Nucléaire

Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 22:39

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Déchets nucléaires : le gouvernement essaye encore de tricher

Barnabé Binctin (Reporterre)

jeudi 20 novembre 2014

 

 

 

Le projet de loi « sur la croissance et l’activité » comporte un article visant à autoriser Cigeo, l’éventuel futur centre d’enfouissement des déchets nucléaires. Après avoir tenté sans succès cette tromperie lors de la discussion de la loi sur la transition énergétique, le gouvernement tente un nouveau coup de force législatif.


Pour pouvoir enfouir les déchets nucléaires à Bure (Meuse) tel que le prévoit le projet de centre industriel de stockage géologique (Cigeo), il faudrait pouvoir d’abord enfouir sa possibilité dans la loi. Après l’échec du coup de force pour introduire une disposition sur Cigéo dans la loi de transition énergétique, échec révélé par Reporterre en juin, le gouvernement retente sa chance dans la nouvelle loi pour la croissance et l’activité que doit présenter le ministre de l’Economie, M. Macron, au mois prochain.

Que vient faire Cigéo dans cette loi ?

Dans un document de travail daté du 13 novembre, et qui constitue l’avant-projet du texte de loi, un article entier est ainsi consacré au projet Cigeo, « l’invité surprise de la loi Macron » comme l’intitule le site Contexte, qui a rapporté l’information mardi soir. De son côté, Denis Baupin y voit un « cavalier législatif » : « Une telle disposition n’a rien à voir avec l’objet de la loi, nous ne voyons pas en quoi cela va permettre d’améliorer la croissance », dit le député EELV à Reporterre.

- A télécharger ici :

PDF - 3 Mo

Le texte justifie cette apparition par l’« impact significatif au niveau économique et en terme d’emplois » que doit représenter l’infrastructure, qui « contribue à la consolidation de la filière nucléaire, qui en assure le financement », est-il ainsi écrit dans l’article 72. Or, cette filière du nucléaire est en proie à de grandes difficultés économiques, victime d’une explosion des coûts, dont témoigne le nouveau retard de l’EPR à Flamanville et la crise financière d’Areva.

De plus, la première estimation du projet, à environ 15 milliards d’euros, fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique » comme le reconnaît l’article 72. La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. « Le nucléaire n’est ni facteur de croissance ni créateur d’emplois, au contraire, mais on continue d’en maintenir la croyance. On prend les solutions à l’envers, les emplois sont du côté des alternatives », dit Florent Compain, président des Amis de la Terre.

Brouiller la procédure pour éviter le débat parlementaire

Faire passer le projet de Bure en catimini en le noyant dans la loi sur la "croissance" est en fait un moyen d’éviter un débat parlementaire sur le sujet. Celui-ci, selon Laura Hameaux, du réseau Sortir du Nucléaire, « nécessiterait de remettre Cigéo sur la table et risquerait alors de mettre en lumière toutes les difficultés que rencontre le projet, que ce soit sur les failles techniques comme les risques d’incendie ou sur l’explosion des coûts ».

La loi de 2006, relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, prévoyait en effet que soit adoptée une loi définissant les conditions de réversibilité, préalablement à toute autorisation pour le début du projet (voir article L542-10-1). Or l’article 72 du texte sur la "croissance" se propose justement de définir cette notion de « réversibilité », modifiant ainsi la donne et le calendrier du projet tel qu’il était jusque-là institué.

En jeu, l’autorisation de débuter une phase-pilote qui s’accompagne d’une autorisation de création de l’ensemble de l’infrastructure, tandis que l’autorisation de mise en service, elle, resterait soumise à une promulgation de loi. En clair, l’article 72 permettrait ainsi de lancer la construction du centre sans passer par la case législative qui était jusqu’alors nécessaire.

Le collectif d’opposants Bure Stop ! dénonce le flou qui entoure toutes ces procédures. « Ce nouveau texte est une bouillie de chat, très difficile à décrypter alors que la loi 2006 était pourtant claire sur le sujet », dit Corinne François, qui a tenté de démêler le texte avec des collègues tout au long de la journée de mercredi. Ce texte pourrait ainsi enlever subrepticement aux parlementaires leur droit de regard sur l’autorisation du début de l’expérimentation, tandis qu’une autre instance pourrait se trouver boycottée : le Comité national de la transition énergétique, normalement consulté sur ces questions. Face à ce « déni de démocratie », les Amis de la Terre demandent la saisine du CNTE pour examiner le projet de loi sur la « croissance ».

L’illusion du report...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 


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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 17:11

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le groupe nucléaire Areva est en perdition

|  Par martine orange

 

 

 

 

Derrière la chronique de cour sur le changement de président à la tête du groupe nucléaire, se joue un drame : Areva prend l’eau de toutes parts. Une recapitalisation de l’ordre de 1,5 à 2 milliards d’euros s’impose. Des coupes sombres s’annoncent. Même le sort du réacteur EPR paraît menacé.

En apparence, cela se résume à cette chronique de cour qu’est devenu le pouvoir, dont les échos nous sont infligés désormais chaque semaine. Vendredi 14 novembre au matin, Matignon a convoqué Pierre Blayau pour lui annoncer qu’il ne serait pas renouvelé à la présidence d’Areva. Bien que sans aucune expertise dans le nucléaire, mais avec la chaude recommandation d’Alain Minc dont il est client depuis des années, il avait été nommé en mai 2013 par François Hollande à la présidence du conseil de surveillance du groupe nucléaire. Pierre Blayau demandait à être reconduit, alors qu’Areva s’apprête à abandonner son organisation en directoire et conseil de surveillance pour revenir à un schéma plus simple avec un président du conseil d’administration et directeur général.

Pierre Blayau, qui militait pour ce changement afin de renforcer le pouvoir de contrôle des administrateurs, notamment sur les comptes et les grands contrats signés par le groupe, espérait bien obtenir son maintien. Il pensait avoir d’autant plus de chances que, dans la précipitation, le gouvernement a dû nommer Philippe Knoche, fin octobre, pour assurer l’intérim de Luc Oursel, président du directoire, qui s’est retiré pour raisons de santé. Imposer un changement complet de direction au moment où Areva rencontre de grandes difficultés lui semblait presque impossible.

