Informations diverses

Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 16:25

 

 

Lettre d’information 30 septembre 2014

Samedi 11 octobre prochain, nous vous invitons à investir rues, routes et chemins pour dire non aux multinationales et à leur monde. Des actions auront lieu partout en France à l’occasion d’une journée commune de mobilisation. D’abord contre TAFTA, CETA, TiSA et les autres accords de libre-échange que les multinationales et les gouvernements des plus riches économies du monde tentent d’imposer au détriment des peuples et de la démocratie. La lutte contre les gaz et pétrole de schiste sera également à l’honneur à l’occasion de seconde édition du Global Frackdown. Et si ces deux motifs ne vous suffisent pas, vous pourrez vous mobiliser contre LeSalonQuiTue, la « World Nuclear Exhibition », premier salon international de la filière nucléaire organisé au Bourget, à peine plus d’un an avant la COP21 !

Plus d’informations sur la journée de mobilisation du 11 octobre

Actualité

TAFTA, CETA, TiSA, même combat

mardi 30 septembre 2014, par Attac France

La campagne TAFTA bat son plein depuis plus d’un an et les collectifs, en France comme en Europe et aux États-Unis, multiplient initiatives d’éducation populaire, interpellations et actions contre ce redoutable projet d’accord. Créativité et diversité sont au rendez-vous, mais il nous faudra, dès cet automne, redoubler d’effort : objectif, faire échouer les négociations en 2015 !

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Climat : effets d’annonce et vrais renoncements

mercredi 24 septembre 2014, par Attac France

Ce mardi 23 septembre, lors du sommet pour le climat organisé par Ban Ki-moon à New-York, François Hollande a annoncé que la France « contribuerait à hauteur d’un milliard de dollars sur les prochaines années » au Fonds vert pour le climat (FVC). Un décryptage élémentaire démontre que cette annonce apparemment spectaculaire est en réalité si minimaliste et si floue qu’elle en devient dérisoire.

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Campagnes

Au-delà de cent organisations des deux côtés de l’Atlantique dénoncent un accord qui enrichira les entreprises multinationales, au détriment des droits des populations

jeudi 25 septembre 2014, par Collectif

Le sommet Canada-Union européenne, qui s’ouvre ce 26 septembre à Ottawa, marquera la clôture des négociations de l’Accord économique et commercial global (AÉCG) entre le Canada et l’Union européenne.

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Pour que la campagne contre le projet d’accord transatlantique soit un succès !

lundi 22 septembre 2014, par Attac France

Vous le savez, le projet de traité transatlantique (TAFTA) est sur les rails. Son adoption porterait un coup terrible aux normes sociales, sanitaires et écologiques des deux côtés de l’Atlantique. L’accord UE-Canada (CETA) est encore plus avancé, alors que l’accord sur les services (TiSA) progresse.

Pour faire dérailler ces négociations, Attac s’implique à fond dans l’animation d’une grande campagne d’éducation populaire et de mobilisation en France, en Europe et avec nos partenaires nord-américains. Pour y parvenir, nous lançons aujourd’hui une souscription spéciale « campagne TAFTA 2014 » dont le produit nous permettra de renforcer notre action : édition de brochures, d’un livre, de tracts, de kits pour l’action et de tout matériel de campagne utile aux comités et militant⋅e⋅s sur le terrain.

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Climat : faire de Paris un Seattle de la finance carbone et des fausses solutions

mardi 30 septembre 2014, par Attac France

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, l’aéroport du Bourget, près de Paris, va accueillir la 21e conférence de l’ONU sur les dérèglements climatiques, la COP21. Six ans après le sommet de Copenhague, l’attention des médias internationaux devrait à nouveau se tourner vers le climat à l’occasion de cette nouvelle conférence qui est supposée aboutir, selon Laurent Fabius, à « un accord applicable à tous, juridiquement contraignant et ambitieux, c’est-à-dire permettant de respecter la limite des 2 °C ».

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Nouveaux mécanismes financiers, prépondérance du secteur privé, techno-sciences… un sommet des fausses solutions ?

mercredi 17 septembre 2014, par Attac France

Passer à l’action contre le changement climatique, oui. Promouvoir des fausses solutions, non. Ce d’autant plus que des pistes alternatives au business as usual existent et devraient faire l’objet du soutien politique et financier des institutions internationales et des gouvernements.

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CETA, marche-pieds pour l’Accord transatlantique

mercredi 10 septembre 2014, par AITEC, Attac France

Le texte de l’accord « CETA » formellement conclu le 5 août entre l’Union européenne et le Canada est maintenant établi.

La version « fuitée » aux alentours du 10 août est une version dite consolidée, c’est-à-dire qu’elle est présentée de manière organisée sans que la numérotation des articles soit réalisée. Le texte est daté du 1er août, c’est donc la version la plus récente existante. Elle n’a donné lieu, pour l’heure, à aucune publication officielle.

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Agenda

Journée européenne d’action contre le TAFTA le 11 octobre 2014


Quand ? Samedi 11 octobre
Où ? Partout en France (détails à venir)

Journée européenne d’action Stop TAFTA - CETA -TISA le 11 octobre
Mobilisations partout en France
Manif’action à Paris - rdv 14h30 place de Stalingrad

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Multimédia

Attac passe à l'action à Jersey

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Attac passe à l’action à Jersey

Walden Bello à l'ESU 2014 : Domination géopolitique des États-Unis

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Walden Bello à l’ESU 2014 : Domination géopolitique des États-Unis

Desmond D'Sa à l'ESU 2014 : Lutter contre les multinationales

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Desmond D’Sa à l’ESU 2014 : Lutter contre les multinationales

Khaled Gaïji à l'ESU : résister à l'agression publicitaire

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Khaled Gaïji à l’ESU : résister à l’agression publicitaire

Interview de Bernard Mounier, président de l'assocation « Eau Bien Commun (...)

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Interview de Bernard Mounier, président de l’assocation « Eau Bien Commun PACA »

Et vous, que feriez-vous pour relancer l'économie en France (...)

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Et vous, que feriez-vous pour relancer l’économie en France ?

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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 19:59

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Girouette 03/10/2014 à 08h24

Valls n’a pas toujours été franchement contre la GPA (il a même été pour)

Clément Guillou | Journaliste Rue89

 

Dans La Croix ce vendredi, Manuel Valls donne une interview sur la politique familiale du gouvernement, dans laquelle il affirme une opposition très ferme à la gestation pour autrui (GPA). A deux jours du retour dans la rue de la Manif pour tous et après que Nicolas Sarkozy a proposé d’inscrire dans la Constitution le refus de la GPA (oui, il a vraiment dit ça).

