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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:14

 

 

 

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne et ancienne ministre de l’écologie, était l'invitée de l'émission “Tous politiques”, dimanche 9 décembre sur France Inter. Comme chaque semaine, les Décodeurs reviennent sur les déclarations de l'invité(e) de l'émission dont Le Monde est partenaire.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, le 14 novembre à Paris (AFP/Bertrand Guay)


  • L'augmentation du coût du MWh du futur EPR

Ce qu’elle a dit : au sujet du coût de l'électricité produite par l'EPR, "d'après les chiffres que j'ai vus, on sera autour de 70 euros au mégawatt-heure (MWh). Ça reste une énergie électrique relativement peu chère. Ce qui est moins cher, c'est (...) l'hydro-électricité, notamment avec des barrages qui sont amortis. Mais tous nos grands fleuves sont équipés. Ce qui est un tout petit peu plus cher, mais à peu près d'un prix équivalent, c'est l'éolien à terre, on-shore."

Pourquoi c’est plutôt faux : les chiffres que Nathalie Kosciusko-Morizet a "vus" sont un peu datés. Un rapport de la Cour des comptes sur "les coûts de la filière électronucléaire", publié en janvier, évoquait bien "un coût de production futur de Flamanville entre 70 et 90 euros par MWh, avec une durée de fonctionnement de soixante ans". Ce montant, déjà supérieur à celui de 46 euros évoqué au début du chantier de l’EPR, était valable pour une facture globale réévaluée autour de 6 milliards d’euros.

Sauf qu’EDF a annoncé le 3 décembre un nouveau surcoût de 2 milliards d’euros du chantier de Flamanville, pour une facture totale qui devrait s’élever (sauf nouvelle augmentation) autour de 8,5 milliards d’euros. Ce surcoût va entraîner une augmentation du coût de l’électricité produite. "Aujourd'hui, avec une construction chiffrée à 8,5 milliards d'euros, on se situe plutôt dans une fourchette de 100 à 120 euros le MWh et ce chiffre pourrait encore augmenter", a expliqué au Monde.fr Bernard Laponche, physicien et polytechnicien, qui a participé à l'élaboration des premières centrales nucléaires françaises en tant qu'ingénieur au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). A titre de comparaison, le coût de production de l’électricité dans les centrales nucléaires "classiques" – mais qui approchent de leur fin de vie – a été évalué à 49,5 euros le MWh par la Cour des comptes dans son rapport de janvier.

A plus de 100 euros le MWh, l’électricité produite par l’EPR n’est pas beaucoup moins chère que celle produite par les autres sources d’énergie. Comme l’affirme Nathalie Kosciusko-Morizet, l’hydroélectricité est effectivement probablement la moins chère à produire, du fait de l’amortissement du coût (pourtant élevé) de construction des barrages sur le long terme. "Probablement", car EDF ne communique pas ce coût de production d’électricité. Il est toutefois estimé à 30 MW/h en moyenne.

Mais, contrairement à l’affirmation de NKM, il n’est pas certain que l’électricité produite par le futur EPR soit la moins chère après la source hydraulique, centrale nucléaire "classique" mise à part. Dans sa dernière synthèse publique des "coûts de référence de la production électrique", en septembre 2010, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) anticipait pour 2012 un coût de production de référence de 74 euros par MW/h pour l’éolien terrestre "on-shore". Soit bien moins que l’estimation de 100 à 120 euros le MWh pour l’EPR. L’éolien off-shore et le photovoltaïque, eux, relèvent encore d’un coût de production plus élevé (au minimum 120 euros le MW/h).


  • Suppressions de postes mais pas de licenciement à Florange

Ce qu’elle a dit : "Il y aura [à Florange] des suppressions de postes, sans licenciement. (...) Quand on a vu l'accord, on s'est rendu compte que les 180 millions d'euros annoncés par le gouvernement étaient en fait écrits à l'encre pas sympathique du tout. Parce que finalement, il n'y avait plus que 50 millions d'euros."

Pourquoi c’est vrai : l’accord conclu entre le gouvernement et ArcelorMittal, dont le contenu a été révélé par Le Monde le 4 décembre, prévoit la "mise sous cocon" des hauts fourneaux de l’usine de Florange – avant un très hypothétique redémarrage dans le cadre du projet de captage de CO2 Ulcos. Cela signifie la suppression des 629 postes qui en dépendaient. Mais à l’instar des déclarations de Jean-Marc Ayrault assurant qu’il n’y aurait "pas de plan social", l’accord prévoit le reclassement des 629 salariés "sur des bases exclusivement volontaires", avec "un dispositif de gestion des fins de carrière et sur la mobilité interne au site".

Les premières annonces après cet accord entre le gouvernement et ArcelorMittal faisaient état de 180 millions d’investissements par le sidérurgiste dans les cinq années à venir. Le détail de l’accord, lui, nuance largement ce montant : les "investissements stratégiques" ne représenteront que 53 millions d'euros, le reste étant "le flux d'investissements courants" et autres frais de maintenance.


  • Le rôle de Delphine Batho à Doha

Ce qu’elle a dit : ["Delphine Batho était à Doha.", lui dit un journaliste] "Non, ça lui a été retiré. Elle était à Doha comme accompagnatrice, mais elle n'était pas le responsable de la lutte contre le changement climatique. C'est Laurent Fabius, comme ministre des affaires étrangères, qui y était."

Pourquoi c’est plutôt faux : la France était représentée par trois membres du gouvernement lors de la conférence annuelle de l’ONU pour le climat, au Qatar : Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement. Il est vrai que c’est Laurent Fabius qui a prononcé le discours officiel de la France à la tribune le 6 décembre, indique le site de la conférence.

Il est toutefois exagéré de décrire Delphine Batho comme une simple "accompagnatrice" lors de ce sommet. Elle a notamment participé à une table ronde mercredi 5 décembre, réunissant les ministres concernés de chaque délégation et ouverte par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Lors de cette réunion, "la ministre française a rappelé que les objectifs de réduction fixés volontairement par les différents pays parties à la Convention ne permettaient pas en l’état d’éviter un réchauffement climatique supérieur à 2°C", affirme un communiqué du ministère.


Alexandre Pouchard


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