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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:26

 

Le Monde - alternatives.blog

 
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Les Verts de rage

Image d'un collectif "Vert de rage" trouvé sur Facebook... excusez-moi de reprendre ici un visuel au langage cru, familier et très militant, mais il est à l'image de ce qui circule dans les réseaux engagés actuellement... avec une certaine part de vrai qui fait sourire dans le message qu'il véhicule...

Ce n'est pas pour rien que Pierre Rabhi conseille depuis toujours de dire "bonne chance" plutôt que "bon appétit" avant de commencer à manger... Et ce n'est pas la première fois qu'un scandale alimentaire met au grand jour les excès des modes de production industriels. Le hic, c'est que celui-ci arrive dans un contexte de crise économique, sociale et environnementale encore plus généralisé qu'avant et c'est la confiance des consommateurs qui trinque.

Au-delà des conseils qui peuvent vous être donnés pour apprendre à décrypter les étiquettes de plats cuisinés, vous pouvez aussi agir pour changer vos habitudes alimentaires et par la même ce système qui se viande à force d'exploiter le vivant.
 

Réduire les distances

Les premières AMAP ont vu le jour en France au début des années 2000 : dans un contexte d'insécurité alimentaire, la proximité des approvisionnements apporte une réponse à la demande de traçabilité. Les locavores le savent bien d'ailleurs : manger local renforce les liens entre producteurs et consommateurs, redonne du sens à l'acte d'achat comme à l'acte de production, et cela dynamise le tissu économique local.

"À l’heure où les grands systèmes d’explication du monde et la plupart des structures de socialisation sont vécus comme en berne, le “local” reprend une place nouvelle dans les représentations et les attitudes. Investir un quartier, y développer des groupes affinitaires, partager les usages et échanger les services au plus proche reprennent un sens, à l’heure où le village planétaire semble ne pas tenir ses promesses de liberté, d’autonomie ou d’harmonie" analyse le sociologue Erwan Lecoeur, que j'ai eu l'occasion d'interroger au sujet du rapport des français au terroir en juin 2011.

La confiance que nous pouvons retrouver dans le contenu de nos assiettes ne se satisfait pas seulement de la limitation des distances parcourues. Les chercheurs L. Sirieix, G. Grolleau et B. Schaer ont montré dans leurs travaux parus en 2007 à quel point il faut être attentif aux différents types de distance perçue par les consommateurs: la notion de distance peut être spatiale, temporelle ou psychologique et cela détermine la façon dont les consommateurs s’impliquent ou se détachent de cette dimension. La distance spatiale est liée à l’industrialisation et à la spécialisation de l’agriculture qui sont telles que la nourriture vient de plus en plus loin. La distance temporelle fait référence à la longueur de la chaîne alimentaire, au temps séparant la production de la consommation des produits (conditions de préservation et de conservation des produits). Ces deux types de distance provoquent une distance psychologique entre les aliments et les consommateurs, qui ne savent pas bien ce qu’ils mangent.

C'est donc en recréant du lien avec les produits et les producteurs et en se rapprochant de la terre, qu'on peut s'assurer de ne plus être dégoûté de ce qui se passe actuellement.

Cuisiner

C'est bête à dire, mais pour retrouver ce goût des bonnes choses le mieux est de cuisiner... Savoirs et saveurs vont de pair, alors essayez tant que possible de vous y (re)mettre. Respecter les saisons et le rythme des cultures permet de redécouvrir la saisonnalité des produits, de cultiver les spécialités et même de redécouvrir des variétés anciennes. En vous approvisionnant via les circuits-courts (AMAP, Ruche qui dit Oui!, marchés de producteurs, etc.), vous allez cuisiner des produits frais et être plus au fait de ce qui distancie la fourche de votre fourchette !

De fait, un bon locavore anticipe les mois d'hiver et de rareté en préparant des conserves et des surgelés durant l'été: "les conserves, c'est du fast-food acheté à l'avance avec du temps" résume d'ailleurs avec justesse Barbara Kingsolver, auteure d'Un Jardin dans les Appalaches. Anticipez et cessez donc de vous faire avoir ! Il existe même des dispositifs spéciaux pour les étudiants et un kit transmedia sur l'alimentation intitulé "le kit Popote" vient d'être lancé par Le Vent Tourne sur le site de La Kolok (soutenu par l'ADEME).

Soutenir une autre politique agricole

Au-delà de ce que vous pouvez changer au quotidien en faisant vos courses, en jardinant ou en vous mettant aux fourneaux; il est nécessaire d'encourager aussi une évolution des politiques aussi bien publiques que privées.

En ce sens, plusieurs initiatives ont vu le jour récemment, comme "Des Produits d’ici, cuisinés ici", un label mis en place par le CERVIA (Centre Régional de Valorisation et d'Innovation Agricole et Alimentaire) afin de distinguer les restaurants proposant une cuisine à base de produits d’Île-de-France (voir la charte à respecter). De quoi permettre aux consommateurs de repérer le "fait maison" avec des produits de saison, cultivés dans la région et consommés localement... parmi les milliers de restaurants de Paris et d'Ile de France.

Lundi 25 février, un label Bio-Sud-Ouest-France a été présenté au Salon de l'Agriculture afin d'apporter au consommateur des garanties sur les modes de production, de transformation et sur l'origine locale des produits. Objectif affiché? Disposer de 500 produits labellisés en 2014, selon un cahier des charges très strict.

Enfin, la fondation Nicolas Hulot a lancé la semaine dernière la campagne I Field Good: la Politique agricole commune (Pac) va être réformée durant l'été 2013 et l'ONG attire ainsi l’attention sur la place et le rôle de l’agriculture dans notre société. En lançant le mouvement "J’me champs bien", elle souhaite rassembler le plus grand nombre de citoyens autour de la nécessité de changer quatre orientations de la Politique Agricole Commune. Parmi les témoignages apportés par les agriculteurs interrogés pour leur engagement dans un autre type d'agriculture, celui de Christophe Pontet illustre à mes yeux le type d'exploitation idéale avec lesquelles nous pourrions revaloriser le travail paysan, la culture respectueuse de la terre, des bêtes, et surtout garantir la traçabilité... Voyez plutôt :

 

 

N'hésitez donc pas à signer leur pétition, à relayer leur démarche et à promouvoir d'autres initiatives allant dans ce sens afin de mobiliser tant que possible autour de ces problématiques...

Et si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à compléter cet article en commentaires !

 Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

 

 

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