 

Dans cette course à l’échalote anti-GPA, il emboîte même le pas de Ludivine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, qui demande que la France « se batte pour son interdiction à l’international ». Le Premier ministre est plus nuancé :

« La France entend promouvoir une initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n’accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l’interdisent.

A la demande du président de la République, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, prendra dans les semaines qui viennent des initiatives pour trouver le cadre approprié. »

Le Quai d’Orsay, qui a quelques dossiers à gérer en ce moment, appréciera la mission.

« La GPA, si elle est maîtrisée, est acceptable »

Pour Manuel Valls, la GPA est « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes » et ne sera donc pas libéralisée. « La France n’a jamais varié sur ce sujet. »

Le Premier ministre ne peut pas en dire autant. Au Parti socialiste, il a souvent été dans le camp le plus libéral. En 2011, au magazine Têtu, il disait, au sujet d’un débat interne au PS sur la GPA :

« Je comprends que certains au PS aient peur d’une dérive vers une marchandisation du corps des femmes qui pourrait se révéler immaîtrisable. Mais au-delà de ces précautions, c’est une évolution qui est incontournable, à condition qu’elle soit encadrée.

Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable, et j’y suis donc favorable. A terme, je suis favorable à une évolution législative, mais contrairement au mariage, ce n’est pas la position du PS. »

Sur son blog, le journaliste auteur de l’interview Marc Endeweld est revenu en 2013 sur cette interview, après que les gouvernants socialistes ont changé d’avis sur la PMA. Manuel Valls semblait tout à fait conscient de ce qu’il disait et suite à la publication, « un de ses collaboratrices (ou collaborateurs je ne sais plus) contacta (l’auteur) pour (le) féliciter du rendu final ».

Hollande favorable à la transcription à l’état civil... en 2012

François Hollande, lui, a toujours été opposé à la GPA. Il s’était cependant dit favorable à la reconnaissance en France des enfants nés à l’étranger par GPA, par une transcription à l’état civil. C’était dans une interview accordée, quelques jours avant son élection, à Homosexualité et socialisme, un « groupe politique homosexuel proche du Parti socialiste » :

« Lorsque des enfants nés suite à une GPA légale à l’étranger reviennent en France avec leurs parents, il me semble nécessaire, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, de permettre la transcription sur les registres de l’état civil français de leur acte de naissance et de faciliter la reconnaissance du lien parent-enfant. »

La délicate question de la transcription automatique a été tranchée dans l’autre sens par le gouvernement, qui « exclut totalement », dit Valls, « la transcription automatique des actes étrangers, car cela reviendrait à accepter et normaliser la GPA ».

Les partisans de la GPA peuvent se rassurer en se disant que le couple Hollande-Valls a encore le temps de changer d’avis.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

 

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Mardi 23 septembre 2014 2 23 /09 /Sep /2014 23:11

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Comprendre le réchauffement climatique en 4 minutes

Le Monde.fr | 23.09.2014 à 12h01 • Mis à jour le 23.09.2014 à 16h47 | Par Marianne Boyer, Elisa Bellanger, Stéphane Foucart et Olivier Clairouin

 

 

 

Le Monde.fr | 23.09.2014 à 12h01 • Mis à jour le 23.09.2014 à 16h47 | Par Marianne Boyer, Elisa Bellanger, Stéphane Foucart et Olivier Clairouin

  Durée : 03:53  |  Images : Infographie "Le Monde" / Le Monde.fr  

Pourquoi l'homme est-il aujourd'hui considéré comme le principal responsable du changement climatique en marche ? Quel est exactement son impact sur les processus naturels qui régissent la planète ? Hausse des températures, élévation du niveau de la mer, acidification des océans… quelles conséquences auront concrètement ces évolutions sur notre environnement ? Explications et enjeux en moins de quatre minutes.

Le Monde.fr

 

 

Source : www.lemonde.fr

 



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Vendredi 22 août 2014 5 22 /08 /Août /2014 18:31

 

Source : www.lemonde.fr

 

Les produits électroniques usagés désormais repris sans obligation d'achat

Le Monde.fr | 22.08.2014 à 16h55 • Mis à jour le 22.08.2014 à 18h06 | Par Laetitia Van Eeckhout

  
 
Chaque Français produit environ entre 16 et 20 kg de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) par an.

Les distributeurs de produits électroniques et électriques sont désormais obligés de reprendre « gratuitement et sans obligation d'achat » les équipements usagés des consommateurs, selon un décret publié vendredi 22 août au Journal officiel.

Gros et petits appareils électroménagers, équipements informatiques, outils électriques et électroniques, télévisions, tablettes, téléphones portables, jouets et équipements de sport... : tous les équipements fonctionnant à l'électricité ou avec des piles sont concernés.

Selon ce décret, qui modifie le code de l'environnement en transposant une directive européenne de 2012, l’obligation de reprise concerne « les magasins disposant d'une surface de plus de 400 m2 dédiée à la vente d'équipements électriques et électroniques », soit les magasins spécialisés et certaines enseignes de la grande distribution. Les conditions dans lesquelles se fera cette reprise gratuite seront précisées ultérieurement par un arrêté.

 

 AMÉLIORER LE RECYCLAGE

Globalement, le décret vise à mieux encadrer la gestion des déchets électriques et électroniques, et à en améliorer le traitement et le recyclage. Ces équipements, dont les ventes annuelles ne cessent d'augmenter, génèrent des déchets en quantité importante qui croît de près 3 % chaque année. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui enregistre les quantités d'équipements mises sur le marché, collectées et traitées chaque année, chaque Français produit entre 16 et 20 kg de déchets d’équipements électriques et électroniques par an.

Or ces produits contiennent souvent des substances ou des composants dangereux pour l’environnement (piles et accumulateurs, gaz à effet de serre, tubes cathodiques, composants contenant du mercure, condensateurs pouvant contenir des PCB…). Par ailleurs, ils présentent un fort potentiel de recyclage des matériaux qui les composent (métaux ferreux et non ferreux, métaux rares, verre, plastiques…).

 

 GISEMENT IMMENSE

Selon l'Union européenne, deux tiers des déchets électriques et électroniques n'arrivent pas dans les centres de recyclage agréés, alors que le gisement est immense. Il est évalué à 50 millions de tonnes par an au niveau mondial.