Matignon en a décidé autrement. Dans la foulée, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, annonçait son intention de nommer Philippe Varin, ancien président de PSA, à la présidence du conseil d’administration. Le corps des Mines, dont il est membre, soutient cette nomination à la tête de l’entreprise, qui est un de ses prés carrés. Philippe Varin a aussi pour lui d’avoir été nommé par l’État administrateur d’EDF : il est censé faire la liaison entre les deux groupes qui entretiennent des relations orageuses depuis des années.

« Pierre Blayau a été la victime collatérale de la guéguerre entre Hollande et Valls », dit un proche du dossier « François Hollande a décidé de ne pas renouveler Henri Proglio à la tête d’EDF contre l’avis de Manuel Valls qui souhaitait le maintenir. Manuel Valls a profité de l’absence de François Hollande (alors au sommet du G20 en Australie, ndlr) et de l’affaiblissement de Jouyet pour marquer son territoire », explique-t-il.

 

Philippe Knoche, président du directoire d'Areva 
Philippe Knoche, président du directoire d'Areva © Reuters

Ces petits jeux de pouvoir, cependant, ne doivent pas cacher l’essentiel. Le changement complet de direction à la tête d’Areva répond à une autre urgence que l’État et les responsables du groupe, soutenus par le corps des Mines et l’inspection des finances, très impliqués dans ce dossier, ont tenté de cacher depuis des mois voire des années : Areva est en perdition.

Les aveux de cette situation catastrophique commencent. Dans un communiqué publié ce mardi 18 novembre après la clôture de la Bourse, le groupe a annoncé qu’il « suspendait l'ensemble des perspectives financières qu'il s'était fixées pour l’exercice 2015 et 2016 ». Il précisait également ne plus pouvoir garantir son objectif d'un cash flow opérationnel libre « proche de l'équilibre ».

Au premier semestre, Areva a annoncé une perte de 694 millions d’euros. Selon certaines informations, la perte pourrait à nouveau dépasser le milliard d’euros à la fin de l’année. À l’exception de son activité minière, toutes les autres branches sont en perte. Le groupe ne dispose d’aucune marge de manœuvre financière. Son free cash flow est négatif. Il n’a donc aucune ressource propre pour assurer ses investissements. Son endettement atteint 4,7 milliards d’euros pour 4 milliards de fonds propres. Pourtant, le groupe a déjà cédé quelque 7 milliards d’euros d’actifs en quelques années, notamment sa filiale T&D et ses participations dans Eramet et dans ST Microelectronics, et a bénéficié d'une première augmentation de capital de 600 millions C’est dire l’ampleur du désastre, que beaucoup se sont évertués à nier pendant des années (lire notre article : Areva, l’ardoise d’une gestion désastreuse).

« Si Areva était une société privée, elle aurait déposé son bilan », dit un connaisseur du dossier. L’analyse rejoint celle de l’agence de notation Standard & Poor’s. Au début de l’automne, celle-ci a mis Areva sous surveillance négative. Bercy a beaucoup bataillé pour que le groupe nucléaire ne soit pas classé dans la catégorie infamante de junk bonds. En échange, l’Agence des participations de l’État (APE), principal actionnaire du groupe avec le CEA, et la direction d’Areva ont promis de remédier très vite à la situation. Une émission obligataire hybride de quelque 800 millions d’euros devait être lancée début novembre. Malgré un taux de 8 %, très supérieur aux conditions de financement actuelles, les investisseurs n’ont pas suivi, selon nos informations. Areva a annoncé qu’il repoussait son opération, en attendant des temps plus favorables.

Sous pression, la direction d’Areva n’a plus le choix : il lui faut faire la vérité des comptes. Ce que le groupe a besoin de solder, ce ne sont pas ses rêves d'expansion détruits dans l'explosion de Fukushima mais les erreurs de gestion passées. Il lui faut dresser le véritable bilan de la présidence d’Anne Lauvergeon. Ce bilan que les administrateurs, les autorités de tutelle, les commissaires aux comptes, les experts extérieurs ont refusé de faire jusqu’à présent, parce qu’ils y avaient tous une part de responsabilité, préférant fermer les yeux plutôt que de bousculer les réseaux de pouvoir.

À son arrivée à la présidence du directoire, en 2011, Luc Oursel avait opéré un premier nettoyage : une dépréciation de 1,4 milliard d’euros avait été passée pour ramener la valeur d’Uramin, ce désastreux achat minier (lire notre enquête), à zéro. Mais tout ceci est très loin du compte, selon nombre de connaisseurs du dossier. Depuis 2006, Areva ne cesse de présenter une image flatteuse, bien éloignée de la réalité, que ce soit sur le réacteur EPR ou ses autres activités. 

Depuis le début de l’année, cette question de la vérité des comptes empoisonne l’atmosphère au sein du groupe nucléaire. Luc Oursel, alors président du directoire, était partisan de la transparence, mais jusqu’à un certain point, afin de ne pas porter un coup fatal au groupe. Sa vision, jugée trop optimiste, a beaucoup énervé l’APE et les autorités de tutelle, au point qu’elles envisageaient de ne pas le reconduire à la présidence, avant qu’il ne tombe malade. En face, Pierre Blayau prônait un nettoyage sans concession, quitte à abandonner des activités, voire à pousser au démantèlement du groupe. Son agressivité a aussi beaucoup énervé les autorités de tutelle, qui préféraient temporiser.

La réalité est en train de rattraper tout le monde. Fin septembre, un comité d’audit du groupe a pris des allures dramatiques, selon nos informations. Déjà sous la menace d’une dégradation par Standard & Poor’s, le comité d’audit a dû constater que l’hémorragie financière ne cessait de s’aggraver, et qu’Areva avait un besoin urgent d’être recapitalisé pour éviter l’effondrement financier.

