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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 09:45

Agoravox

 

Saviez-vous qu’en ce moment même, des Indignés parcouraient l’Europe à pied, défendant une autre conception de la démocratie, différente de celle du simulacre dans laquelle nous vivons ? J'ai décidé de les rejoindre, pour quelques jours... 

Vous avez surement entendu parlé du mouvement des Indignés, né en Espagne le 15 mai dernier, qui depuis résonne dans toute l’Europe sur fond d’une profonde et complexe crise économique, et d’une prise de conscience des limites du modèle démocratique occidental.

Partie prenante en dilettante de la mouvance parisienne du mouvement du 15M, ou des Indignés, j’ai profité de mes courtes vacances pour aller rejoindre la Marche partie de Barcelone le 8 août dernier, histoire d’en savoir un peu plus sur la version contemporaine d’un mode de protestation historique, et aujourd’hui passé de mode.

Comment j’en suis arrivé là ?

Mes premiers pas dans la Révolution citoyenne, je les faisais alors que je n’en avais même pas encore pas encore conscience. C’est lorsque, au rythme de rencontres, de lectures et de cours d’université, je me suis mis à aller plus loin que les postulats, évènements et les faits qui nous sont assénés chaque jour par un flux continu d’informations dont les sources sont, la majeure partie du temps, biaisées de façon inconsciente ou idéologiques, que j’ai commencé à développer un esprit critique et engagé politiquement, malgré moi.

Une bien longue phrase pour décrire une partie de la complexité du processus qui fait passer l’individu « mouton » (ou Madame Michu, selon les publicitaires…), au statut de citoyen conscientisé. Les dogmes de notre société actuelle tendent à faire paraître ces ces homo-politicus comme au mieux de doux rêveurs caressant des utopies, ou pire, les prennent pour des esprits subversifs constamment en opposition, révolutionnaires, qui ne chercheraient qu’à détruire le système actuel, sans offrir de solution viable. TINA (There is no alternative) en quelque sorte. Circulez, il n’y a rien à voir…

Pourquoi diable devrait-on se charger du fardeau de la pensée dominante, et se retenir de poser des questions pertinentes, qui ne trouvent aucun écho dans la sphère politico-médiatique ? Si les médias ne remplissent plus leur rôle, à savoir de diffuser des informations complètes, vérifiées, ainsi que non amputées ou dénaturées ; d‘être le dernier rempart de la démocratie face aux influences politiques et économiques en somme, n’est-il pas nécessaire de développer de nouvelles stratégies et modes de pensée ?

Qui et que reste-t-il alors au citoyen pour assurer sa défense ? Grossièrement, et en n’oubliant pas ceux qui défendent encore le droit à l’information : ses pairs, la rue et la toile.

Concernant l’échelle des masses, penser que tout le monde pourrait être actif politiquement, au sens du militantisme serait irraisonné. Par contre, il est probable qu’une partie de la population ne soit pas encore résignée, et caresse des espoirs de jours meilleurs, tout en étant convaincu que cela resterait irréalisable. Tout le monde ne peut être humaniste certes, mais peut être serait-il temps d’objectiver les dégâts et les dérives de notre société afin de faire un constat sans appel : nous ne vivons pas en démocratie. La conscience de cet enjeu doit appeler à remettre en question les dogmes qui régissent notre vie, notre habitus dirait Bourdieu, afin d’apposer un regard nouveau sur le monde dans lequel nous vivons.

Quant à Internet, même s’il n’est pas le Saint Graal (et oui, certains y passent leur temps à… perdre leur temps, se divertissent, entretiennent leurs fantasmes…) permet pourtant à un nombre infiniment plus grand de citoyens cherchant l’information d’y accéder presque librement, et par la même, devenir des citoyens-journalistes, à des échelles bien sûr variées. Faut-il voir le spectre d’Internet dans les mouvements qui secouent le monde ? Tous les pays qui voient certaines parties de leur population se soulever n’ont pas la même utilisation d’Internet, cela serait à voir au cas par cas. Me concernant, je suis en tout cas bel et bien un enfant de la Révolution par Internet. L’aurais-je été autrement ? Impossible de répondre…

 Après un bref aperçu de ce qui m’a mené à être sensible au mouvement du 15M, qui dans sa globalité, cherche à redonner plus de pouvoir au peuple, et à lui donner les moyens de s’armer politiquement, afin qu’il ne soit non plus figurant d’un monde sur lequel il n’a presque aucune emprise, mais qu’il devienne un groupe dont la collaboration, et la compréhension des différents enjeux, se feraient sous le sigle de la transparence.

Quelques mois après avoir observé le mouvement depuis Londres, je suis finalement revenu sur la terre ferme et j’ai pu voir les Indignés français d’un peu plus près. Ma première expérience avec eux a été plutôt curieuse... Je comptais les rejoindre à l’Hôtel de Ville pour assister à une de leurs AG, afin d’en savoir un peu plus sur ce qui se tramait, et puis j’ai été témoin d’une chose qui m’a paru complètement incrédule, moi, petit novice dans la vie militante : la répression policière. Alors que nous souhaitions simplement discuter entre citoyens, la police a finalement arrêté 127 personnes devant le Parvis Notre-Dame, où nous avions décidé de nous déplacer. Dites vous que c’est tout de même étrange de se retrouver dans le parking sombre d’un commissariat pour un contrôle d’identité, pour avoir voulu s’informer et partager des idées.

Des semaines, soit des séances de travail, des commissions, des débats, et quelques querelles plus tard, j’appris qu’une marche internationale partaient des foyers d’indignés, pour une escapade européenne vers Bruxelles. Mes vacances pour cause de chômage technique approchant, je décidai de partir rejoindre l’une de ses ramifications.