Le décret intègre dans le code de l'environnement les objectifs européens en matière de taux de collecte des déchets d'équipements électriques. A partir de 2016, ce taux de collecte est fixé à 45 % du poids moyen des produits mis sur le marché au cours des trois années précédentes. Puis il sera porté à 65 % à partir de 2019 (ou 85 % du poids des équipements produits).
Ce texte encadre aussi plus strictement le transfert à l'étranger des équipements électriques et électroniques, pour éviter que les déchets ne soient exportés avant traitement vers un pays tiers. Ce qui se produit régulièrement notamment vers l'Afrique et la Chine.

Laetitia Van Eeckhout
Journaliste au Monde

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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Vendredi 22 août 2014 5 22 /08 /Août /2014 18:15

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Daniel Mermet veut poursuivre « Là-bas si j'y suis » sur Internet

LE MONDE TELEVISION | 22.08.2014 à 16h32 • Mis à jour le 22.08.2014 à 17h14 | Par Daniel Psenny

 
 

 Supprimée de la nouvelle grille de France Inter qui démarre lundi 25 août, l'émission « Là-bas si j'y suis », animée depuis 1989 par Daniel Mermet, devrait connaître une nouvelle jeunesse dès le début 2015 sur Internet. En effet, le producteur a décidé de poursuivre l'aventure à travers un site « Là-bas si j'y suis », construit sur le modèle d'arretsurimages.net créé par le journaliste Daniel Schneidermann.

Dès septembre, Daniel Mermet lancera une souscription pour financer cette nouvelle structure. Ultime provocation : il devrait la détailler devant la presse et les internautes le mercredi 27 août, le même jour que la conférence de presse de Radio France où seront présentées en détail les grilles de toutes les radios du groupe public.

 

 UN MEMBRE DE L'ÉQUIPE SANS AFFECTATION

Après de longues négociations au cours de l'été entre Daniel Mermet et la nouvelle direction de France Inter, une partie de l'équipe de « Là-bas si j'y suis » a finalement été recasée sur d'autres émissions. Seul un des membres de l'ancienne équipe est resté sans affectation. Quant au contrat avec Daniel Mermet, il n'a pas été renouvelé.

Laurence Bloch, la directrice de France Inter, avait justifié l'arrêt de « Là-bas si j'y suis » par la perte de 100 000 auditeurs en deux ans. Cette décision avait été très contestée par Daniel Mermet, qui s'était déclaré « consterné » dans un entretien au Monde.

Dès lundi 25 août, entre 15 et 16 heures, à la place de « Là-bas si j'y suis », France Inter proposera une nouvelle émission intitulée « Affaires sensibles », animée par le journaliste Fabrice Drouelle. Celui-ci racontera aux auditeurs les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué ces cinquante dernières années : le détournement de l'Airbus d'Air France en décembre 1994 par le GIA, Romain Gary et Emile Ajar, l'affaire de Tarnac, AZF à Toulouse

Daniel Psenny
journaliste

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

 

 


 

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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 19:21

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com


Cartouches 19/08/2014 à 12h25

A Ferguson comme en Egypte, vous êtes gazés par la même entreprise

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

 

Depuis le début des émeutes à Ferguson, dans le Missouri, les réseaux sociaux jouent un rôle important dans le cycle de l’information. Ces dernières heures, ce sont des photos de cartouches de gaz lacrymogène qui sont relayées par les internautes, comme le journaliste Robert Mackey, du New York Times, ou l’anthropologue anarchisant David Graeber. Ces derniers font le parallèle avec le matériel utilisé par l’armée israélienne.

A travers le fouillis des photos non-identifiées, on retrouve deux entreprises :

Voir l'image sur Twitter

Found what seems to be an undetonated "mini bang" cracker on W Florissant

 

  • le même a publié une photo d’un « magasin de balles en caoutchouc », qui semble venir de l’entreprise Safariland ;

 

Voir l'image sur Twitter

From same street: remains of "Triple Chaser" CS gas canister, "60 cal stinger" rubber bullet magazine; rubber bullets

  • un reporter du Saint Louis Magazine fait également état de cartouches de gaz lacrymogène visiblement produites par Combined Systems.
Voir l'image sur Twitter

Here's a shot of canister next to store sign, to prove I didn't fake it. Again, I'm told CS smoke is tear gas.

 

 

Ces deux sociétés sont spécialisées dans la fabrication d’équipements pour les forces de l’ordre et dominent le marché américain, avec une troisième baptisée NonLethal Technologies. En juin dernier, une étude estimait à 1,6 milliard de dollars (environ 1,20 milliard d’euros) le marché des « armes non-létales » en 2014.

« Ensemble, nous sauvons des vies »

Sur leurs sites respectifs, on retrouve les produits photographiés par les journalistes à Ferguson, accompagnés de slogans et de commentaires tels que « ensemble, nous sauvons des vies » ou « ces projectiles éviteront les violences ».


Le catalogue de Combined Systems (Capture)

Ces sociétés sont connues des manifestants partout sur la planète. Le groupe militant War Resisters League recense sur un site dédié les « preuves » de l’utilisation de leurs cartouches dans différents pays. Ainsi, le gaz lacrymogène de Safariland aurait été utilisé en Egypte, en Turquie et en Tunisie.

En 2011, Amnesty International expliquait que la société Combined Systems avait livré plusieurs tonnes de matériel au gouvernement égyptien alors secoué par le Printemps arabe. Ces livraisons massives avaient entraîné une attaque informatique du groupe Anonymous sur le site de la société. Les hackers affirmant avoir aspiré les adresses personnelles de clients et employés de l’entreprise.

Plus récemment, l’ONG israélienne B’Tselem a publié un rapport détaillé sur les munitions utilisées par Tsahal en Cisjordanie [PDF]. Combined Systems est là aussi amplement citée. Ce qui pousse une étudiante palestinienne à donner des conseils aux manifestants américains pour se protéger des gaz :

« La douleur va passer. Ne frottez pas vos yeux ! »

 

مريم البرغوثي @MariamBarghouti

Always make sure to run against the wind /to keep calm when you're teargassed, the pain will pass, don't rub your eyes! Solidarity

 

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 16:52

 

Source : www.lemonde.fr


 

Votre sèche-cheveux, prochaine cible des pirates informatiques

Le Monde.fr | 15.08.2014 à 15h10 • Mis à jour le 15.08.2014 à 16h46 | Par Yves Eudes

 


 
Avec l’avènement de « l’Internet des objets » et la prolifération des appareils émettant et recevant des signaux radio de toutes sortes, les interférences fortuites et imprévisibles pourraient devenir un nouveau problème de sécurité.