L'avenir de l'EPR en question

L’augmentation de capital d’Areva est estimée à moins 1,5 milliard d’euros, voire 2 milliards, d’après les connaisseurs du dossier. Les sources de perte du groupe sont en effet multiples.

 

 
© Reuters

D’abord, il y a le chantier de l’EPR finlandais. Alors que le réacteur nucléaire devait à l’origine entrer en fonctionnement en 2009, son démarrage ne cesse d’être repoussé, d’abord en 2016, puis 2017. Le groupe parle maintenant de 2018. « Chaque année de retard coûte 400 millions d’euros de plus au groupe », dit un salarié. Areva a déjà avoué un surcoût de 4 milliards d’euros par rapport aux 3,5 milliards d’euros prévus dans le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO. Mais le coût pourrait être encore plus élevé, le groupe ayant, semble-t-il, pris en compte des remboursements et des dédits liés à des contentieux qui ne sont pas encore réglés avec son client.

La situation dans l’activité minière est tout aussi sinistre. Il y a d’abord le dossier Uramin, qui devrait conduire à la mise en examen prochaine de certains responsables, et qui n’est pas totalement purgé. Il reste notamment le milliard d’euros de travaux réalisés en Namibie qui n’a jamais été provisionné.  

Mais il faut aussi compter maintenant avec le dossier Imouraren. Areva a obtenu le permis d’exploitation de cette mine d’uranium au Niger début 2009. À l’époque, le groupe parlait à nouveau d’une mine exceptionnelle : le gisement devait produire 5 000 tonnes de minerai au moins par an avec un permis d’exploitation pendant 35 ans. Des travaux ont été commencés. La piste d’atterrissage a été refaite deux fois. Des équipements d’usine et des camions pour exploiter la mine ont été commandés.

Au début de l’année, le groupe a décidé de tout arrêter. La mine semble être aussi inexploitable que les gisements d’Uramin. Toutes les références aux réserves ont disparu dans les documents de référence. Des moteurs commandés par Areva pour cette mine sont toujours en attente de livraison à Tokyo, des châssis à Cotonou, des bennes à Anvers. Coût total de cette acquisition : 800 millions d’euros. Mais la perte est encore à inscrire en partie dans les comptes.

L’activité enrichissement connaît elle aussi des déboires. En 2008, Areva a décidé de construire une nouvelle usine de gazéification pour l’uranium sur le site de Tricastin, en remplacement de celle de Lodève. Le prix de cette nouvelle construction s’élève à un milliard d’euros environ. Elle devrait fonctionner à partir de 2016 mais n’a toujours pas de client. De même, l’usine d’enrichissement Georges-Besse 2, toujours sur le site de Tricastin, peine à monter en puissance, alors qu’elle a coûté elle aussi plus d'un milliard d’euros à réaliser.

Enfin, les énergies renouvelables ne tiennent pas les promesses attendues. Au milieu des années 2000, Anne Lauvergeon avait décidé de repeindre Areva en vert et de le présenter comme le groupe spécialisé dans les énergies sans CO2. Le groupe avait alors choisi de se développer très rapidement dans les énergies renouvelables. D’importants investissements, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros, ont été réalisés pour croître rapidement dans ces activités, notamment dans l’éolien en mer.

Les efforts consentis ne sont pas payés de retour. La branche énergies renouvelables a réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions d’euros au premier semestre, en baisse de 18 % par rapport à la même période de l’an dernier. Surtout, elle a multiplié ces pertes par deux sur la même période pour les porter à 19 millions, soit près des deux tiers de son chiffre d’affaires. « Personne ne peut reprocher à Areva d’avoir tenté le pari des énergies renouvelables. Beaucoup d’autres l’ont fait. À l’exception des Chinois, jusqu’à présent, aucun groupe ne gagne de l’argent dans les énergies renouvelables. S’il n’y avait eu que ces contretemps, Areva aurait largement pu faire face. Malheureusement, il y a tout le reste », relève un connaisseur du dossier.

Le renflouement d’Areva semble inévitable, si le groupe veut éviter la faillite. Mais qui va payer ? Plusieurs scénarios paraissent avoir été mis à l’étude, pour aboutir aux mêmes conclusions : « Il n’y a que l’État qui puisse renflouer Areva. Le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) qui est actionnaire va être dessaisi et va sortir. L’État aura alors les manettes pour reprendre en main le dossier Areva », dit un proche du gouvernement. Selon le magazine Challenges, Bercy envisagerait, parallèlement à cette augmentation de capital, de créer une société de défaisance pour y placer les actifs risqués ou à vendre. Une  structure semblable avait été créée lors de la faillite du Crédit lyonnais. 10 milliards d’actifs pourraient y être placés.

Si un tel projet voit le jour, le périmètre choisi donnera les premières indications sur les intentions du gouvernement quant à l’avenir d’Areva. Le long conflit qui a opposé Luc Oursel, Pierre Blayau et les autorités de tutelle depuis le début de l’année, portait notamment sur ces questions. D’un côté Luc Oursel tentait de préserver Areva comme un groupe intégré dans le nucléaire, de l’autre Pierre Blayau prônait la mise à l’encan de nombre d’activités, quitte à démanteler le groupe.

De nombreuses activités, de toute façon, semblent appelées à être sacrifiées. La sortie d’Areva des énergies renouvelables s’impose, selon de nombreux observateurs. D’autres semblent condamnées à nettement diminuer.

Mais la question la plus sensible politiquement, qui va déterminer l’avenir du groupe, est celle de l’arrêt ou non de l’EPR. Le réacteur nucléaire est un fiasco industriel et commercial. Il se révèle trop compliqué et trop cher à construire. EDF vient de le confirmer : le groupe public a annoncé le 18 novembre que le démarrage du réacteur était reporté à 2017.

L’État, qui a longtemps fermé les yeux sur cette situation au nom de « l’excellence française », ne peut plus se permettre d’ignorer le sujet. Beaucoup de conseillers pensent qu’il vaut mieux tirer un trait sur cette coûteuse et malheureuse aventure. Soucieux, toutefois, de montrer que la France ne se retire pas du nucléaire, certains recommandent que les bureaux d’ingénierie d’Areva soient rapprochés de ceux d’EDF afin de concevoir un nouveau réacteur, plus petit et surtout moins cher à construire. Mais c’en serait alors fini d’Areva.

