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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:19

 

 

Marianne - Mardi 5 Février 2013 à 18:22

 

Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur

 

Les restructurations, fermetures et fusions de maternités, qui se sont traduites par d’importantes suppressions de postes et la création de superstructures, sont pointées du doigt au lendemain du drame de Port-Royal.


Extrait du film « Un heureux événement » - DR
Extrait du film « Un heureux événement » - DR
Pourquoi une femme arrivée à terme de sa grossesse n’a-t-elle pu être prise en charge à la maternité de Port-Royal (Paris XIVe) ? D’après les premiers éléments de l’enquête administrative menée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), les effectifs soignants, médicaux et paramédicaux étaient au complet et le nombre de lits, suffisants pour parer aux urgences. Les personnels, y compris le chef de la maternité, ont pourtant affirmé que le service était saturé.

La situation de la parturiente n’a, semble-t-il, pas été jugée urgente. Y a-t-il eu une erreur de prise en charge ? La direction de l’AP-HP se couvre-t-elle après toute une série d’incidents dramatiques au sein de ses établissements (nonagénaire retrouvée morte de froid dans les jardins de l’hôpital Sainte-Périne, suicide d’une soignante à Robert-Debré…) ? Une investigation plus approfondie apportera les réponses aux questions qui se posent aujourd’hui.
 
« Il n’est pas question d’aller chercher des boucs émissaires chez le personnel », assure Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et porte-voix de la CGT-Santé et de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). « Le drame de Port-Royal, c’est la chronique d’un accident annoncé », poursuit le syndicaliste, dénonçant un manque chronique de moyens dans des hôpitaux contraints de se serrer la ceinture au nom de l’efficience. Au-delà de cette affaire, c’est peut-être une enquête parlementaire sur la politique périnatale qui s’impose.

sous-effectif chronique

Les restructurations hospitalières qui, depuis une vingtaine d’années, remodèlent la carte sanitaire, le manque de personnels et de moyens ont lourdement pesé. Même si, comme le dit l’APHP, les effectifs étaient au complet à Port-Royal le jour de l’accident (selon quelle norme ?), à force de rationalisation et de regroupements, les services hospitaliers sont en sous-effectif chronique. Les efforts budgétaires se sont traduits par des suppressions de postes, et par conséquent, des fermetures de lits, faute de personnel disponible. Résultat : des soignants en surrégime et des patients qui peinent à trouver des places dans les hôpitaux.
 
A Paris, trouver une place en maternité est devenu presque aussi compliqué que d’obtenir une place en crèche. Au nom de la rationalisation de l’offre de soins, les « petites » structures ont été fusionnées. La maternité de Port-Royal, superstructure flambant neuve ouverte il y a moins d’un an, est le fruit du regroupement de trois maternités. Plus de 100 lits d’obstétrique et 40 de gynécologie sont disponibles ; plus de 5 000 bébés y naissent chaque année. Les patientes sont des femmes du quartier, proximité oblige, mais pas seulement. D’autres futures mamans viennent de plus loin, attirées par la modernité et la bonne réputation de l’établissement ou contraintes de se déplacer jusque dans le XIVe arrondissement faute de maternité près de leur domicile, parfois sis en banlieue.
 
Face à l’affluence, poussés à faire plus d’actes et réduire les temps de séjour des patientes, les services sont en surchauffe. « Les événements dramatiques comme celui de Port-Royal sont, hélas, prévisibles », confie un médecin de l’APHP, lui même débordé dans son service. D’autres se sont déjà produits, dans le même établissement. L’année dernière, laissée seule dans un box, une femme avait fini par accoucher seule et son enfant était tombé sur le sol – heureusement sans gravité. Hier, une patiente a fait part de son intention de déposer plainte contre la structure après un décès in utero en 2011.
 
Dans un contexte de restrictions budgétaires et de rationalisations sur la santé, le drame de Port-Royal, comme à chaque drame médical, relance le débat sur le maintien des maternités et hôpitaux de proximité. Il serait pourtant faux de croire qu’un maillage plus serré dans tous les départements empêcherait des décès. Les établissements qui pratiquent peu sont dangereux pour les patients. Mais force est de constater qu’à pousser à son comble la logique d’efficience et de productivité, les « usines à bébé » peuvent l’être tout autant. 

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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