Depuis des décennies, les ingénieurs et les radioamateurs savent que certains coupe-circuits, installés par souci de sécurité dans les prises et les appareils électriques, sont sensibles aux ondes radio.

Si vous placez un émetteur près d’un grille-pain, et que vous diffusez un signal radio sur une fréquence précise, le coupe-circuit du grille-pain va réagir : soit il se déclenche, provoquant l’arrêt de l’appareil, soit au contraire il se met à chauffer, à siffler, à vibrer.

Si vous insistez assez longtemps, le fusible peut fondre. En théorie, avec une bonne antenne directionnelle et un émetteur puissant, vous pourriez donc éteindre les lumières chez votre voisin, ou faire fumer ses prises de courant, à travers les murs.

Jusqu’à présent, cette menace était restée abstraite – une expérience de laboratoire amusante, peut-être une arme futuriste pour une armée high-tech… Mais désormais, n’importe qui peut acheter sur Internet un émetteur radio multifréquences et une antenne pour quelques centaines d’euros – voire quelques dizaines, si on se contente de matériel d’occasion trouvé sur eBay.

Une démonstration impressionnante au DEFCON

Lors du DEF CON 2014, la grande conférence des hackeurs américains qui a lieu chaque année en août à Las Vegas, une ingénieure travaillant chez Intel (leader mondial des microprocesseurs), a fait une démonstration spectaculaire. Avec un émetteur standard (réglé sur une fréquence non divulguée) et une antenne râteau de soixante centimètres, elle a grillé en quelques secondes le coupe-circuit d’un sèche-cheveux, qui a expiré dans une gerbe d’étincelles.

Voir notre portfolio : Las Vegas, capitale de la cybersécurité pour une semaine

Dans sa présentation, Maggie Jauregui affirme avoir redécouvert ce phénomène toute seule, par hasard, dans sa salle de bains, un jour qu’elle se séchait les cheveux tout en discutant avec son fiancé sur un talkie-walkie – un scénario un peu compliqué… Elle précise qu’il existe des nouveaux coupe-circuits haut de gamme moins vulnérables, mais qu'à ce jour la plupart des fabricants continuent à utiliser des modèles classiques bon marché, très sensibles aux ondes.

Une augmentation des accidents domestiques ?

Or, avec l’avènement de « l’Internet des objets » et la prolifération des appareils émettant et recevant des signaux radio de toutes sortes, les interférences fortuites et imprévisibles pourraient devenir un nouveau problème de sécurité. Les accidents domestiques risquent de se multiplier, et pas seulement chez les geeks qui discutent avec leurs proches par talkie-walkie depuis chez eux…

Lire : « L'Internet des objets », entre ouvertures et libertés ?

Par ailleurs, on peut imaginer l’apparition de bandes de « radio hackeurs », inspirés par la démonstration au DEF CON. Ces nouveaux pirates pourraient répéter l’expérience de l’ingénieur, améliorer son procédé, et bricoler des engins capables de provoquer à distance des pannes électriques chez des particuliers, des entreprises, des services publics… Ainsi, un ordinateur pourrait être mis hors service en attaquant son câble d’alimentation, comme un vulgaire sèche-cheveux.

Les ampoules électriques déjà piratables

Ce n’est pas tout à fait de la science-fiction, car l’intégration des réseaux électriques et informatiques ouvre déjà aux hackeurs des nouvelles perspectives. En juillet, des experts en sécurité britanniques ont montré que les nouvelles ampoules électriques connectées par Wi-Fi, qui permettent de commander l’éclairage d’une maison avec un smartphone, pouvaient être piratées à distance, en passant par le routeur.

Ainsi, le hackeur pourra contrôler l’éclairage de la maison à travers Internet, par exemple pour allumer toutes les lumières à trois heures du matin. L’exploit est complexe, mais pour le réaliser, les experts affirment avoir utilisé uniquement des composants électroniques bon marché, en vente libre.

Yves Eudes
Grand reporter

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 13:28

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Qui sont les yézidis, cible des djihadistes en Irak ?

LE MONDE | 12.08.2014 à 13h03 • Mis à jour le 13.08.2014 à 07h20 | Par Sophie Gillig

 

 

Des yézidis dans la province de Dohouk en Irak le 7 août 2014.

 

 

C'est l'une des cibles des djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak : la communauté kurdophone des yézidis. Avec la prise de leur bastion, Sinjar, le 3 août, 35 000 yézidis ont dû fuir dans les montagnes, sans eau ni nourriture, sous une chaleur pouvant atteindre les 50 °C. Adorateurs du diable pour certains, païens pour d'autres, les membres de cette communauté sont persécutés depuis longtemps.

Lire les dernières informations : La Syrie en guerre accueille 1 000 familles de réfugiés fuyant l'Irak

  • Qui sont les yézidis ?

Les yézidis sont une communauté kurdophone qui compte entre 100 000 et 600 000 personnes en Irak, selon les estimations. Ils font partie des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, où leur croyance est apparue il y a plus de quatre mille ans. Leur principal lieu de culte est Lalech, dans le Kurdistan irakien, mais plusieurs milliers de yézidis habitent en Syrie, en Turquie, en Arménie et en Géorgie.

On compte d'importantes communautés en Europe, particulièrement en Allemagne, où vivent 40 000 yézidis.

  • Quelles sont leurs croyances ?

« Les yézidis ont enrichi leur religion par des apports coraniques et bibliques pour se camoufler des musulmans et des chrétiens afin de ne pas trop se faire remarquer », indique Frédéric Pichon, chercheur et spécialiste du Proche-Orient à l'université François-Rabelais de Tours. Le yézidisme est une religion monothéiste qui puise une partie de ses croyances dans le zoroastrisme, la religion de la Perse antique. Leur culte et leurs rituels se transmettent oralement, c'est pourquoi on ne devient pas yézidi, on naît yézidi.

Les fidèles de cette religion croient en un dieu unique, Xwede, qui fut assisté par sept anges lorsqu'il créa le monde, dont le plus important est Malek Taous, souvent représenté par un paon, symbole de diversité, de beauté et de pouvoir.

