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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 16:47

 

 Vies numériques 25/09/2012 à 12h53

 Martin Untersinger | Journaliste Rue89

 

 

Lundi, des messages privés auraient été rendus publics sur le réseau social. Si le « bug » reste à prouver, la réaction des utilisateurs devrait inquiéter Facebook.

 


Montage du symbole « J’aime » de Facebook inversé

Lundi soir, de nombreux utilisateurs français de Facebook affirmaient, sur les réseaux sociaux, que d’anciens messages initialement privés apparaissaient sur leurs « murs » (pages plus ou moins publiques). La plupart des médias ont signalé ce qui apparaissait alors comme un bug, y compris Rue89.

Plus tard dans la soirée, Facebook a catégoriquement nié tout problème et un porte-parole de Facebook s’est expliqué sur le site d’information TechCrunch :

« Nous avons vérifié toutes les alertes que nous avons reçues. Nous n’avons pas vu une seule fois [un message privé devenu public]. Il y a eu beaucoup de confusion parce qu’avant 2009, il n’y avait pas de “J’aime” et pas de commentaires sur les messages postés. Les gens faisaient des allers-retours entre les messages sur les murs au lieu d’avoir une conversation (dans les commentaires d’un seul message). »

Hallucination ou désinformation ?

Une preuve ?
Si vous disposez d’une preuve que vos messages privés ont été rendus publics (captures d’écran des messages et des e-mails de notification par exemple), n’hésitez pas à nous contacter.

Pour ma part, j’ai comparé les messages postés sur mon mur en 2008 et 2009, les messages privés de cette même époque et les e-mails de notifications de ces nouveaux messages privés (ceux que je n’ai pas supprimés) : je n’ai trouvé aucune preuve de ce fameux « bug ».

A Rue89, nous avons reçu des dizaines de messages qui nous assurent pourtant – sans pouvoir fournir de preuve – que des messages privés se sont bel et bien retrouvés publics.

Un blogueur relève que la limitation du nombre de caractères des messages sur les murs a été progressivement relevée au fil des années. Elle est par exemple passée de 160 caractères à 420 caractères en mars 2009. Or, on trouve des messages publics postés avant cette date dont le nombre de caractères est bien supérieur, ce qui tendrait, selon lui, à prouver que ces derniers étaient initialement privés. Cependant, certains de mes amis ont pu retrouver de vieux messages postés sur leur mur comptant plus de 420 caractères.

Pourquoi une telle réaction ?

Le flou règne encore. Mais l’affolement qui a accompagné cette affaire dit beaucoup sur le passé et le futur du réseau social, et sur la manière dont nous menons nos vies numériques.

La vie privée n’est « plus une norme sociale », estimait Mark Zuckerberg, le fondateur et patron de Facebook dans une interview début 2010. Il a d’ailleurs entièrement basé le modèle économique du réseau social sur ce paradigme : plus les gens partagent largement leurs informations, plus il est facile, théoriquement, pour Facebook de gagner de l’argent par la publicité.

Des habitudes qui changent

Le problème pour Facebook, c’est que la vie privée n’a jamais été autant d’actualité.

Ce mouvement de panique sur des messages qui pourraient être publics depuis plusieurs années montre d’une part que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, les internautes attachent beaucoup de valeur à leur intimité numérique.

La chercheuse Danah Boyd – célèbre pour ses recherches sur l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes – l’a montré à de multiples reprises pour les adolescents : ils sont très conscients des enjeux concernant leur vie privée.

Qu’il soit vrai ou faux, le bug montre d’autre part que la façon dont on se sert d’Internet en général et de Facebook en particulier a changé : notre seuil de tolérance à l’exposition de soi a diminué.

Tout le monde est sur Facebook

Notamment parce que si en 2008, Facebook était surtout peuplé par des jeunes et des étudiants, et se limitait le plus souvent à la sphère des amis proches, le réseau social a entre-temps conquis les foules et rassemble désormais près d’un septième de l’humanité.

Sur Facebook, nous ne fréquentons plus seulement nos amis proches, mais aussi nos collègues, nos patrons, notre famille éloignée, notre famille très proche ou de vagues connaissances.

En 2008, nous écrivions que Facebook allait se ringardiser comme une boîte de Palavas. Nous aurions pu ajouter que bientôt, nous ne verrons pas seulement Facebook comme un endroit démodé, mais également comme un endroit dangereux, où des cercles sociaux très différents cohabitent, où il est difficile de maîtriser ce que l’on dévoile.

La complexité de la vie numérique

Le réseau social a fréquemment été attaqué sur sa gestion de la vie privée : il a dû réagir au coup par coup et introduire des mécanismes de filtrage et de protection de la vie privée, pas toujours facile à mettre en œuvre.

Dès 2010, une étude de l’université de Berkeley montrait que si les utilisateurs de Facebook voulaient protéger leur vie privée, ils avaient du mal à maîtriser les paramètres de confidentialité proposés par le réseau social.

Cette complexité est inquiétante pour Facebook.

« J’avais tout le lycée sur mon profil. Je me sentais sous pression à devoir gérer mon image », confiait en juillet un adolescent au Figaro pour expliquer son désamour de Facebook.

Ce désamour grandit, notamment aux Etats-Unis, et touche ceux qui ont fait le succès du réseau social : les jeunes. En un an, le temps passé sur Facebook par les 12-17 ans a diminué de 40%, de 25% pour les 17-25 ans, selon une étude Comscore.

