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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 23:48
arretsurimages.net
enquête le 04/12/2012 par Laure Daussy
Caroline Sinz : "Si on m'avait tiré dessus, cela aurait paru plus glorieux"

Un an après le viol qu'elle a subi alors qu'elle était en reportage sur la place Tahrir au Caire, la journaliste Caroline Sinz témoigne de l'attitude de sa rédaction qui lui a demandé de ne pas employer le mot "viol" dans son témoignage.

Le 24 novembre 2011, Caroline Sinz doit faire un reportage au Caire, sur les jeunes dans la révolution égyptienne. Mais à la fin de son tournage sur la place Tahrir elle est prise à partie par des manifestants, et subit un viol. Nous vous le racontions ici. La journaliste témoignait : "Ils étaient une cinquantaine, ils ont déchiré mes vêtements, ont arraché mon jean, mes sous-vêtements. M'ont violée avec leurs doigts. Pendant 45 minutes. La foule applaudissait autour. "

"Trop abrupte pour les téléspectateurs"

Ce qu'on ne connaissait pas, c'était l'attitude de sa rédaction. Caroline Sinz l'a racontée la semaine dernière à Midi Libre lors d'un colloque, et le raconte aujourd'hui à @si.

La journaliste pensait intervenir en direct - comme c'était le cas tous les jours - et y faire mention du viol. Mais ce jour-là, sa rédaction a décidé de ne pas faire de direct. "Alors j'ai voulu parler de l'agression en fin de sujet en l'expliquant brièvement sur les dernières images que nous avions tournées", explique-t-elle. Lorsque le reportage est diffusé, Caroline Sinz se rend compte que cette partie a été coupée. "C'était trop abrupt pour les téléspectateurs", lui a-t-on expliqué. "On ne voulait pas que tu aies l'étiquette « violée » sur le front", a-t-on même précisé.

Voilà donc ce que l'on peut voir dans le reportage du 19/20.

link

Aucune mention du violpicto

À la fin de ce reportage, la présentatrice Carole Gaesler annonce que Caroline Sinz et son cameraman Salah Agrabi ont été "très violemment agressés par des jeunes manifestants qu'ils venaient de filmer", mais n'évoque pas le viol. "Ils disent que l'on est en sécurité dans l'hôtel comme si tout était terminé alors que j'étais détruite", souligne Caroline Sinz.

"terme choisis et pudiques"

Constatant le caviardage de son reportage, la journaliste insiste, en larmes, pour en parler dans le Soir 3 qui va suivre. Sa rédaction en chef accepte, mais avec de nombreuses précautions : "J'ai ainsi eu droit à un plateau enregistré de 15 secondes que j'ai dû écrire « avec du recul et en termes choisis et pudiques » en le faisant relire à Paris avant de l'enregistrer", explique-t-elle à @si. Et on lui aurait demandé de ne pas employer le mot "viol", mais "agression sexuelle". Rappelons que la "pénétration digitale" qu'elle explique avoir subi correspond à la définition du viol en droit français.

 

 

 

pictoLe plateau de la journaliste, après relecture de sa rédaction en chef.

 

"Qui parlait? la victime ou la journaliste ?"

De son côté, Pascal Golomer, directeur de la rédaction de France 3, confirme avoir décidé de couper la fin du reportage pour le 19/20, mais assure avoir prévenu la journaliste avant de le faire. Selon lui, Caroline Sinz terminait son commentaire en disant : "J'ai été victime d'une agression sexuelle." "Il était de ma responsabilité vis-à-vis des téléspectateurs de ne pas le diffuser en l'état sans explication", explique Golomer. À ses yeux, la journaliste n'avait pas "le recul nécessaire pour témoigner de ce qu'elle avait subi", ajoute-t-il. "Je pensais à ses proches, aussi, qui apprendraient par la télévision ce qui lui était arrivé." Golomer assure "être choqué" que Sinz ait interprété la modification de son reportage comme une censure. Quant au plateau diffusé au Soir 3, il a effectivement demandé à la journaliste "d'en parler avec elle avant, pour ne pas livrer son témoignage en pâture." "Tout le problème réside dans le fait qu'elle était à la fois victime et journaliste. Qui parlait ? La victime ou la journaliste ?" Et Golomer de rappeler que France télévisions s'est engagé dans une campagne contre le viol.

De retour dans sa rédaction parisienne, Caroline Sinz se voit confrontée à des difficultés qu'elle n'avait pas imaginées : "J'étais entourée de gens qui se moquaient de moi, qui remettaient ma parole en cause." Elle demandera à être transférée à France 2 où elle travaille désormais, au service société. "Le viol, c’est honteux, tabou. Si on m’avait tiré dessus, cela aurait paru plus glorieux", déplore la journaliste. Caroline Sinz a porté plainte. Elle a fourni à la Justice des preuves telles que des sous-vêtements déchirés sur lesquels ont été relevées de "nombreuses traces d'ADN masculin trop nombreuses pour être isolées". Une information judiciaire pour viol en réunion a été ouverte par le parquet de Paris.

Mise à jour, mardi, 19 heures : ajout de la réponse de Pascal Golomer, directeur de la rédaction nationale de France 3.

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
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