Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 15:58

 

 

Le Monde.fr

05.08.2013 à 10h27 • Mis à jour le 05.08.2013 à 10h49 | Par Marc Roche

 
 
Le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein.

Alors qu'il attendait la décision du jury dans le procès qui lui était intenté par la Securities & Exchange Commission (SEC), jeudi 1er aout, Fabrice Tourre lisait une version abrégée du classique d'Edward Gibbon, L'histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain. Une fois le jugement, de culpabilité, rendu, l'ancien trader de Goldman a pu voir comme un message personnel l'analyse de Gibbon, pour qui la perte du sens civique est à l'origine de l'effondrement de l'empire. Son ex-patron, Lloyd Blankfein, aime aussi l'histoire. Si celle-ci distribuait les lauriers au mérite, le PDG de Goldman Sachs n'aurait rien à craindre puisqu'il est plus que jamais au sommet de sa profession à l'issue de ce retentissant procès.

Lorsqu'en avril 2010, le gendarme boursier porte plainte contre Goldman pour avoir vendu à des clients des crédits douteux en tranche dont elle se débarrassait en douce, Lloyd Blankfein veut à tout prix éviter un lavage de linge sale en public, voire une condamnation qui serait catastrophique pour la banque alors en plein redressement. Quatre mois plus tôt, le Financial Times l'avait proclamé "homme de l'année" pour avoir rétabli la bonne santé de l'enseigne. Un accord à l'amiable avec la SEC, sans reconnaissance de culpabilité, est la priorité des priorités.

Mais un obstacle de taille subsiste : le sort de Tourre, dont la SEC réclame la tête pour l'exemple. Blankfein décide alors de sacrifier son jeune collaborateur et accepte d'exclure son cas du réglement négocié avec la SEC : une amende de 550 millions de dollars versée en juillet 2010 contre l'abandon des poursuites contre la banque. Le trader, arrogant, vantard et étranger, sera un bouc-émissaire idéal. Pour faire taire "Fab-le-Fabuleux", Goldman règlera les honoraires de ses avocats.

 

 RECENTRAGE ET CHANGEMENT DE CAP POLITIQUE

Le cas Tourre éclaire le mode de fonctionnement d'un tacticien brillant, revenu de loin. Car à l'automne 2008, après la chute de Lehman Brothers, personne ne parie sur l'avenir de Lloyd Blankfein, qui symbolise les pires dérives de la haute finance. A deux reprises, il a dû tendre la sébile à son mentor et prédécesseur à la tête de la firme, le secrétaire au Trésor de George W. Bush Hank Paulson, alimentant ainsi les accusations de conflits d'intérêt.

Goldman a beau avoir été le plus large contributeur, côté entreprises, de la première campagne électorale de Barack Obama, le locataire de la Maison Blanche se détourne de Blankfein. Il est exaspéré par ses partis pris en faveur des bonus, sa morgue et son absence de repentir après le sauvetage des banques par l'Etat. Le banquier le plus puissant du pays, figure de proue de l'oligarchie financière qui se compare à Dieu, est tombé de son piédestal.

Face à cette nouvelle donne, qui menace de l'emporter, Blankfein contre-attaque avec une habilité redoutable. Il se débarrasse de ses rivaux potentiels en poussant au départ un grand nombre d'associés. Pour mener à bien cette purge brutale, Blankfein peut compter sur le soutien d'une petite coterie d'hommes liges, à commencer par son numéro deux, Gary Cohn, ainsi que de grands investisseurs qui saluent le recentrage de la banque sur son cœur de métier, le service aux clients.

Sur le plan politique, Goldman vire à gauche toute. Proche de Paulson, le directeur de la communication est remplacé par un démocrate. Blankfein, père de famille hétérosexuel, prend la tête de la campagne en faveur du mariage gay. Cette banque jusque-là discrète et opaque se met à la publicité et ouvre un compte Twitter. Aux mauvais résultats 2011 succède un redressement en 2012. Le succès d'anciens de la maison - Mario Draghi à la Banque centrale européenne, Mark Carney à la Banque du Canada, Mario Monti a la présidence du gouvernement italien - fait oublier le rôle clé de l'établissement dans le scandale du trucage des comptes grecs.

Mieux encore, Goldman a échappé à la vague de scandales qui ont récemment déferlé sur l'industrie bancaire. Du Libor (Barclays) à la "baleine de Londres" (JP Morgan) en passant par les agissements d'un trader fou (UBS), la coupe est pleine.

La photo est à peine jaunie. C'était hier, lors du week-end noir du 14-15 septembre 2008. Une réunion au siège de la Réserve fédérale de New York, regroupant les plus grands banquiers américains, avait scellé le sort de Lehman Brothers. Lloyd Blankfein est l'un des rares participants à être toujours en fonction. Insubmersible... 

 Marc Roche
Journaliste au Monde

 


Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22