Comme pour les musulmans et les chrétiens, le bien et le mal occupent une place importante chez les yézidis. Présents dans le cœur des hommes, il ne tient qu'à eux de faire le bon choix.

  • Pourquoi sont-ils persécutés ?

Si les yézidis sont persécutés depuis la nuit des temps, c'est parce que les autres religions, que ce soit l'islam ou le christianisme, ont une interprétation erronée de leur culte. « En Irak et en Syrie, on les a pris pour des adorateurs du diable parce qu'ils ont fait une espèce de bricolage entre les deux religions du Livre », précise Frédéric Pichon. L'archange Malek Taous a ainsi faussement été pris pour le diable par les musulmans. Certaines pratiques et restrictions des yézidis peuvent paraître farfelues. Par exemple, les yézidis ne peuvent manger de laitue ou porter des vêtements bleus.

Ces pratiques ont contribué à créer une forme de mépris chez leurs voisins musulmans. « Les yézidis sont des adorateurs du feu, ce qui les fait apparaître comme des païens aux yeux des Syriens, complète Frédéric Pichon. L'islam n'a pas de considération pour cette religion, contrairement au christianisme et au judaïsme, qui sont tolérés. »

La tribune : « Soutenons les yézidis d'Irak, il y a un risque de génocide »

  • Quelle est la situation actuelle des yézidis ?

« La situation des réfugiés yézidis est particulièrement dramatique. Des populations entières sont dans le plus grand dénuement, ceux du Sinjar risquent de disparaître. Certaines familles rencontrées à Zakho, près de la frontière turque, ont marché pendant trois ou quatre jours », raconte Sébastien de Courtois, journaliste indépendant et producteur à France Culture, qui se trouve actuellement à la frontière turco-syrienne. « La peur panique se lit encore dans leurs regards. Les scènes de carnage qu'ils racontent sont insoutenables. Les forces de l'EI s'acharnent contre eux. Ils veulent tous les assassiner », ajoute Sébastien de Courtois.

D'après Frédéric Pichon, l'Etat islamique applique à la lettre la doctrine de l'islam conquérant. « L'EI est dans une logique de régénération de l'islam, dans une volonté de purification de la religion comme l'étaient les “Born again Christian” , les atrocités en moins », précise-t-il.

« Le problème yézidi n'est pas un problème religieux, c'est une question de domination totalitaire, renchérit Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Sciences Po. Une fois que l'EI en aura fini avec les yézidis, il s'en prendra à une autre minorité. »

 


Ce n'est pas la première fois que les yézidis sont persécutés. En août 2007, quatre attentats-suicides simultanés coordonnés par Al-Qaida en Mésopotamie avaient causé la mort d'environ 400 personnes, représentant l'attentat le plus meurtrier depuis le 11 septembre 2001.

Le déclencheur d'un tel carnage ? Les terroristes n'avaient pas supporté qu'un jeune garçon yézidi tombe amoureux d'une jeune sunnite, selon M. Pichon.

En 2001, 900 Kurdes d'Irak, originaires des régions pétrolières de Mossoul et Kirkouk, alors sous le contrôle de Saddam Hussein, avaient fait naufrage à bord du navire East-Sea, au large de Fréjus, dans le Var : 70 % des naufragés étaient de confession yézidie et disaient subir des persécutions au quotidien à cause de leur religion.

PS : une précédente version faisait état de la fuite de 400 000 yézidis. Selon les sources recueillies sur place par l'envoyé spécial du Monde, Jacques Follorou, le chiffre est de 35 000.

  • Sophie Gillig

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Informations diverses
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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 13:22

 

Source: blogs.mediapart.fr/blog/claude-hudelot


 

Simon Leys, pourfendeur clairvoyant de Mao et du maoïsme

Quand, en 1971, paraît sous l’impulsion de René Viénet Les habits neufs du Président Mao chez Champ Libre (*), que dirigent Gérard Guégan et Raphaël Sorin, ce livre-bombe signé « Simon Leys » se voit tout simplement boycotté par la presse française, à l'exception du Nouvel Obs et de dix lignes assassines signées A.B dans Le Monde, placé sous l’influence de deux maoïsants aveugles et redoutables, Alain Bouc et Patrice de Beer (1).   

Souvenons-nous camarades : toute l’intelligentsia « révolutionnaire » était alors fascinée par « le Président Mao » et par le Petit Livre rouge. Certains « maos » avaient même fait le voyage.

D’autres grands philosophes, et non des moindres, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, s’étaient faits piégés bien avant.

Après un voyage de ceux-ci en 1955, à l’invitation il est vrai du gouvernement chinois, celle-ci avait publié La Longue Marche (2), long témoignage se voulant sans « a priori » bourré d’inepties et de mensonges.

« Aucune démocratie populaire n’a jamais poussé  si loin le libéralisme. (…) En théorie du moins, il n’existe plus aucune restriction de penser. (…) Les intellectuels chinois se trouvent désormais en mesure d’inventer à neuf une idéologie exprimant adéquatement le monde nouveau ».

Plus graves, certaines affirmations sur les condamnations à mort – qui sont « rares » - ou sur les prisons – où « on travaille d’une manière productive » - en disent long sur l’aveuglement de Beauvoir, qui s’en prend à des deux rares intellectuels français ayant vu clairement le devenir réel de la Chine : René Etiemble et David Rousset.

Encore ceci : « On reproche à la Chine un trait qui lui serait particulier : elle incite les citoyens à la délation. Il a bien du pharisaïsme dans cette critique ». Simplement, plusieurs millions de Chinois en mourront. 

Mais le sommet est atteint avec Mao : « L’extrême simplicité de Mao Zedong, la tranquille confiance avec laquelle il va et vient, sans aucune protection policière, l’apparentent, non à Staline, mais à Lénine. Il y a d’assez nombreux portraits de lui en Chine, et on y chante volontiers une ou deux chansons en son honneur : sans aucune doute il est populaire et aimé. Est-ce le lot des seuls tyrans ? »

Dix ans plus tard, c’est la rencontre mythique entre Mao et Malraux. Trois heures selon notre grand écrivain ministre. En fait une petite heure, traduction comprise, comme le démontre preuves à l’appui Jacques Andrieu dans Perspectives chinoises N°37.