En route pour Barcelone ! Puis Bruxelles…

Alors que je pensais rejoindre la Marcha Meseta, je pris finalement la décision d’aller à la rencontre de la Marcha Mediterranea qui partait le lundi 8 de Barcelone, bien plus commode à rejoindre en auto-stop depuis Paris. J’ai donc eu mon premier contact avec eux à Mataro, le mardi 9 août.

Au départ, je me suis dit : « Pfff, ils ne sont que 17, j’aurai dû aller à l’autre marche ! ». Et puis les heures passants, je me retrouva bien vite absorbé par la petite famille de la Marcha Mediterranea. Quelle chance de voir une organisation de ce genre à ses balbutiements ! Voir ses erreurs, ses hésitations, mais aussi son sens de la débrouillardise et de la créativité à l’œuvre, fût extrêmement enrichissant. Je ne vais pas vous conter les querelles internes et autres broutilles, mais plutôt le quotidien de cette marche, et ce qu’elle est en train d’accomplir.

Chaque jour, une distance de marche entre 20 et 35km est à accomplir. Une voiture de soutien logistique – lorsqu’il y en a une… - transportera vêtements, tentes et nourriture jusqu’au point d’arrivée. Et marcher ces distances sous le soleil catalan n’est pas de tout repos ! Peu importe, les marcheurs savent pourquoi ils sont là, je m’étonne même de n’entendre presque aucun gémissement. Moi qui fut scout dans le passé, j’ai encore le souvenir des pleureuses aux ampoules !

Levé 5h ou 6h, selon la distance à parcourir (les horaires du matin étant les plus précieuses pour éviter de subir trop longtemps la hargne du soleil catalan, il est nécessaire de partir tôt !). L’heure d’arrivée dépendra de notamment de comment aura été géré l’itinéraire, ou encore du nombre de villages visités pour mener des actions, discuter avec les habitants, donner rendez-vous à l’assemblée populaire du soir, ou encore récupérer de la nourriture.

Le groupe fonctionne en auto-gestion, c’est à dire qu’il est plus ou moins indépendant de tout infrastructure extérieure. La nourriture nous est soit fournie par des Indignados locaux qui nous reçoivent dans les villes qui se trouvent sur notre chemin, soit nous la récupérons nous-mêmes en allant voir les commerçants qui nous font don de leurs invendus, produits périmés etc, ou encore, nous récupérons divers aliments dans divers endroits (poubelles des marchés, champs…), bref, la débrouille. Une des seules nécessité pécuniaire étant celle du carburant pour la/les voitures d’appoint. Là, des spectacles peuvent être donnés dans la rue, des quêtes organisées, des petits objets confectionnés et vendus ou bien, les marcheurs mettent la main à la poche, lorsque c’est matériellement possible pour eux. 

Car la population des marcheurs est tout de même assez spécifique. Elle nécessite que l'on ai du temps à consacrer à cette cause. On retrouve donc des chômeurs, mais aussi des étudiants, des retraités, mais aussi des personnes ayant pris des congés simplement pour accompagner la marche quelques jours, ou quelques semaines... L'important étant d'en être, rien qu'un peu !

Pourquoi faire au juste ?

Le but affiché de la marche, est donc de rallier Bruxelles à pied le 8 octobre, afin de protester devant le parlement Européen, et de présenter des doléances récoltées le long du périple (ce qui n’est pas sans rappeler 1789…). Car soyons clairs, les marcheurs s’accordent sur un fait : peu ont un réel espoir que les choses changeront le 8 octobre à Bruxelles, par contre, ce qui est important, c’est de semer des graines le long de leur chemin, de marquer le territoire par leur passage. Aller à la rencontre des gens, leur parler, les écouter… C’est pour cela que chaque soir, des Assemblées Populaires sont organisées dans les villes et villages dans lesquels les marcheurs résident pour un soir, afin d’informer sur le mouvement du 15M, la marche, mais aussi pour parler d’actualité économique, politique ou de sujets sociaux. Les locaux nous confient leurs problèmes, nous encouragent, parfois nous questionnent sur nos intentions. Si le peuple espagnol était assez réceptif (parce que fortement touché par la crise, et parce que le mouvement des Indignés y a eu une important plus significative qu’ailleurs, et plus couverte médiatiquement), il y a évidemment des sceptiques, ou bien des individus opposés à cette initiative.

 Certains assument leur opposition en nous taxant d’irréalistes, d’autres ne croient en rien d’autre que l’individualisme ou au libéralisme économique comme porte de sortie de la crise. Peut être… Il n’empêche que l’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui est à saisir, et que la laisser filer serait la pire des erreurs. A l’heure où le système dans lequel nous vivons montre ses limites d’une façon criante, il faut avoir une sacrée poutre dans l’œil pour refuser de faire le constat amer de notre mode de vie…

Eloignées du modèle classique des cortèges de syndicats qui se cantonnent bien sagement aux itinéraires et aux horaires de manifestations, les marches continuent aujourd’hui leur inexorable progression vers Bruxelles, et ont plus que jamais besoin de vous. Besoin de votre soutien, aussi bien intellectuel que matériel, mais aussi et surtout, de votre contact. Si elles passent près de chez vous, allez donc y faire un tour, vous serez surpris ! Personnelement, j'en suis ressorti grandit, c'est bien difficile de revenir à une vie normale après ça... 

Grand rendez-vous à Paris le 17 septembre

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Les marches des indignés vers Bruxelles
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