parti de Gauche, Stop Fessenheim
  • Fabrice Van Borren, référent départemental du Loiret de Nouvelle Donne
  • Arthur Morenas, Parti de Gauche
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche, Conseillère régionale Rhône Alpes
  • Sylvie Vénuat
  • Thierry Gourvénec, Réseau Fukussenheim
  • Francois Damerval, CAP 21, chef de cabinet de Corinne Lepage
  • Marie-Christine Gambérini
  • Mathieu Agostini, membre du Bureau National du Parti de Gauche en charge des questions d’écologie
  • Jean-Jacques Delfour, philosophe
  • Jany Maufrais
  • José Martinez
  • Catherine Chêne
  • Pierre Lamotte
  • Nicolas Gourvénec
  • Cathy Menard
  • Olivier Billaud
  • Florence Vassal
  • Régis Nicolle
  • Catherine Fumé, Eric Vidal, Bernard Lafitte, Françoise Pouzet, Eric Olivié, Geneviève Cribier, Sigmund Gasnier, Philippe Perrucot, Guillaume Blavette, Christelle de Crémiers, Pascal Veaulin, Sylviane Grillon, Natacha Thibaudeau, Yvonne Daroussin, Franz Botens, Christina Albrecht, Roz Herrin, Karen Dohm, Artur Kapesser, Arne Reher, Rolf Engelke, Arnold Oberst, Annie Le Page, Gérard Salin, Maurice Praud, Philippe Lorme, Chantal Detry, Marie-Paule Verin, Marie-Pierre Regnault, Danielle Courdeau, Elisabeth Hubert, Claire Chapelle, Stéphane Liger, Jérome Lefebvre, Chantal Siboni, David Siboni, Christian Couverture, Aurore Dupont-Chauret, Nicole Michaud, Chantal Lesimple, Jean Couturier, Béatrice Grebot, Jean-Pierre Bertrand, Maurice Elain, Line Pailhou, Philippe Verdier, Martine Monod, Alain Jean, Chantal Herrault, Nicole Combredet, Marie-Ange Coly, Gisèle Desoteux, Didier Nocus, Jacques Masca, Rose-Anne Bellotto, François Thiollet, Véronique Ratel, Thierry Baudry, Martine Rouillard, Roger Finet, Denis Mourlam, Michel Demouliere, Philippe Gardelle, Gilbert Ritzenthaler, Cathy Lavanant, Alain Dalibard…

Organisations

  • Le réseau Fukussenheim
  • Sortir du Nucléaire Berry-Puisaye
  • CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Stop Fessenheim
  • Stop Transports-Halte au nucléaire
  • Acirad Centre
  • ATTAC 45
  • Aktionsbündnis Fessenheim stilllegen. JETZT!
  • Cyber@cteurs
  • STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs
  • CEDRA-Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs
  • Parti Pirate
  • Collectif Sortir du Nucléaire 79
  • Mahnwache Breisach
  • attac-74
  • ACEVE
  • Stop nucléaire Besançon
  • SDN-BUGEY
  • Confluence Pour Sortir du nucléaire
  • Les Jeunes Ecologistes
  • Sortons du Nucléaire Moselle
  • Rhône Alpes sans nucléaire Lyon
  • Les Amis de la Terre France
  • CIREN - collectif Citoyen d\'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire
  • Sortir du Nucléaire Paris
  • Section Française de la LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POYUR LA PAIX ET LA LIBERTE

 

 

Articles liés

  1. Pierre Fetet, fondateur du blog "Fukushima 福島第一", une référence sur le sujet, et l’un des cent premiers signataires de l’Appel, l’a relayé sur son blog. En y associant le communiqué des associations alsaciennes à propos de l’arrêt simultané des deux réacteurs de Fessenheim, lequel conclut: "NE LA REDEMARRONS PLUS !".

