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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:44

 

 

Mediapart - blog

Il n’est point besoin d’études scientifiques approfondies pour se convaincre des effets pervers de la financiarisation démesurée de nos économies qui a accompagné la mondialisation néolibérale à partir du début des années 80. Le constat récurrent de l’éclatement de bulles de crédits et de celles du prix des actifs qu’elles nourrissent, avec des ondes de choc de plus en plus violentes pour l’économie mondiale, comme en témoignent celles de la crise financière des subprimes de 2008, se suffirait presque à lui-même. Pour autant, il demeure utile d’essayer de quantifier des seuils critiques de cette financiarisation, sachant qu’au-delà de ces niveaux, la finance, au lieu de servir l’économie réelle comme elle doit et peut le faire (mise en relation efficace des agents à besoin de financement avec ceux à capacité de financement, et saine gestion des risques par une distribution adaptée du crédit stimulant à la fois investissement, créations d’entreprise et innovation), se retourne finalement contre elle. C’est précisément le but d’une étude économétrique fort intéressante menée récemment, en juillet 2012, par deux économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI), Stephen G. Cecchetti et Enisse Kharroubi (1).

Deux seuils critiques ont ainsi été mis en évidence de façon significative d’un point de vue statistique, si l’on en juge par la robustesse des équations obtenues sur un échantillon de 21 pays de l’OCDE pour la période 1980-2009. Lorsque le montant des crédits dépasse la valeur du PIB (i.e. un ratio des crédits rapportés au PIB supérieur à 100 %) ou si la part de l’emploi dans le secteur financier dépasse les 4 % de l’emploi total, alors on peut parler d’hypertrophie de la finance. Les gains de productivité du travail par tête seraient dès lors affectés négativement par de multiples canaux, en particulier par le détournement d’un capital humain qualifié vers les « métiers » de la finance attiré par l’explosion des rémunérations dans ce secteur durant les trois dernières décennies, et cela au détriment des autres secteurs d‘activités de l‘économie réelle, impactant du même coup la dynamique générale de l‘innovation autre que financière (2). Concernant le premier indicateur, il est à noter que les économistes du Fonds monétaire international parviennent à la même conclusion avec un intervalle critique allant de 80 % à 100 %. En ce qui concerne le second indicateur, le graphique ci-joint, repris de l’étude, montre la relation croissante puis décroissante entre part de l’emploi dans la finance (en abscisses) et rythme des gains de productivité (en ordonnées), avec un point de retournement situé à 4 % pour le poids du secteur financier dans l’emploi total (la courbe en rouge donne l’ajustement économétrique).

 


Comme le notent les experts de la BRI, l’expansion hypertrophique de la finance, ainsi mesurée, a eu un coût non négligeable, notamment pour des économies comme l’Irlande ou l’Espagne ayant connu une croissance économique forte avant la crise, mais essentiellement portée par la bulle du crédit immobilier dont on sait ce qu‘il en est advenu. Ainsi, sur la période 2005-2010, l’étude montre que si le poids du secteur financier n’avait pas poursuivi sa hausse mais était resté stable dans ces deux pays, la productivité du travail aurait alors beaucoup moins baissé, avec un différentiel (par rapport au scénario de la stabilité) de 0,6 point de pourcentage pour l’Espagne et de 1,4 point pour l’Irlande.        

Bien au-delà des résultats de cette étude, s’il est utile de rappeler qu’un système bancaire et financier efficace et régulé par les pouvoirs publics est indispensable au bon fonctionnement de l’économie réelle, alors force est de constater que le triomphe du capitalisme financier depuis le début des années 80 l’a détourné de son cœur de métier, pour servir en premier lieu les intérêts d’une oligarchie bien éloignés de l‘intérêt général, avec en sus les graves risques systémiques pour l‘économie mondiale que laisse encourir une finance dérégulée ayant pris le pouvoir sur……….le politique (3).


_____________________

(1) Pour accéder à cette étude, activez le lien suivant :  http://www.bis.org/publ/work381.pdf
(2) Consulter sur le sujet les travaux de référence de Thomas Philippon et Ariell Reshef :  http://pages.stern.nyu.edu/~tphilipp/papers/pr_rev15.pdf
(3) Lire le brillant article Le pouvoir de Wall Street d’Adrien Auclert : http://www.laviedesidees.fr/Le-pouvoir-de-Wall-Street.html

 

 

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