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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:21

mondialisme.org -

publié le mardi 13 décembre 2011

 

Cette lettre de Barcelone est parue dans Echanges n° 138 - Automne 2011 - Sommaire.

Après les gran­des assem­blées de la place de Catalogne que je t’ai racontées (voir Lettres de Barcelone, place de Catalunya) on conti­nue à se ras­sem­bler dans les quar­tiers, à peu près 25 quar­tiers. Les com­mis­sions acti­ves à la place de Catalogne se sont dis­sou­tes dans les assem­blées de quar­tier, sauf quel­ques-unes trans­ver­sa­les (tra­vail, genre, santé...), ce qui a posé beau­coup de pro­blèmes et des méfi­ances et la mul­ti­pli­ca­tion d’actions.

Je te raconte donc un peu com­ment ça se passe dans notre quar­tier de Sant Andreu. Nous avons com­mencé fin mai par une assem­blée très large (700 per­son­nes) qui se répète chaque mardi (le nombre après l’été a dimi­nué, mais nous ne sommes jamais moins d’une cen­taine) sur la place en face de la mairie de quar­tier. L’appro­pria­tion de l’espace public sera une caractér­is­tique essen­tielle de toute la dém­arche ; on a com­mencé avec un cam­ping pen­dant une semaine active de prés­ence sur la place avec beau­coup d’acti­vités : débats, cinéma, cui­sine en commun... Beaucoup de ces acti­vités conti­nuent : mar­ches dans le quar­tier pour affi­cher nos argu­ments contre ce système capi­ta­liste ; éch­ange de savoirs dans une sorte d’uni­ver­sité popu­laire ; débats, manger en commun, occu­pa­tion des endroits pour cons­truire un jardin pota­ger ; essayer d’empêcher les expul­sions (on a réussi déjà quatre fois). Cette acti­vité pour empêcher les expul­sions (à Barcelone il y en a 18 chaque jour) est une des plus soli­dai­res, obli­geant à nous ren­contrer de bon matin à plus de 100 pour empêcher l’action judi­ciaire protégée par la police...

Je reviens à l’assem­blée heb­do­ma­daire : c’est le pivot qui sou­tient tout. Il y a une rota­tion des modé­rateurs, et l’ordre du jour qui se pré­pare une heure avant de com­men­cer com­prend tou­jours la prés­en­tation de ce qu’a fait chaque com­mis­sion (action, com­mu­ni­ca­tion, santé, aide mutuelle…), et une heure de débat sur la ques­tion qu’on envi­sage la plus per­ti­nente, plus adéq­uate à la situa­tion (par ex. la vio­lence, la répr­ession concrète, les formes de lutte, l’exten­sion au quar­tier, la rela­tion avec les ins­ti­tu­tions, les pro­chai­nes élections...). Dans les débats on va au-delà de la stricte reven­di­ca­tion contre les coupes budgét­aires (par exem­ple dans la santé ou l’édu­cation, pour ne pas perdre ce qu’on avait), on fait la cri­ti­que de l’école compé­ti­tive actuelle ou de la méde­cine et de la médi­ca­li­sation de notre vie… Après, il y a un tour de parole : éch­ange d’idées, de points de vue, de considé­rations vrai­ment riches… Pour des choses concrètes, par exem­ple, com­ment affron­ter la répr­ession déjà prés­ente, on crée des grou­pes de tra­vail qui se dis­sou­dront après avoir atteint leur objec­tif. L’assem­blée a lieu sur la place, les mardi, de 20 heures à 22 h 30 ou 23 heures. Nous ne sommes pas pressés, géné­ra­lement on arrive au consen­sus sans arri­ver à un vote qui nous sépare.