« Anne Lauvergeon aura beaucoup plus fait que les écolos pour détruire le nucléaire. Areva est en train de sombrer. Ces gens des Mines ont réussi à mettre une entreprise qui gagnait des centaines de millions par an par terre, en toute impunité », s’énerve un salarié du groupe. De fait, la question des responsabilités à tous les niveaux de cette faillite n’a jamais été posée. Anne Lauvergeon est même partie avec une indemnité de 1,5 million d’euros pour la dédommager de ne pas avoir été renouvelée une troisième fois à la présidence d’Areva en 2011.

À l’intérieur du groupe, la colère et la peur se mêlent à la stupeur. Jamais les salariés n’auraient cru en arriver là. Mais ils savent que ce sont eux qui vont payer le prix des folies passées. Plus de 1 500 suppressions de poste sont déjà annoncés en Allemagne, 200 aux États-Unis. En France, le chiffre n’est pas encore connu. Mais les suppressions d’emploi pourraient se compter en milliers.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 16:48

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 

Un appel solennel accompagné de l’exigence de la fermeture, dans les plus brefs délais, de la centrale de Fessenheim

 

 

 

a été lancé le samedi 11 octobre 2014
lors d’un forum tenu à Orléans

auquel participaient :

  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim, réprésentant l'ensemble des associations anti-nucléaires alsaciennes
  • Catherine Ségala, NPA
  • Fabrice Van Borren, Nouvelle Donne Loiret

Participants excusés du fait d'une cascade de faits imprévus et de faits prévisibles, le forum ayant été avancé pour répondre à la contrainte du vote le 14 octobre en procédure accélérée de la loi de transition énergétique (incompatibilité de la nouvelle date, w-e chargé en manifestations diverses...)

  • Yannick Rousselet, Greenpeace
  • Françoise Chanial, Les Amis de la Terre
  • Corinne Lepage, Cap 21 (procès Xynthia)
  • Clémentine Autain, Ensemble (maladie)
  • François Longérinas, Parti de Gauche (adversité)
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche
  • Julien Bayou, EELV (exigences de fonction)

Nous vous invitons à signer cet appel
et à le diffuser largement:

Au regard des conséquences de la catastrophe de Fukushima qualifiée d’apocalyptique le 15 mars 2011 par le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, face à l’inertie qu'elles suscitent en France, nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, sommes plus qu’interrogatifs. Nous sommes scandalisés par la désinvolture et/ou le déni des dirigeants d’EDF et de l’Etat français, actionnaire d’EDF à 85%.

Ils se sont montrés incapables jusqu’à aujourd’hui, contrairement à ceux de plusieurs autres pays, d’en tirer, au-delà des mots, les enseignements en terme de dénucléarisation effective de notre pays. Ils ont notamment reporté sine die la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité. Cette fermeture, objet d’un accord pré-électoral entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, était prévue pour être immédiate au lendemain de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A priori la chose n’était pas impossible puisqu’un engagement pré-électoral identique, pris par la future première ministre québécoise a, lui, été tenu.

En conséquence nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, exigeons que l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim soit effectif avant la fin 2014. La date de l’arrêt devra être fixée avant la nomination du prochain PDG d’EDF, c’est-à-dire au plus tard le 22 novembre 2014.

 

Pour signer l'appel, cliquer ici


Les premiers signataires

Particuliers
Liste des cent premiers signataires

  • Noël Mamère, député-maire de Bègles
  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim
  • Martine Billard, ancienne députée, Parti de Gauche
  • Gilles Barthe, CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Corinne Lepage, ancienne ministre de l’écologie, ancienne député européenne, présidente de CAP 21
  • Aline Baumann, Stop Fessenheim
  • Isabelle Attard, députée, co-présidente de Nouvelle Donne
  • André Hatz, Stop Fessenheim
  • Julien Bayou, porte-parole national d'Europe Ecologie - Les Verts
  • Rémi Verdet, Stop Transports – Halte au nucléaire
  • Clémentine Autain, porte parole d’Ensemble
  • Pierre Fetet, blog "Fukushima"
  • François Longérinas, secrétaire national du Parti de Gauche délégué aux luttes écologiques et à l’ESS
  • Philippe Wirth, Stop Fessenheim
  • Catherine Ségala, membre du Conseil national politique du NPA
  • Arnaud Demangeat, Parti de Gauche, Stop Fessenheim
  • Fabrice Van Borren, référent départemental du Loiret de Nouvelle Donne
  • Arthur Morenas, Parti de Gauche
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche, Conseillère régionale Rhône Alpes
  • Sylvie Vénuat
  • Thierry Gourvénec, Réseau Fukussenheim
  • Francois Damerval, CAP 21, chef de cabinet de Corinne Lepage
  • Marie-Christine Gambérini
  • Mathieu Agostini, membre du Bureau National du Parti de Gauche en charge des questions d’écologie
  • Jean-Jacques Delfour, philosophe
  • Jany Maufrais
  • José Martinez
  • Catherine Chêne
  • Pierre Lamotte
  • Nicolas Gourvénec
  • Cathy Menard
  • Olivier Billaud
  • Florence Vassal
  • Régis Nicolle
  • Catherine Fumé, Eric Vidal, Bernard Lafitte, Françoise Pouzet, Eric Olivié, Geneviève Cribier, Sigmund Gasnier, Philippe Perrucot, Guillaume Blavette, Christelle de Crémiers, Pascal Veaulin, Sylviane Grillon, Natacha Thibaudeau, Yvonne Daroussin, Franz Botens, Christina Albrecht, Roz Herrin, Karen Dohm, Artur Kapesser, Arne Reher, Rolf Engelke, Arnold Oberst, Annie Le Page, Gérard Salin, Maurice Praud, Philippe Lorme, Chantal Detry, Marie-Paule Verin, Marie-Pierre Regnault, Danielle Courdeau, Elisabeth Hubert, Claire Chapelle, Stéphane Liger, Jérome Lefebvre, Chantal Siboni, David Siboni, Christian Couverture, Aurore Dupont-Chauret, Nicole Michaud, Chantal Lesimple, Jean Couturier, Béatrice Grebot, Jean-Pierre Bertrand, Maurice Elain, Line Pailhou, Philippe Verdier, Martine Monod, Alain Jean, Chantal Herrault, Nicole Combredet, Marie-Ange Coly, Gisèle Desoteux, Didier Nocus, Jacques Masca, Rose-Anne Bellotto, François Thiollet, Véronique Ratel, Thierry Baudry, Martine Rouillard, Roger Finet, Denis Mourlam, Michel Demouliere, Philippe Gardelle, Gilbert Ritzenthaler, Cathy Lavanant, Alain Dalibard…