    L’introduction de l’appel par Pierre Fetet:

    "Si une catastrophe survient ici, il ne restera rien de vos vignes, de vos forêts et de vos champs de maïs. Il faut fermer toutes les centrales du monde" (Naoto Matsumura, cité dans L’Alsace, 10 mars 2014)

    Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, j’avais très rapidement fait le lien entre la plus vieille centrale française et le plus ancien réacteur de Fukushima Daiichi. Je me suis par ailleurs exprimé dans une contribution intitulée « Une évacuation définitive, c'est ZERO EMPLOI pour l'Alsace de demain » et j’ai participé à plusieurs manifestations dont celle de mars 2014 avec Naoto Matsumura. Malgré l’opposition majoritaire des Français au nucléaire, rien n’a changé dans l’Hexagone et la promesse électorale de François Hollande de fermer Fessenheim s’étiole petit à petit. C’est pourquoi je soutiens l’initiative du réseau Fukussenheim qui consiste à rappeler à nos décideurs ce danger permanent pour l’Europe et à demander l’arrêt définitif de cette centrale tant qu’il en est encore temps. Aujourd’hui, des gens de tous horizons s’associent à cet appel solennel et je vous encourage à votre tour à le signer et à le soutenir.

  2. Un article de Patrick Samba publié sur AgoraVox évoque le lancement de l'Appel : Fessenheim versus Proglio : un suspens et des suspensions

    Il réitère avec:

  3. Reporterre, le quotidien de l'écologie: Fukushima ne vous a pas suffi ? Il faut fermer Fessenheim

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 


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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 16:15

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

L’EPR de Flamanville pas prêt avant 2017

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Mardi, EDF a annoncé un nouveau retard pour son réacteur qui aurait dû démarrer en 2012. Les travaux coûteront au moins trois fois plus cher qu’annoncé au départ.

Mardi, le groupe EDF a confirmé un retard du démarrage du réacteur EPR de Flamanville, et a annoncé que le « démarrage de l'installation est désormais prévu en 2017 », indique l’AFP. Selon EDF, ce retard est attribué à des « difficultés » rencontrées par le concepteur du réacteur, Areva, pour livrer certains équipements, comme le couvercle et les structures internes de la cuve, et pour mettre en place « la réglementation des équipements sous pression nucléaires » (Les résultats financiers d’Areva sont par ailleurs catastrophiques, lire notre analyse.)

Le chantier de ce qui devait être la vitrine commerciale de l'EPR dans le monde a commencé en 2007. Prévu pour 2012, le démarrage du réacteur avait déjà été repoussé à 2016. Ces travaux étaient estimés au début de 2014 à 8,5 milliards d'euros, un montant presque trois fois supérieur à celui annoncé à son lancement. Un peu plus tôt, une autre source proche du dossier avait précisé que de nouveaux « surcoûts importants » étaient à prévoir, sans les chiffrer, mais EDF n'a pas confirmé.

Les ennuis se sont multipliés ces dernières années sur le site de Flamanville. Le 24 janvier 2011, un soudeur a fait une chute mortelle de 18 mètres : la passerelle sur laquelle il se trouvait avait été percutée par le chargement d'une grue. Bouygues a été poursuivi pour homicide involontaire, et condamné à 75 000 euros d'amende, en avril 2014. Les sociétés Bouygues TP, Atlanco, Elco et Welbond sont également poursuivies pour travail dissimulé, concernant des travailleurs détachés polonais et roumains. Le procès devrait se tenir en mars 2015.

Trois autres EPR d'Areva sont actuellement en construction dans le monde : deux à Taishan, dans le sud-est de la Chine, et un troisième à Olkiluoto, en Finlande, en consortium avec l'allemand Siemens. Ce dernier chantier collectionne également les contretemps, et le réacteur devrait y être mis en service en 2018, avec neuf ans de retard par rapport au calendrier initial. La construction de deux autres EPR par EDF se prépare en Angleterre. Le projet est contesté, mais il a obtenu en octobre l'accord de la Commission européenne.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 16:54

 

Source : www.reporterre.net

 

 

La France va servir de poubelle nucléaire à Monaco

Martin Leers et Louis Germain (Le Journal de l’énergie)

mercredi 12 novembre 2014

 

 

 

La France s’apprête à stocker des déchets radioactifs provenant de la Principauté de Monaco alors que cela est légalement interdit. Un contournement juridique qui fragilise le garde-fou juridique, inscrit dans la loi française, qui empêche normalement que la France ne devienne la poubelle nucléaire de ses voisins.


