Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 17:38

|  Par Jérôme Hourdeaux

 

 

Lors du camp de hackers OHM 2013, qui se tient actuellement aux Pays-Bas, de nombreuses solutions ont été présentées pour assurer une diffusion sécurisée des informations, et l'anonymat des whistleblowers. De l'application Android jusqu'au projet visant à « chiffrer l'ensemble du web ».

En écho à une actualité particulièrement chargée, et à l'intervention au premier jour du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, les questions de “whistleblowing” et de surveillances du net ont bien entendu été au cœur du camp de hackers OHM 2013.

D'autant plus que les organisateurs ont eu à gérer une vive polémique en raison de la présence, parmi les sponsors officiels de l'événement, de la société de sécurité informatique néerlandaise Fox-IT, connue pour ses nombreux contrats avec le gouvernement néerlandais et ses agences de renseignement. Pour de nombreux hackers, inviter l'un des gendarmes du net à l'un de leurs rendez-vous les plus importants a été vécu comme une véritable provocation, au point que certains ont préféré boycotter l'événement plutôt que de côtoyer l'une de leurs bêtes noires. Au lendemain de la première nuit, la tente de Fox-IT avait d'ailleurs été « redécorée » et barrée par les initiales “NSA”.

 

 
© JH

L'organisation de OHM a tenté de calmer le jeu en organisant une rencontre avec les hackers. Mais, malgré sa piscine gonflable et une invitation rajoutée à la dernière minute à côté de l'entrée – « Si vous voulez discuter de tout ça, s'il vous plaît entrez » –, le stand de Fox-IT est sans aucun doute le moins visité du camp… Il faut reconnaître qu'inviter une société de surveillance informatique l'année de la condamnation de Bradley Manning et de la révélation du scandale PRISM par Edward Snowden n'était pas forcément la meilleure idée qu'ait eue l'organisation.

Si le dialogue avec un des surveillants du net semble impossible, c'est sans doute parce que les hackers préfèrent développer leurs propres solutions. Et à ce niveau, OHM 2013 a été l'occasion de présenter toute une série de dispositifs permettant une circulation libre et anonyme des informations et des données, loin des regards des différents Big Brothers.

 

© JH

Une bonne partie de ces solutions repose sur la cryptographie, c'est-à-dire les technologies permettant de chiffrer les données, ainsi que sur « les réseaux anonymes », des sous-ensembles du net construits par les utilisateurs afin d'assurer leur sécurité et dont le plus connu est Tor. Ce réseau repose sur un système décentralisé de “routeurs” redirigeant les données de manière aléatoire, brouillant ainsi en quelque sorte les pistes et rendant beaucoup plus difficile la surveillance du flux d'informations.

Reposant en grande partie sur la participation des internautes, qui sont grandement invités à créer leur propre relais afin de complexifier encore plus le réseau, Tor a fait l'objet de plusieurs rencontres, discussions et ateliers. Le réseau anonyme sert également d'infrastructure technique à nombre de projets visant à assurer la sécurité des whistleblowers.

Ainsi, porté par le Hermes Center for Transparency and digital human rights, GlobaLeaks est un logiciel de whistleblowing en open source ouvert à tous ceux qui veulent « changer la société ». Son but est de proposer une solution simple d'accès à la fois aux whistleblowers, mais également aux journalistes, aux entreprises ou encore aux administrations souhaitant mettre en place des dispositifs sécurisés pour les lanceurs d'alerte.

« C'est un logiciel gratuit, utilisable par tous, customisable pour tout type d'initiative et très facile à mettre en place et à entretenir. » Concrètement, le whistleblower n'a qu'à se connecter au logiciel, charger ses données, remplir une série de champs tels qu'un titre, une description, une catégorie, et à appuyer sur le bouton “Blow the whistle”. Les données sont alors chiffrées et transmises via “Tor2Web”, un logiciel permettant de faire communiquer le réseau Tor avec le web.

« Encrypter l'ensemble du web »

Volker, professeur en science de l'informatique à l'université libre de Berlin, a de son côté développé son propre système de chiffrement des données et propose lui aussi une plateforme de whistleblowing, plus complexe, baptisée “AdLeaks”. 

