Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 23:18

Créé le 06-04-2012 à 19h49 - Mis à jour le 07-04-2012 à 14h28     

Mathieu Molard
Par Mathieu Molard
journaliste multimédia

Le MNLA a proclamé l'indépendance de l'Azawad, la partie nord du Mali. La communauté internationale refuse de reconnaître une "sécession de fait" qui pourrait perdurer.

 

 

 
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Des rebelles touaregs, au Mali. (Ferhat Bouda/DPA/MAXPPP)

Des rebelles touaregs, au Mali. (Ferhat Bouda/DPA/MAXPPP)

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), principale composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé dans une déclaration sur son site, vendredi 6 avril, l'indépendance "irrévocable" de cette vaste région du nord du pays. Une revendication qui date de 1960.

La France a "salué" samedi 7 avril l'accord de sortie de crise signé la veille entre la junte au pouvoir au Mali et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et a appelé à sa mise en oeuvre "sans délai", par la voix du chef de la diplomatie, Alain Juppé. Le ministre des Affaires étrangères réitère son appel à la rébellion touareg du MNLA) "à renoncer à sa déclaration unilatérale d'indépendance" et "à inscrire son action dans le cadre d'un dialogue politique respectueux de l'ordre constitutionnel malien et de l'unité du pays".

 

Paris avait déjà réagi la veille par l'intermédiaire du porte-parole du ministère des affaires étrangères Bernard Valero.

Nous considérons que la déclaration unilatérale d'indépendance de l'Azawad est nulle et non avenue."

Une déclaration qui rejoint la position de l'Union africaine pour qui cette "annonce" est "nulle et sans valeur". Même son de cloche du côté du voisin algérien, qui refuse toute remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali.

Pour Philippe Hugon, chercheur à l'Iris, "reconnaître l'indépendance reviendrait à ouvrir la boîte de pandore". Les Touaregs sont aussi présents en Algérie, Libye, Burkina Faso et Niger. Le MLNA a bien tenté de rassurer ces pays en déclarant reconnaître "les frontières en vigueur avec les états limitrophes et leur inviolabilité."

Une "sécession de fait"

Pour Philippe Hugon, on devrait tout de même voir "une sécession de fait pour une très longue période". En effet, ni l'état malien ni la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ne semblent capables de reconquérir ce territoire. "C'est une bataille perdue d'avance. Le désert est aux mains des Touaregs. Même si la menace peut être brandie, il n'y aura pas d'intervention militaire dans l'Azawad."

Les 2.000 hommes "prépositionnés" par la CEDEAO pourraient cependant servir de "force d'interposition", comme cela a déjà été évoqué. Non pas contre le MNLA qui ne souhaite pas progresser plus au sud, mais contre les islamistes d'Ansar Dine qui, semble-t-il, contrôlent Tombouctou. "Si pour le moment ils ne représentent qu'environ 400 soldats, avec le chaos qui règne dans le pays ils peuvent assez facilement recruter des hommes", précise le chercheur.

Al-Qaida au Maghreb islamique, comme Ansar Dine, a profité de l'extrême confusion qui règne dans le pays, pour avancer ses propres pions. Pour le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, "ce péril est extrêmement grave puisque l'objectif de l'Aqmi n'est pas de régler les problèmes du nord du Mali [mais] d'instaurer un Etat islamiste et djihadiste sur l'ensemble du Mali." Pour assoir sa légitimité, le MNLA, organisation laïque, pourrait se positionner en allier de la communauté internationale dans sa lutte contre Aqmi. "C'est dans leur intérêt, bien qu'ils entretiennent de nombreuses relations aussi bien économiques que stratégiques" avec cet allié objectif maintenant devenu bien encombrant.

Pour Bernard Valero, l'indépendance de l'Azawad n'a "aucune légitimité historique".

Le territoire n'est pas homogène, il y a d'importants groupes Peuls et Maures qui ne voient pas d'un bon œil cette séparation, puisqu'on se dirige vers un état basé sur une seule des composantes ethnique."

Aujourd'hui, il y a un important déplacement de ces populations, qui descendent vers le sud ou fuient dans des pays voisins.

La crise semble durable. Si le MNLA semble pouvoir s'imposer à l'intérieur des frontières de l'Azawad, il n'a aucun interlocuteur avec qui organiser cette "sécession de fait". Depuis le putsch militaire du 22 mars, c'est tout le Mali qui est plongé dans le chaos.

Mathieu Molard

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Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ailleurs dans le monde
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