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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 17:19

 

 

 

 

Bon, ben c'était une semaine comme une autre. Environ mille chômeurs de plus par jour, un Tapie en garde à vue ici, un week-end à préparer les futures vacances par là, une élection au choix ultra-cornélien entre un UMP et un FN à Villeneuve-sur-Lot, etc. Et pendant ce temps là...

Pendant ce temps là, les participants de la Marche des chômeurs, chômeuses et précaires pour leurs droits ont continué à marcher. Ils marchent depuis une semaine, certains même partis de Saint-Joseph à La Réunion dès le 10 juin, accueillis à Montpellier le 15 tandis que dans l'est ils sont partis d'Haguenau. Haguenau, un point sur la carte que vous avez sans doute du mal à situer si vous n'êtes pas Alsacien, comme d'ailleurs Saint-Joseph si vous n'êtes pas de La Réunion, mais enfin là comme ailleurs il y a beaucoup trop de personnes privées d'emploi, de précaires qui galèrent et de retraités qui désespèrent. De braves gens aussi - ah, les braves gens - qui s'en foutent de la situation des autres mais qui voudraient bien que ça pète parce que voyez-vous, on n'y arrive plus et c'est la faute à...

Alors samedi, par exemple, ceux de la Marche sud, étaient à Colomiers pour marcher onze kilomètres jusqu'à la place du Capitole, Toulouse. De 80 à 120 marcheurs et marcheuses, selon les moments, parce que hein, ce n'est pas un exploit sportif et qu'en plus on a ses propres difficultés, alors on fait parfois un bout de chemin ou on rejoint le cortège un peu avant l'arrivée, c'est pas grave. C'est pas de la triche. L'essentiel c'est vraiment de participer, il n'y a pas de dopage, sauf à l'espoir que ça sert un peu à quelque chose, cette Marche.

Et puis ça fait un immense plaisir de voir marcher ensemble des chômeurs du MNCP, des agents de Pôle emploi syndiqués du SNU / FSU ou de Sud / Solidaires, des militants de DAL et des adhérents d'ATTAC. Oui, ça fait chaud au coeur cette pratique du "tous ensemble" qui n'est pas seulement un slogan mais un moment où on paye de sa personne sans perspective de gain immédiat. C'est tellement décalé de l'actualité, du fric planqué dans les banques de Singapour, des ministres qui n'ont rien d'autre à proposer que des effets d'annonce pendant que le pays est au bord de basculer dans le désespoir vert-de-gris. C'est tellement évident quand on est dedans qu'il y avait même une délégation locale de la CGT chômeurs, qui ne fait pas partie des organisateurs.

Sur la route, entre Colomiers et la place du Capitole, il y en avait avec mal au genoux, d'autres qui n'avaient pas l'habitude de marcher et qui trainaient un peu sous le soleil de plomb, à prendre des coups de soleil. Et se dirent qu'ils ne faisaient pas ça que pour eux, pour leur petite personne mais pour tous ceux et celles qui n'en peuvent plus de ne croire en rien, qui ont peur, mais au fond qui voudraient bien que ça change mais qui n'y croient plus et ne savent pas comment faire. Il y avait des moments champêtres, l'impression d'être au milieu de nulle part, d'une zone industrielle déserte en ce samedi, où un parc ombragé avec un goûter pour reprendre des forces.

Et puis il y a eu ces rues piétonnières de centre ville avec son lot d'indifférents mais aussi celles qui venaient demander un tract : "Vous allez jusqu'à Paris ? Nooon ? Formidable ! Mon fils aussi est au chômage, j'aimerais qu'il se bouge comme vous." On en a entendu des vertes et des pas mûres. Des petits saluts amicaux aussi, souvent un petit coup de klaxon en guise d'encouragement. Un TER qui passe en actionnant sa trompe, ça ne trompe pas, c'est un conduteur de train syndicaliste qu'on salue en agitant les drapeaux plus fort.

Et pendant ce temps là... ils sont où ceux qui gouvernent, qui médiatisent, qui inversent la courbe du chômage ? Dans les grands médias complaisants qui ont pour eux antenne ouverte avec des "experts" autoproclamés et rémunérés et qui parlent pour surtout ne rien dire. Aux marcheurs qui marchent et qui ont des choses à dire, pas question de leur tendre un micro parce que ce serait - qui sait - l'étincelle qui pourrait provoquer une explosion sociale. Vous avez vu au Brésil ? en Turquie ? en Suède ? La sécheresse sociale engendrée par l'austérité pourrait s'embraser. Qu'on les cache, les chômeurs qui sont debout, leurs amis syndiqués qui n'attendent pas "vous allez voir ce que vous allez voir, à la rentrée on se mobilise sur les retraites". A la rentrée ? Pourquoi à la rentrée ? Ils partent en vacances ceux et celles qui n'en peuvent plus, ils attendent la rentrée eux ? l'inversion de la courbe du chômage à la Saint-Glinglin ? Il fait trop chaud pour manifester en cette saison ? Ah, faut être au chômage pour avoir une idée pareille, une marche en été. Ben oui, les chômeurs ils n'ont pas la grève, il faut bien qu'ils aient des idées.

Oui, ils sont plus de cinq millions, chômeurs et précaires. Ils ne sont pas tous dans la rue ? Mais vous êtes qui pour leur reprocher la fatigue, la peur, le découragement, l'absence de confiance dans l'action collective ? Vous avez des conseils à leur donner ? Ah, bien, alors vous êtes bienvenu dans les débats qu'organisent les marcheurs. Parce qu'en plus de marcher, ils participent à des actions ou des débats à l'étape. Celui de Toulouse, après les onze kilomètres depuis la gare de Colomiers était assez réussi. Le lendemain matin dimanche, une de leur délégation en avait un autre à 9 h 30, avec Démocratie & Socialisme, la revue du socialiste Gérard Filoche. Zalihata Mansoibou, porte-parole de la Marche et du MNCP, a eu droit à une standing ovation pour son intervention. Une satisfaction après la fatigue du périple, qu'on endure en pensant qu'il reste encore deux semaines avant l'arrivée à Paris.

D'ici le 6 juillet vous pouvez encore faire quelque chose pour que cette marche soit utile, fasse bouger les lignes, bousculent les habitudes et allègent les pesanteurs sociales. Nous serons bientôt à Arnage, à Saint-Dizier, à Montluçon, ou encore Nanterre, Morsang-sur-Orge, Montreuil, pour de nouveaux débats, d'autres actions auprès des Pôle emploi ou avec des sans-abris. Comme nous étions avec le cercle du silence pour les sans-papiers à Carcassonne ou au Creusot pour protester contre l'absence des chômeurs à la Conférence sociale. Une quinzaine de jours. On vous attend. Venez comme vous êtes ou ne venez pas. Les marcheurs sont patients, pas feignants et comme le dit un de leur slogan : "Même pas fatigués !".

 


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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
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