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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 14:06

Le Monde - 16 décembre 2011

 

Les contrôles au faciès dénoncés par Amnesty International

 

L’Espagne a été pointée du doigt dans un rapport publié mercredi 14 décembre par Amnesty International dans lequel l’organisation non-gouvernementale dénonce la pratique “habituelle” par les forces de police de “contrôles d’identité discriminatoires” basés sur des “critères ethniques ou raciaux”.

Ce n’est pas la première fois que les méthodes employées par les forces de l’ordre espagnoles pour arrêter des sans-papiers sont l’objet de critique d’organismes internationaux et de simples citoyens.

En mars dernier, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU avait déjà demandé au gouvernement de mettre fin aux “contrôles d’identité ou rafles policières basés sur des profils ethniques ou raciaux”.

Auparavant, en juillet, des centaines d’ “indignés” avaient empêché l’arrestation de plusieurs immigrés sans papier dans le quartier madrilène de Lavapiès, et dénonçaient l’augmentation des contrôles au faciés dans ce quartier populaire et multiculturel.

Des quotas dans les commissariats en 2009

Et bien avant cela, une forte polémique avait surgi en 2009 en Espagne lorsque la presse avait révélé qu’à Madrid circulait dans les commissariats une note interne fixant des objectifs hebdomadaires chiffrés de détentions de personnes en situation irrégulière. Plusieurs syndicats policiers avaient alors confirmé qu’il existait des quotas de détention d’immigrés sans papiers dans toute l’Espagne. Mais le gouvernement a toujours nié les faits, assurant qu’il ne s’agissait que de “cas isolés”.

Ce qui est sûr c'est qu'en Espagne, entre 2003 et 2011, sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, le nombre de policiers et gardes civils dédiés au contrôle des frontières et à la lutte contre l'immigration illégale a augmenté de 60% (plus de 10 000 agents).

Aujourd'hui, c’est au tour d’Amnesty International de dénoncer une pratique “illégale”, “humiliantes” et qui suppose une “violation des droits de l’homme”, et des méthodes qui “criminalisent” les étrangers” et “incitent à la stigmatisation et au préjugé social, ” selon Miguel Angel Calderon, responsable de communication d’Amnistie international en Espagne.

"Il suffit d’être mate de peau ou de ne pas avoir une tête d’Espagnol pour risquer d’être arrêté...

Selon les collectifs d’immigrés, la pression policière s’est accentuée ces derniers mois. María Ortiz, une chilienne de 50 ans, employée de maison à Madrid, en a fait l’expérience. Le mois dernier, cette mère de famille installée en Espagne depuis cinq ans, revenait avec son fiancé bulgare, Horacio, d’une rapide course en bas de son domicile, dans le quartier populaire de Ciudad Lineal, lorsqu’une voiture de police s’arrête à leur hauteur. “Les agents nous ont demandé ce que nous faisions dehors et de quel pays nous venions. Ils ont voulu voir nos papiers mais j’avais laissé son sac à la maison avec les papiers qui attestent que mon titre de séjour est en cours de régularisation,” raconte María. Il est alors 22h30 et María est conduite à toute vitesse, sirènes hurlantes sur le capot, au Centre d’internement des étrangers (CIE) du quartier d’Aluche, sorte de commissariat spécialisé où sont transférés les sans-papiers avant une possible expulsion. “Je me suis sentie humiliée et traitée comme une délinquante”. Sur place, “il y avait une centaine de personnes, originaire de tous les pays, entassés dans une petite salle. Beaucoup revenaient des courses ou du travail et avaient été arrêtés par surprise à la sortie de leur métro ou dans la rue...” 

A 4h15, María est finalement libérée. Soulagée sur le moment, elle est aujourd’hui en colère et plus méfiante que jamais. “J’ai peur. Je sors moins. Il y a de plus en plus de contrôles. Nous sommes très surveillés, dénonce-t-elle. Il suffit d’être mate de peau ou de ne pas avoir une tête d’Espagnol pour risquer d’être arrêté...” Et envoyé au CIE d’Aluche. C’est justement dans ce quartier du sud-ouest de Madrid que sont nées fin 2009 les “Brigades de voisinage”, une initiative des habitants à laquelle participe aujourd’hui une centaine de personnes qui se chargent de recenser les arrestations au faciès et d’informer les gens sur la vulnérabilité des droits de l’homme qu’elles supposent.

Amnesty International a rappelé que des cas identiques ont lieu “en France, en Italie, en Grèce, dans certains pays nordiques, en Allemagne et en Autriche”, et demandé à l’Union européenne d’agir. L’ONG a appelé le nouveau gouvernement, qui entrera en fonction le 22 décembre, à “arrêter ce genre de pratiques.”

Sandrine Morel

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
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