Simon Leys, qui mentionne l’article, épingle le grand écrivain dans L’Ange et le Cachalot (3) : « Il en ressort que ce fameux dialogue cosmique de trois heures, qui aurait confronté deux géants de la pensée, s’était réduit en fait à un fort modeste échange de platitudes diplomatiques et routinières (…). A un moment cependant, Mao, qui mijotait la Révolution culturelle, entrouvrit soudain une perspective singulièrement provocante : il évoqua l’état de corruption « révisionniste » dans lequel étaient tombés les milieux intellectuels et culturels, mais il suggéra qu’il serait possible de mobiliser la jeunesse pour purger la Chine de cette pourriture. En quelques mots, il y avait là le programme de la gigantesque explosion qui devait bientôt ébranler la Chine entière. N’importe quel interlocuteur un tant soit peu lucide et informé eût aussitôt saisi au vol cette invitation inespérée à sonder plus avant les desseins du Grand Timonier ; mais naturellement Malraux n’y vit que du feu, et Mao, avec une exaspération qu’il ne se donnait plus la peine de dissimuler, abrégea ce bavardage oiseux ».

Puis  vient donc la déferlante de la « Révolution culturelle ».

« Le fond de l’air est rouge » disait-on.

L’imposture chinoise, soutenue par de grands intellectuels, de grandes « consciences » et de nombreux politiciens qui se bousculent au portillon (de Mitterrand à Peyrefitte), fonctionne à l’échelle de la planète.

Les uns retiennent les leçons de stratégie de la « guerre révolutionnaire » ; les autres mettent l’accent sur le potentiel paysan ; d’autres encore sont séduits par le jusqu’au boutisme maoïste incarné par son fameux slogan « on a raison de se révolter », sa volonté de lutter encore et toujours contre la bureaucratie et d’établir une société égalitaire et idéale. Vision idyllique donnée non seulement par la propagande maoïste, mais aussi par ses zélés petits télégraphistes, de Simone de Beauvoir à Maria-Antonietta Macchiochi (4), en passant par Han Suyin et Philippe Sollers…

C’est l’époque de la Gauche Prolétarienne (GP), de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (PCMLF) et autres mouvements européens, du « Nous voulons tout, tout de suite » lancés par les maos italiens mais aussi des « maos-Spontex » et du mouvement Vive la Révolution !

Sous les apparences d’une révolution exemplaire se cachent en Chine la face noire du maoïsme et la vérité tragique des faits, que personne, ou presque ne veut voir.

Après René Etiemble et David Rousset – il faut relire certaines pages de Socialisme ou Barbarie – le flambeau hyper minoritaire de la critique est relevé dès 1967 par les situationnistes dans « Le point d’explosion de l’idéologie en Chine », signé par René Viénet (5). Comment ne pas citer ici un extrait de ce texte lumineux ?

« Les plus stupides (des débris gauchistes des pays occidentaux, toujours volontaires pour être dupes de toutes les propagandes à relents sous-léninistes) ont cru qu’il y aurait quelque chose de « culturel » où la presse maoïste leur a joué le mauvais tour d’avouer que c’était « depuis le début une lutte pour le pouvoir ». (…) Il est sûr que l’effondrement des politiques successives de la bureaucratie est la cause de l’acuité extrême du conflit. L’échec de la politique dite du Grand Bond en avant – principalement du faite de la résistance de la paysannerie – non seulement a fermé la perspective d’un décollage ultravolontariste de la production industrielle, mais encore a forcément entraîné une désorganisation désastreuse, sensibles plusieurs années (…). Quand la tendance de Mao a commencé son offensive publique contre le spotitions solides de ses adversaires, en faisant marcher les étudiants et les enfants des écoles embrigadés, elle ne visait dans l’immédiat aucune sorte de refonte « culturelle » ou « civilisatrice » des masses de travailleurs, déjà serrées au plus fort degré dans le carcan idéologique dans la rue, au service de cette tendance, l’idéologie du régime, qui est, par définition, maoïste ».

1967 : c’est très précisément cette année-là que Simon Leys commence à rédiger une chronique de la Révolution culturelle, qui sévit en Chine depuis un an, chronique qu’il poursuivra jusqu’en octobre 1969 et deviendra, en 1971 Les habits neufs du Président Mao. ( « Mais Papa, l’Empereur est tout nu », s’cria l’enfant. Hans-Christian Andersen Les Habits neufs de l’Empereur.)

Précisons ici que Viénet et Leys, à la différence de leurs courageux devanciers, lisent le chinois et peuvent éplucher toute la presse chinoise, qu'elle soit officielle, officieuse ou underground. Simon Leys, conscient de l'importance de ce travail, en a d'ailleurs dressé la liste à la fin des habits neufs. 

Un livre-bombe, malheureusement ignoré et passé sous silence. Seules quelques voix s’élèvent pour souligner la pertinence de l’analyse démontrant par a + b la seconde grande tragédie du régime maoïste.

Une de ces voix : celle de Jean-François Revel, qui préfacera plus tard les trois œuvres majeures que sont Les habits neufs du Président Mao, Ombres chinoises et Images brisées (6).

La première tragédie se nomme « Grand Bond en avant ». On sait aujourd’hui que cette « grande famine » provoquera la mort de 36 à 40 millions de morts. La « Révolution culturelle » sera à l’origine d’une centaine de millions de victimes : assassinats, suicides, mais aussi invalides, déportés et autres vies cassées, familles séparées, études et carrières brisées…

Non seulement Simon Leys décrit, avec une précision effroyable, la grande manipulation maoïste, grâce aux nombreuses sources auxquelles ce grand sinologue a accès à Hong-Kong, - qui tient à préciser ( Essais sur la Chine, p 228) « Tous les textes cités dans mon livre ont été directement traduits par moi-même » - mais il le fait avec un vrai talent d’écrivain. C’est une « plume ».

