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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 14:27

Les êtres vivants ont mis au point, au fil de l'évolution, des mécanismes, des procédés, des molécules que les chercheurs tentent de reproduire.

 

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 10.02.12 | 18h42   •  Mis à jour le 12.02.12 | 13h22

 
 

Gauthier Chapelle, ingénieur agronome et biologiste, dirige le bureau d'études Greenloop à Bruxelles. Spécialiste du biomimétisme, il a signé l'introduction du livre de la naturaliste américaine Janine M. Benyus, Biomimétisme. Quand la nature inspire des innovations durables (Rue de l'échiquier, 2011). 

Qu'est-ce que le biomimétisme ?

Il s'agit de notre capacité à nous inspirer du vivant pour innover. Mais cela ne suffit pas. Le biomimétisme (en anglais biomimicry), selon moi, doit intégrer la notion de durabilité, surtout depuis 1997 et le livre de Janine M. Benyus. Répondant aux préoccupations sur le réchauffement climatique, il proposait des solutions de bon sens.

Le point de départ est simple. Toutes les espèces qui nous entourent ont maîtrisé leur durabilité. Pourquoi ne pas régler alors nos problèmes en les interrogeant ? En fait, biomimétisme n'est pas le terme le mieux adapté car il peut laisser entendre qu'il s'agirait de copier bêtement la nature. Ce n'est pas le cas : il s'agit, avec nos sciences et notre intelligence, d'adapter les solutions de la nature à nos propres contingences.

Cette inspiration n'est pas récente, si l'on se réfère aux esquisses d'un Léonard de Vinci au XVe siècle...

Les peuples premiers ont toujours pratiqué cela. Par exemple, les Inuits se sont inspirés de la tanière de l'ours polaire, de ses proportions, pour concevoir leur igloo. La civilisation industrielle nous a ensuite coupés de la nature. Il y a bien eu Léonard de Vinci, précurseur dans le domaine scientifique, mais c'était marginal. La redécouverte, récente, date de la fin du XXe siècle.

Quels sont les obstacles au développement du biomimétisme ?

Ils tiennent beaucoup au mode de formation. Quand vous vous destinez à être ingénieur ou concepteur, vous ne faites pas de biologie. Et vice versa. Or le biomimétisme est transversal, entre biologie, physique et ingénierie-conception. Dans quelques domaines comme le spatial et le médical, des complémentarités ont augmenté les performances. Mais les cultures scientifiques restent très cloisonnées.

Quels sont les exemples les plus probants de biomimétisme ?

Le biomimétisme m'intéresse par sa capacité à développer la durabilité des espèces, tout en préservant l'environnement. La bande Velcro, conçue à partir des particularités de la fleur de bardane, c'est du biomimétisme, mais remplacer des lacets par un Velcro ne change pas le bilan carbone. Modifier génétiquement des chèvres pour que leur poil présente les mêmes incroyables particularités que le fil de soie d'araignée ne m'intéresse guère plus, mais c'est aussi du biomimétisme.

Dans quels secteurs travaillez-vous ?

Le biomimétisme trouve des applications dans trois secteurs. D'abord, les formes : par exemple, l'étude d'une termitière et de son système d'aération en architecture ; ou le nez d'un martin-pêcheur pour un train à grande vitesse japonais, ce qui réduit sa consommation et en fait un élément de durabilité. Il y a aussi l'étude des écosystèmes, du bio-organisationnel. Par exemple, dans la nature, chaque déchet devient une matière première pour une autre espèce. L'écologie industrielle est basée sur ce principe.

Il y a enfin le secteur des matériaux, qui présente des potentiels industriels énormes. Les nôtres proviennent pour la plupart de la pétrochimie. Des espèces en fabriquent, elles, à des températures et à des pressions ambiantes, avec des solvants compatibles avec la nature. Cette haute technologie est très difficile à reproduire. Des chercheurs sont arrivés à fabriquer, aux Etats-Unis, de la fibre de verre sans monter en température (1 000 °C sont normalement nécessaires) en étudiant les éponges qui produisent cette fibre dans la mer, à quelque 4 °C. Vous imaginez les économies d'énergie potentielles.

Pourquoi ne va-t-on pas plus vite ?

Il est probable que l'énergie fossile n'est pas encore assez chère. Tant qu'un processus de production industrielle est encore rentable, vous n'êtes pas incités à en changer. Le biomimétisme est une rupture, une innovation radicale. En ces temps de crise, des choix qui remettraient en question la chaîne industrielle font peur.

Propos recueillis par Rémi Barroux

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