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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 17:20

 

 

Rue89 - Panique 23/01/2013 à 18h55
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

 

 

Des médecins mis en cause pour leur proximité avec les labos fabriquant les pilules de troisième génération annoncent une hausse des IVG. Mais rien n’est encore prouvé.

 


Plaquette de pilules (Blmurch/Flickr/CC)

 

La panique sur la pilule est-elle en train de déclencher une augmentation du nombre d’avortements ? Voulant aller plus vite que les statistiques, le Dr. Israël Nisand, célèbre chef du service de gynécologie-obstétrique à Strasbourg, dit avoir vu arriver, dans les deux centres d’IVG qu’il dirige, « des femmes qui ne savent pas bien si elles sont sous deuxième ou troisième génération, ont arrêté la pilule depuis l’annonce du déremboursement en septembre, et ont depuis peur de toutes les contraceptions orales ». Il ajoute :

« Quand on met la panique, il faut bien que quelqu’un paie l’addition. Et ce ne sont ni les médecins ni la ministre qui vont la payer, mais les femmes. »

Nous avons demandé au planning familial d’Alsace, en première ligne sur l’observation des IVG, s’il avait constaté une hausse ces dernières semaines. La réponse est négative.

Le Formindep, association pour une information médicale indépendante, fait remarquer que « ceux qui parlent d’une hausse des IVG ne font que se défendre après leur mise en cause ». Israël Nisand a ainsi été accusé de conflits d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques fabriquant ces pilules.

De même que Marie-Noëlle Laveissière, qui déclarait la semaine dernière sur France Inter : « Nous voyons les taux d’IVG monter dans mon service de façon faramineuse depuis un mois, c’est tragique. » Cette gynéco vantait, il y a dix ans, les mérites de Jasmine, pilule troisième génération qui allait « permettre aux femmes de moins grossir ».

Le « pill scare » anglais, pas totalement clair

Pour éviter de tomber dans la controverse des chiffres, le Dr. Israël Nisand nous prévient que la vérité n’existe pas : on a « cassé le thermomètre des IVG, car près de 10% sont faits en ville, avec des médicaments, dans les cabinets des médecins », et ne rentrent pas toujours dans les statistiques de l’Ined. Ce que dément le cabinet de la ministre de la Santé :

« Depuis leur autorisation en cabinet en 2004 et, en 2009, en centre de santé, de planification ou d’éducation familiale, le nombre de remboursements d’IVG médicamenteuses réalisées hors établissement hospitalier est disponible auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). »

Le meilleur argument du Dr. Nisand est l’exemple anglais : le « pill scare » (la panique autour de la pilule) provoqué par l’alerte sur les pilules de troisième génération en 1995. S’en est suivi une hausse des IVG de 13,7% sur trois ans. Mais la hausse s’est ensuite poursuivie (+8% entre 2000 et 2010), ce qui veut dire que la panique sur un type de pilule ne peut pas être, sur la durée, la seule explication.

La seule chose dont on soit sûr depuis le déferlement médiatique – provoqué par le dépôt de plainte par une jeune fille victime d’un AVC causé par sa pilule Méliane –, c’est que les femmes se réinterrogent sur leur contraception. Et réinterrogent leurs médecins.

Au global, pas de baisse des pilules

Le Dr. Philipe Nicot, généraliste près de Limoges, voit surtout des « demandes de changement de génération de pilule dans un premier temps, car changer de contraceptif, c’est compliqué. »

En général très peu prescrites, les pilules de première génération ont vu leurs ventes progresser de 25% sur les dix premiers jours de janvier par rapport à la même période en 2012. Et, selon les chiffres de l’Ordre national des pharmaciens, les ventes de pilules de troisième génération ont reculé de 6%. D’après les chiffres de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, le volume global des deux générations observées n’a pas diminué.

L’affolement sur les pilules n’aurait donc pas, au vu des chiffres actuellement disponibles, conduit à des arrêts intempestifs faisant peser le risque d’IVG. Pour savoir ce qu’il faut faire si on est angoissée, nous avons interrogé Françoise Tourmen, gynécologue et ancienne responsable d’un centre de planification. Elle conseille :

« Dans un premier temps, vérifiez la génération de la pilule que vous prenez, puis, si c’est une troisième génération [un numéro vert a été mis en place par l’agence du médicament, ndlr], depuis combien de temps vous la prenez, car on sait que le risque est surtout présent sur les trois ou quatre premiers mois et sur la première année de prise de la pilule.

Si elle est prise depuis un an, il faut attendre le renouvellement pour faire un bilan. Lors du bilan, un bon interrogatoire sur les antécédents familiaux et personnels est nécessaire, car il faut savoir s’il y a déjà eu des cas de phlébites. Enfin, lors du passage de la troisième à deuxième génération de pilule, peut-être il faudra-t-il faire des bilans sanguins pour vérifier si le changement est sans danger. »

La bonne nouvelle, estime cette praticienne, c’est que « cette alerte est l’occasion de se rendre compte que la pilule n’est pas un bonbon, et qu’un bon interrogatoire est nécessaire. Si les prescripteurs jouent le jeu, ce sera bénéfique pour les femmes. »

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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