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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 10:59

 

 

Rue89

 

Intimidation 19/08/2013 à 12h00

NSA : la police britannique s’en prend à la famille du journaliste du Guardian

Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

 


Glenn Greenwald à Hong Kong, le 11 juin 2013 (Vincent Yu/AP/SIPA)

 

La liberté de la presse a pris un sérieux coup dimanche lorsque le partenaire du journaliste britannique Glenn Greenwald, le Brésilien David Miranda, a été arrêté et détenu neuf heures à l’aéroport londonien de Heathrow sans pouvoir consulter un avocat.

Greenwald est le journaliste du Guardian qui a révélé l’affaire Prism au public en juin dernier. Son compagnon revenait d’un voyage à Berlin où il avait rencontré la documentariste Laura Poitras, autre journaliste-clé dans les révélations liées à la surveillance massive de l’administration américaine.

En transit à Londres, il s’apprêtait à rentrer à Rio de Janeiro lorsque les autorités britanniques ont procédé à son arrestation sur la base de la loi antiterroriste de 2000. Ses affaires personnelles – ordinateur portable, téléphone et clé USB où étaient stockées des données cryptées qu’il était chargé de transmettre à son compagnon – ont toutes été confisquées.

Une tentative d’intimidation

Glenn Greenwald n’a pas tardé à répondre sur le Guardian, dénonçant sans ambages ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation :

« Si les gouvernements du Royaume-Uni et des Etats-Unis croient que des tactiques comme celles-ci vont nous intimider ou nous dissuader d’une quelconque manière d’exposer ce que ces documents révèlent, ils se bercent d’illusions. A défaut, cela aura seulement l’effet contraire : nous enhardir encore davantage. »

Une indignation rapidement relayée sur les réseaux sociaux par des journalistes et figures de toutes nationalités :

 

« Intimider les journalistes en arrêtant leur famille est ce que font la Chine et la Russie. Et maintenant le Royaume-Uni. Tout est parfaitement légal. »

« Comprendre : ce que vient de faire le Royaume-Uni au partenaire de Glenn Greenwald est une déclaration de guerre contre le Guardian et le journalisme par extension. »

Le journaliste Gregory Ferenstein, du journal américain TechCrunch, s’interroge même en ces termes : « Sont-ils fous ou stupides ? »

Contrôle de routine improbable

Pour se défendre, les services de police de Londres se sont fendu d’un bref communiqué :

« Conserver et utiliser correctement les renseignements obtenus grâce à ce genre d’arrestations est un point-clé dans la lutte contre le crime, la poursuite des délinquants et la protection du public. »

L’annexe 7 de la loi antiterroriste de 2000 permet en effet aux officiers de police d’arrêter, fouiller, questionner et détenir arbitrairement des individus aux aéroports, ports et frontières pour une durée maximale de neuf heures.

Le compagnon de Glenn Greenwald aurait-il pu être la cible d’un simple contrôle de routine ? La rédaction du Guardian en doute : à peine trois personnes sur 10 000 sont contrôlées lorsqu’elles entrent au Royaume-Uni – David Miranda était simplement en transit via l’aéroport.

Pire : selon des documents officiels, 97% des arrestations sous l’annexe 7 durent moins d’une heure, et seulement 0,06% des individus arrêtés passent plus de six heures en détention.

Interrogatoire sur les investigations

Peu probable donc que cette détention exceptionnelle ait été réellement la conséquence d’une quelconque suspicion de terrorisme, comme le martèle Glenn Greenwald qui n’a pu s’entretenir avec son compagnon que par l’intermédiaire de l’avocat envoyé par le Guardian :

« Ils n’avaient bien entendu zéro suspicion que David soit lié à une organisation terroriste ou impliqué dans un complot terroriste. A la place, ils ont passé leur temps à l’interroger sur le reportage sur la NSA que Laura Poitras, le Guardian et moi-même préparons, de même que le contenu des terminaux électroniques qu’il transportait. »

Tout le matériel électronique que transportait David Miranda a été confisqué avant qu’on ne le relâche, et les officiers n’ont pas précisé quand il lui sera restitué – ou s’il lui sera restitué un jour.

 

 

                                                                            *****************************************

 

Le Monde.fr avec AFP

20.08.2013 à 03h32 • Mis à jour le 20.08.2013 à 12h41

 

 

Affaire Snowden : le "Guardian" raconte les pressions subies en Grande-Bretagne

  

 
Locaux du quotidien britannique "The Guardian" à Londres.

Au lendemain de l'arrestation du compagnon de Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian qui a contribué à révéler l'étendue du système de surveillance opéré par les services de la NSA, le quotidien britannique a décidé de contre-attaquer.

 

 

A lire : Prism, Snowden, surveillance de la NSA : 7 questions pour tout comprendre

 

  • Le gouvernement britannique a forcé le "Guardian" à détruire des dossiers sur Prism

Dans un article publié lundi 19 août, son rédacteur en chef, Alan Rusbridger, révèle comment Londres a forcé le Guardian à détruire des informations fournies par l'ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, allant jusqu'à le menacer d'une procédure judiciaire s'il ne coopérait pas.

