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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:13

Agoravox - par Luc-Laurent Salvador (son site) mardi 3 janvier 2012


Le problème des Indignés est celui de l’unité avec les 99 %. Or, cette unité qui conditionne la réussite du mouvement ne pourra se faire que si ce dernier est porté par UNE demande claire et nette, comme celle qu’avaient les Egyptiens de la place Tahrir. Cette « one demand » n’a pas encore été trouvée. Elle fait cruellement défaut. Dès lors, pourquoi les 99 % agoravoxien(ne)s ne tenteraient-ils pas de rejoindre les Indignés en apportant leur soutien à une demande très capable de les rassembler : la réforme 100 % monnaie, seule à même de remettre le système financier au service de l’humain ?

 

Le problème des Indignés et des OWS est celui de l’unité avec les 99 %.
 
Il importe qu’elle soit réalisée au plus tôt car sans cela, ils resteront impuissants à faire bouger des politiciens de plus en plus en cheville avec le pouvoir financier, comme l’était déjà Pompidou (d’où le surnom de loi Rothschild pour la fameuse loi de 1973).
 
Ce serait terrible car les Indignés peuvent être les opérateurs d’une formidable prise de conscience nationale et mondiale qui n’a que très peu de chance d’arriver autrement.
 
Il est en effet devenu difficile de croire que quelque chose d’intéressant puisse encore sortir des urnes dès lors les élections sont « sous contrôle » du parti unique UMPS. Les candidats ne parlant pas la langue de bois libérale et atlantiste de l’Empire n’ont quasiment pas accès aux médias. Ils ne bénéficient que de très peu de temps de cervelle citoyenne disponible.
 
Quoi qu’il en soit, actuellement l’espoir des Indignés et des OWS est toujours que les 99 % descendent dans la rue les rejoindre comme cela s’est passé au cours du printemps arabe.
 
A cette fin, ayant compris que les peuples qui ont réussi leurs « révolutions de velours » savaient très exactement ce qu’ils voulaient (la chute du régime), les Adbusters ont, le 13 juillet, lancé le mouvement OWS en proposant que celui-ci soit porteur d’une simple et unique demande, gage d’unité et donc de réussite :

« Tahrir a réussi avant tout parce que le peuple d’Egypte a posé un ultimatum très clair — Moubarak doit partir — dont il n’a pas démordu jusqu’à la victoire. En suivant ce modèle, quelle est notre tout aussi claire demande ? » [1]

L’affiche du 17 septembre — date du rassemblement initial des OWS dans le Zuccotti Park — avait ainsi pour slogan : « Quelle est notre première et unique demande ? » (What is our one demand ?).
 
Le problème est qu’étant à la forme interrogative, ce slogan annonçait d’emblée l’échec des organisateurs à réaliser ce qu’ils avaient, avec raison, jugé tellement souhaitable : disposer d’une demande unique qui puisse rassembler la population autour d’elle parce que, précisément, elle ferait consensus.
 
 Pour dire toute l’importance et l’urgence de disposer au plus vite de cette demande avant d’aller occuper quelqu’espace symbolique ce soit, les Adbusters ont employé l’expression anglaise to « zero in on » qui peut, entre autres, se traduire par l’expression « plonger en piqué », comme le faisaient les fameux zéros kamikazes de l’aviation japonaise durant la deuxième guerre mondiale.
 
A l’évidence, malgré cette conscience de l’urgence, malgré la multitude des propositions et des discussions qui ont tourné autour de cette question, la cible n’a pas été repérée par les OWS, de sorte qu’actuellement, les Indignés et autres Occupy ne sont porteurs d’aucune demande clairement identifiée et assumée comme telle.
 
Comme de nombreuses assemblées populaires sont prévues à l’occasion de la journée mondiale du 14 janvier prochain, on pourrait imaginer que la question se trouvera à nouveau mise sur le tapis.
 
Mais peut-on sérieusement espérer qu’une nébuleuse d’assemblées populaires en vienne à converger sur une demande unique ? Après quatre mois déjà écoulés, combien de temps faudra-t-il encore patienter ?
 