Organisations

  • Le réseau Fukussenheim
  • Sortir du Nucléaire Berry-Puisaye
  • CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Stop Fessenheim
  • Stop Transports-Halte au nucléaire
  • Acirad Centre
  • ATTAC 45
  • Aktionsbündnis Fessenheim stilllegen. JETZT!
  • Cyber@cteurs
  • STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs
  • CEDRA-Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs
  • Parti Pirate
  • Collectif Sortir du Nucléaire 79
  • Mahnwache Breisach
  • attac-74
  • ACEVE
  • Stop nucléaire Besançon
  • SDN-BUGEY
  • Confluence Pour Sortir du nucléaire
  • Les Jeunes Ecologistes
  • Sortons du Nucléaire Moselle
  • Rhône Alpes sans nucléaire Lyon
  • Les Amis de la Terre France
  • CIREN - collectif Citoyen d\'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire
  • Sortir du Nucléaire Paris
  • Section Française de la LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POYUR LA PAIX ET LA LIBERTE

 

 

Articles liés

  1. Pierre Fetet, fondateur du blog "Fukushima 福島第一", une référence sur le sujet, et l’un des cent premiers signataires de l’Appel, l’a relayé sur son blog. En y associant le communiqué des associations alsaciennes à propos de l’arrêt simultané des deux réacteurs de Fessenheim, lequel conclut: "NE LA REDEMARRONS PLUS !".

    L’introduction de l’appel par Pierre Fetet:

    "Si une catastrophe survient ici, il ne restera rien de vos vignes, de vos forêts et de vos champs de maïs. Il faut fermer toutes les centrales du monde" (Naoto Matsumura, cité dans L’Alsace, 10 mars 2014)

    Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, j’avais très rapidement fait le lien entre la plus vieille centrale française et le plus ancien réacteur de Fukushima Daiichi. Je me suis par ailleurs exprimé dans une contribution intitulée « Une évacuation définitive, c'est ZERO EMPLOI pour l'Alsace de demain » et j’ai participé à plusieurs manifestations dont celle de mars 2014 avec Naoto Matsumura. Malgré l’opposition majoritaire des Français au nucléaire, rien n’a changé dans l’Hexagone et la promesse électorale de François Hollande de fermer Fessenheim s’étiole petit à petit. C’est pourquoi je soutiens l’initiative du réseau Fukussenheim qui consiste à rappeler à nos décideurs ce danger permanent pour l’Europe et à demander l’arrêt définitif de cette centrale tant qu’il en est encore temps. Aujourd’hui, des gens de tous horizons s’associent à cet appel solennel et je vous encourage à votre tour à le signer et à le soutenir.

  2. Un article de Patrick Samba publié sur AgoraVox évoque le lancement de l'Appel : Fessenheim versus Proglio : un suspens et des suspensions

    Il réitère avec:

  3. Reporterre, le quotidien de l'écologie: Fukushima ne vous a pas suffi ? Il faut fermer Fessenheim

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 


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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 16:15

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

L’EPR de Flamanville pas prêt avant 2017

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Mardi, EDF a annoncé un nouveau retard pour son réacteur qui aurait dû démarrer en 2012. Les travaux coûteront au moins trois fois plus cher qu’annoncé au départ.

Mardi, le groupe EDF a confirmé un retard du démarrage du réacteur EPR de Flamanville, et a annoncé que le « démarrage de l'installation est désormais prévu en 2017 », indique l’AFP. Selon EDF, ce retard est attribué à des « difficultés » rencontrées par le concepteur du réacteur, Areva, pour livrer certains équipements, comme le couvercle et les structures internes de la cuve, et pour mettre en place « la réglementation des équipements sous pression nucléaires » (Les résultats financiers d’Areva sont par ailleurs catastrophiques, lire notre analyse.)

Le chantier de ce qui devait être la vitrine commerciale de l'EPR dans le monde a commencé en 2007. Prévu pour 2012, le démarrage du réacteur avait déjà été repoussé à 2016. Ces travaux étaient estimés au début de 2014 à 8,5 milliards d'euros, un montant presque trois fois supérieur à celui annoncé à son lancement. Un peu plus tôt, une autre source proche du dossier avait précisé que de nouveaux « surcoûts importants » étaient à prévoir, sans les chiffrer, mais EDF n'a pas confirmé.

Les ennuis se sont multipliés ces dernières années sur le site de Flamanville. Le 24 janvier 2011, un soudeur a fait une chute mortelle de 18 mètres : la passerelle sur laquelle il se trouvait avait été percutée par le chargement d'une grue. Bouygues a été poursuivi pour homicide involontaire, et condamné à 75 000 euros d'amende, en avril 2014. Les sociétés Bouygues TP, Atlanco, Elco et Welbond sont également poursuivies pour travail dissimulé, concernant des travailleurs détachés polonais et roumains. Le procès devrait se tenir en mars 2015.

