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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 21:52

 

Source : www.mediapart.fr

 

Pendant que le patronat fait dans la surenchère, le chômage toujours aussi haut

|  Par Rachida El Azzouzi

 

 

 

Pierre Gattaz, le patron du Medef, a choisi le jour du rituel mensuel des chiffres du chômage pour lancer ses propositions chocs pour redresser la France – en fait, précariser et flexibiliser un peu plus le marché du travail. Une provocation de plus à l'heure où la France compte plus de cinq millions de chômeurs, malgré la légère baisse en août.

Pierre Gattaz, le patron du Medef, ne craint pas la surenchère. Elle nuit au dialogue social mais il n’en a cure. Les milliards d’allègements de charges consentis aux entreprises à travers le CICE et le pacte de responsabilité sans aucune contrepartie chiffrée en matière d’emploi ; les nombreuses autres réformes allant dans le sens de ses réclamations, de la réforme du marché du travail à celle des retraites ; la ligne économique désormais clairement libérale de l’exécutif, à l’image de Manuel Valls ovationné à l’université du Medef cet été ou hier à Berlin par le patronat allemand, ne lui suffisent pas. Il veut encore plus de flexibilité et de précarité du salariat. Et pour se faire entendre, il occupe le terrain médiatique, égrenant une litanie de « verrous », « entraves », « blocages » à longueur d’ondes.

Plus audible et offensif que les syndicats de salariés – plus prompts à dégainer des communiqués scandalisés à chacune de ses sorties fracassantes qu’à organiser une riposte commune –, Pierre Gattaz donne encore une fois le “la” de la rentrée économique et sociale. En ce mois de septembre catastrophique sur tous les plans, où la faiblesse du pouvoir en place n’était jamais apparu sous une lumière aussi crue, où le ministre de l’économie traite d’illettrées les victimes de la crise agroalimentaire en Bretagne, Gattaz est partout avec son pin’s “Un million d’emplois” accroché au veston et ses gesticulations anti-sociales. Deux semaines après la réunion des partenaires sociaux consacrée à l'élaboration de l'agenda social, il revient à la charge avec son “agenda à lui”, pour culpabiliser les salariés, les chômeurs, les précaires, détricoter de nouveaux pans du code du travail et brouiller la ligne de l’exécutif.

 

Thierry Le Paon (CGT, de dos) et Pierre Gattaz (Medef) au micro de BFM business le 7 juillet 2014 
Thierry Le Paon (CGT, de dos) et Pierre Gattaz (Medef) au micro de BFM business le 7 juillet 2014 © Rachida El Azzouzi

Nouvelle démonstration en fanfare ce mercredi 24 septembre, un jour sombre pour le gouvernement puisque c’est celui du rituel mensuel des chiffres du chômage. Le Medef, première organisation patronale en France, a dévoilé le contenu explosif de son « petit livre jaune » quelques heures avant que la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et Pôle emploi publient le nombre de demandeurs d'emploi au mois d'août. Le Medef avait initialement prévu de le présenter la semaine dernière entre le discours de politique générale de Valls et la conférence de presse de Hollande avant de repousser « l’événement ». Même s'il y a des semaines que «la thérapie de choc du patronat » fuite dans la presse, provoquant un tollé syndical.

Suppression de deux jours fériés, adaptation du temps de travail par accord d'entreprise, généralisation du travail le dimanche et en soirée, contrat de projet pour remplacer le contrat à durée indéterminée, remise en cause du Smic, réforme des seuils sociaux… Les grandes lignes de son livre jaune d'une centaine de pages (que vous pouvez consulter sous l’onglet Prolonger), jusque-là balayées par le gouvernement, sont aussi agressives que caricaturales sous couvert de « poser les bases d'un nouveau consensus social », de relancer la croissance et de créer un très hypothétique million d’emplois en cinq ans dans le pays. Dans une interview au Nouvel Observateur que vous pouvez lire ici, Joseph Thouvenel, le président de la CFTC, la centrale chrétienne d’habitude plutôt discrète, résume assez bien l’esprit de ce petit livre jaune : « Le Medef a l'intention de nous faire travailler comme des Chinois. »

Les jacasseries du Medef, qui s’ajoutent aux couacs du gouvernement, comme mardi celui de François Rebsamen, le ministre du travail, qui s’est pris les pieds dans le tapis une nouvelle fois sur le nombre de chômeurs en France, sont d’autant plus condamnables que le pays s’enfonce dans la crise et que la politique économique et sociale du gouvernement confine à l’échec. Hollande, qui a échoué à inverser la courbe du chômage fin 2013 comme il s'y était engagé, a reconnu il y a une semaine lors de sa conférence de presse semestrielle que les résultats de sa politique « tardaient à venir » mais il continue d’espérer des résultats avant 2017. Difficile d’y croire et de le suivre tant l’horizon paraît bouché.

Mardi, l’Insee a confirmé une croissance nulle au deuxième trimestre comme au premier, douchant les espoirs du gouvernement. La prévision officielle est désormais de 0,4 % pour 2014 et de 1 % l'an prochain. Or, pour la plupart des économistes, il faut au moins 1,5 % de croissance pour faire refluer le chômage. Aucun organisme international ne prévoit en conséquence de baisse avant, au mieux, 2015. Le FMI repousse même la perspective d'une décrue « notable » à 2016.

