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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 16:10

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Démocratie liquide 05/05/2014 à 16h38
Loomio, l’appli d’Occupy Wall Street qui va vous aider à lutter


Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

 

Si vous pensiez que le mouvement Occupy Wall Street avait périclité, vous aviez tort. En partie, du moins. Certes, il ne reste pas grand-chose de la mobilisation et du message politique. Mais son ambition de modifier en profondeur la structure du pouvoir et de repenser la participation citoyenne, elle, a survécu.

Elle trouve corps dans une application web et bientôt mobile : Loomio. Au premier abord, le concept ne surprendra pas ceux qui fréquentent forums virtuels et réseaux sociaux : il s’agit de débattre, proposer, argumenter, voter.

 

 

Vidéo de présentation de Loomio

Benjamin Knight, initiateur du projet, a l’ambition de transposer cette dynamique virtuelle dans le monde réel :

« L’avènement des médias sociaux a permis la mobilisation d’un grand nombre de personnes en un cours laps de temps, mais il manque aujourd’hui d’outils pour traduire cette énergie dégagée en une action collective durable : c’est le fossé que nous cherchons à combler. »

Mouvement Occupy : plus jamais ça

L’ambition portée par cet activiste du mouvement Occupy Wellington en Nouvelle-Zélande n’est donc pas révolutionnaire en soi : des dizaines de startups ont déjà fleuri autour de cette idée d’optimiser le management de groupe et la prise de décision grâce à des outils numériques (nous vous parlions récemment de la startup française WePopp).

Mais il a ce truc en plus : l’expérience de l’échec. Jamais un mouvement social n’avait été aussi dynamisé par les réseau sociaux qu’Occupy. Et pourtant, jamais il n’est parvenu à accoucher d’un projet capable de fédérer ses protagonistes.

Riche et facile d’accès, Loomio pourrait bien réussir là où ses prédécesseurs ont échoué et même dépasser le cadre des organisations citoyennes pour cartonner tant auprès des particuliers que des entreprises.

Formule 3 en 1 : forum, réseau social et vote

Sans surprise, l’essence et l’objectif premier du projet ne sont pas dénués de toute idéologie. Ils découlent de ce qu’on appelle la « démocratie liquide », un système promouvant la participation directe au sein de groupes et organisations, et par extension au sein de la société toute entière.

Prenons un exemple concret avec l’un des deux groupes français participant à la version bêta : le Parti Pirate. Des membres ont ouvert un groupe public où différents thèmes sont abordés, allant de « s’exprimer ou non au sujet de Dieudonné » à « de quelle origine doit être le prochain processus constituant ? ».

En cliquant sur un de ces « topics », on accède à une nouvelle interface divisée en deux colonnes qui se veulent complémentaires :

  • l’une fait état des discussions en cours. Tous les membres peuvent exprimer leur position et l’argumenter longuement s’ils le désirent : c’est la partie forum ;
  • l’autre est dédiée aux votes (pour, contre, s’abstenir ou bloquer catégoriquement ). Il peut y en avoir plusieurs, certains clos, d’autres encore en cours, amendant ou rebondissant sur les échecs des premiers. En votant, le membre du groupe peut décider d’expliquer sa position en une phrase courte au format Twitter.

Capture d’écran d’une discussion du Parti Pirate français sur Loomio

 

Notre-Dame-des-Landes à la sauce Loomio

On pourrait être tenté de considérer l’appli comme un gadget de plus parmi tant d’autres. Certains diront plutôt qu’elle peut être un puissant outil de mobilisation. Imaginons ce que cela aurait pu donner dans le contexte des manifestations de Notre-Dame-des-Landes.

Une fois le groupe principal créé, des sous-groupes auraient pu être créés :

  • un pour l’organisation des manifestations où pourraient être débattues les modalités, le parcours, les horaires, etc. ;
  • un pour le message politique à porter où les différentes revendications et pétitions pourraient êtres discutées et votées ;
  • des groupes distincts pourraient remplir une fonction pédagogique sur les enjeux environnementaux ou juridiques, à l’attention des manifestants mais aussi des citoyens intéressés ;
  • d’autres groupes pourraient encore être réservés à chaque collectif organisation ou mouvement

Bref, il est possible d’établir une organisation horizontale, décentralisée et organisée permettant tant de débattre que de voter en amont des assemblées générales ou des rassemblements.