Un seul exemple : dans un de ses textes décapants, extraits de L’humeur, l’honneur, l’horreur  (7), dans le chapitre L’art d’interpréter des inscriptions inexistantes écrites à l’encre invisible sure une page blanche, il évoque les obstacles qu’un analyste de la Chine doit franchir : « Il doit interpréter le jargon communiste et traduire en langage ordinaire ces messages codés, cette langue hérissée de devinettes, symboles, rébus, cryptogrammes, allusions pièges et autres farces et attrapes. Comme ces vieillards sagaces, à la campagne, qui peuvent prédire le temps qu’il fera rien qu’en observant à quelle profondeur creusent les taupes et à quelle hauteur volent les hirondelles, il doit lire les signes annonciateurs des tempêtes et des dégels politiques, et déchiffrer un vaste assortiment de signaux bizarres : ainsi, tantôt le Leader suprême va prendre un bain dans le fleuve Bleu, ou bien, tout à coup, il écrit un nouveau poème, ou il organise un tournoi de ping-pong – pareils événements ont chaque fois des implications cruciales qu’il s’agit de mesurer et de soupeser. Il doit soigneusement noter toutes les célébrations de non-anniversaire ; dans les cérémonies officielles, il doit vérifier la liste des participants et observer l’ordre dans lequel leurs noms apparaissent. Dans les journaux, les dimensions, les caractères d’impression et la couleur des titres, aussi bien que l’emplacement et la composition des photos et des illustrations peuvent fournir des indications d’une importance décisive. Tous ces éléments obéissent, en effet, à des lois complexes aussi strictes et précises que les règles iconographiques qui gouvernent l’emplacement, le vêtement, la couleur et les attributs symboliques des figures d’anges, d’archanges, de patriarches et de saints dans une basilique byzantine ».

Tout Leys est là !

Je ne reviendrai pas sur cette critique acide et talentueuse, richement documentée, qui allait à l’époque contre tous le « main stream » ambiant. Notons d’ailleurs que Gérard Guégan et Raphaël Sorin, pour enfoncer le clou, rééditèrent l’ouvrage trois fois, - en 1972, 75, 77- avant que Gérard Lebovici ne poursuive ce qui s’apparentait encore à un combat contre la bêtise, la mauvaise foi et la cécité.

Depuis lors, le talent de Simon Leys s’est exercé avec bonheur dans bien d’autres domaines que la Chine.

Personnellement, sa disparition m’attriste d’autant plus que j’aurais beaucoup, beaucoup aimé réentendre sa voix cinquante ans après l’éclatement de la « Révolution culturelle ». (Lui-même tenait beaucoup à ces guillemets). Une voix douce, teintée d’un délicieux accent belge.

Nous nous connaissions depuis 1964.

Comme chacun sait, Simon Leys est un pseudonyme, « Leys » étant le patronyme du héros du roman René Leys écrit par Victor Segalen, , auquel il a d’ailleurs consacré un essai remarquable, L’ « exotisme » de Segalen (8).

Il se nommait Pierre Ryckmans et enseignait le français à l’Alliance Française de Hong-Kong dont mon père, Roger Hudelot, était le directeur.

Je me souviens d’un jeune homme maigre et barbichu, portant chemise de nylon blanche flottant sur son pantalon, sandales de cuir et lunettes d’intello.

Je me souviens aussi que mon père, qui appréciait tant son érudition et sa politesse, le grondait régulièrement car il lui arrivait parfois de débarquer  en retard dans les locaux de l’Alliance, qui donnaient sur Des Vœux Road, à Central.

Notre seconde rencontre date des années 74-78, dans l’un des studios de France-Culture.

En 1974, j’avais déjà réussi à convaincre Yves Jaigu, directeur de la chaîne, de consacrer un « après-midi » à l’ouvrage Révo.cul.dans.la.Chin.pop publié par René Viénet et sa bande en 10/18, sous la houlette de Christian Bourgois. (Seul le titre de l’émission avait posé problème. Pensez donc : prononcer un tel intitulé sur les ondes de France-Culture…)

Dans la foulée, j’ai proposé le nom de Simon Leys et effectué un premier très long entretien pour l’émission phare de l’époque, L’invité du lundi, puis un second.

De larges extraits de ces deux émissions ont été rediffusées l’été dernier par un producteur indélicat qui a réussi le tour de force de rendre un hommage ô combien mérité à ce grand pourfendeur….sans nommer une seul fois en ouverture ou à la fin de l’émission le producteur et intervieweur que j’étais, passons. (9)

J’espère d’ailleurs que France-Culture rediffusera bientôt ces deux émissions dans leur intégralité.

Simon Leys évoque non seulement le maoïsme, la révolution culturelle, la « bande des cinq » car il estimait à juste titre que Mao appartenait à ce funeste clan, mais aussi son amour immense d’un pays dont il connaissait l’histoire, la littérature, les arts comme personne.

Un seul autre sinologue de cette envergure, de cette ouverture, de cette culture, peut lui être comparé : c’est Jacques Pimpaneau, qui fut, pour beaucoup d’entre nous un maître, et partageait avec Ryckmans ce regard critique et lucide sur la Chine.

Ce dernier y débarqua très jeune – il avait, de mémoire, dix-neuf ans – lors d’un bref séjour avec d’autres étudiants belges au cours duquel ils rencontrèrent le Premier Ministre Zhou Enlaï. C’est ainsi que sa vie a basculé.

Les scoop médiatique qui fit sensation un peu plus tard, en 1983, c’est le face à face avec Maria-Antonietta Macchiochi chez Bernard Pivot, dans un Apostrophes d’anthologie (10). Ecrasant, magistral. France-Inter vient d’en rediffuser un court extrait au 13h. J’entends encore le rire gourmand de Pivot…

A vrai dire, Pierre Ryckmans, immense lettré auquel on doit par exemple la traduction de l’ouvrage culte du peintre Shi Tao, três tôt publié par les éditions Hermann, (11), petit livre allant curieusement de pair avec Eloge de l’ombre de Tanizaki,  Ryckmans était un grand timide. Sa courtoisie était légendaire.

Pour revenir aux années 1970, je crois me souvenir qu’il avait alors, muni d’un bagage universitaire très conséquent, espéré obtenir un poste dans une université française. Ce qui lui fut refusé, tant l’influence des « maos » et sympathisants était grande. D’où son installation dans cette lointaine Australie où il a vécu depuis et où il vient de mourir.

Déjà, en 1964, Pierre Ryckmans était marié à une jeune Chinoise tout aussi discrête et aimable que lui. Elle se nomme Hanfang. Le livre « Essais sur la Chine » de la collection Bouquins, si précieux, lui est dédié.

Comme ce modeste hommage à un immense démystificateur à qui je dois d’avoir, littéralement,  changé ma vie (12).

(*) J'ai oublié de signaler que l'image culte de la couverture était celle  du "Président Mao avec son grand manteau", image prise par Madame Hou Bo sur la plage de Beidaihe, lieu de villégiature de la nomemklatura chinoise, en 1954. Hou Bo fut "la" photographe officielle de Mao Zedong de 1949 à 1962 avant d'être évincée par Jiang Qing et de passer trois ans dans un laogaï.

