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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 20:57


 

C’est une étude retentissante que publie ce vendredi l’Institut national de la statistique et des études économique (Insee) et qui risque de marquer durablement le débat public : même si le chiffre n’y figure pas explicitement, elle suggère que le nombre des pauvres en France devrait bientôt franchir, sans doute en 2013, la barre symbolique des 10 millions de personnes.

Cette étude complète le triste paysage de l’économie française, tel qu’il se dessine depuis de longs mois. Alors que le nombre des demandeurs d’emploi vient de franchir la barre des 3 millions de personnes (et aussi, sans que l’on en parle, celle des 5 millions, si l’on agrège la totalité des différentes catégories de demandeurs d’emploi), l’Insee vient confirmer avec cette enquête que les fractures sociales générées par la crise vont bien au-delà de ces chiffres, et qu’elles génèrent des misères et des inégalités sociales innombrables. C’est donc au total un paysage social dévasté que l’on devine au travers de ces statistiques, ce qui, dans un choc en retour, va relancer les débats de politique économique sur la pertinence du choix de l’austérité fait par le gouvernement socialiste.

Il ne faut, certes, pas faire dire aux chiffres de l’Insee plus que ce qu’ils expriment. Car c’est au bilan de l’année 2010 qu’est consacrée cette étude portant sur les niveaux de vie des Français et donc aussi sur les niveaux de pauvreté. De 2011, il n’est pas question, et encore moins de 2012. Pour avoir une mesure très précise de ces évolutions, l’institut dépouille en effet toutes les séries disponibles sur les revenus fiscaux et sociaux des Français. Ce qui prend beaucoup de temps. La rigueur du travail des statisticiens a une contrepartie : les chiffres les plus récents sur ces questions pourtant décisives des niveaux de vie et de pauvreté datent toujours dans le meilleur des cas de deux ans. En quelque sorte, les gouvernements pilotent la politique économique et sociale à l’aveugle, sans avoir une mesure en temps réel des inégalités et de la pauvreté.

Mais, comme la crise n’a cessé de se creuser depuis 2010, il n’est guère besoin d’être grand clerc pour pressentir que les évolutions constatées par les statisticiens se sont forcément encore creusées depuis dans des proportions qui n’ont rien de mystérieux.

Il faut donc lire cette note, et comprendre les tendances qu’elle dresse pour 2010. Mais on ne peut guère s’empêcher d’essayer de pressentir aussi quelles ont été les évolutions depuis.

Voici donc cette note, que l’on peut télécharger ici ou consulter ci-dessous.

 

Un revenu médian de 1.610 € par mois

Pour 2010, cette étude présente des évolutions très inquiétantes : tous les Français ont perdu en niveau de vie, sauf les plus fortunés. Et du même coup la pauvreté a très fortement progressé, tout particulièrement parmi les plus jeunes.

Statistiques terribles ! Elles font ainsi apparaître que le niveau de vie médian des Français (50% ont plus, 50% ont moins) a été de seulement 19.270 euros cette année-là. Le niveau de vie est le revenu qui reste aux ménages après le paiement des impôts et cotisations et après la perception des prestations sociales. C’est en quelque sorte, ce qui leur reste vraiment dans la proche. Cette somme correspond a seulement 1.610 euros par mois. Ce seul chiffre donne la mesure des souffrances sociales du pays puisque un Français sur deux a donc un niveau de vie inférieur à ce seuil, qui est très faible. A titre d’indication, le Smic mensuel net est de 1.118 euros depuis début juillet.

Le niveau de vie des Français a donc baissé en 2010. Après avoir progressé de +1,7% par an en moyenne entre 2004 et 2008, ce niveau de vie a seulement augmenté de +0,4% en 2009, puis a baissé de -0,5% en 2010, en euros constants. Sous les effets de la crise et de la politique économique conduite par Nicolas Sarkozy à l’époque, les Français ont connu des difficultés croissantes de pouvoir d’achat. Et l’Insee prend bien soin de préciser – et la tendance est nouvelle – que toutes les catégories de Français ont été concernées par une baisse ou une stagnation, à l’exception notable des plus riches. « À contre-courant du reste de la population, le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 5 % de personnes les plus aisées repart à la hausse (+ 1,3 % en euros constants) », constate l'institut.