Une ambition au-delà des contestations

Ça, c’est pour l’exemple façon Occupy Wall Street. Mais là où Loomio marque des points est qu’il est également adapté, grâce à ses fonctionnalités de « groupe privé », à des cercles d’amis ou des entreprises.

« La diversité des groupes utilisant Loomio est une des choses les plus frappante concernant le projet : cela va de groupes d’activistes s’en servant pour organiser des mouvements citoyens à des conseils municipaux conduisant des consultations populaires, en passant par des entreprises l’utilisant pour le management et le travail d’équipe. »

Mieux encore pour ces dernières : le code est en « open-source ». N’importe quel développeur peut donc le récupérer, l’adapter voire le développer en interne pour répondre aux besoins de l’entreprise.

Adieu les chaînes d’e-mails par pôle, service, statut dans l’entreprise, adieu les tchats interposés, les Doodle et grilles Excel. Tout (ou presque) peut être discuté, voté, amendé et à nouveau voté sur une plateforme commune, qui sera d’ailleurs bientôt accessible sur les smartphones et tablettes.

Il est encore possible pour une entreprise, organisation ou média d’adopter un usage social externe en créant un groupe public pour dialoguer avec une communauté de clients, usagers ou lecteurs ou obtenir du « feedback ».

100 000 euros et plein d’idées

Réinventer, réorganiser et rationaliser le dialogue, c’est la promesse que fait aujourd’hui Loomio. Une promesse qui a su convaincre plus de 1 600 contributeurs lors d’une campagne de crowdfunding qui a d’ores et déjà dépassé son objectif et réuni près de 100 000 euros.

Cette somme devrait lui permettre d’ajouter des fonctions sociales, développer des designs pour terminaux mobiles voire inclure des options « off-line » pour voter par SMS par exemple. « L’accessibilité est une priorité », assure Benjamin Knight.

 


Design de Loomio 1.0 pour smartphones (Loomio)

 

Quant à la viabilité économique de la startup, le modèle économique sera donc assez classique dans l’univers du logiciel libre, de la gratuité pour l’acquisition du code, et une expertise de « service » fournie par Loomio contre rémunération pour adapter au mieux le produit aux attentes du client potentiel.

Trop transparent pour voter sereinement ?

L’application aura pourtant des défis à relever. Comme le note Wired, l’un des problèmes que pourrait rencontrer l’appli est celui de l’anonymat. Certes, l’usage du pseudo est accepté, mais le vote n’est pas anonyme, pouvant induire une pression sociale latente influant sur le choix de chacun.

Benjamin Knight se veut relativise ce point :

« La plupart des groupes recourant à Loomio sont dignes de confiance, et affichent clairement une volonté de partage : ils veulent juste que les choses soient faites. Dans ce genre de cas, la pression sociale et l’anonymat tendent à être moins importants. »

L’activiste n’exclut pas cependant de développer des modules et paramètres en ce sens si les groupes venaient à s’élargir et que des décisions plus sensibles venaient à être débattues.

La communauté de développeur bénévoles pourrait être mise à profit pour créer un « écosystème de modules en open-source » pour proposer différents protocoles de prise de décision.

Démocratie déléguée et « ParPolity »

L’autre difficulté majeure de toute application de prise de décision en groupe est de dépasser les petits groupes pour réunir de larges communautés. La discussion horizontale et riche d’avis devient plus problématique lorsque des milliers de personnes sont amenées à débattre sur un même fil.

C’est pourtant le défi et la « priorité à long terme » que s’est fixée Loomio. Benjamin Knight note qu’il y a bien des approches pour organiser les prises de décisions, évoquant le tag et le filtrage pour « maintenir un bon ratio entre le signal et le bruit ».

Le concept de démocratie liquide ou « déléguée » cherche à se rapprocher le plus possible de la démocratie directe. Un système souvent évoqué est celui de la procuration où chacun est libre de donner (et retirer) son vote à un « délégué » à tout moment si l’on estime lui faire suffisamment confiance pour qu’il vote à notre place.

« Il y a d’autres mécanismes pour la représentation, comme la ParPolity [Politique Participative, ndlr], qu’Aaron Swartz a vivement défendue : c’est lorsque vous avez des groupes de 50 personnes élisant chacun un porte-parole prenant les décisions en leur nom dans un autre groupe de 50 personnes, puis ce nouveau groupe a lui-même un porte-parole dans un groupe de 50 et ainsi de suite. »

Loomio ne réinventera pas la démocratie tout seul, mais il compte bien fournir le tronc sur lequel pourront bourgeonner ces idées.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

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