Trois autres EPR d'Areva sont actuellement en construction dans le monde : deux à Taishan, dans le sud-est de la Chine, et un troisième à Olkiluoto, en Finlande, en consortium avec l'allemand Siemens. Ce dernier chantier collectionne également les contretemps, et le réacteur devrait y être mis en service en 2018, avec neuf ans de retard par rapport au calendrier initial. La construction de deux autres EPR par EDF se prépare en Angleterre. Le projet est contesté, mais il a obtenu en octobre l'accord de la Commission européenne.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 16:54

 

Source : www.reporterre.net

 

 

La France va servir de poubelle nucléaire à Monaco

Martin Leers et Louis Germain (Le Journal de l’énergie)

mercredi 12 novembre 2014

 

 

 

La France s’apprête à stocker des déchets radioactifs provenant de la Principauté de Monaco alors que cela est légalement interdit. Un contournement juridique qui fragilise le garde-fou juridique, inscrit dans la loi française, qui empêche normalement que la France ne devienne la poubelle nucléaire de ses voisins.


En France il est formellement interdit de stocker de manière permanente des déchets radioactifs provenant de l’étranger. Cette interdiction est inscrite dans la loi :

« Est interdit le stockage en France de déchets radioactifs en provenance de l’étranger ainsi que celui des déchets radioactifs issus du traitement de combustibles usés et de déchets radioactifs provenant de l’étranger. » (1)

La sanction encourue en cas d’infraction peut aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 150.000 € d’amende.

« Communauté de destin »

Or un accord intergouvernemental au nom de « la relation d’amitié particulière » et « la communauté de destin » entre la Principauté de Monaco et la France va introduire une exception à cette loi très sensible.

Signé à Paris le 9 novembre 2010, l’accord ouvre la porte au stockage définitif de déchets radioactifs étrangers en France. La loi autorisant cet accord a été adoptée sans réserve par l’Assemblée nationale et le Sénat en 2013. (2)

Conclu pour la partie française par le ministère des Affaires étrangères, l’accord précise qu’à la demande de Monaco, la France va débarrasser la cité-Etat de ses déchets radioactifs pour les stocker définitivement sur son territoire. Monaco se soulagera chaque année d’environ 165 kg de déchets radioactifs, issus d’organismes de recherche et de centres hospitaliers.

Malgré un territoire minuscule (2km2) et son enclavement dans le département des Alpes-Maritimes, Monaco est un État indépendant qui possède une Constitution et est membre de l’ONU. Les déchets proviendront donc bien de l’étranger.

Des déchets à la radioactivité inconnue

Ni le gouvernement français ni le gouvernement monégasque n’ont été en mesure de nous informer sur les éléments radioactifs et la radioactivité des déchets qui seront stockés sur le sol français. La Principauté nous a affirmé que « l’importance [des déchets : Ndlr] dépendra des protocoles de recherche, qui varient d’une année sur l’autre ». La responsabilité du stockage des déchets revient à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui publiera chaque année un rapport d’information sur leur gestion.

Parmi les producteurs de déchets radioactifs monégasques se trouvent des laboratoires de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) installés à Monaco depuis 1961. Il est surprenant que la France accueille les déchets radioactifs de cette organisation internationale à la suite d’un accord avec Monaco, et non avec l’AIEA elle-même. Cette dernière nous a affirmé que ses laboratoires produisent « une très faible quantité de déchets de très faible radioactivité ».

Importation imminente des déchets

« L’objectif est de réaliser une première prise en charge des premiers déchets au cours du dernier trimestre de cette année », a déclaré un porte-parole du gouvernement monégasque au Journal de l’énergie. L’accord est entré en vigueur à Monaco le 1er décembre 2013 (3) et a été autorisé en France par une loi promulguée le 4 juillet 2013 (4), dont le décret va être publié avant la fin de l’année 2014.

C’est ainsi une question de semaines avant que ne démarre le stockage permanent des déchets radioactifs monégasques sur le territoire français. L’accord est très arrangeant pour la Principauté : s’il venait à être dénoncé, les déchets radioactifs monégasques déjà importés resteraient irréversiblement en France. De plus, il est valable vingt-cinq ans et tacitement reconductible. Enfin, le coût de la prise en charge des déchets pour Monaco n’ira pas au-delà « d’une simple compensation ». (5)

Contourner la loi

Pour contourner la loi prohibant le stockage définitif de déchets radioactifs étrangers, l’Etat français s’est appuyé sur l’article 55 de la Constitution : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois ». Ainsi l’accord intergouvernemental avec la Principauté l’emportera automatiquement sur la loi.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Mercredi 15 octobre 2014 3 15 /10 /Oct /2014 20:13

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Pendant que la France consacre le nucléaire, l’Allemagne réussit la transition énergétique

Amory Lovins

mercredi 15 octobre 2014

 

 

 

 

Grâce à une politique réfléchie et coordonnée en amont, l’Allemagne est en train de réussir sa transition énergétique. Suite à Fukushima, huit centrales nucléaires sur dix-sept ont été fermées et la part des renouvelables dans le mix énergétique est de plus en plus importante.

L’analyse d’Amory Lovins, le spécialiste américain de l’efficacité énergétique.


Avant le désastre de Fukushima, l’Allemagne comme le Japon produisait 30 % de son électricité à partir du nucléaire. En quatre mois, l’Allemagne a rétabli et accéléré une politique élaborée avec les industriels dès 2001-2002.

Avec l’accord de tous les partis politiques, 41 % de la capacité nucléaire du pays, soit huit unités sur 17 au total (produisant 23 % de l’électricité allemande), dont cinq identiques à Fukushima et sept datant des années 70, furent fermées d’emblée, les autres fermetures étant prévues pour 2015-2022.

Une politique coordonnée et réfléchie en amont

Un ensemble de lois votées en même temps visaient à coordonner les initiatives en matière d’efficacité, de renouvelables, etc., pour garantir la fourniture d’énergie bas-carbone suffisante, pendant et longtemps après la sortie du nucléaire.

Cette politique n’était nullement improvisée, mais longuement mûrie, et cohérente avec celle de sept pays voisins – avant et après Fukushima. Le concept “Energiewende” (tournant énergétique) date d’avant 1980, et le virage net vers les renouvelables – aujourd’hui plus de 70 GW installés - date de 1991, vingt ans avant Fukushima.

