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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:15

 

 

Mercredi 10 Juillet 2013 à 01:20

 

Bruno Rieth - Marianne

Martin Esposito s’est installé durant deux ans à côté d’une décharge des Alpes-Maritimes pour en filmer la réalité. De cette « plongée » au cœur de nos ordures, il en a ramené « Super Trash », un long-métrage choc à voir absolument et diffusé, ce mercredi 10 juillet, en avant-première à Marseille.

 

 


Imaginez des collines d’ordures, des vallées de détritus, faites d’un mélange de plastiques, de déchets organiques, de carcasses animales et d’excréments. Le fracas permanent des centaines de camions qui déversent encore et encore, inlassablement, leurs cargaisons fétides. Imaginez maintenant l’odeur acre et irrespirable qui s’en dégage et les tourbillons de poussière emportés par le vent… Bienvenue à la « Glacière-sur-mer », poubelle à ciel ouvert, à deux pas de Cannes et du littoral méditerranéen. Pendant deux ans, Martin Esposito s’est établi dans ce dépotoir situé à Villeneuve-Loubet et en a filmé les moindres recoins, les moindres détails, revenant chaque jour se confronter à ces montagnes de déchets. Le résultat : Super Trash, un film de près d'1h15, aussi passionnant que choquant.
 
Initialement, son projet était de faire le tour du monde des cimetières à déchets. Cette idée lui était venue après avoir vu le film Une vérité qui dérange d’Al Gore en 2006. Il décide alors de commencer son voyage par le pays qu’il connaît le mieux et qui lui semble le moins problématique. « J’ai toujours cru que tout allait bien ici, en France. Je pensais qu’on était dans un pays sans gros problèmes écologiques. Je pensais que je pouvais faire confiance ». Il choisit donc comme point de départ une décharge de la Côte d’Azur qui se situe à quelques kilomètres de la maison de ses grands-parents. Le tournage ne devait durer que deux semaines, il durera deux ans jusqu’à la fermeture de celle-ci en 2009.
 
Durant ces longs mois où il vit à une centaine de mètres de ce cimetière d’ordures, au rythme frénétique du va-et-vient des camions-bennes et bulldozers, l’ex-champion de winsurf va filmer ses errements à travers les nuages toxiques et les découvertes insolites.

Surconsommation et « green washing »

A travers ce lieu, c’est un peu notre société, surconsommatrice à l’excès, que Martin Esposito filme. « Dis moi ce que tu jettes et je te dirai qui tu es », semble nous dire le réalisateur. Le constat du film est édifiant. Des tonnes de nourritures encore froides, tout juste sorties du congélateur et consommables, atterrissent dans les immondices. Tout comme des mètres de plaquettes de médicaments, des dizaines de livres et de Larousse qui pourraient venir étoffer les rangées des bibliothèques, des photos de familles, du courrier privé, des meubles à peine abimés et même… des cercueils d’enfants.
 
Si avec son film, Martin Esposito se garde bien d’accuser ouvertement, il met malgré tout en lumière les petites libertés que s’accordent certaines structures quant à leur respect du tri sélectif et leur volonté affichée de limiter leur impact environnemental. Le long-métrage montre ainsi la face cachée du plus glamour des événements qui puissent exister : le Festival de Cannes. Le célèbre tapis rouge est changé trois fois par jour, ne servant qu’une seule fois par montée des marches, et se retrouve directement à La Glacière. Un employé de l’événement confie même que pour changer les tapis, « ça coûte 2 500 euros à chaque fois ». Et en plus de ces kilomètres de tapis rouge, on retrouve aussi tous les matériaux de décors et de communication qu’entraine cet événement. Pas évident ensuite, pour les organisateurs, de jouer la carte de l’éco responsabilité…


L’impact environnemental

Fervents adeptes du tri sélectif et des poubelles bleues, vertes et jaunes, fermez les yeux. Ou plutôt, ouvrez les grands. Vous risquez quelque peu de déchanter. Le film montre en effet à voir que trier ne servirait finalement pas à grand-chose. Au milieu des carcasses de volailles, des liquides provenant des fosses septiques et des magazines pornos, des conteneurs entiers de bouteilles de verre, préalablement triées, y sont finalement déchargés. Question recyclage et valorisation des déchets, il faudra revenir.
 
Plus alarmant encore sont les récits des employés du site. A force de revenir chaque jour à la Glacière, de la parcourir sans relâche, de devenir peu à peu un des éléments de ce triste décor, Martin Esposito va réussir à gagner leur confiance. D’abord hostile à la caméra - ils resteront méfiants jusqu’au bout et témoigneront toujours anonymement - les ouvriers vont se mettre à parler, à en dévoiler son fonctionnement et ses secrets. Leurs histoires sont sans appel.
 
Certains expliquent que dans le passé des fûts d’arsenics, qui doivent normalement être traités à part, ont été enterrés dans la déchetterie sans qu’aucune précaution particulière n’ait été prise. D’autres affirment que des camions viennent régulièrement déverser des boues d’épuration et des hydrocarbures sur les ordures alors que de telles pratiques sont formellement interdites. D’après eux, une enquête de gendarmerie serait même en cours…
 
Se pose alors la question du problème de l’étanchéité de la « zone » et des fuites de lixiviat, ce liquide poisseux issu des décharges. Selon Richard Camou, le Maire de Villeneuve Loubet, que l’on voit durant une réunion publique ainsi que Raymond, acolyte de Martin Esposito durant le tournage et défenseur infatigable de la nature, il y aurait eu des écoulements importants de lixiviat dans une rivière qui jouxte le site, drainant ainsi les éléments toxiques jusque dans la mer. En clair, cette vieille dame qu’est la Glacière aurait eu des fuites à l’origine d’un véritable scandale écologique…
 
On ressort de la séance de Super Trash lessivé, écœuré même, et légèrement claustrophobe, la faute surement à ces tonnes de déchets qui semblent pouvoir vous ensevelir à chaque instant. Mais on en ressort surtout choqué par cette gestion catastrophique et irresponsable des déchets. Le film, à mi-chemin entre le road-movie et le documentaire, est un vrai électrochoc qui réveille les consciences. Et après, qu’est ce qu’on fait ? Est-il déjà trop tard ? Pas selon Martin en tout cas « Pour quelles raisons ai-je fait ce film ? Je crois qu’il n’est pas encore trop tard. Nous pouvons encore arrêter ce désastre. On doit agir. On doit se remettre en question, revoir toute la chaîne de production et de consommation… du début à la fin ».


« Super Trash ».  Un film de Martin Esposito. Sortie nationale le 9 octobre 2013. Durée 1h14. Distribution Kanibal Films Distribution. Production : Mother & Son et In Production.
Avant-première : 
Mercredi 10 juillet à 20 heures. Cinéma Variétés, 37 rue Vincent Scotto 13001 Marseille.
Pour en savoir plus : consultez le site Supertrashlefilm.com  ou la page spéciale que nous lui avons dédié sur Marianne.net

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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