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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:46

 

Rue89 - Tout doit disparaître 06/01/2012 à 12h38

Charlotte Penchenier Journaliste


Une femme de ménage cache les cendres sous le tapis, œuvre de « street art » de Banksy, (Fabbio/Flickr/CC)

A Marseille en cette fin d'année 2011, il fallait se pincer pour y croire :

« Mais créez donc des emplois ! Puisqu'on vous dit qu'il y a de l'argent ! »

La préfecture, Pôle emploi, la ville... s'y sont tous mis pour inciter les associations à signer des contrats aidés à tour de bras. Un cadeau de Noël qui fait « pschit ! », puisqu'il sera périmé aussitôt les élections (présidentielle et législatives) passées.

Des e-mails, des coups de fil, des relances en pagaille... De mémoire de responsable associatif, on n'avait jamais vu ça. Plusieurs d'entre eux ont dit avoir été harcelés pour profiter au plus vite des soldes de fin d'année sur l'emploi aidé.

 

Voir le document
(Fichier PDF)

 

C'est un arrêté préfectoral daté du 29 novembre qui a lancé les festivités en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) : les conditions d'éligibilité à ces postes se retrouvaient subitement assouplies... jusqu'au 31 décembre.

Les contrats aidés sont en théorie destinés aux personnes les plus éloignées de l'emploi : chômeurs de longue durée, bénéficiaires du RSA, etc.

Par la grâce de cet arrêté, « toute personne sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d'accès à l'emploi » peut postuler à un emploi de 20 heures par semaine rémunéré 796 euros brut pour une durée maximale de 6 mois.

Des aides exceptionnelles, offertes in extremis

Les contrats aidés, kézako ?

Appelés CUI (contrat unique d'insertion), ils se déclinent sous deux formes : les CIE (contrat initiative emploi) destinés au secteur marchand, les CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) dans le secteur non-marchand, associations et administrations.

Les CUI-CAE représentent le gros du contingent des emplois aidés. Les aides s'élèvent actuellement à 70% ou 90% du coût total du poste, en fonction du profil de la personne recrutée.

Pour les associations qui ont besoin d'emplois aidés pour fonctionner, ce fut un appel d'air non négligeable. Xavier Blaise, directeur d'une association de quartier à Noailles (Le 1000 pattes), a pu créer deux nouveaux postes :

« Certaines personnes qui n'étaient pas éligibles le sont devenues. J'avais pas mal de contrats qui ne pouvaient pas passer en septembre mais qui ont pu passer en décembre... »

Une autre structure, qui fait de l'insertion par le logement pour les jeunes, s'est même vu proposer mi-décembre, in extremis, des aides exceptionnelles à 105% pour embaucher, alors qu'elle n'y était pas éligible.

Plus de 400 000 contrats aidés en 2011

Il était pourtant prévu de diminuer progressivement le nombre de CUI-CAE (contrats unique d'insertion et contrats d'accompagnement dans l'emploi) au niveau national : 400 000 en 2010, 340 000 en 2011... 200 000 en 2013. Mais au vu de la conjoncture et du chômage grimpant, au vu du risque que représentent ces mauvais chiffres pour la campagne présidentielle, le gouvernement a dû juger plus prudent de distribuer aux préfets des enveloppes supplémentaires d'emplois aidés.

Pour 2011, on devrait finalement dépasser les 400 000 CUI-CAE.

Pour 2012, l'objectif officiel est de 340 000 entrées en CUI-CAE. Avec une nouveauté de taille : les deux tiers devront être consommés pendant le premier semestre, autrement dit avant l'élection.

Il faut donc s'attendre à une fermeture des vannes au deuxième semestre : la plupart des contrats de six mois conclus aujourd'hui ne pourront sans doute pas être renouvelés.

« Une respiration dans une brasse coulée »

Le secteur associatif provençal en a déjà fait l'amère expérience. C'était il y a un an. Fin 2010, le préfet met soudainement un frein à tous les renouvellements de contrat. Beaucou^p se retrouvent sur le carreau du jour au lendemain, un collectif Paca emplois aidés se crée à Marseille, les mobilisations s'enchaînent. Malgré une petite rallonge, beaucoup de structures n'ont pu renouveler les contrats en 2011.

Ce fut le cas de B-Vice, centre culturel implanté dans la cité La Savine depuis vingt ans. Les sept contrats aidés qui lui permettaient de fonctionner se sont tous achevés au cours de l'année sans pouvoir être reconduits. En septembre dernier, il ne restait plus que le directeur, seul aux manettes, et soudainement en décembre, le Père Noël fait son apparition avec, dans sa hotte, sept nouveaux contrats aidés : l'équipe est reconstituée... pour six mois.

Parmi ceux qui n'ont pas répondu à l'appel du pied du préfet : Sophie Karddous, directrice d'un institut de beauté solidaire (Hygia). Si elle s'appuie sur ce type de contrats, c'est avec l'objectif de les transformer en CDI :

« On a toujours besoin de personnel, mais à quoi ça rime si j'embauche quelqu'un pour le remettre au chômage dans six mois ? Cela peut aider ponctuellement, mais quand on veut pérenniser des postes, cela n'a aucun sens. »

« C'est juste une petite respiration dans une brasse coulée », résume Alexandre Fassi, qui dirige une couveuse de projets dans l'économie sociale et solidaire (Intermade). Selon lui, un contrat aidé doit durer au minimum un an pour permettre de démarrer une activité ou envisager de pérenniser un poste.

« Je me pose des questions sur l'utilisation de l'argent public. Un coup, il y en a ; un coup, y en a plus. Les postes sont bloqués ou rouverts, sans jamais aucune justification. Il n'y a pas de cohérence, ni de ligne directrice claire. On ne fait que créer du sous-emploi de masse temporaire. »

Des milliers de chômeurs sortis des stats

Insertion, création d'emplois durables, ou simple baguette magique pour diminuer très temporairement les chiffres du chômage : à quoi servent les emplois aidés aujourd'hui ?

Si l'objectif a été atteint en région Paca pour 2011 – pas de chiffres officiels pour l'instant, dans l'attente de la conférence de presse du préfet de région Hugues Parant le 11 janvier –, quelques milliers de chômeurs sortiront des statistiques des demandeurs d'emploi... pour six mois, juste le temps de passer l'épreuve de la présidentielle.

 

Les contrats aidés, kézako ?

Appelés CUI (contrat unique d'insertion), ils se déclinent sous deux formes : les CIE (contrat initiative emploi) destinés au secteur marchand, les CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) dans le secteur non-marchand, associations et administrations.

Les CUI-CAE représentent le gros du contingent des emplois aidés. Les aides s'élèvent actuellement à 70% ou 90% du coût total du poste, en fonction du profil de la personne recrutée.

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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