Et en attendant, combien de 99 % iront rejoindre les Indignés dès lors que ces derniers n’ont toujours pas cette « demande qui éveille l’imagination et qui, si elle était accomplie, nous propulserait dans la démocratie radicale du futur [2] » ?
 
Pourtant, nous sentons tous l’urgence, nous sentons tous ce climat lourd et oppressant qui donne furieusement envie de plonger en piqué sur cette « one demand » avant qu’il ne soit trop tard.
 
C’est pourquoi, il nous faut, je crois, nous poser la question : pourquoi nous, agoravoxiens de bonne volonté, qui grâce à ce beau site qu’est Agoravox, contribuons depuis des années, chacun à sa manière, à nourrir une joyeuse conscience prérévolutionnaire qui ne demande qu’à s’actualiser, ne pourrions-nous aider ce processus à converger ? Nous sommes des Indignés depuis tant d’années, ne pourrions-nous nous rassembler autour d’une idée qui, même si elle ne devait pas être la « one demand » finale, contribuerait néanmoins à rassembler sans délai les Indignés et les 99 % ?
 
Il est parfaitement possible qu’il existe quelque part une meilleure option et il y a sûrement mille choses qui paraîtront aux uns et aux autres plus urgentes ou plus importantes, mais essayez de voir que là n’est pas la question. Ce qui importe, c’est que, si on se base sur ce qui s’est écrit ici sur Agoravox ces dernières années, ces derniers mois, nombreux sont ceux d’entre nous qui, quelles que soient leurs convictions théoriques ou politiques, sont probablement prêt à soutenir l’idée de retirer aux banques tout pouvoir de création monétaire pour le restituer entièrement au peuple (réforme 100 % monnaie[3].
 
Quoi que ce soit que nous penserions par ailleurs avec une infinité de délicates nuances, ne reconnaissons-nous pas tous volontiers qu’il serait certainement bon que l’humanité puisse accéder à un système économique dans lequel le pouvoir de création monétaire appartiendrait intégralement aux peuples et non aux banques ? Ne pensez-vous pas qu’un consensus puisse se former à ce sujet au sein de l’assemblée populaire virtuelle que constitue la population agoravoxienne ici présente ?
 
Je ne dis pas que la réforme 100% monnaie serait forcément le « choix du public », cela je ne le sais pas. Mais, encore une fois, il suffit de lire ce qui s’écrit sur Agoravox pour voir que l’idée de prendre le pouvoir de création monétaire aux banques est une idée qui séduit, c’est une idée « porteuse » et, par conséquent, elle est une occasion de rassemblement. Or, pour le moment, c’est tout ce qui compte !
 
Dès lors, plutôt que de se lancer dans un débat infini pour faire émerger la meilleure idée possible, je propose que nous, les Indigné(e)s agoravoxien(ne)s qui souhaitons que le pouvoir de création monétaire soit retiré aux banques pour devenir privilège exclusif du peuple, nous le disions, tout simplement, tous ensemble, ici même.
 
Constater combien d’entre nous adhèrent à cette idée pourrait être le point de départ d’une belle aventure car si la participation est bonne, si nous sommes nombreux à prendre position, nous accèderons à une forme d’identité de groupe similaire à celle que connaissent des manifestants qui se rassemblent dans la rue ou sur des places pour faire entendre leur voix.
 
Même réalisé dans le cyberespace, ce rassemblement citoyen nous fera nous sentir plus forts. Nous aurons réalisé une forme élémentaire de cybermanifestation qui sera, tout naturellement, appelée à grandir et qui pourrait constituer un appui déterminant pour le rassemblement des Indignés et des 99 %.
 
Que faudrait-il pour enchaîner de la sorte, dès lors que nous ne pouvons obliger les 99 % à adhérer à Agoravox ?
 
Nous aurions besoin que l’un(e) d’entre nous qui en a la capacité, un(e) geek façon Anonymous, veuille bien nous construire un site dédié [4] où, comme cela se passe pour une pétition en ligne, toute personne pourrait venir déclarer son soutien à cette revendication en donnant simplement son nom et sa ville de résidence ainsi qu’un e-mail pour la vérification.
 
