Mercredi 11 juillet 2012 3 11 /07 /Juil /2012 14:39

 

Marianne - Mardi 10 Juillet 2012 à 16:00

 

Observateur de la vie politique française, il passe au crible les interventions de nos... En savoir plus sur cet auteur

 

Une fois n'est pas coutume, L'Hérétique, notre blogeur associé, laisse la parole a un visiteur de son site. Cet enseignant – «furieux et réaliste» – donne une vision crue et désabusée de son travail dans lequel il parvient pourtant à créer parfois «l'envie, la curiosité».

 

(photo : Alexandre Prévot, via Flickr CC)
(photo : Alexandre Prévot, via Flickr CC)
J'ai lu récemment dans un commentaire, le témoignage d'un enseignant qui écrit sous le pseudonyme de John Keating. Je pense qu'il vaut vraiment d'être lu :

Croire que le problème principal de l'école d'aujourd'hui, c'est le rythme scolaire ou la date et la durée des vacances est tout bonnement hallucinant. Et pourquoi pas la couleur des salles, le vouvoiement des élèves l'uniforme et le tchador.

On ne veut pas voir l'état catastrophique de l'école – et surtout du collège – dont les missions sont tellement multiples qu'elles sont par avance vouées à l'échec. Le découragement, les dépressions, les suicides de nombreux profs'  – des chiffres vont bientôt sortir et France Telecom à côté c'est Bisounoursville – qui sont au front tous les jours avec des élèves odieux, insultants, menaçants, méprisants et soutenus par des parents vindicatifs et fiers de leur médiocrité et de leur vulgarité – histoire de donner l'exemple à leurs rejetons. Et nous, obligés de comprendre, pardonner, excuser car ils sont jeunes et en construction ; sinon on arrête le métier. De toute façon, il faut bien les garder jusqu'à 16 ans, mêmes les pires crapules soupçonnées de racket, vols et j'en passe.

Les rapports de force qui s'établissent dans certains quartiers avec la police ou les pompiers on les retrouve dans les classes ; tout ce qui représente l'Etat et l'autorité est rejeté avec force. L'instruction est minimale, pourtant c'est le coeur du métier. L'échec est tellement immense qu'on en est réduit à accepter l'inacceptable pour un brin de paix sociale et à se contenter du minimum, c'est-à-dire qu'au moins dans la classe, personne ne s'égorge ou se balance des compas dans la figure. Le prof' devient un maton mais il est seul pour faire parfois face à des mutineries quand les exigences simples de civisme sont trop élevées. La hiérarchie ferme les yeux, fait semblant de ne pas voir et se décharge de toute responsabilité.

Ce constat alarmant n'est certes pas le même partout, loin de là, et varie du tout au tout selon les filières, les villes, les régions, mais dans les établissements les pires, on en est aux caméras de surveillances, on parque les élèves dans la cour pour éviter les dégradations des locaux, la police intervient de plus en plus souvent, des profs' font régulièrement des mains courantes car menacés par des élèves ou des parents.

Ah oui, mais c'est vrai, un prof peut rien dire parce qu'il a des vacances, qu'il travaille trois heures par jour (entendu sur I-Télé par un «expert»)... pardon j'ai blasphémé. Et en plus, le métier est une vocation donc il faut se la fermer sinon on avait qu'a en choisir un autre. Désolé. De toute façon si je vous dis que seulement deux semaines de vacances nous sont payées vous ne me croiriez pas. Que dans mon cas, je bosse tous les soirs après 22h, tous les week-end entre 5 et 10h, pendant la moitié des vacances car l'autre moitié, je tiens à la partager avec mes gosses.

Mais pourquoi le métier de prof n'attire plus dit-on dans les salons parisiens bien-pensants ? Pourtant ils sont payés plus que le SMIC, ils n'ont pas à se plaindre ces branleurs. Pourquoi je continue ? Parce qu'enseigner, c'est ce que je sais faire de mieux, parce que parfois on réussit quelque chose d'incroyable, on allume la flamme, on crée l'envie, la curiosité. Donc pour moi rester une, deux ou trois semaines de plus ou de moins, je m'en contrefout. La semaine de quatre, cinq ou neuf jours même, et bien soit, pourquoi pas, mais ça ne changera rien.

La société est gravement malade. On a cru que l'école pourrait la soigner mais elle agonise de récupérer des blessés graves qui ne veulent pas guérir et d'être sans cesse accusée d'être la cause de la maladie. Vive le capitalisme, l'individualisme qu'il engendre et l'argent comme valeur première.

Un prof furieux et réaliste mais qui résiste.

 

«On ne veut pas voir l'état catastrophique de l'école»
Retrouvez les autres articles de L'Hérétique sur son blog.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ils réagissent
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