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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:39

 

 

Rue89 -Nuance 28/03/2013 à 12h27

 

 

Les pétroliers sont-ils les nouveaux « masseurs » de la roche ? Le 30 juin 2011, le parlement français interdit l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique pour explorer et exploiter les gisements de gaz et de pétrole en France. Pour autant, les défenseurs de l’environnement ne désarment pas, car les industriels n’ont pas abandonné l’idée de fracturer la roche. Plus discrètement, avec d’autres mots.

Des dizaines de permis de recherche ont été délivrés avant la loi de juillet 2011 et bien d’autres sont encore dans les tuyaux de l’administration. Même s’il est toujours possible d’explorer les sols à la recherche des huiles et gaz de schistes, il n’est pas possible de les exploiter via la fracturation...

Les pétroliers poursuivent leur cartographie du sous-sol français. Dans un soucis de transparence, tout ou presque est consultable sur le site du ministère de l’Ecologie (ici, le Bassin parisien).

 

« Massage » : « une idée », dit le PDG de Total

 

Les professionnels préparent la communication de demain. Car tout l’enjeu est là, il s’agit de reprendre la main sur la bataille des mots, et les industriels parlent désormais non plus de fracturer la roche mais de la « stimuler ».

 


Un caillou heureux (Mountain Roamer/Flickr/CC)

 

Début janvier, Christophe de Margerie, PDG de Total, indiquait au journal Le Monde qu’il ne fallait peut-être pas totalement laisser tomber la fracturation hydraulique mais repenser surtout sa dénomination :

« Il est quand même paradoxal d’entendre un membre du gouvernement annoncer que la France va faire des tests de fracturation hydraulique en Algérie [Laurent Fabius, ndlr] [...] pour rapatrier la technique en France si elle est finalement jugée acceptable pour l’environnement.

Je suis fasciné par la manière dont le terme de “fracturation” a cristallisé les clivages. Aux Etats-Unis, on parle de “massaging” de la roche. C’est peut-être une idée ? »

« Du foutage de gueule »

 

Rue89 a contacté Séverin Pistre, hydrogéologue et professeur à l’université Montpellier-II. Il est formel sur ces nouvelles dénominations :

« La stimulation hydraulique, c’est un terme générique qui englobe la fracturation. Niveau concept et niveau recherche sur les huiles ou gaz de schiste, c’est la même chose.

Pour être direct, le “massage de la roche”, c’est quand même un peu du foutage de gueule. »

Selon le scientifique, cette technique visant à augmenter la perméabilité de la roche pour extraire les ressources qu’elle renferme a toujours les mêmes conséquences :

« On évacue le terme, mais pas les problèmes en surface et en profondeur.

On mobilise toujours le méthane, lui-même polluant, qui va fuir dans les nappes d’eau ou en surface. »

Son verdict est sans appel :

« Si vous me demandez s’il existe une technique opérationnelle pour extraire le gaz sans fracturer, la réponse est non. »

De nouvelles techniques sont en train d’être élaborées par les industriels. L’une des plus prometteuses est la fracturation au propane. La France mène également des recherches sur la fracturation hydraulique.

 

Etre prêt pour le jour où...

 

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Quels intérêts les industriels ont-ils à chasser les huiles et gaz de schiste s’ils n’ont pas le droit, techniquement, d’aller les récupérer ? L’explication la plus plausible se cache dans le rapport publié en février 2012 de la Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux. Il conclut :

« Enfin, dans deux ou trois ans, l’expérience acquise, aussi bien dans notre pays qu’en Europe et en Amérique du Nord, permettra de prendre des décisions rationnelles sur l’opportunité d’une exploitation de gaz et huiles de roche-mère en France. »

Le même document explique qu’il serait « dommageable » d’interdire l’exploitation des ressources en schiste sans avoir évalué « la richesse potentielle » que la France pourrait en tirer.

En somme, la Commission, créée dans la foulée de l’interdiction, entend laisser le temps à la technique d’évoluer. Pas question de s’asseoir d’emblée sur l’exploitation de ces ressources, avec ou sans fracturation.

L’industrie cherche à repérer tous les emplacements des huiles et gaz de schiste, afin de se tenir prête le jour où l’actuelle législation changera.

La mise en exploitation sera d’autant plus simple que de nombreux permis de recherches autorisent les forages de puits horizontaux, comme pour la technique de fracturation hydraulique.

 

Une com’ ultratransparente et qui rassure

 

L’opinion réagit favorablement
Selon un sondage Ifop, 74% des français connaissant la thématique des gaz de schistes approuvent l’idée que leur exploitation « augmenterait l’indépendance énergétique du pays ». La progression par rapport au dernier sondage, réalisé il y a neuf mois sur le sujet, est de 13 points. Par ailleurs, le même sondage retient que 58% des français connaissant le sujet sont favorables à ces forages expérimentaux pour évaluer les stocks dans le sol de l’hexagone (+10%).

Pas question de refaire les mêmes erreurs que dans le passé. La cicatrice, laissée par les collectifs anti-gaz de schiste est encore à vif et l’opinion est prête à redémarrer au quart de tour.

La communication s’affine donc, pour ne pas brusquer. Ainsi, Hess Oil France, détenteur de nombreux permis d’exploration dans le Bassin parisien, joue la transparence et communique à propos de ses activités sur son site Internet. L’entreprise organise même des journées portes ouvertes sur ses sites d’explorations et filme l’événement, « une première en France pour un chantier de prospection pétrolière de ce type ». Les habitants du village du coin, conviés pour être informés, sont visiblement heureux. Ambiance proche de « L’Amour est dans le pré » à Huiron (Marne).

 

Hess Oil France

Portes ouvertes

 

Au téléphone, le service de communication d’Hess Oil France préfère attendre les résultats des phases de recherches avant de se prononcer sur une mise en exploitation des gisements :

« Aujourd’hui on ne sait rien, mais on peut trouver du pétrole. A partir de là, on verra si, oui ou non, on peut produire en fonction de la réglementation.

Nul doute que les compagnies pétrolières essaient de faire avancer les choses au niveau de la législation. Si rien n’indique, malgré les soupçons des défenseurs de l’environnement, que les pétroliers soient déjà en train de “stimuler”, tout laisse à penser qu’ils préparent déjà l’après.

 

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