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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:34

 

Sur le parcours, les militants d’Attac ont placardé des portraits de François Hollande. « Avis de recherche pour rendre des comptes à la démocratie. Motif : veut imposer le pacte budgétaire au mépris de ses engagements et sans consulter les citoyens ». Dimanche 30 septembre, le président de la République était la vedette de la manifestation des opposants au TSCG, le traité de discipline budgétaire que les députés vont voter mardi. Sur certaines pancartes, certains clament leur déception : « 6 mai 2012, si j’aurais su, j’aurais pas venu » ; « Le vote utile, voilà où ça mène ». Ou encore : « Au printemps on l’élit, à l’automne il nous trahit ».


Dimanche, près de la place de la Nation 
Dimanche, près de la place de la Nation© MM

 

L’ordre du jour était officiellement la dénonciation du traité, l’exigence d’un référendum – une revendication qui ne sera pas entendue, puisque le vote au Parlement a lieu dans deux jours – et le refus de l« austérité permanente ».

Mais, deux jours après la confirmation d’un budget 2013 d’une extrême rigueur, les milliers de participants de la première mobilisation anti-Hollande du quinquennat en ont profité pour lancer un avertissement plus politique au gouvernement. Moins de six mois après l’élection de François Hollande, la journée a permis à la gauche de la gauche, traversée de divisions, de se retrouver et de se compter en prévision des mobilisations à venir.

Pour un tour de chauffe, le pari est plutôt réussi : selon les organisateurs, Front de gauche en tête, « 80 000 » personnes ont manifesté sous le soleil entre Nation et la place d’Italie. Sur son compte Twitter, Jean-Luc Mélenchon a même évoqué « plus de 100 000 personnes ». La préfecture de police, elle, n’a pas procédé à ses calculs habituels. Difficile donc d’avoir une idée précise. Seule certitude : le cortège, dominé par les bataillons du PCF et du Parti de gauche, les principales organisations du Front de gauche, était long de plusieurs kilomètres et plutôt fourni.

 

Dans le cortège 
Dans le cortège© MM

 

Une soixantaine d’organisations avaient appelé au rassemblement. Des partis, comme le Front de gauche ou le NPA de Philippe Poutou et Olivier Besancenot. Des associations, comme Attac, les économistes atterrés (à l’origine du collectif pour l’audit citoyen de la dette). Seules deux organisations syndicales, FSU et Solidaires, avaient appelé à manifester. Mais plusieurs syndicats de la CGT étaient dans le cortège, de l’union régionale Île-de-France en passant par les cheminots ou les ouvriers du livre. De même que la section CGT de Fralib, filiale de la multinationale Unilever dont les salariés qui produisent les thés et infusions Lipton à Gémenos (Bouches-du-Rhône) sont en conflit avec leur employeur depuis des mois.

Plusieurs figures de la gauche européenne comme Alexis Tsipras, le leader du parti grec Syriza, avaient annoncé leur soutien. Mais c’est un cortège unitaire d’associations féministes qui a ouvert la marche. Un symbole, selon leur porte-parole, Christiane Marty : « L’austérité touche durement les classes populaires et les précaires. Parmi eux, il y a les jeunes et les immigrés mais aussi les femmes. Elles sont plus souvent en sous-emplois, cantonnées aux bas salaires, davantage concernées par les coupes dans les prestations sociales. »

T-shirts, banderoles ou panneaux rappellent la violence des restrictions budgétaires subies par les Grecs, les Espagnols ou les Portugais. « La situation est catastrophique en Europe, les politiques d’austérité entraînent la paupérisation des populations européennes, et même l’Allemagne est touchée », résume Pierre Khalfa, de la fondation Copernic. Mais le rejet de « l’austérité » en France est aussi sur toutes les lèvres. « Le budget 2013 va entraîner des coupes drastiques dans les dépenses publiques », prévient-il. « Certains ministères sont certes prioritaires, mais comme les effectifs de la fonction publique restent constants, les coupes dans certaines administrations vont être plus importantes que ce qui était prévu par Nicolas Sarkozy », déplore Annick Coupé, porte-parole de l’union syndicale Solidaires. « François Hollande se soumet à la logique imposée par Merkel, Monti, Draghi, etc. », s’inquiète Aurélie Trouvé (Attac), qui rappelle qu’un agenda de mobilisation européenne est en train de voir le jour, avec un rendez-vous à Florence en novembre et un altersummit à Athènes, au printemps prochain.