Un tel site pourrait simplement présenter le texte demandant la souveraineté populaire sur la création monétaire et offrir la possibilité de parcourir la base de donnée des personnes signataires en fonction du nom ou du lieu de résidence — avec, cela va de soi, la possibilité de s’inscrire.
 
On pourrait imaginer bien des améliorations (comme la possibilité de choisir ou d’écrire des slogans, la possibilité pour les cybermanifestants de se contacter via le site, ou celle d’uploader leurs photos, la visualisation de la cybermanifestation sur une google map, etc.) mais elles ne sont pas indispensables. Car l’important est de parvenir très vite à la conscience de nous-même, à la conscience de notre rassemblement, de notre force.
 
Mettons les choses au clair : il n’y a pas à attendre du mouvement des Indignés, OWS ou autres qu’il nous donne son soutien ou sa reconnaissance. Il s’agit d’un mouvement sans leader, sans autorité qui soit en position de donner son accord à telle ou telle initiative. Dès lors que nous nous pensons Indignés, nous sommes des Indignés et nous sommes d’autant plus fondés à nous auto-organiser comme nous l’entendons que c’est précisément dans l’esprit de ce mouvement qu’il en aille ainsi.
 
C’est comme cela que peut se réaliser le rassemblement des 99 % et des Indignés : lorsque tout un chacun en vient à déclarer qu’il est avec les Indignés, qu’il est lui-même un(e) Indigné(e).
 
Rejoignez les dans les rues et les places si vous le pouvez, mais que cela ne vous empêche pas de vous déclarer publiquement comme Indigné(e) en soutenant ce qui deviendra peut-être la « one demand » des OWS, en demandant que le pouvoir de création monétaire cesse d’être aux mains des banques car de là vient la puissance démesurée de la finance et la principale cause de l’exploitation de l’Homme et de la Nature par l’Homme.
 
Accomplir l’acte individuel consistant à déclarer publiquement son soutien à cette demande indignée, c’est accomplir l’acte citoyen par excellence, celui qui donne au peuple son « âme », c’est-à-dire, la conscience de lui-même et de sa capacité à décider hors de la tutelle infâme des politiciens asservis aux groupes de puissance.
 
En des temps où nous cherchons à ressourcer la démocratie moribonde qui sert de paravent à l’Empire, la cybermanifestation pourrait constituer un appui majeur puisqu’elle permet l’expression des volontés populaires que la servilité des médias interdit désormais.
 
Car il existe une multitude de questions cruciales pour lesquelles notre avis ne nous est pas demandé alors qu’il devrait être déterminant.
 
Songeons par exemple à l’arrêt de l’intervention française en Afghanistan, à la sortie du nucléaire ou à la réouverture d’une enquête internationale sur le 11 septembre 2011. Il est très probable que l’opinion publique serait très favorable à chacune de ces demandes. Mais ni les urnes, ni les médias ne permettent à cette opinion de s’exprimer. Des cybermanifestations dédiées seraient un parfait moyen de revendication populaire puisque tout un chacun pourrait y venir à tout moment et y rester autant que nécessaire même si cela devait durer des années. Aucun mouvement « mortar » ne permet cela, seul le clicktivism met la manif à la portée de tous.
 
C’est en songeant à tout cela que je vous invite donc pour finir à passer à l’acte en entrant ici dans la première cybermanif des Indigné(e) d’Agoravox.
Bienvenue et merci à vous !


[1] « Tahrir succeeded in large part because the people of Egypt made a straightforward ultimatum – that Mubarak must go – over and over again until they won. Following this model, what is our equally uncomplicated demand ? »
[2] « a demand that awakens the imagination and, if achieved, would propel us toward the radical democracy of the future »
[3] Peut-être faudrait-il lui associer le fait de dénoncer la dette souveraine actuelle comme illégitime. On pourrait toujours considérer qu’il s’agit d’une seule et même idée comportant deux volets : le passé (le passif de la dette souveraine) et le futur (restauration de la souveraineté populaire sur la création monétaire). La présente demande serait cohérente et, ainsi, bel et bien UNE car il serait, je crois, illogique de demander la souveraineté populaire sur la création monétaire tout en fermant pudiquement les yeux sur quarante années de sodomisation du peuple par les banques.
[4] Je veux payer pour l’hébergement.

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