PS. Je découvre à l'instant que l'ami Pierre Haski vient de rédiger un texte intitulé  Mort de Simon Leys, pourfendeur des intellectuels maoïstes français, fort bien tourné et juste. Je crois cependant que S.L avait d'abord et surtout voulu pourfendre Mao et tout ce qu'il incarnait. Qu'il ait éreinté - avec quelle verve! - les intellos maos français n'était, de mon point de vue, qu'un effet colatéral au demeurant réjouissant, tant la superbe de ceux-ci était méprisante. Il me revient un souvenir: lors d'un Salon de Mai, grand rendez-vous annuel de l'art contemporain, la bande à Tel Quel, au sein de laquelle sévissait l'artiste Louis Cane, vieille connaissance, avait choisi, au lieu d'exposer des peintures ou des sculptures, de présenter sur une très longue table à traiteaux, alignés comme à la parade, des dizaines d'exemplaires de "De la Chine", de l'innénarable Maria-Antonietta...J'ai osé dire à ce vieux ami tout le mal que je pensais de cet ouvrage inepte....avant de me faire agonir par "Loulou" et ses potes de l'époque... 

PPS. L'article de Philippe Lançon dans Libé de ce jour (12 août 2014) intitulé "Leys, mort d'un bookmaker chinois" (bon, je ne vais pas vous dire à quel film il est fait allusion tout de même, au risque sinon de me faire encore taxer de nombrilisme!) qui met l'accent à juste titre sur les immenses qualités littéraires de celui-ci enrichit notre vision. Il cite le dernier écrit de celui-ci, Studio de l'inutilité (Flammarion 2012) et rappelle aussi que le 11 décembre 1974, lors de la parution d'Ombres chinoises (d'abord en 10/18), "Libération, alors maoïste, n'en rend compte qu'en citant ces lignes de l'avant-proposn sans commentaire, dans la rubrique "A livre ouvert": "je n'ai nullement l'intention de mettre en question les accomplissements du régime mao-liuiste (la politique de Liu Shaoqi se trouve à nouveau appliquée dans tous les domaines) qui, mêm si elles n'ont pas toujours le caractère révolutionnaire que lui prêtent ses thuréféraires occidentaux, n'en sont pas moins considérables dans bien des domaines...Mon petit livre, loin de nourrir l'impudent ambition de rivaliser avec ces écrits...voudrait simplement leur servir de modeste complément..." 

La suite indique que ces phrases, ironiques, ne sont destinées qu'à parodier le style des suppôts du maoïsme, que l'auteur va ridiculiser. Mais le journal n'en dit rien." Fin de citation.

Je note que nos deux grands quotidiens, Libé et Le Monde, reviennent sur leurs propres errements à l'époque sur la question maoïste, que celle-ci soit chinoise - ici donc à propos de Simon Leys - ou cambodgienne ( voir ma note 1).

PPS. Je prends connaissance à l'instant de la nécro du Monde signée François Bougon. Classique. Ironie du sort, la mort de Robin Williams, plus "vendeuse", fait que celle de Simon Leys passe quelque peu à la trappe. Je relève ce passage: Dans la colonie britannique, il épluche, de 1967 à 1969, la presse chinoise pour la représentation belge afin de compléter son salaire d'enseignant et nourrir sa famille – son épouse est chinoise. A l'invitation du sinologue et éditeur René Viénet, proche de la mouvance situationniste, il rassemble ses observations sur la Révolution culturelle. " Une chose est certaine : sans lui, je n'aurais sans doute jamais rien publié – on pourrait dire assez littéralement que c'est Viénet qui m'a inventé ", écrit-il en 2003."

Contrairement à ce que j'ai écrit hier, Le Monde, comme Libé, fait amende honorable avec un article de Thomas Wieder.

 

                                                                        ***

 

(1)  Cf l'article de Thomas Wieder dans le Monde daté du 13.08.2014.

Cf aussi l’article  récent, édifiant, de Raphaëlle Bacqué in Le Monde : http://abonnes.lemonde.fr/festival/article/2014/07/24/le-jour-ou-le-monde-salue-l-arrivee-des-khmers-rouges_4461932_4415198.html

 Pierre Ryckmans / Simon Leys: « Le Monde m'accusa de répandre des mensonges fabriqués par la CIA » 

 (2)  La Longue Marche, Gallimard, Paris, 1957. Si je donne tant d'importance à ce livre hagiographique, c'est qu'il explique pour une part la formidable entreprise de mystification, nous dirions aujourd'hui d'enfumage, mise au point par un régime passé maître dans l'art de la propagande...(Voir à ce propos notre propre livre, Le Mao, co-signé avec le photographe Guy Gallice, Le Rouergue, 2009). 

 (3)  L’Ange et le Cachalot, Seuil, Paris, 1998.

 (4)  De La Chine, Seuil, Paris, 1971

(5)  Internationale Situationniste, (12 numéros), Librairie Arhème Fayard, Paris.

(6)  Préface écrite à l’origine pour la réédition d’Ombres Chinoises, Paris, Robert Laffont, 1978.

(7)  In L’humeur, l’honneur, l’horreur, Essais sur la culture et la politique chinoises, Editions Robert Laffont, Paris, 1991.

(8)  In L’humeur, l’honneur, l’horreur, Essais sur la culture et la politique chinoises, Editions Robert Laffont, Paris, 1991.

(9)  http://www.franceculture.fr/emission-grande-traversee-l-ombre-de-mao-archives-hommage-a-simon-leys-2013-08-30

Quel culot tout de même : s’approprier les deux seules grandes émissions jamais consacrées à Simon Leys, titrer « Hommage à Simon Leys », les signer avec « chapeau » plein d’émotions, de trémolos, et les diffuser…

(10) http://www.ina.fr/video/CPB83052216/les-intellectuels-face-a-l-histoire-du-communisme-video.html

(11) Les Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère (traduction et commentaire sous le nom de Pierre Ryckmans), IBHEC Bruxelles 1970, Hermann, 1984

(12) Ma reconnaissance et ma dette sont  telles que je lui ai dédicacé mes deux derniers livres: Mao, la vie, la légende (Larousse, 2001), "A la mémoire du docteur Li Zhisui. En hommage à Simon Leys et Jasper Becker" (auteur de "La Grande famine de Mao"), puis, en 2012, MAO, Horizons Editions, Londres: "In tribute to Simon Leys who opened our eyes to Mao's China". 

 

 

 


 

 

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