Il fut renforcé par le subventionnement en 2000, ce dernier ayant chuté avec la réduction des coûts du renouvelable. De telle sorte qu’en 2011, si les prix ont augmenté, l’énergie disponible a pu remplacer entièrement celle perdue par la fermeture des huit réacteurs, 59 % de cette énergie de remplacement étant due aux renouvelables, 6% à une amélioration de l’efficacité énergétique et 36 % à une réduction temporaire des exportations d’énergie.

En 2012, ce sont 94 % de la perte due aux fermetures de centrales qui furent couvertes par les renouvelables, et en 2013… 108 %. À ce rythme, c’est l’équivalent de la totalité de la production nucléaire pré-Fukushima qui sera due aux renouvelables en 2016.

Baisse du nucléaire ne signifie pas augmentation des énergies fossiles

Contrairement à bien des affirmations erronées, la fermeture des huit réacteurs n’a pas entraîné une augmentation de l’utilisation des énergies fossiles. De 2010 à 2013, la production d’énergie nucléaire a baissé de 43,3 TWh, celle des renouvelables a augmenté de 46,9 TWh, et le secteur énergétique a remplacé à peu près exactement la consommation de pétrole et gaz, chers, par celle de charbon et lignite.

La législation (et l’économie) exigent que dès qu’elles sont moins chères, les sources renouvelables remplacent les source plus chères. Les fournisseurs d’énergie allemands avaient parié contre la transition énergétique, et ils ont perdu. Aujourd’hui, ils se plaignent que les renouvelables – dans lesquels ils n’avaient, pendant longtemps, pas assez investi - ont rendu leur production d’origine fossile trop chère.

La production électrique allemande n’a pas cessé d’exporter plus d’électricité qu’elle n’en a importé, même vers la France nucléarisée, notamment au cours des deux dernières années. L’économie allemande a créé plusieurs centaines de milliers d’emplois dans le secteur des énergies propres – un bienfait macroéconomique important de la transition énergétique.

Les prix globaux de l’électricité ont baissé de 60 % - dont 13 % dans la seule année 2013 – et les prix à l’année ont atteint les niveaux les plus bas depuis huit ans. C’est pourquoi les industries françaises fortement consommatrices d’énergie se plaignent des coûts énergétiques inférieurs (de 25 %) de leurs concurrents allemands.

Le mythe récent d’une “désindustrialisation” allemande ne manque pas d’ironie, car la grande industrie allemande paie uniquement ces prix globaux décroissants. Elle est en effet exemptée des coûts de renouvelables qui les réduisent, ainsi que des coûts de réseaux, les deux étant mis sur le compte des foyers domestiques (dont les factures sont constituées pour moitié de taxes). Cela dit, les factures des foyers ont cessé de croître, les anciens contrats étant renégociés.

Le plus avancé par rapport aux accords de Kyoto

Quant aux émissions de carbone des centrales thermiques, elles ont plutôt baissé en 2013 – la consommation de combustible solide étant légèrement plus forte mais compensée par une efficacité plus grande -, et il en a été de même pour les industriels.

Certes, le total des émissions a légèrement augmenté en 2012 en raison d’un hiver froid. L’augmentation en 2013 est due aux exportations record d’énergie réalisées grâce au charbon (!) pour des raisons liées uniquement au marché : un pic des prix gaziers, du charbon bon marché issu d’un marché américain réduit, et un marché européen excédentaire des droits carbone.

Au premier trimestre 2014, les émissions de carbone comme la consommation de charbon allemandes ont à nouveau diminué...

 

*Suite de l'aricle sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 19:03

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Energie

Sortie du nucléaire : des multinationales réclament des centaines de millions d’euros à l’Allemagne

par Rachel Knaebel 2 octobre 2014

 

 

 

Un État peut-il décider de stopper ses centrales nucléaires les plus anciennes sans devoir payer des millions d’euros de dédommagement aux groupes qui les exploitent ? La question se pose une nouvelle fois de l’autre côté du Rhin. Le géant énergétique allemand Eon vient de déposer une plainte auprès d’un tribunal allemand contre le moratoire sur le nucléaire décidé au printemps 2011 par le gouvernement, juste après la catastrophe de Fukushima.

L’Allemagne choisit alors de mettre immédiatement à l’arrêt ses sept réacteurs nucléaires les plus anciens. Trois mois plus tard, le pays adopte une loi qui entérine l’arrêt définitif des ces centrales et la sortie totale de l’énergie nucléaire d’ici 2022. C’est la mise au repos forcé de deux de ses réacteurs sur cette période de trois mois que le groupe Eon conteste aujourd’hui. Il réclame aux autorités allemandes, donc aux caisses publiques, 380 millions d’euros de compensation !

La plainte d’Eon fait suite à une première action en justice, il y a quelques mois et pour les mêmes raisons, de l’autre géant énergétique allemand, RWE. Lui réclame 230 millions d’euros de dédommagements à l’État fédéral. L’entreprise a des chances d’obtenir gain de cause puisque la cour administrative fédérale d’Allemagne lui a déjà donné raison sur le principe.

Le groupe énergétique suédois Vattenfall a de son côté contesté dès 2012 la loi même de sortie du nucléaire. Il réclame plus de 3 milliards de dollars de compensation à l’État allemand devant une juridiction arbitrale internationale de règlement des conflits entre investisseurs et États, basé à Washington [1], ces mêmes tribunaux privés dont le rôle pourrait être renforcé par la conclusion de traités de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord (lire notre enquête). Alors qu’en France le débat sur la transition énergétique commence au Parlement, les multinationales de l’énergie veulent faire payer au prix fort la sortie du nucléaire en Allemagne.

Rachel Knaebel

 

Notes

[1Un mécanisme d’Investor-state dispute settlement (ISDS), en l’occurrence le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).