Alan Rusbridger explique avoir été contacté "par un très haut responsable du gouvernement affirmant qu'il représentait l'opinion du premier ministre". Il a eu ensuite deux rencontres avec ce responsable qui "a demandé le retour ou la destruction de tout le matériel sur lequel nous étions en train de travailler". Le journal était alors en plein milieu de la publication des révélations sur les programmes de surveillance de masse menés par la NSA et par son homologue britannique, la GCHQ. M. Rusbridger affirme que les autorités lui ont simplement dit :

"Vous vous êtes bien amusés. Maintenant nous voulons que vous nous rendiez le machin."

"Il y a eu ensuite plusieurs rencontres avec des gens moins en vue de Whitehall, le quartier qui abrite les bureaux du premier ministre. La demande était la même : rendez le matériel Snowden ou détruisez-le... Vous avez eu votre débat. Vous n'avez pas besoin d'écrire davantage sur le sujet."


Le rédacteur en chef du "Guardian", Alan Rusbridger, le 29 novembre à Londres.

Alan Rusbridger affirme que le gouvernement a menacé d'entamer une procédure judiciaire pour tenter de récupérer les documents secrets, si le journal ne les détruisait pas lui-même.

"Et alors s'est produit l'un des moments les plus bizarres dans la longue histoire du Guardian. Deux experts en sécurité de la GCHQ ont surveillé la destruction des disques durs dans les sous-sols du Guardian, pour être bien sûrs qu'il ne restait plus rien dans ces petits morceaux de métal tordus qui puisse constituer un quelconque intérêt à être passé à des agents chinois."


  • Le "Guardian" continuera de travailler depuis "New York et ailleurs"

Pour Rusbridger, la destruction forcée des disques durs qui contenaient l'information – qui ont tous été copiés au préalable – montre "le peu de compréhension du gouvernement sur l'ère du digital".

Selon son chef, le Guardian "continuera à analyser, malgré toute la patience requise et la complexité du dossier, les documents mis à disposition par Edward Snowden". Mais il ne le fera plus en Grande-Bretagne, mais depuis ses bureaux New York et ailleurs". "De la même manière, la saisie de l'ordinateur portable, des téléphones, des disques durs et de l'appareil photo de David Miranda n'auront aucun effet sur le travail de Glenn Greenwald", ajoute enfin M. Rusbridger.

 

  • Protestestations contre l'interpellation d'un proche de Glenn Greenwald

Le Guardian révèle ces pressions alors que les autorités britanniques sont très critiquées pour leur façon de procéder, après la rétention pendant neuf heures dans l'aéroport d'Heathrow du mari de Grenn Greenwald, David Miranda.

Le Brésil et les ONG Reporters sans frontières et Amnesty International ont notamment condamné une interpellation qualifiée d'abusive. Glenn Greenwald a estimé que cette détention était "évidemment destinée à intimider ceux qui travaillent d'un point de vue journalistique sur la NSA et la GCHQ". Mais "cela aura seulement l'effet inverse : nous encourager à aller plus loin".

A lire : NSA : ce que révèle l'arrestation du compagnon de M. Greenwald

 

Le journaliste Glenn Greenwald (à gauche) est allé chercher son compagnon David Miranda à l'aéroport de Rio de Janeiro, après que ce dernier a été interrogé pendant neuf heures à l'aéroport d'Heathrow à Londres.

Alan Rusbridger a également condamné cette rétention et averti "qu'il n'est pas impossible que dans peu de temps, les journalistes ne puissent plus avoir de sources confidentielles".

"Faire une enquête, et plus largement vivre, en 2013 laisse trop de traces. Les collègues qui ont critiqué Snowden ou qui estiment que les journalistes devraient faire confiance à l'Etat pour savoir ce qui est le mieux pour le pays auront sûrement un réveil difficile. Avant que cela n'arrive, les journalistes savent au moins qu'il faut désormais éviter les salles d'attente de l'aéroport d'Heathrow." 


  •  Washington et Londres se défendent de tout abus

Le gouvernement britannique a réagi en expliquant qu'il fallait prendre "toutes les mesures nécessaires pour protéger le public des individus qui menacent la sécurité nationale". La police de Londres a assuré que l'interrogatoire de M. Miranda était "nécessaire et proportionné", qu'il s'était vu proposer une assistance légale et qu'un avocat était présent.

Le gouvernement américain a reconnu, lundi, que la Grande-Bretagne l'avait informé de l'arrestation imminente de David Miranda, mais a assuré que la demande ne venait pas de la Maison Blanche.

 

  • L'article 7 à l'origine de la détention de David Miranda

Dans son éditorial, le Guardian plaide pour une révision complète par le Parlement de la loi antiterrotiste, et notamment de l'article 7, qui permet à la police d'interroger préventivement toute personne soupçonnée de préparer des actes terroristes en Grande-Bretagne pour déterminer si elle représente une menace.

C'est cette loi qui a permis aux autorités britanniques de détenir David Miranda, et de le "traiter comme un terroriste sur le point de faire une attaque sur le territoire", a expliqué le compagnon de Glenn Greenwald dans une interview.

 

 

 

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