Le projet présenté par Peter Eckersley, de l'association américaine Electronic Frontier Foundation, est particulièrement ambitieux. Il vise tout simplement à « chiffrer l'ensemble du web ». Baptisé “HTTPS Everywhere”, ce projet tente de convaincre l'ensemble des sites d'utiliser le protocole de sécurité HTTPS que l'on retrouve, par exemple, sur les sites de paiements.

 

 
© JH

« Nous sommes partis des plus gros sites tels que Google, Twitter, Wikipédia, Twitter… », explique-t-il. Et un grand nombre d'entre eux en ont accepté le principe. Mais certains sites ne proposant cette navigation sécurisée que comme une option, l'EFF a créé une extension, disponible pour les navigateurs Firefox et Chrome, permettant de la rendre automatique. À ce jour, elle a déjà été téléchargée plus de 2,5 millions de fois.

Autre solution présentée durant OHM, Storymaker est une application pour téléphone mobile sous Android offrant tous les outils pour réaliser son propre reportage. Elle a été développée par l'association Free Press Unlimited avec le soutien du Guardian Project, une association promouvant la création d'applications “open source”, et du ministère des affaires étrangères néerlandais, afin d'offrir un moyen d'expression sécurisé aux « citoyens journalistes », et plus particulièrement ceux vivant dans des zones de conflit ou sous des dictatures.

Storymaker se décompose en deux parties. La première, “Learn” (“Apprendre”), est tout simplement un petit cours de journalisme, expliquant par exemple comment préparer une interview. La seconde, “Tell Stories” (“Raconter des histoires”), guide pas à pas l'apprenti journaliste dans son reportage. Ainsi, s'il veut prendre une photo, une grille et des contours apparaissent sur l'écran afin de le guider dans son cadrage. Plusieurs outils permettent ensuite de découper, assembler et agencer ses photos et vidéos. Une fois le reportage finalisé, il peut être diffusé sur les principales plateformes, telles que YouTube ou Viméo, de manière anonyme grâce à Orbot, une application mobile utilisant, cette fois encore, le réseau Tor.

 

L'application StorymakerL'application Storymaker© JH

Au-delà de ces solutions techniques, plus ou moins accessibles au néophyte, le porte-parole de l'association française La Quadrature du net, Jérémie Zimmermann, a lui plaidé pour une prise de conscience de la communauté des hackers, qu'il appelle à s'ouvrir sur le reste de la société et à partager ses connaissances pour les démocratiser.

 

Jérémie Zimmermann 
Jérémie Zimmermann© JH

« Aujourd'hui, les technologies nous échappent. Elles ne sont plus faites pour nous rendre plus libres, mais pour mieux nous contrôler », a-t-il lancé lors de sa conférence sur le “Data Love”, un “amour de données” militant pour une libre circulation des informations (appliqué à Mediapart récemment...). « Nous avons le schéma du problème, nous avons les solutions techniques.  Nous devons maintenant atteindre les autres, partager ce data love. Nous avons une responsabilité politique. Dans ce combat, nous somme en première ligne. Et la clef, c'est l'humanité. Faites le data love à vos voisins. » 


En défense de Bradley Manning dans le "village" de la Quadrature à Ohm 
En défense de Bradley Manning dans le "village" de la Quadrature à Ohm© JH

 

“OHM 2013” est l'un des principaux rassemblements de hackers au monde. Organisé tous les quatre ans aux Pays-Bas, et changeant de nom à chaque édition, il propose durant quatre jours une série de conférences et d'ateliers tenus par des personnalités, des chercheurs, des inventeurs, des hacktivistes… Si la communauté informatique du pays hôte se charge d'une grande partie de l'organisation, la vie du camp fonctionne en grande partie sur le principe de l'autogestion. Autour de la petite dizaine de chapiteaux où se tiennent les événements principaux, le camping est ainsi organisé en fonction d'une série de “villages” tenus soit par des “ambassades” nationales ou par des associations telles que, pour la France, La Quadrature du Net. L'ensemble du site a été au préalable alimenté en électricité et en fibre optique afin d'assurer aux participants une connexion internet de bien meilleure qualité que dans de nombreuses villes. Le débit ici est gigantesque. Jeudi, sur les réseaux sociaux, certains affirmaient qu'il était aussi important que le réseau dans toute l'Afrique...

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22