Il reste le pro­blème de la coor­di­na­tion entre quar­tiers : on a mis en place un espace de coor­di­na­tion des assem­blées des quar­tiers, avec délégués rota­tifs, sans pou­voir de décisions… sans pér­io­di­sation fixe… Nous sommes au début. A partir de tout ça la réalité d’une nou­velle rela­tion se dér­oule… Tout ça dans un contexte que expri­ment bien par exem­ple les leit­mo­tive « Nadie nos repre­senta » (per­sonne ne nous représ­ente), cri­ti­que de la représ­en­tation (partis, syn­di­cats, admi­nis­tra­tion…) et recher­che de nou­vel­les formes d’asso­cia­tion hori­zon­tale ; « Somos lentos porque vamos lejos » (on est lents parce qu’on va loin), qui exprime la cons­cience qu’on n’est pas ici pour réc­lamer deux ou trois choses, mais pour chan­ger un peu en pro­fon­deur….

Bien entendu, tout ça ne va pas sans contra­dic­tions : il faut pas mythi­fier l’assem­blée, qu’on peut bien sûr mani­pu­ler ; il y a les pro­blèmes de coor­di­na­tion ; les gros­ses ques­tions sur les buts : aller contre les dys­fonc­tion­ne­ments du système capi­ta­liste, en modérer ses effets plus mau­vais, ou aller – et com­ment ? – contre les causes mêmes dudit système… ; la diver­sité d’âge, d’idéo­logies, de pers­pec­ti­ves, des rela­tions avec la tech­ni­que, les médias… Mais on essayes de trou­ver des rép­onses à tout ça en avançant…contre la situa­tion de malaise aggravée par les mesu­res «  anti­crise  » chaque fois plus dures.

Q.

Voir aussi En Espagne, la rév­olte citoyenne de mai 2011 : malaise social et régé­nération démoc­ra­tique, Chronique d’une journée intense, le 27 mai 2011 à Barcelone, Indignes et indi­gnés.


Dans les publi­ca­tions

◆ En mai 2011, les Indignés espa­gnols, couvés par les médias, ont occupé des places dans plu­sieurs villes espa­gno­les une semaine avant les élections rég­io­nales et muni­ci­pa­les. Un arti­cle, « La place prend la parole : Espagne, mai 2011 », dans le n° 48 (juin 2011) de la revue bar­ce­lo­naise Etcétera, (« La plaza tiene la pala­bra »), sou­li­gne les ambi­guïtés d’un mou­ve­ment qui prospère du buzz alors que les mou­ve­ments de base (de quar­tiers, contre des atta­ques concrètes du capi­tal, comme par exem­ple à Barcelone, contre les expul­sions de squatts ou de loca­tai­res, etc.), peu méd­iatisés, se sont par­fois vus pha­go­cytés par les Indignés. « Il n’est pas facile de faire une lec­ture de la signi­fi­ca­tion de ces mou­ve­ments dans les­quels nous savons être impli­qués ».

◆ Le mou­ve­ment des Indignés espa­gnols s’orga­nise de manière anar­chiste selon les nos 380 (juillet 2011) et 381 (août-sep­tem­bre 2011) de l’organe de la Confédération natio­nale du tra­vail espa­gnole, CNT.

◆ Une des­crip­tion du mou­ve­ment des Indignés en Espagne dans le cahier n° 219 (août 2011) de la revue alle­mande Die Aktion, « Révolution espa­gnole : Feu de paille ou com­men­ce­ment d’incen­die de savane ? », par Horst Rosenberger, un Allemand vivant à Barcelone.

« Mouvement des “indi­gnés” en Espagne » dans Le Prolétaire n° 500 (mai-sep­tem­bre 2011).

« Les indi­gnés : écart ou sur­place ? », texte de Temps Critique repro­duit dans A Contre Courant n°227, sep­tem­bre 2011.

« Agoraphilie madrilène » et « Séville ville ouverte » dans CQFD n° 90, juin 2011.

« De l’indi­gna­tion à la rév­olte » dans Alternative liber­taire, n° 208, juillet-août 2011.

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