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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 16:35

 

 

 

LE MONDE

11.09.2013 à 10h39 • Mis à jour le 11.09.2013 à 13h30 | Pascale Santi
 
 

Il existe bel et bien un risque sanitaire associé à une exposition des travailleurs au bitume. Telle est la conclusion de l'expertise de 290 pages de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), rendue publique mercredi 11 septembre.

L'agence a été saisie le 19 novembre 2008 par la Fédération nationale des salariés de la construction (FNSC-CGT) "afin de synthétiser les études sur ces produits et d'évaluer les risques pour l'homme". La fédération était en effet inquiète des pathologies et des décès qui frappaient ses adhérents. Les industriels ont de leur côté toujours minimisé le risque. "Le bitume n'est pas cancérogène", lit-on sur le site de l'Union des syndicats de l'industrie routière (Usirf.com).

Cet avis intervient alors que la société Eurovia, filiale de Vinci, a été reconnue coupable, le 13 novembre 2012, par la cour d'appel de Lyon, de "faute inexcusable" après la mort d'un ouvrier du bitume, des suites d'un cancer. Au total, le nombre de travailleurs exposés à ce produit varie entre 5 000 (d'après l'Usirf) et 85 000 (selon la FNSC-CGT).

Utilisés principalement pour les travaux de revêtement routier, les bitumes sont des résidus de raffinage de pétrole qui servent aussi à l'étanchéité des toitures. Les travailleurs sont surtout exposés au bitume par leurs émissions et, lorsqu'ils sont chauffés, par voie respiratoire, cutanée et orale. Il émane des chantiers une odeur corrosive très forte.

 

MÉLANGES TRÈS COMPLEXES

Le résultat de l'expertise est sans appel : les effets sanitaires du bitume sont indéniables. Sur les effets cancérogènes, le rapport de l'Anses se fonde sur les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), explique le professeur Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l'Anses. Le CIRC a ainsi classé l'exposition aux bitumes oxydés et à leurs émissions lors de la pose de produits d'étanchéité en catégorie 2A, c'est-à-dire cancérogène probable. Et l'exposition aux produits bitumineux et à leurs émissions à base de bitumes routiers a été classée en catégorie 2B, cancérogène possible.

Les études épidémiologiques ont également mis en évidence des effets aigus d'irritation oculaire et respiratoires (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive). D'autres effets chroniques cardiovasculaires et immunotoxiques sont par ailleurs suspectés. Les effets sont plus flous sur les risques de cancer cutané. D'où la nécessité, pour l'agence, de mener des recherches plus avant dans ce domaine.

L'expertise indépendante de l'Anses ne nie pas la complexité du sujet. Mélanges très complexes, les bitumes comprennent plus de 10 000 composés chimiques. Il est donc "impossible de dresser une liste précise", explique le professeur Lasfargues. Pas simple de mesurer ces milliers de composants, dont certains sont toxiques, comme les hydcrocarbures aromatiques polycycliques, dont le benzo(a)pyrène, traceur historique du risque cancérigène, ou encore les composés organiques volatils, reconnus pour leurs effets sanitaires délétères. L'agence sanitaire a donc étudié le bitume dans sa globalité. 


 "RÉDUIRE LES EXPOSITIONS"

Pour l'Anses, pas de doute : "Le risque existe, il est donc nécessaire de le prévenir et de réduire les expositions", avance M. Lasfargues. Des mesures de prévention devraient selon l'Anses s'attacher à réduire l'émission des fumées, l'impact de la chaleur, l'exposition aux produits bitumeux en même temps qu'au rayonnement solaire. Il importe aussi, selon l'agence, de mieux organiser le travail pour réduire les temps et niveaux d'exposition, de mieux suivre les salariés exposés.

De plus, réduction des dépenses oblige, la majorité des travaux routiers concernent actuellement la rénovation et l'entretien du réseau existant, ce qui implique des opérations de recyclage et de rabotage des anciens revêtements routiers. Il est donc impératif, selon l'Anses, de surveiller de près les émissions potentiellement dangereuses pour les salariés (goudron, amiante...) lors de ces travaux.

Pascale Santi

 

10 % des salariés exposés à des produits dangereux

 

En 2010, 10 % des salariés, soit près de 2,2 millions de personnes, ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène dans la semaine écoulée, indique la dernière enquête Sumer (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), publiée mardi 10 septembre par le ministère du travail. Les cancérogènes les plus cités sont les gaz d'échappement au diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois et la silice cristalline. Vient ensuite, entre autres, le bitume. "Des mesures doivent être mises en place sur la prévention, l'organisation du travail, explique Laurent Orlich, responsable fédéral de la CGT chargé de la santé au travail. Des produits sont trop souvent utilisés sans avoir été évalués en termes d'impact sur la santé."

 

 


 

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