 

« Ayants droit exigeants »

 

«Union européenne, BCE, FMI» 
«Union européenne, BCE, FMI»© MM

 

C’était prévu : tous les opposants au traité ne sont pas là. Les parlementaires de l’aile gauche du PS qui voteront “non” mardi ne se sont pas montrés. Hostiles au traité (mais tout aussi hostiles à Jean-Luc Mélenchon), Eva Joly ou les députés et sénateurs écolos, majoritairement contre le TSCG comme leur parti, ont décliné l’invitation. Pas de drapeaux EELV non plus dans les rangs, même si certains écologistes ont fait le déplacement, comme l’adjointe à la mairie de Paris, Véronique Dubarry. Plusieurs pancartes ironisent d’ailleurs sur les divisions au sujet du traité dans les rangs de la majorité. « Députés, pas de trahison, votez non ! » proclame une affiche du Front de gauche. « PS-EELV soyez de gauche ! », proclame une autre.

Principal organisateur de la journée – au point que c’est Mélenchon lui-même qui avait annoncé la date du 30 septembre, prenant tout le monde de court –, le Parti de gauche de l’ancien candidat à la présidentielle salue un « tour de force » : « C'est une manifestation de masse. Notre pari est réussi ! » se félicite Éric Coquerel, conseiller de Mélenchon, convaincu que « le front anti-traité est plus large qu’en 2005 ». « Le traité et le budget sont des poupées russes qui s’emboîtent : se mobiliser contre le traité, c’est dire que le budget en l’état ne nous satisfait pas. On veut montrer à François Hollande qu’on est une majorité dans ce pays pour faire une autre politique. Qu’est-ce qui est le plus important pour lui ? Le Medef ou les gens qui se mobilisent dans les luttes ? » Coquerel dément cependant toute opposition frontale. « Nous serons des ayants droit exigeants. Nous n’avons pas battu Nicolas Sarkozy pour avoir la politique de Nicolas Sarkozy. »

Quelques minutes plus tard, Jean-Luc Mélenchon exulte. « Ce jour est celui où le peuple français entre en mouvement contre la politique d'austérité. » Le leader du parti de gauche s’en prend à Jean-Marc Ayrault, « complètement fermé, il divise la gauche, il est allié à la droite contre le reste de la gauche », et à ces « ministres enfermés dans leur bulle technocratique qui ne voient pas plus loin que l’horizon comptable ». « Qu'ils changent de position ou alors on change de représentants ! » lance Mélenchon, qui entend apparaître à l’avenir comme l’alternative au PS.


«Elle te fait si peur, Angela?» 
«Elle te fait si peur, Angela?»© MM

 

Le premier secrétaire du PCF, Pierre Laurent, est plus mesuré. « Cette manifestation contre l’austérité a un temps d’avance sur le gouvernement. Toutes les forces de gauche sociale, politique et syndicale sont en train de se rassembler pour stopper l’austérité. Ce cap doit être infléchi, changé le plus vite possible. C’est nous qui allons donner du courage à la gauche. Arrêtons de mépriser les signaux envoyés par le peuple ! Aujourd’hui est un point de départ, ça va continuer dans les semaines et les mois à venir. » Quant à André Chassaigne, chef de file des députés Front de gauche à l’Assemblée – qui voteront contre le traité, et contre la loi organique qui l’accompagne –, il veut lui aussi « instaurer un rapport de force idéologique » avec le gouvernement. Mais sans « adopter la position du tireur couché qui tire sur tout ce qui bouge ». Juste devant lui, Jean-Luc Mélenchon a les oreilles qui sifflent.

Un peu plus loin, l’ancien candidat anticapitaliste à la présidentielle, Olivier Besancenot (NPA), évoque une « première étape contre l'austérité » et ne s'embarrasse pas de circonlocutions quant à son attitude vis-à-vis du gouvernement. « Il nous faut assumer le statut d’opposant politique à la gauche de la gauche. Sinon on laisse le terrain à la droite et à l'xtrême-droite. »

Philippe Poutou, lui, se moque carrément des préséances entre organisations et partis dans le carré de tête. « Ça fait vitrine ! » Salarié de Ford à Blanquefort, il exige une « marche contre les licenciements », déplore au passage que la CGT ne soit pas dans le cortège. Et doute, malgré les dires des uns et des autres, que l’unité de la gauche de la gauche soit vraiment pour demain. « C’est peut-être le début d’une bataille unitaire durable pour la lutte contre les licenciements et contre la casse de la protection sociale. Mais pour aller plus loin, il faudra arriver à faire tomber les barrières ! Et il y a encore pas mal de méfiance entre les mondes syndicaux, associatifs et politiques. Au sein du mouvement syndical ça tiraille de partout. L’unité aussi c’est une bataille. »

« Si on avait eu plus de temps, on aurait peut-être pu mobiliser comme en 2005 contre le traité, théorise Annick Coupé (Solidaires). Mais cette journée permet au moins de commencer à créer un rapport de force sur les sujets sociaux. » Avec en ligne de mire, les futures mesures sur la compétitivité, d’éventuelles hausses de CSG ou de TVA dans les mois à venir, et une nouvelle réforme des retraites en 2013. De nouvelles occasions de descendre dans la rue ?

 

 

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