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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 18:24

 

 

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Elle réfléchit. Elle n’écarte pas la possibilité de briguer un nouveau mandat à la tête du Medef en juillet. Devant la presse, le 15 janvier, Laurence Parisot a choisi le flou sur ses intentions, en les présentant comme de simples interrogations. Pour nombre de membres du mouvement patronal, il ne s’agit que d’un simple effet de style : Laurence Parisot souhaite prolonger son mandat à la tête du Medef.

Elle l’a d’ailleurs implicitement reconnu en confirmant qu’elle avait demandé la saisine du comité statutaire de l’organisation patronale afin d’étudier une réforme des statuts. « Ces statuts sont bancals, c'est une évidence, puisqu'ils prévoient la possibilité de faire deux mandats mais le premier dure cinq ans et le deuxième dure trois ans ; il y a quelque chose de profondément inégalitaire », a-t-elle expliqué. Elle propose donc soit d’allonger le second mandat pour le porter à cinq ans, soit de supprimer la limitation du nombre de mandats.

Laurence Parisot justifie son désir de rester présidente du Medef par la nécessité en ces temps difficiles de maintenir ferme le pouvoir patronal. Elle a désormais un succès à afficher avec l’accord sur la réforme du marché du travail, signé vendredi. Mais il convient, selon elle, de veiller à sa stricte application non seulement au Parlement, où la présidente du Medef demande aux législateurs de renoncer à leur travail parlementaire et de voter l’accord en l’état sans lui apporter la moindre modification, mais aussi par la suite, en veillant à la rédaction des décrets d’application. À l’entendre, elle seule a le pouvoir de tenir le cap face au gouvernement dans cette situation.

Ses adversaires patronaux manquent de s’étrangler. Certains n’hésitent pas à parler d’une « poutinisation » du mouvement patronal. D’autres ironisent sur les contradictions de Laurence Parisot, chantre d’une flexibilité totale pour les autres mais réclamant pour elle un contrat à durée illimitée.

« C’est un coup d’État », s’est indigné Jean-Claude Volot, ancien médiateur de la sous-traitance et candidat déclaré à la succession de Laurence Parisot. « À l’aube d’une échéance électorale aussi importante que celle de l’élection à la présidence du Medef, je ne peux croire que l’on puisse changer des statuts qui ont déjà fait l’objet d’une révision en 2008. À six mois de la fin du mandat en cours, qui peut accepter que l’on change les règles du jeu ? Dans d’autres circonstances ou sous d’autres latitudes, on n’hésiterait pas à dénoncer l’abus de pouvoir », rajoute Thibault Lanxade, PDG d’Aqoba, président de l’association Positive entreprise, présenté comme un possible candidat. « On ne change pas les règles du jeu cinq mois avant une élection », s'est emporté le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), Pierre Gattaz.  Sans attendre, le fils d’Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, a déclaré sa candidature à la succession de Laurence Parisot. 

La fronde s’étend. Trois anciens présidents du Medef, Yvon Gattaz, Jean Gandois et Ernest-Antoine Seillière, ont préparé la semaine dernière une lettre destinée à Laurence Parisot, pour lui faire connaître leur opposition à tout changement de statuts. Ils ont renoncé à l’envoyer. Mais ils en ont fait connaître le projet. Ce qui revient à peu près au même.

Même parmi ses fidèles, l’initiative de Laurence Parisot laisse perplexe. « Ce n'est pas du tout le bon moment pour une campagne. L'année 2013 va être difficile sur le plan économique, sur celui des réformes à venir ou de leur mise en application, comme  le crédit impôt compétitivité. Mieux vaut ne pas dépenser notre énergie sur autre chose », a expliqué à Reuters Jean-Louis Schilansky, trésorier du Medef.

 

« Un bilan d'une médiocrité affligeante »

La même interrogation revient : qu’apporterait le maintien de Laurence Parisot à la tête du Medef ? « Elle a un bilan d’une médiocrité affligeante », s’énerve un de ses détracteurs.

Imposée à la tête du Medef par Michel Pébereau (BNP Paribas) et Claude Bébéar (AXA), les deux parrains du capitalisme français, au terme d’une campagne mise en image par Anne Meaux d’Image 7, elle n’a de fait guère convaincu. Son premier mandat, où elle a pratiqué un alignement systématique sur les thèses de Nicolas Sarkozy, pigmenté de quelques thèmes de société, a été jugé catastrophique. De plus, ses manœuvres pour asseoir son pouvoir, brisant l’omerta et l’unanimisme de façade du mouvement patronal, ont irrité. Parmi les responsables, peu ont oublié ses manières l’amenant à dévoiler les pratiques financières occultes de l’UIMM, afin de déstabiliser à son profit la puissante fédération de la métallurgie. Sans parler de ses coups d’éclat et des licenciements brutaux au sein de l’organisation patronale.

Au moment de son renouvellement en 2010, de nombreux dirigeants ont milité pour sa non-reconduction. Il fallut tout le poids de Michel Pébereau et la peur du patronat d’afficher ses divisions pour obtenir sa reconduction. Mais avec la promesse de ne plus faire de vagues.

Laurence Parisot a tellement tenu parole que pendant des mois, elle a totalement disparu des écrans radars. Pendant près de deux ans, le Medef a été aux abonnés absents, n’ayant rien à dire sur la crise financière, la désindustrialisation de l’Europe, les licenciements. Personne ne s’en est aperçu. Paradoxalement, c’est le retour de la gauche au pouvoir qui l’a remise en selle. En inscrivant comme priorité une grande négociation sociale devant aboutir « à un compromis historique » sur la réforme du marché du travail, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault lui a redonné une tribune qu’elle avait perdue.

La voir aujourd’hui surfer sur ce succès ne surprend guère ceux qui la connaissent bien et qui la décrivent comme très éprise des lumières des médias et du pouvoir. Son maintien signifierait aussi celui de Michel Pébereau et de l’ancien monde patronal. « Il y a une vraie révolte contre Michel Pébereau et Claude Bébéar chez les patrons. Ils n’en peuvent plus de ces parrains. Leur façon de systématiquement privilégier les intérêts de la finance et plus largement des services au détriment de l’industrie et de l’économie dans le discours patronal paraît à nombre de dirigeants totalement nuisible », explique un connaisseur du monde patronal. Avant d’ajouter : « Compte tenu des circonstances exceptionnelles, il faut changer. Il faudrait un dirigeant suffisamment fort et respecté pour refonder le dialogue social en France. »

Mais les dirigeants patronaux ne voient pas qui pourrait être le candidat idéal et n’ont pas envie de se mettre en chasse pour le trouver. Car le Medef est dans la même situation que les syndicats des salariés : il connaît une grande désaffection de la part de ses mandants. Les patrons du Cac 40 s’en désintéressent, estimant que le Medef ne les représente pas. L’Association française des entreprises privées (AFEP), où ils siègent tous, leur paraît une organisation autrement puissante et efficace, après plus de trente ans d’activités de lobbying actif auprès de tous les pouvoirs.

Les responsables des entreprises plus petites préfèrent se replier sur leur fédération professionnelle mais regardent encore de très loin le Medef, ne s’estimant pas concernés. Les quelques patrons qui pourraient être tentés de se lancer dans le mouvement patronal reculent, tant tout cela leur paraît être des jeux d’appareils, très loin de leurs préoccupations.

Face à ce total désintérêt, certains n’écartent pas l’hypothèse que la fronde contre le coup d’État de Laurence Parisot avorte et que cette dernière finisse par l’emporter à l’usure, en profitant de l’indifférence du monde patronal.

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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