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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:02

 

 

Rue89 - Le Yéti
voyageur à domicile
Publié le 26/11/2012 à 11h02

 

 

Plus nous nous enfonçons dans la crise de la « Grande perdition », plus les dirigeants affichent leur totale impuissance (sinon leur manque flagrant de volonté) à prendre les mesures qui s’imposent, et plus il apparaît que l’issue de cette lamentable aventure ne se fera pas sans violents et pénibles épisodes.

Qui aujourd’hui sérieusement aperçoit les lueurs au bout de ce sombre tunnel ? Des années durant nous avons vécu dans une sphère irréelle, avec des ambitions démesurées d’infinis pitoyablement limités. Trente années de dérives pathétiques, d’addiction navrante à des « richesses » de pacotilles, de fuites en avant aussi hypnotiques qu’aberrantes.

Pour en arriver où ? Nous voyons bien aujourd’hui que ceux qui prétendent mener le monde à la baguette sont dépassés par les évènements qu’ils ont déclenchés. Nous voyons bien que ceux-là sont incapables de dévier des chemins imbéciles qui les mènent au précipice.

L’improbable hypothèse politique

Le souhait le plus ardent qu’on puisse avoir est bien sûr celui d’une solution politique. Mais ce qui est déjà difficilement possible en Amérique latine, ce qui est à peine accepté dans un petit pays comme l’Islande, devient offense insupportable quand elle émane de puissances comme les nôtres.

Qu’un pays comme la France ou la Grèce en viennent à rompre politiquement avec le vieux monde en perdition, et c’est tout l’échafaudage de ce dernier qui achève de se disloquer, tant les choses sont désormais mondialement imbriquées. Qui croit un instant que le camp d’en face accepterait un tel camouflet sans réagir ?

Les référendums sont bafoués ou purement et simplement annihilés. La troïka a remplacé la démocratie. Et la question qui se pose n’est plus de savoir quand ils s’assoiront à la table des négociations, mais quand ils remplaceront les balles de caoutchouc de leurs cerbères par des vraies. Croyez-vous vraiment que ceux d’en face sont disposés à reculer ?

Violences d’Etats et insurrections populaires

On sait la propension des empires finissant à se réfugier dans les guerres. On sait combien alors l’irrationnel et l’absurde tient lieu de viatique. Dites-moi donc l’intérêt qu’avaient les forces occidentales à s’embourber en Afghanistan et en Irak, sinon à y griller pour rien des milliards de dollars et à se ridiculiser pour en repartir la queue basse ?

Aujourd’hui les tensions montent un peu partout dans le monde. Le commerce des armes n’a jamais été aussi florissant. Menaces sur l’Iran. Multiplication des périls au Moyen-Orient. Conflit sino-japonais pour quelques misérables îlots. Et quid des réactions nationalistes quand explosera l’Union européenne ?

Aux violences d’Etat se substituent ou se greffent parfois des insurrections populaires. Mais là encore, les chemins peuvent diamétralement bifurquer selon que les forces en présence cèdent aux pulsions régressives ou à des élans qui les poussent à chercher et mettre en place de nouvelles expériences.

Voilà pourquoi, en Grèce, en Catalogne, dans les pays les plus frappés par la crise, dans le monde arabe, de nouvelles forces radicales se positionnent face aux partis institutionnels déclinants ou aux vieilles dictatures à bout de souffle, sur fond de montée des exaspérations.

Après la nuit, le soleil ?

Nous voilà donc au pied du mur, dans un monde sclérosé de plus en plus crispé sur des vieilles lunes dépassées. Pourquoi se voiler la face, le prix à payer pour franchir ou abattre tous ces murs, à mesure que grandiront l’impatience et la révolte, risque fort désormais d’être le sang.

Allez, faites pas la gueule. Je sens que votre moral en prend un coup. En même temps, comment voulez-vous sortir de tous ces cahoteux chemin sans en mesurer précisément les ornières ? Oui, bien sûr, on peut toujours continuer à faire semblant que.

Tiens, une jolie histoire pour finir et mettre un peu de baume à vos cœurs endoloris. Je déjeunais tantôt chez mon ami Papy. Nous en vînmes à parler d’un vieux film à succès, Orfeu Negro.

Papy me raconta combien il était à chaque fois ému aux larmes par la dernière scène quand, après une nuit de cauchemar, après la mort d’Orphée, le prince du jour, et de son Eurydice, ce sont les enfants qui reprennent la guitare-flambeau et font se lever le soleil (« making the sun rise »).

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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