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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 17:14

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le ministre Kader Arif démissionne

|  Par Mathieu Magnaudeix et Michel Deléan

 

 

 

Le secrétaire d'État Kader Arif a présenté sa démission ce vendredi, au lendemain des révélations de Mediapart. Une perquisition l'avait visé le 6 novembre, dans une enquête sur des marchés passés par le conseil régional de Midi-Pyrénées à une société dont les associés sont le frère, la belle-sœur ou les neveux du secrétaire d'État aux anciens combattants.

Jusqu'ici, Kader Arif disait n'être « absolument pas » concerné par l'enquête judiciaire sur les sociétés de certains de ses proches, enquête préliminaire ouverte le 10 septembre à Toulouse. « Ce sont des affaires qui ne me concernent absolument pas », avait-il déclaré aux médias le 11 septembre, en marge d'une visite ministérielle dans le Pas-de-Calais. Pourtant, ce vendredi matin, au lendemain de nos révélations, le secrétaire d'État aux anciens combattants a présenté sa démission à Manuel Valls et à François Hollande.

En tout début d'après-midi, alors même que le ministre n'a pas été mis en examen, l'Elysée a annoncé avoir accepté cette démission « afin d’apporter toutes les précisions visant à l’établissement de la vérité dans le cadre de l’enquête préliminaire menée par le parquet financier dans laquelle son nom est cité ». Une formulation qui semble indiquer que les enquêteurs ont établi un lien entre Kader Arif et les sociétés en question. « Mon nom est cité dans le cadre d’une enquête préliminaire », a confirmé Kader Arif dans un communiqué adressé vendredi à l'Agence France Presse. Kader Arif, qui était chargé des commémorations du centenaire de la guerre de 1914-1918, dit avoir démissionné « par respect pour la fonction ministérielle . « Cette décision est aussi l'expression de ma loyauté totale au président de la République et au Premier ministre », ajoute-t-il. 

Le sénateur socialiste de Moselle Jean-Marc Todeschini, homme fort du parti en Lorraine, est nommé pour le remplacer – Mediapart l'avait épinglé en 2011, Todeschini employant sa fille comme collaboratrice.

Comme Mediapart l'a révélé, les bureaux du secrétaire d'État aux anciens combattants, placé sous l'autorité du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, ont été perquisitionnés le 6 novembre, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en septembre sur des marchés publics attribués par le conseil régional de Midi-Pyrénées à des parents de Kader Arif.

De source proche de l'enquête, la perquisition a été menée par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), service de police judiciaire spécialisé dans la lutte anti-corruption. Les bureaux visités sont ceux de la sous-direction des achats du ministère. Il s'agissait pour les enquêteurs de vérifier la passation de marchés avec les sociétés des proches d'Arif. Des documents ont été saisis et sont en cours d'exploitation, a-t-on appris de même source. Sollicité jeudi par Mediapart avant la publication de notre article, le cabinet de Kader Arif n'avait pas souhaité réagir (voir notre boîte noire).

Le 10 septembre, l'annonce de l'ouverture de cette enquête préliminaire par le parquet de Toulouse avait fait du bruit. Kader Arif est en effet un très proche de François Hollande. Il fut un des piliers du "club des 3 %", ces quelques soutiens qui ont entouré François Hollande lorsqu'il n'était qu'un outsider dans la course à l'Élysée, au plus bas dans les enquêtes d'opinion.

D'origine modeste et fils de Harki, Arif, 54 ans, arrivé en France à l'âge de trois ans, a grandi dans le Tarn, à Castres. « Je suis totalement français, fils de la République et en même temps, né à Alger, fils d’Algériens analphabètes de culture musulmane », disait-il en mars dernier à Libération.

La légende veut que Jospin, alors homme fort du PS et élu de Cintegabelle, ait fait sa connaissance par hasard. « Kader Arif était là dans un café à jouer au flipper, et il a invectivé Jospin », rapporte un socialiste de Haute-Garonne. Les deux hommes ont sympathisé, avant que Kader Arif ne soit embauché comme chauffeur. Le début d'une ascension dans l'appareil du PS de Haute-Garonne, une des grandes "fédés" du parti: chargé de mission auprès de Jospin en 1988, premier secrétaire du PS local de 1999 à 2008, député européen en 2004 réélu en 2009, député en 2012. En 2002, après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, Arif, premier fédéral et fidèle d'entre les fidèles de Jospin, console des militants abasourdis:

 

 

Dès 2002, Arif devient secrétaire national du PS, chargé de l'international puis des fédérations, un poste clé, de 2005 à 2008. François Hollande est alors le premier secrétaire du parti. Kader Arif sera ensuite une des chevilles ouvrières de la campagne des primaires socialistes de François Hollande. Lors de la campagne présidentielle, il pilotait le pôle "coopération" de l'équipe du candidat. Depuis mai 2012, il était un membre du gouvernement aussi discret qu'inamovible, proximité avec le chef de l'État oblige. D'ici un mois, il pourra revenir siéger à l'Assemblée nationale.