Alors que l'effet des emplois d'avenir s'estompe, l'exécutif mise cette fois sur l'alternance pour lutter contre un chômage des moins de 25 ans au sommet (22,8 %). Il a sonné vendredi la mobilisation pour l'apprentissage, avec un nouveau geste en faveur des employeurs, élargissant le champ d'une nouvelle prime de 1 000 euros votée en juillet, qui s'appliquera finalement aux entreprises jusqu'à 250 salariés pour tout apprenti supplémentaire, une mesure qui existait déjà et qui avait été supprimée sous Ayrault. Quant au contrat de génération, c'est le flop. Seules 31 000 demandes d'aides ont été enregistrées depuis son lancement en mars 2013, bien loin de l'objectif initial de 75 000 pour la seule année 2013. Le gouvernement s'y accroche et vient de doubler et de porter à 8 000 euros la subvention pour les entreprises de moins de 300 salariés embauchant simultanément en CDI un jeune de moins de 26 ans et un senior de plus de 57 ans.

C’est loin d’être la panacée pour affronter un chômage de masse. Mois après mois, il poursuit sa vertigineuse ascension. Fin juillet, 3,424 millions de chômeurs sans aucune activité étaient recensés en métropole, du jamais vu. Petite activité et outre-mer inclus, un autre plus haut historique de 5,387 millions de demandeurs d'emploi avait été enregistré. Même le chômage des jeunes, qui stagnait depuis octobre 2013 notamment grâce aux emplois d'avenir, était reparti à la hausse (+ 0,7 %), celui des seniors poursuivant son explosion (+ 0,7 %, + 11,6 % sur un an). 

 

François Rebsamen, ministre du travail 
François Rebsamen, ministre du travail © reuters

Seules deux inflexions de la courbe depuis l’élection de François Hollande en mai 2012 auront été enregistrées en deux ans et demi de mandat. La plus significative remonte à août 2013. Après vingt-sept mois de hausse consécutive, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) inscrits à Pôle emploi était passé à 3 235 700 au mois d'août, soit 50 000 de moins qu'en juillet (-1,5 %). Une baisse de cette ampleur n'avait pas été vue depuis près de treize ans pour la catégorie A. En réalité, il s’agissait là d’un gros bug informatique chez l’opérateur SFR qui avait empêché des milliers de demandeurs d’emploi d’actualiser leur situation pour apparaître dans les statistiques...

Les chiffres publiés ce mercredi (que vous pouvez consulter ici sur le site de la Dares) sont à prendre avec des pincettes comme l’exercice lui-même du rituel mensuel des statistiques du chômage pour le moins discutable puisqu’il ne commente que la catégorie A (demandeurs d’emploi en activité). Le chômage a baissé de 0,3 % au mois d'août. C'est la première baisse enregistrée depuis neuf mois. Cela correspond à 11 100 chômeurs de moins qu'au mois de juillet. La France comptait donc à fin août 3 413 300 demandeurs d'emploi de catégorie A, sans aucune activité. Pour les inscrits à Pôle emploi ayant ou non travaillé dans le mois (catégories A, B et C), l’évolution est de -0,1 % (-5 800). À noter la forte hausse en août (+14 %) des sorties de Pôle emploi pour « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ». 227 000 inscrits sont ainsi sortis des listes, soit 28 000 de plus qu’en juillet. Ce n'est pas le niveau record des 265 000 cessations constatées en août 2013, lors du « bug de SFR », mais c’est un niveau bien plus élevé qu’à l’habitude.

À la mi-journée ce mercredi, France 2 a par ailleurs rompu l’embargo concernant ces données confidentielles que seuls le ministre du travail et la Dares sont censés connaître, et ce bien avant leur publication officielle à 18 heures... Dans un communiqué, François Rebsamen se garde de tout triomphalisme, prend acte de cette baisse mais considère que les chiffres mensuels ne peuvent s’interpréter « que dans la durée ». Il se félicite de la stabilisation du nombre de jeunes chômeurs de moins de 25 ans (-700, soit -0,1 %) et voit dans l’éclairage récent de l’Insee sur le second trimestre 2014 « des signes encourageants sur le front de l’emploi » (+8 300 emplois nets créés dans les secteurs concurrentiels).

C’est tout sauf une éclaircie. Le mois d'août est, par définition, peu représentatif de l'activité. Cette année, il fut particulièrement pluvieux, ce qui ne fut pas sans incidence sur l’emploi saisonnier. Plus alarmant pour l'exécutif, les chiffres publiés ce mercredi matin par l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, la caisse nationale des Ursaff. Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois dans les secteurs marchands, hors intérim, a baissé de 2,9 % en août. Sur trois mois, leur recul atteint 7,0 % et sur un an 6,7 %. Dans l'industrie, l'emploi des entreprises mensualisées a poursuivi son repli (-0,3 % sur trois mois et -1,0 % sur un an). Derrière ces chiffres, ces courbes, abondamment commentés, une France désespérément en panne.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

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