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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 16:56

 

Source : www.mediapart.fr

 

Vivendi : une présidence à 100 millions d'euros

|  Par martine orange

 

 

 

Avant de quitter la présidence du groupe, Jean-René Fourtou a exercé un dernier plan de stock-options, revendues tout de suite après. Résultat de cet aller-retour : 15,3 millions d’euros. En douze ans, il a accumulé un capital de plus de 100 millions d’euros.

Jean-René Fourtou est sur le départ. Après douze années passées à la tête de Vivendi, il s’apprête à céder le pouvoir à Vincent Bolloré, premier actionnaire du groupe, lors de l’assemblée générale prévue le 24 juin.

Le président du conseil de surveillance de Vivendi paraît occuper ses derniers jours à mettre toutes ses affaires en ordre. À la mi-mai, il a ainsi décidé de profiter d’un plan de stock-options qui traînait depuis dix ans. En quelques jours, selon les déclarations faites auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), il a exercé 904 609 options au prix de 17,48 euros. Ce qui représente la coquette somme de 15,8 millions d’euros. Dans la foulée, il a revendu 817 242 titres au prix moyen de 18,75 euros. Cet aller et retour lui a permis d’empocher 15,3 millions d’euros et de réaliser un peu plus d’un million d’euros de plus-value.

 

 
© Reuters

Le bénéfice peut sembler un peu maigre, selon les critères du CAC 40. Mais le président de Vivendi a eu, malgré tout, la chance de pouvoir le réaliser. Au moment de l’approbation du plan stock-options en 2004, le prix du titre avait été fixé à 20,67 euros, donc bien au-dessus du cours de l’action aujourd’hui. Le plan était donc normalement sans valeur.

Mais, comme l’a déjà relevé un journaliste de BFM, le prix de l’option a été abaissé de 20,67 à 17,48 euros, grâce à quelques « ajustements ». Profitant d’une facilité légale, qui autorise les groupes à recalculer le prix des plans de stock-options précédents en cas de distribution d’actions gratuites ou d’utilisation des réserves pour payer les dividendes, le conseil de Vivendi a abaissé par trois fois (2011-2012-2013) la valeur des options. « Cet ajustement, destiné à permettre aux bénéficiaires d’investir la même somme que celle prévue au moment de l’attribution des droits, s’est traduit par une augmentation du nombre d’options attribuées et par une réduction de leur prix d’exercice », est-il écrit dans le rapport annuel 2013.

Avec de tels subterfuges, le principe des stock-options est totalement détourné. Ce n’est même plus : « pile je gagne, face je ne perds pas » mais « pile je gagne, face, je gagne toujours ». Durant toute sa présidence, Jean-René Fourtou a beaucoup aimé les opérations en capital, une façon de prouver sa foi et sa confiance dans Vivendi, sans nul doute.  

Dès novembre 2002, alors qu’il a remplacé depuis à peine cinq mois Jean-Marie Messier à la tête de Vivendi, alors que la direction multiplie les déclarations alarmistes au point de se demander si le groupe peut en réchapper, il participe à une émission d’obligations remboursables en actions (ORA), lancée par le groupe. L’opération, qui prévoit une conversion sur la base d’une action pour une ORA, se fait au prix de 12,71 euros. Jean-René Fourtou souscrit à cette émission pour 19,9 millions d’euros dont les trois quarts (14,5 millions) par le biais de sa fondation personnelle, Jean-René et Janelly Fourtou, spécialisée dans le soutien à l’art et aux œuvres humanitaires au Maroc. Immense avantage de la fondation, les titres sont détenus en usufruit, ne sont pas soumis à l’impôt sur les plus-values et les propriétaires échappent à l’impôt sur la fortune. De plus, la fondation peut mener toutes les opérations qu’elle souhaite sans avoir à faire la moindre déclaration.

Trois ans plus tard, au moment de la conversion, le titre Vivendi cotait plus de 21 euros. Plus-value potentielle à cette date : plus de 12,8  millions d’euros. L’AMF, qui a enclenché une enquête pour délit d’initiés sur les dirigeants du groupe qui avaient participé à cette opération, notamment Jean-René Fourtou et Jean-Bernard Lévy, directeur général, les mettra hors de cause en octobre 2006. L’AMF précisera juste qu’à l’avenir les dirigeants des groupes ont l’interdiction de se livrer à de telles opérations.

Ayant renoncé à son arrivée à toucher une rémunération de façon momentanée – il sera payé dès 2003 –, le président de Vivendi s’était fait attribuer en 2003 et 2004 de très généreux plans de stock-options à très bas prix, en compensation : en moins de dix-huit mois, il était déjà attributaire de 1,5 million d’options. Ces plans seront complétés chaque année.

En juin 2007, Jean-René Fourtou décide d’exercer 2,4 millions d’options au prix moyen de 15,85 euros. Dans la foulée, il revend 1,4 million de titres au prix moyen de 31,66 euros. Grâce à cette seule opération, il empoche 44,3 millions d’euros, avec à la clé 6,3 millions d’euros de plus-values. Sans compter le million de titres conservés.

Chaque année, Jean-René Fourtou a continué à renforcer sa position. Parti de rien en 2002, il est officiellement détenteur de 821 815 actions Vivendi, dont un peu plus de 140 000 en usufruit. Au cours actuel, cela représente un capital de 15,8 millions d’euros. Mais il y a aussi toutes les actions qui ont été placées dans la fondation. Elles ont peut-être été vendues ou conservées. Si l’ensemble a été conservé, le capital accumulé dans cette fondation devrait avoisiner les 21,2 millions d’euros.

Ces titres rapportent en plus des dividendes. Entre 2009 et 2013, Vivendi a versé entre 1 et 1,40 euro par titre chaque année. Jean-René Fourtou a ainsi touché, sur cette période, une rémunération annuelle allant de 820 000  à 990 000 euros – pour les seules actions déclarées officiellement –, venant s’ajouter aux 700 000 euros de rémunération forfaitaire perçue au titre de président du conseil de surveillance de Vivendi. Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi Jean-René Fourtou s'est tant accroché à son fauteuil et ne s'est décidé à l'abandonner qu'après un coup de force de Vincent Bolloré, en septembre 2013.

En douze ans de présidence, Jean-René Fourtou a donc accumulé plus de 100 millions d’euros de capital. Lors de sa nomination, il avait assuré qu’il ne prenait la fonction que pour trois mois et qu’il ne demanderait aucune rémunération. Il avait été PDG du groupe pharmaceutique Aventis auparavant et avait déjà acquis une confortable retraite et une certaine fortune. Il n’avait besoin de rien d’autre, expliquait-il. Il promettait aussi de rompre avec les usages de Jean-Marie Messier, qui réclamait alors 22 millions d’euros d’indemnités de départ. Ces indemnités ne lui seraient pas versées, s’était engagé Jean-René Fourtou, se présentant comme le défenseur d’un capitalisme moral. Jean-Marie Messier n’a officiellement pas touché son parachute doré. Pour le reste...

En juillet 2002, au moment du départ de Jean-Marie Messier, le cours de Vivendi s’était effondré. L’action valait 17 euros. Douze ans plus tard, le cours est à 19,3 euros. Pendant douze ans, Vivendi a fait du surplace, pas son président.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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