Conséquence de ces évolutions, le nombre de pauvres a donc lui aussi fortement augmenté, comme le révèle le tableau ci-dessous.

 

 

Par convention, les économistes définissent la pauvreté de la manière suivante : son seuil est fixé à 60% du niveau de vie médian. En France, en 2010, les pauvres sont donc ceux dont le niveau de vie était inférieur à 964 euros par mois.

Or, la tendance de 2010 est très inquiétante : elle fait apparaître une très forte hausse de la pauvreté. De 7,8 millions de pauvres en 2008 on est passé à presque 8,2 millions en 2009 et plus de 8,6 millions en 2010. Depuis que la crise a commencé, le nombre de pauvres augmente donc bon an mal an de près de 400.000. Ce qui fait naturellement froid dans le dos.

Mais il y a encore plus grave – et plus révoltant : les statistiques de l’Insee font apparaître que les premières et les principales victimes de cette avancée de la pauvreté, ce sont les plus jeunes. « En 2010, la progression de la pauvreté touche tout particulièrement les enfants : après + 0,4 point en 2009, leur taux de pauvreté progresse de 1,9 point, atteignant 19,6 % », écrit ainsi l’Insee. Autrement dit, et ce chiffre donne le tournis, près d’un enfant sur 5 en France vit sous le seuil de pauvreté.

Par comparaison, le taux de pauvreté, au total, est de 14,1% en France en 2010, en hausse de 0,6 point sur l’année précédente.

Les effets de la politique d'austérité

Dans ces chiffres, il y a un véritable réquisitoire des années Sarkozy. Mais il y a naturellement aussi une alerte pour le gouvernement socialiste. Pour plusieurs raisons.

D’abord ces chiffres, cumulés avec ceux du chômage, permettent de prendre la mesure des souffrances et  de la désespérance sociale du pays. Car il y a le noyau dur du chômage, qui est constitué de ces Français qui ne travaillent pas du tout et qui sont en recherche d’emploi – ceux que Pôle emploi regroupe dans la catégorie A des demandeurs d’emplois. C’est de cette catégorie seulement dont parle le plus souvent le gouvernement. Le ministre du travail, Michel Sapin, vient ainsi d’admettre que pour cette catégorie de demandeurs d’emploi, la barre symbolique des 3 millions venait d’être franchie.

Mais cette catégorie est très restrictive et ne prend pas en compte ceux qui recherchent un travail et  font un petit boulot ici ou là, pour survivre. Si on agrége l’ensemble de ces catégories de demandeurs d’emploi, beaucoup plus vaste, on a même franchi en juin, sans que personne n’en fasse la moindre publicité, la barre des 5 millions. Pour être précis, on dénombrait fin juillet 5,05 millions de chômeurs, au sens large. Voici les chiffres officiels de Pôle emploi.

 

 

Et puis, au-delà de ces 5 millions, il y a un cercle encore plus large, celui de la pauvreté. Or, dans ce cas, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sait à quoi s’en tenir : la tendance s’est naturellement encore creusée depuis 2010. Comme la crise économique s’est encore renforcée, contribuant à une hausse continue du chômage, il coule de source que le nombre de pauvres a forcément continué d’augmenter au même rythme, sinon à un rythme accéléré.

En prenant l’hypothèse modeste d’une hausse de 400.000 du nombre de pauvres par an, qui a été grosso modo la tendance des années 2009 et 2010, on aurait donc pu passer de 8,6 millions de pauvres en 2010 à environ 9 millions en 2011. A ce rythme-là, la France pourrait franchir la barre des 10 millions de pauvres à l’horizon de 2013.

Une question se pose : la politique économique et sociale du gouvernement a-t-elle été calibrée pour réduire des fractures sociales de plus en plus béantes ? A quelques petites mesures près, comme la revalorisation de la rentrée scolaire, il est difficile de le prétendre. On peut même craindre le contraire : la politique budgétaire d’austérité conduite par le gouvernement, tout comme la politique salariale restrictive, risque à l’inverse de creuser un peu plus la récession. Et d’accroître la crise sociale qui mine ce pays…

 

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