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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:03

LEMONDE.FR | 04.12.11 | 10h17   •  Mis à jour le 04.12.11 | 10h22

 
 

 

La fédération nationale des maison des potes avait invité les candidats à la présidentielle à se positionner sur 10 propositions, le 3 décembre à Paris.

La fédération nationale des maison des potes avait invité les candidats à la présidentielle à se positionner sur 10 propositions, le 3 décembre à Paris.Aline Leclerc/LeMonde.fr

La fédération nationale des maisons des potes (FNMP), proche de SOS Racisme, avait invité, samedi 3 décembre, les candidats à l'élection présidentielle à se positionner sur 10 propositions concrètes élaborées à partir de débats citoyens par ce réseau d'associations de quartiers populaires.

Parmi les propositions, volontairement précises : la régularisation de tous les travailleurs sans papiers ; 30 % de professeurs en plus dans les Zones d'éducations prioritaires (ZEP) ; l'ouverture des emplois publics fermés aux travailleurs étrangers ; le doublement du montant de l'aide juridictionnelle ou encore l'anonymisation des demandes de logement social pour éviter les "dosages" en fonction des origines ou la constitution de "ghettos" communautaires.

L'objectif de ces propositions : "faire de l'égalité une réalité", comme on pouvait le lire ce samedi après-midi sur les tee-shirts de certains spectateurs venus écouter les réponses des politiques au siège de la CFDT, qui accueillait l'événement à Paris.

L'UMP et le Nouveau Centre n'avaient pas répondu à l'invitation de la fédération. Le PS, EELV, le Front de gauche, LO, le NPA et Cap 21 ont, eux, choisis d'envoyer des représentants : aucun candidat n'a trouvé utile de faire le déplacement en personne.

"ON VEUT QUE LES POLITIQUES PRENNENT DES RISQUES !"

La première à se lancer fut la porte-parole de Nathalie Arthaud (LO), Amal Aissadoui, enseignante à Clichy-sous-Bois. "Les dix propositions montrent que l'Etat s'est vraiment désengagé des quartiers populaires, dit elle. Je le vois bien dans mon lycée : les postes disparaissent, les classes sont de plus en plus chargées".

Première question d'une jeune femme dans la salle : "J'entends bien ce que vous dites, mais moi j'attends des candidats de savoir précisément sur lesquelles de ces 10 propositions ils s'engagent. S'il y a un recul de l'engagement des jeunes dans les élections, c'est qu'on en a marre que les politiques nous disent juste ‘on partage vos préoccupations' : on veut de l'engagement, que les politiques prennent des risques !"

Eros Sana prend la parole au nom d'Eva Joly. Il est le responsable des questions Egalité territoriale et politique de la ville au sein d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Comme les autres, il n'a que quinze minutes pour donner le point de vue de sa candidate sur les 10 propositions. Mais choisit de commencer par un "petit rappel historique" : "Il y a six ans, c'était la révoltes des quartiers. Il y a six ans, deux jeunes mourraient électrocutés. Ce fut la plus grande révolte que les quartiers aient connus et, depuis, rien n'a était fait". Il parle taux de chômage, mal-logement, contrôles au faciès.

Un animateur le rappelle à l'ordre : "Sur les propositions s'il vous plaît". Il accélère : "La régularisation des travailleurs sans-papiers, nous sommes d'accord (…) 30 % de profs en plus en ZEP ? C'est une proposition excellente. (…) L'anonymisation des demandes de logement ? C'est également une excellente proposition que les écologistes portent depuis 2007…"

Il n'aura pas le temps de revenir sur toutes. Question du président de la Maison des potes de St-Etienne (Loire) : "Mais quels moyens vous voulez mettre en œuvre pour que tout ça ne soit pas que des beaux discours ? Si on vous interpelle sur des propositions concrètes, on attend plus que juste d'entendre que ‘c'est bien' !"

Le temps est compté pour tous. Pourtant, chacun des représentants des candidats, après avoir longuement félicité la FNMP pour "la qualité de ce travail", fait le choix de consacrer plusieurs minutes à des remarques très générales. Danièle Simonet, au nom de Jean-Luc Mélenchon, évoque le "contexte qui n'est pas anodin" et la "crise historique du capitalisme", rappelle que ce sont les "gouvernements européens qui ont appauvri les caisses de l'Etat". Fadila Mehal, au nom de François Bayrou, annonce délibérément qu'elle ne reviendra pas "sur les questions où nous sommes un peu plus en interrogations".
 

"TOUT LE MONDE NOUS SOUTIENT, MAIS RIEN N'EVOLUE !"

Tous les politiques qui se succèdent feront comme elle : ils n'évoqueront que quelques-unes des propositions, celles bien sûr, avec lesquelles ils sont d'accord. Seul Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande, bénéficiera de plusieurs minutes supplémentaires pour les évoquer toutes, se disant plutôt favorable pour sept d'entre elles. Mais chaque fois, ses réponses sont alambiquées.

Ainsi sur l'ouverture des emplois publics aux étrangers : "Je vous dis oui ! Nous prenons demain un engagement de dire que le fait que 7 millions d'emplois soient fermés aux étrangers non-communautaires doit amener à une réflexion claire."

Nouvelle question de la salle : "On évoque des problèmes que nous vivons dans nos quartiers. On vous entend tous dire que vous nous soutenez. Mais pourquoi on en est arrivé là, alors ? Qu'avez-vous fait quand vous étiez au pouvoir ? Tout le monde nous soutient mais rien n'évolue !"

Un autre renchérit : "En 1983, la marche des Beurs était pleine d'envies, d'espoirs. Tout le monde se sentait capable de faire avancer les choses. Aujourd'hui, il y a un désengagement des jeunes des quartiers vis-à-vis de la politique mais aussi vis-à-vis du PS, et des promesses non tenues ! Les politiques défilent en nous disant que nos propositions sont merveilleuses, mais qu'est-ce que vous nous promettez vraiment aujourd'hui ?"

En fin de journée, comme les jeunes de la salle, le président de la FNMP, Samuel Thomas, se disait déçu : "On en a assez des soutiens d'ordre philosophique. Cette fois, on ne voulait pas tomber dans le panneau, c'est pour ça que nous avons fait 10 propositions précises, chiffrées, parfois même déjà expérimentées, explique-t-il. Mais on ne nous prend pas au sérieux. On ne voit pas en nous des partenaires pour construire les politiques publiques pour ces quartiers. Et ensuite, on va déplorer que les habitants de ces quartiers ne participent plus aux élections ? Mais l'absence des candidats aujourd'hui montre qu'ils ne donnent aucune priorité aux quartiers populaires dans leur agenda !"

Aline Leclerc

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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