En France il est formellement interdit de stocker de manière permanente des déchets radioactifs provenant de l’étranger. Cette interdiction est inscrite dans la loi :

« Est interdit le stockage en France de déchets radioactifs en provenance de l’étranger ainsi que celui des déchets radioactifs issus du traitement de combustibles usés et de déchets radioactifs provenant de l’étranger. » (1)

La sanction encourue en cas d’infraction peut aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 150.000 € d’amende.

« Communauté de destin »

Or un accord intergouvernemental au nom de « la relation d’amitié particulière » et « la communauté de destin » entre la Principauté de Monaco et la France va introduire une exception à cette loi très sensible.

Signé à Paris le 9 novembre 2010, l’accord ouvre la porte au stockage définitif de déchets radioactifs étrangers en France. La loi autorisant cet accord a été adoptée sans réserve par l’Assemblée nationale et le Sénat en 2013. (2)

Conclu pour la partie française par le ministère des Affaires étrangères, l’accord précise qu’à la demande de Monaco, la France va débarrasser la cité-Etat de ses déchets radioactifs pour les stocker définitivement sur son territoire. Monaco se soulagera chaque année d’environ 165 kg de déchets radioactifs, issus d’organismes de recherche et de centres hospitaliers.

Malgré un territoire minuscule (2km2) et son enclavement dans le département des Alpes-Maritimes, Monaco est un État indépendant qui possède une Constitution et est membre de l’ONU. Les déchets proviendront donc bien de l’étranger.

Des déchets à la radioactivité inconnue

Ni le gouvernement français ni le gouvernement monégasque n’ont été en mesure de nous informer sur les éléments radioactifs et la radioactivité des déchets qui seront stockés sur le sol français. La Principauté nous a affirmé que « l’importance [des déchets : Ndlr] dépendra des protocoles de recherche, qui varient d’une année sur l’autre ». La responsabilité du stockage des déchets revient à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui publiera chaque année un rapport d’information sur leur gestion.

Parmi les producteurs de déchets radioactifs monégasques se trouvent des laboratoires de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) installés à Monaco depuis 1961. Il est surprenant que la France accueille les déchets radioactifs de cette organisation internationale à la suite d’un accord avec Monaco, et non avec l’AIEA elle-même. Cette dernière nous a affirmé que ses laboratoires produisent « une très faible quantité de déchets de très faible radioactivité ».

Importation imminente des déchets

« L’objectif est de réaliser une première prise en charge des premiers déchets au cours du dernier trimestre de cette année », a déclaré un porte-parole du gouvernement monégasque au Journal de l’énergie. L’accord est entré en vigueur à Monaco le 1er décembre 2013 (3) et a été autorisé en France par une loi promulguée le 4 juillet 2013 (4), dont le décret va être publié avant la fin de l’année 2014.

C’est ainsi une question de semaines avant que ne démarre le stockage permanent des déchets radioactifs monégasques sur le territoire français. L’accord est très arrangeant pour la Principauté : s’il venait à être dénoncé, les déchets radioactifs monégasques déjà importés resteraient irréversiblement en France. De plus, il est valable vingt-cinq ans et tacitement reconductible. Enfin, le coût de la prise en charge des déchets pour Monaco n’ira pas au-delà « d’une simple compensation ». (5)

Contourner la loi

Pour contourner la loi prohibant le stockage définitif de déchets radioactifs étrangers, l’Etat français s’est appuyé sur l’article 55 de la Constitution : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois ». Ainsi l’accord intergouvernemental avec la Principauté l’emportera automatiquement sur la loi.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Nucléaire
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