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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 10:59
Florine Bristaud - Marianne | Mardi 27 Septembre 2011 à 15:30


Seulement trois semaines après la rentrée, les enseignants sortent dans la rue pour dénoncer une rentrée scolaire « calamiteuse » et des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader...



(flickr - manuel | MC - cc)
(flickr - manuel | MC - cc)
« Fidèles aux postes », voici ce qu'on peut lire sur la pancarte d'un professeur d'école participant cet après-midi aux manifestations des enseignants du primaire et du secondaire.
Selon le ministère de l’Education, environ 20% des enseignants du primaire participeraient à cette grève. Des estimations, basées sur les déclarations d’intention de grève obligatoires pour les profsseurs des écoles, annoncées par le ministère vendredi 23 septembre, alors même que les enseignants avaient jusqu’à samedi minuit pour se déclarer gréviste. Un chiffre, de fait, bien en-dessous de la réalité selon le SNUIPP-FSU, principal syndicat du premier degré, dont l’estimation fait état de 53,75 % de grévistes parmi les enseignants du premier degré. 

Une grève « pas révolutionnaire »

Luc Chatel minimise la situation : « Une grève fin septembre dans l’éducation nationale, ce n’est pas révolutionnaire ». Oui mais les grèves de cette année diffèrent bien des précédentes dans le sens où, pour la première fois, les enseignants du privé font cause commune avec leurs collègues du public : six des sept syndicats du privé appellent à se joindre à la grève pour dénoncer les suppressions de postes. Une première pour l’enseignement privé, qui présente habituellement un taux de grévistes proche de zéro. Les anciennes oppositions entre les enseignants du public et du privé sont aujourd'hui mises au placard, devant la dégradation des conditions d’enseignement.  Si les revendications diffèrent quelque peu entre les deux institutions, les enseignants du privé et du public se heurtent aux mêmes difficultés : sureffectifs dans les classes, multiplication des tâches, baisse de la scolarisation des plus jeunes, fermetures incessantes de classes, manque de reconnaissance, impossibilité de prendre en charge les élèves en grande difficultés, suppression des formations faites aux jeunes enseignants… La liste est longue. Il faut dire que l’enseignement privé, qui accueille un cinquième des élèves, a souffert lui aussi des suppressions massives de postes : depuis 2008, 5000 départs à la retraite n’ont pas été remplacés alors que le privé voit son nombre d’élèves sans cesse augmenter.

Luc Chatel « entend » les enseignants

« Mon rôle est d’entendre », a déclaré Luc Chatel sur France 3 dans le journal TV du 18 septembre. Les profs demandent bien plus que d’être entendus, ils veulent être écoutés, et surtout, ils demandent à ce que des mesures soient prises. Chatel « assume » les suppressions de postes, et rajoute que «  la vraie question aujourd’hui c’est le sur-mesure » des enseignements, et non « la quantité». Depuis les réformes de 2010, Luc Chatel ne cesse d'asséner son refrain du « sur mesure », comme une réponse à toutes les revendications des enseignants. Le ministre voudrait faire mieux avec moins d’enseignants. Et les profs se demandent bien comment. Du « sur mesure » face à trente élèves de maternelle, cela paraît bien illusoire. La suppression des 16000 postes va justement à l’encontre de cet enseignement personnalisé selon bon nombre d’enseignants : les cours à effectifs réduits ont été limités, empêchant le suivi individuel des élèves.

Le ministre s’était pourtant attelé à démontrer que la situation allait en s’améliorant : « En septembre 2011, il y a 35000 professeurs de plus qu’au début des années 90, alors que l’on compte 500 000 élèves de moins ». Oui mais, comme l’a fait remarquer un journaliste de Libération, l’école a évolué depuis les années 1980, rallongeant la durée d’étude des élèves, et incitant une plus grande proportion d’étudiants à poursuivre en lycée général ou professionnel. La comparaison, qui arrange bien notre ministre, n'est pas recevable, opposant deux systèmes éducatifs dont les objectifs diffèrent.

Selon une note du Centre d’Analyse stratégique, organisme rattaché à Matignon, notre pays est celui qui possède le plus faible nombre de professeurs par élève parmi les 34 membres de l'OCDE, et c’est l’enseignement primaire qui souffre le plus : à peine 5 enseignants pour 100 élèves. Et pourtant, l’enseignement en primaire a encore été rogné de 9000 postes en cette rentrée 2011. D’une manière générale, la France compte 6,1 enseignants pour 100 élèves ou étudiants seulement, tandis que le Portugal, la Grèce, le Danemark, la Suède ou l'Italie comptent plus de huit enseignants pour le même nombre d'élèves. Alors les déplacements du ministre de l’éducation dans d’autres pays, visant à s’imprégner de leurs systèmes éducatifs sont bien beaux, mais si on se refuse à y mettre les moyens, c’est peine perdue.

Notons que la date choisie pour cette grève n’est pas anodine : le projet de budget 2012 passe ce mercredi en conseil des ministres. Il prévoit d’ores et déjà une suppression de 14000 postes supplémentaires dans l’éducation nationale. Les enseignants comptent bien se faire entendre à la veille de cette décision qui sonne comme un énième couperet pour la profession. Espérons qu'une forte mobilisation rendra cette grève un peu plus « révolutionnaire » aux yeux de Monsieur Chatel.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
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