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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:35

L'explosion d'un four à Marcoule lundi nous rappelle d'abord une évidence : la possibilité d'un accident sur un site nucléaire existe, même EDF préfère parle d'accident industriel. La meilleure preuve qu'il s'agit d'un accident nucléaire

est l'intervention de l'Autorité de sureté nucléaire (ASN), mais aussi les explications demandées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). EDF joue sur les mots comme l'avait fait Eric Besson en refusant de parler de catastrophe nucléaire à propos de Fukushima et Claude Allègre en parlant de catastrophe naturelle au même propos.

La transparence commence avec les mots que l'on utilise. Pour quoi cette bataille sémantique ? Parce que les déchets radioactifs même faiblement ou moyennement sont dangereux pour la santé, parce qu'on ne maîtrise pas les emballements d'un accident lorsqu'il se produit, parce que la proximité avec le nucléaire militaire et la cible idéale que constituent ces installations pour le terrorisme renforce encore la culture du secret.

D'où les fantasmes de part et d'autres que la confusion et le manque de transparence ne font qu'alimenter. Plus que jamais, les termes du débat doivent être redéfinis et ce n'est pas la commission « Areva » créée par M. Besson pour parler de l'avenir de la filière nucléaire qui va modifier le paysage.

Rejets gazeux et liquides autorisés

En second lieu, une première interrogation sur le risque consistant faire coexister à proximité quatre installations nucléaires : Phénix, ancêtre de Superphénix dont le risque est établi ; l'usine Melox qui fabrique le MOX, et Centraco qui dispose d'une usine d'incinération et d« une usine de refonte d“acier et une usine de stockage de déchets radioactifs.

Comment les risques d'effets domino ont-ils été pris en compte, les installations ayant été réalisées dans le temps à une époque où ce sujet n'était pas pris en compte. Et quid des stress tests sur ces différentes installations ?

En troisième lieu, quid de l'information sur cet accident ? Notons d'abord le retard avec lequel l'information a été donnée. Ensuite, comment être sûr de l'absence de rejets à l'extérieur de l'enceinte ?

En effet, l'autorisation en date du 7 mai 1998, permet des rejets gazeux de tritium et des rejets liquides de tritium et de césium 137. Les limites ont-elles été dépassées ? Et que s'est il passé pour le personnel dans l'installation en dehors des victimes à déplorer.

Seuls des prélèvements dans les sols et sur les végétaux permettront de répondre à la première question.

Une impressionnante litanie d'incidents

En quatrième lieu, cet accident révèle les carences de la société Socodei qui gère Centraco et l'inefficience de l'Autorité de sûreté nucléaire. L'appréciation 2010 est claire :

‘Devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté au sein de l'installation Centraco, le directeur général de l'ASN a demandé à l'exploitant de définir et de mettre en œuvre des actions visant à améliorer la sûreté de l'exploitation.

Les actions de contrôle menées en 2010 par l'ASN montrent que les mesures correctives mises en place par l'exploitant commencent à produire des effets sur le terrain. Si les nouvelles dispositions mises en œuvre indiquent une réelle implication de l'exploitant pour remédier aux difficultés rencontrées, l'ASN veille toutefois à ce que la stratégie mise en œuvre permette d'inscrire ces progrès dans la durée.’

La litanie des incidents qui se sont poursuivis jusqu'en 2011 est impressionnante :

  • perte temporaire de la détection de l'alarme incendie de l'unité d'incinération (25 mai 2011) ;
  • perte des deux chaînes de surveillance assurant le contrôle radiologique.. 15 août 2010 ;
  • non respect de la périodicité de réalisation des essais des détecteurs (décembre 2008) ;
  • dépassement des limites mensuelles et anuelles de rejets gazeux en tritium (décembre 2007) ;
  • dépassement d'une des limites radiologiques pour l'acceptation de déchets (juillet 2007) ;
  • dépassement d'une des limites radiologiques pour l'acceptation de déchets (juillet 2007) ;
  • perte de ventilation de locaux de l'unité d'incinération et absence du personnel pour donner l'alarme( juillet 2006) ;
  • non respect de la procédure de réception de déchets liquides (avril 2006).

S'y ajoutent des dépassements à plusieurs reprises des limites de rejets (dioxines, furanes, CO, radioactifs) et de reconditionnement des déchets, un départ de feu à l'atelier de reconditionnement automatique de déchets en 2003. Quelles ont été les sanctions ? Manifestement, les conditions de l'efficacité du contrôle exercé par l'ASN est en cause comme la carence de l'entreprise qui est une filiale industrielle d'EDF ce qui rend d'autant plus inadmissible ce comportement.

En conclusion, cet accident révèle des failles manifestes du système français dans l'information, le fonctionnement et le contrôle de nos installations.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
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