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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:29

 

Source : www.mediapart.fr

 

Israël a lancé son offensive contre Gaza, tuant au moins 12 Palestiniens

|  Par Pierre Puchot

 

 

Poussé par ses alliés de l’extrême droite et les tirs de roquettes du Hamas, le gouvernement de Netanyahou a réuni son cabinet lundi soir et l’armée israélienne a lancé plus de cinquante frappes aériennes contre Gaza dans la nuit de lundi à mardi. Le résultat d’une conjonction absurde d’événements et de facteurs politiques internes, dont nul ne sait pour l’heure où elle peut conduire.

Au moins 12 Palestiniens ont été tués et plus de 70 blessés mardi dans des raids israéliens sur la bande de Gaza, selon les services d’urgences et l’agence palestinienne Mana News. Dans le sud du territoire, sept Palestiniens ont été tués et 25 autres blessés par une frappe israélienne. « Le raid israélien a visé la maison de la famille Al-Kaware », a expliqué le porte-parole des services d’urgences Ashraf al-Qodra, ajoutant que des enfants figuraient parmi les blessés, et peut-être les morts.

Quelques heures plus tôt, dans la ville de Gaza, quatre personnes avaient « été tuées dans un raid aérien sioniste qui a visé une voiture civile dans un quartier du centre », selon Ashraf Al-Qodra. Des proches ont identifié l’un des corps comme étant celui de Mohammed Shaaban, 32 ans, un responsable des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Un autre Palestinien est mort dans une frappe aérienne dans la matinée à l’ouest du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Plus tard, quatre Palestiniens ont été tués et 15 autres blessés par une frappe dans le sud de l’enclave palestinienne.

Selon le quotidien Haaretz, Israël envisager de mobiliser 40 000 réservistes. Dans le même temps, le Djihad islamique, groupe rival du Hamas, a envoyé plus de 60 roquettes sur le sud d’Israël. À Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé l’arrêt immédiat des frappes israéliennes sur Gaza. Selon l’agence de presse palestinienne, des colons s’en seraient pris à des Palestiniens dans plusieurs villages de Cisjordanie.

Israël avait déjà frappé plus de cinquante fois Gaza dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 juillet. Selon un bilan provisoire des autorités palestiniennes, ces attaques ont fait 17 blessés. Lundi, 8 militants du Hamas avaient déjà été tués, ce qui a poussé le mouvement palestinien à réagir en tirant de nombreuses roquettes.

L’armée israélienne affirme quant à elle avoir touché une cinquantaine de cibles, « dont quatre maisons appartenant à des activistes, des sites de lancement de roquettes, des infrastructures ». Selon la presse israélienne, le cabinet de sécurité a donné son feu vert à l'armée pour « durcir les représailles contre le Hamas », avec notamment le déploiement de dizaines de chars près de la frontière avec Gaza. Israël a également mobilisé plus de 1 500 réservistes après avoir positionné des troupes le long de la frontière. Porte-parole de l'armée, le colonel Peter Lerner a confirmé que l'opération militaire pourrait être amplifiée dans les prochains jours : « Ils ont choisi l'escalade. Notre mission durera le temps qu'il faudra. Nous ne nous attendons pas à une mission de courte durée. »


Frappes israéliennes à Rafah, au sud de Gaza, lundi 7 juillet 
Frappes israéliennes à Rafah, au sud de Gaza, lundi 7 juillet © Reuters

L’armée a investi dans la nuit les réseaux sociaux et publié quantité de graphiques sur son compte Twitter pour représenter Israël et « 3,7 millions d’Israéliens » (sur une population de 8 millions d’habitants) à la merci du Hamas, après le tir lundi de 85 roquettes sur le sud du pays, qui ont blessé légèrement un soldat et endommagé deux maisons.

Des tirs de roquettes qui, contrairement à ceux de la semaine passée, ont cette fois été revendiqués par le Hamas. Les écoles et les camps de vacances situés dans un rayon de 40 kilomètres autour de la bande de Gaza sont fermés mardi. Coincés dans un territoire sous blocus israélo-égyptien, 1,8 million de Palestiniens habitant à Gaza attendent quant à eux dans l’angoisse le sort qui leur sera réservé par l’armée israélienne dans les prochaines heures.