 

De gauche à droite: Jean-Yves Le Drian (ministre de la défense), François Hollande, Kader Arif 
De gauche à droite: Jean-Yves Le Drian (ministre de la défense), François Hollande, Kader Arif © Reuters

La justice s'intéresse à une série de marchés passés entre le conseil régional de Midi-Pyrénées, présidé par le socialiste Martin Malvy, et deux sociétés, AWF Music (liquidée en mai 2014) puis AWF, dont les associés sont le frère, la belle-sœur ou les neveux du ministre. Elu dès 1999 à la tête de la puissante fédération de Haute-Garonne, eurodéputé de 2004 à 2012, Kader Arif n'a jamais été conseiller régional. Mais il est suspecté d'avoir aidé à ces attributions de marchés. L'enquête a été déclenchée suite à un signalement à la justice de l'opposition UMP-UDI du conseil régional de Midi-Pyrénées, alertée par des concurrents malheureux d'AWF.

Depuis la mi-septembre, le dossier avait été dépaysé au Parquet national financier (PNF), service spécialisé dans la lutte contre la délinquance financière et la fraude fiscale annoncé fin 2013 et créé en mars 2014, en réaction à l'affaire Cahuzac.

Ces deux sociétés, spécialisées dans la production de spectacles et la sonorisation, ont été depuis 2009 chargées de l'organisation d'événements pour le compte de la région – 242 prestations entre décembre 2009 et juillet 2014 selon l'opposition, soit environ une facture par semaine, pour un montant global de 2,046 millions d'euros.

La société s'est également occupée de certaines prestations pendant la primaire socialiste puis lors de la campagne présidentielle de François Hollande. AWF Music était notamment chargée de la réalisation de certains meetings du candidat François Hollande.

Selon le procureur de la République de Toulouse, le signalement de l'opposition fait état « d'anomalies dans les relations contractuelles existant entre la région et certaines sociétés ». L'opposition s'interroge sur les modalités de certains marchés, soupçonnant d'éventuels favoritismes ou de possibles surfacturations.  

En 2008, un premier marché de sonorisation et de structures scéniques a été conclu pour deux ans. Le montant prévu (179 000 euros) est atteint en un an. En 2009, un contrat « relatif à la fourniture de concepts visuels, à l'agencement et à la décoration d'événements organisés par la région » est passé pour 4 ans. Estimé à 340 000 euros, il a finalement atteint plus de 1,7 million d'euros. En 2013, un autre appel d'offres a dû être annulé pour « insuffisance de concurrence » car deux des sous-missionnaires, AWF et All Access, avaient en fait le même gérant. Finalement, un nouvel appel d'offres a été lancé en 2014, lui aussi remporté par AWF. Le marché est estimé à 2,8 millions d'euros. Selon le conseil régional, ce contrat est toujours en cours.

Martin Malvy, le président du conseil régional, qui dénonce une « campagne de dénigrement », a toujours réfuté que Kader Arif soit « intervenu ni directement ni indirectement pour favoriser l’attribution d’un marché qui concerne la Région et elle seule », et des « factures fictives » aient été « émises ». « Les marchés (…) attribués l’ont été au terme d’appels d’offres qui ont fait l’objet de larges publications d’appels à la concurrence », insistait-il dans son premier communiqué, publié le jour de l'annonce de l'ouverture d'une enquête préliminaire. Le 12 septembre, une perquisition a eu lieu au conseil régional. À cette occasion, les enquêteurs ont « rencontré la haute administration du conseil régional », confirme un porte-parole.

Au PS, les réactions ne se bousculent pas. « C'est logique avec la culture de la transparence voulue par François Hollande. C'est bien qu'il puisse s'expliquer sans que cela interfère sur le travail du gouvernement », s'est félicité Corine Narassiguin, porte-parole du PS. « Personne n'est au-dessus des lois en France. La justice fait son travail. La démission de Kader Arif, c'est la République exemplaire », a également commenté le député PS Alexis Bachelay, un des rares à s'exprimer. « Arif était au gouvernement pour la simple raison qu'il est le factotum de Hollande qui a rendu des services pendant quinze ans, réagit un autre parlementaire socialiste, proche de l'aile gauche du PS. On ne va pas le pleurer ou le regretter. »

 

Boîte noire :

Notre article Marchés publics: le ministre Kader Arif a été perquisitionné a été mis en ligne jeudi 20 novembre dans l'après-midi. Cet article, mis à jour en temps réel vendredi après l'annonce de la démission du ministre, en reprend une partie.

Sollicité mercredi 19 novembre dans l'après-midi, relancé depuis, le cabinet du secrétaire d'État a bien accusé réception de notre demande. Kader Arif revenant d'Australie où il a accompagné François Hollande, j'ai informé mercredi soir le cabinet que l'article paraîtrait à 13 heures, pour laisser au secrétaire d'État ou à son entourage le temps de réagir. Jeudi matin, un collaborateur de Kader Arif m'a encore promis « un retour d'ici 13 heures ». Puis a envoyé un SMS à 12 h 45: « Pas de réaction de notre part. »

 

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 


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