Cette affaire doit donc être un double rappel :

  • pour nous : à force de dérouler l’intégralité de nos vies sur les réseaux, souvent sur une seule plateforme, nous développons une forme de soumission à celle-ci ;
  • pour Facebook : le réseau ne devrait pas prendre l’agacement et l’affolement de ses utilisateurs à la légère. Plutôt que de forcer l’avènement de nouvelles normes sociales qui voudraient que nous rendions toutes nos vies publiques, il devrait prendre en compte toute la subtilité de nos agissements sur les réseaux, entre la pleine lumière de la transparence et la pénombre de l’intimité.

 

 

                                                                              ********************************

 

 

Rue89 - Bug 24/09/2012 à 18h58
Cinq choses à savoir sur le « bug » des messages privés de Facebook
Martin Untersinger | Journaliste Rue89

 

Depuis quelques heures ce lundi, les utilisateurs français de Facebook se demandent si un bug ne rendrait pas visibles des messages privés envoyés entre 2008 et 2009.

Si tel était le cas, il s’agirait d’un gros pataquès. Facebook a démenti toute rupture dans sa politique de respect de la vie privée, assurant qu’il s’agissait en réalité de messages anciens postés sur le mur des utilisateurs. Il s’agirait alors d’une grosse panique collective.

Des messages qui vous ont été adressés se retrouveraient donc postés sur votre « journal » (ce qu’on appelait à l’époque le « mur »).

Malgré les témoignages d’utilisateurs, Facebook dément avoir été victime d’un tel bug.

L’affaire a pourtant été jugée assez sérieuse par le gouvernement pour que la ministre déléguée au Numérique, Fleur Pellerin, et son ministre de tutelle, Arnaud Montebourg, publient un communiqué dans la nuit de lundi à mardi. Ils demandent à Facebook de s’expliquer devant la Cnil :

« S’agit-il d’une modification impromptue de la présentation des données qui a désarçonné les utilisateurs ? Ou y a-t-il eu rupture de confidentialité à travers la publication de messages privés ? »

1 Tous les utilisateurs ne seraient pas touchés

 


Dessin de Baudry

Tous les utilisateurs ne semblent pas être touchés par cette fuite. Dans la rédaction de Rue89, une petite moitié des inscrits a pu constater la brèche.

Selon certains de mes collègues, seuls les messages les moins compromettants se retrouvent publiés, grâce à un mystérieux « filtre ». « Il y aurait une justice », relève ainsi Imanol Corcostegui.

Une théorie à prendre évidemment avec des pincettes.

Vous pouvez donc constater l’éventuelle étendue des dégâts en vous rendant sur votre mur, en cliquant sur les années 2008 ou 2009 (dans la colonne de droite).

Pour le moment, la presse technologique américaine ne relaie pas ce bug, qui semble être limité à la France.

2 On peut se protéger

 

Très simple :

  • rendez vous dans vos paramètres de confidentialité ;
  • cliquez sur « journal et identification, modifications des paramètres » ;
  • puis sur le petit menu déroulant à droite de « qui peut voir ce que d’autres personnes publient sur votre journal » ;
  • puis « personnalisez » ;
  • enfin, cliquez, dans « ces personnes ou listes » sur « seulement moi ».

Cela rendra inaccessible tout ce que vos amis ont publié sur votre journal, donc sur les messages privés qu’ils vous ont adressés et qui se retrouveraient publiés.

Mais attention : cela n’affecte pas les messages privés que vous avez pu envoyer en 2008 et 2009. Il faut pour cela que vos amis eux-mêmes restreignent l’accès à leur journal, comme vous venez de le faire.

3 Nos vies sont de plus en plus connectées

 

Nos vies sont toujours plus connectées, semant toujours plus de données personnelles, sur des serveurs toujours plus nombreux, toujours plus éparpillés, pas forcément totalement sécurisés.

Le site InternetActu le constatait justement il y a quelques jours dans un excellent article intitulé « Nous ne serons plus jamais déconnectés ».

Autre danger que met en évidence cette faille, qui a dénoncé maintes fois par les « geeks » : il est dangereux de confier sa vie ou son travail à une seule plateforme.

4 C’est un bug qui tombe mal pour Facebook

 

Facebook est fréquemment englué dans des polémiques concernant sa gestion de la vie privée.

Ici, qu’il s’agisse d’un bug ou pas, Facebook n’y est sans doute pour rien. Reste que cette grosse mésaventure ne va pas arranger son cas, et peut-être susciter une prise de conscience sur les enjeux de la vie privée.

5 Le réseau social a démenti tout dysfonctionnement

 

Un porte-parole de Facebook Etats-Unis a déclaré à TechCrunch :

« Un petit nombre d’utilisateurs [...] a cru par erreur que des messages privés étaient apparus sur leur “timeline”.

Nos ingénieurs ont enquêté et découvert qu’il s’agissait d’anciens messages publiés sur leur mur et qui avaient toujours été visibles sur les pages de profil des utilisateurs. Facebook est confiant dans le fait qu’il n’y a pas eu de violation de la vie privée de ses utilisateurs. »

Selon un article de TechCrunch publié dans la soirée, « rien ne prouverait qu’il s’agisse de messages privés » mais plutôt « de messages postés sur le wall ».

Hallucination collective ou bien grosse plantade de Facebook ? Fouillez vos comptes Facebook, et envoyez-nous vos conclusions !

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