La décision israélienne d’une nouvelle offensive n’était pas attendue. Le premier facteur déclencheur fut l’enlèvement, le 20 juin en Cisjordanie, de trois jeunes Israéliens qui étudiaient dans une colonie. Impliquant directement le Hamas sur la foi de « preuves » avancées par son service de renseignements, quand le mouvement palestinien n’avait aucun intérêt à prendre part à un tel enlèvement et s’était défendu d’y avoir participé, le gouvernement israélien s’est pris les pieds dans le tapis. Il n’imaginait sans doute pas les débordements racistes et meurtriers que cette accusation sans fondement allait entraîner.

Après la découverte des corps de trois Israéliens la semaine passée, une véritable flambée de propos racistes et d’appels au meurtre contre « les Arabes » s’est fait jour sur les réseaux sociaux. Le 2 juillet, Mohammad Abou Khdeir, un Palestinien de 16 ans, a été enlevé dans le quartier de Chouafat, à Jérusalem-Est. Son cadavre a été retrouvé quelques heures plus tard près d'une forêt. Il aurait été brûlé vif, selon les rapports préliminaires d'autopsie. Dimanche, six « extrémistes juifs » ont été arrêtés, selon les autorités israéliennes. L’un d’eux a avoué le meurtre dans la nuit qui a suivi son arrestation. (Lire à ce propos la chronique du député israélien Daniel Ben Simon, qui évoque la manière dont la société a marginalisé par sa radicalité le gouvernement actuel).

À la suite du meurtre du jeune Palestinien, plusieurs manifestations ont eu lieu dans les villes à forte population arabe d’Israël et de Cisjordanie. Des groupes palestiniens armés ont procédé à des lancements sporadiques de roquettes, sans que le Hamas ne soit impliqué, selon sa direction.

Contrairement aux précédentes offensives contre Gaza, le premier ministre Benyamin Netanyahou freinait cependant des quatre fers. Conscient que le climat en Israël l’entraînait dans une radicalité que lui-même ni son parti ne pouvaient maîtriser, il avait d’abord appelé le père du jeune Palestinien pour lui présenter ses condoléances et avait multiplié les appels au calme.

Deux facteurs l’ont finalement décidé lundi soir à réunir son cabinet et à lancer l’opération : la division politique dans sa coalition, et les tirs du Hamas qui, après l’assassinat de huit de ses militants la veille par des frappes de drones israéliens, revendique désormais les tirs de roquettes qui se sont multipliés lundi. Poussé à intervenir militairement par l’ensemble des membres d’extrême droite de son gouvernement, et notamment par Naftali Bennet (fondateur du Foyer juif, parti ultranationaliste, qui a notamment déclaré en juillet 2013, selon le quotidien Yediot Ahronoth : « J'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Et il n'y a aucun problème avec ça ») et Avigdor Lieberman – l’actuel ministre des affaires étrangères qui a annoncé lundi sa volonté de se désolidariser de l’action du premier ministre tout en demeurant au gouvernement –, Netanyahou a finalement privilégié les équilibres politiques internes de sa fragile coalition à sa conviction première qu’une nouvelle offensive israélienne ne résoudrait rien.  

Mardi midi, alors que le premier ministre israélien demandait à son armée de se mettre en ordre pour une éventuelle offensive au sol, selon le site du quotidien israélien Haaretz, le Hamas appelait l'Autorité palestinienne basée à Ramallah à la solidarité avec Gaza. Du mouvement palestinien ou de Netanyahou, aucune des deux parties n’a pourtant intérêt à l'escalade. Mais aussi bien l’armée israélienne que le Hamas sont désormais entrés dans une logique de rapport de force où il s’agit de montrer (à l’extrême droite pour Netanyahou, à son puissant rival, le Djihad islamique, pour le Hamas) qu’on tient tête à l’adversaire. Une fois de plus, ce serait la population qui en paierait le prix, et en premier lieu les Palestiniens. À l’hiver 2008/2009, l’« opération Plomb durci » avait fait plus de 1 500 victimes palestiniennes, dont plus de 700 civils.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

 


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