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Source : www.bastamag.net

 

 


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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 18:26

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Nucléaire : la Belgique arrête un troisième réacteur et perd la moitié de sa production

Le Monde.fr avec AFP | 14.08.2014 à 16h37

 
 

 

La centrale de Doel, en Belgique

 

Un troisième réacteur nucléaire a été arrêté en Belgique en raison d'une fuite d'huile, a annoncé jeudi 13 août le groupe belge Electrabel (GDF Suez), qui gère les sept réacteurs du royaume. Il ne sera pas disponible avant la fin de l'année.

Le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Doel, près d'Anvers, a été arrêté le 5 août. Le groupe a apporté des précisions dans un communiqué :

« Les premiers résultats disponibles indiquent des dégâts importants au niveau de la turbine de haute pression. Sur la base de cette analyse partielle, il apparaît que l'unité Doel 4 ne sera certainement pas disponible avant le 31 décembre 2014. »

Deux autres réacteurs, le numéro 3 de la centrale de Doel et le numéro 2 de la centrale de Tihange, près de Liège, sont arrêtés depuis le 25 mars. Ils avaient déjà été stoppés pendant un an, de juin 2012 à juin 2013, après la découverte de milliers de microfissures dans leurs cuves. Leur redémarrage n'est pas prévu avant l'automne.

 

INQUIÉTUDES POUR CET HIVER

La Belgique a perdu à ce jour 3 000 mégawatts, sur une capacité totale de 5 700 mégawatts de ses deux centrales. Le gouvernement ne sait pas sur quelle capacité il pourra compter à l'entrée dans l'hiver. Le nucléaire fournit 55 % de l'électricité consommée en Belgique.

La Belgique a programmé une sortie progressive du nucléaire avec une mise à l'arrêt définitive de ses sept réacteurs entre 2015 et 2025, au moment où ils auront 40 ans. Ce plan a dû être aménagé car les réacteurs les plus récents ont été les premiers à montrer des signes de défaillance, obligeant à prolonger la durée de vie des plus anciens.

Lire aussi (édition abonnés) : En Belgique, la sortie du nucléaire se lézarde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 


 

 

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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 23:24

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Nucléaire : nouvelle déconvenue pour EDF en Grande-Bretagne

Le Monde.fr | 12.08.2014 à 07h46 • Mis à jour le 12.08.2014 à 14h00 | Par Eric Albert (Londres, correspondance)

 
 

 

Un arrêt de huit semaines a été décidé après une défaillance technique sur les chaudières des centrales de Heysham (photo) et de Hartlepool, en Grande-Bretagne.

 

EDF Energy, la filiale britannique de l'électricien français, a annoncé lundi 11 août la suspension soudaine de quatre réacteurs nucléaires dans le nord de l'Angleterre, représentant le quart de sa capacité de génération en Grande-Bretagne. Elle a pris cette décision inhabituelle après avoir détecté une défaillance technique dans l'une de ses chaudières.

 

Le problème a initialement été découvert l'an dernier dans sa centrale de Heysham, au nord-ouest de l'Angleterre. Une inspection de routine aux ultrasons a révélé un « résultat inattendu » dans l'une des huit chaudières du réacteur. Celui-ci a repris du service au début de l'année, à puissance réduite, mais EDF Energy a décidé de mener de plus amples tests. Débutés en juin, ceux-ci ont « confirmé la présence d'un défaut ».

 

 MESURE DE PRÉCAUTION

L'entreprise n'a détecté aucun problème similaire sur ses autres centrales, mais l'anomalie est suffisamment inquiétante pour qu'elle choisisse de mettre à l'arrêt les quatre réacteurs qui sont du même design, deux à Heysham et deux à Hartlepool (nord-est de l'Angleterre). La suspension est prévue pour une période estimée à huit semaines, le temps d'approfondir l'enquête.

Le défaut concerne le support central de la chaudière (« boiler spine »). Cette pièce soutient les différents tubes qui y sont installés. EDF Energy assure que la sécurité de ses centrales n'est pas mise en cause, et que leur arrêt temporaire est une mesure de précaution.

Pour l'entreprise, cette décision va avoir d'importantes conséquences financières. Pour le deuxième semestre, elle a revu à la baisse sa production maximale d'électricité de presque 9 %, à 30,1 Térawattheures.

 

 DÉCONVENUES EN SÉRIE POUR EDF

Ce problème vient s'ajouter à la longue liste de difficultés depuis l'acquisition en 2008 par EDF du parc nucléaire britannique, qui produit 20 % de l'électricité du pays. A l'époque, l'électricien français avait deux objectifs. Le premier était de bénéficier de terrains permettant de construire de nouvelles centrales, de type EPR (comme celle de Flamanville). Après bien des délais et une forte augmentation des coûts, un accord a été signé l'an dernier avec le gouvernement britannique et des investisseurs chinois en vue d'investir dans deux premiers réacteurs. L'entreprise est désormais en attente du feu vert de la commission européenne, qui doit décider si le soutien apportée par le gouvernement britannique dans ce projet constitue ou non une aide d'Etat.

Les explications : Nucléaire : les cinq leçons du contrat qu'EDF va signer au Royaume-Uni

Le second objectif était d'améliorer l'exploitation des quinze réacteurs existants, pour la plupart vieillissants. De ce point de vue, EDF Energy a multiplié les déconvenues. Une fuite dans le circuit de refroidissement à Dungeness, et des problèmes à Heysham et Sizewell avaient fait de 2010 une année noire. Depuis, les progrès étaient enfin au rendez-vous. L'année dernière a été la meilleure depuis huit ans en terme de production.

 

ETENDRE LA DURÉE DE VIE DES CENTRALES

EDF travaille aussi à l'extension de la durée de vie des centrales. Actuellement, Heysham et Hartlepool, les deux suspendues ce lundi, doivent être fermées en 2019, mais EDF espère obtenir cinq années de plus. Ensuite, quatre réacteurs doivent arriver en fin d'opération en 2023, l'année où la nouvelle centrale EPR doit en principe entrer en service. Cela éviterait une chute trop brutale des revenus. Restera enfin les deux derniers réacteurs : l'un qui devrait pouvoir être étendu de dix ans, pour le mener à 2028, et l'autre prévu pour 2035.

Eric Albert (Londres, correspondance)
Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 


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