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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 22:11

Les autorités russes tentent de juguler la contestation dont elles sont la cible

 

LEMONDE | 13.12.11 | 14h32   •  Mis à jour le 13.12.11 | 16h41

 
 

Moscou Correspondante - Réunis à Moscou dans un institut de l'Académie des sciences, lundi 12 décembre, intellectuels, scientifiques, artistes, professions libérales – l'avocat Iouri Schmidt ; les écrivains Boris Akounine et Vladimir Voïnovitch ; le scientifique Iouri Ryjov, ancien ambassadeur de Russie en France ; l'ex dissidente Lioudmila Alexeeva et bien d'autres – se sont mobilisés pour réclamer l'annulation des résultats des législatives du 4 décembre, ainsi que le report de la présidentielle prévue le 4 mars 2012.

Inspirée par Solidarnosc et l'exemple polonais de 1989, l'intelligentsia travaille à la formation d'une "table ronde", un espace de discussion entre le pouvoir et la société, susceptible de permettre le passage en douceur de l'"absolutisme" actuel à un système plus démocratique, "fondé sur le droit".

"Depuis les manifestations, je me sens mieux. Désormais, nous avons un futur, c'est sûr alors qu'avec la bande de guébistes au pouvoir (le KGB, l'ex-police politique soviétique dont le premier ministre, Vladimir Poutine, est issu), nous n'en avions aucun. Avant, j'avais honte de vivre dans un pays sans caractère, idiot, ça n'est plus le cas aujourd'hui", a déclaré l'actrice de renom Natalia Fateeva, 77 ans.

Le Kremlin, lui, reste de marbre. Lundi, Vladimir Poutine inaugurait une centrale nucléaire dans la région de Kalinine (nord-ouest du pays). Confronté à une vague de contestations sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2000, le "leader national" répondra en direct jeudi aux questions de ses concitoyens, triés pour la plupart sur le volet. Comme chaque année, l'exercice sera diffusé sur toutes les télévisions.

Alors que le point central de la contestation porte sur le résultat des législatives, entachées de fraudes selon les observateurs, les autorités s'enferrent dans le déni.

"En additionnant tous ces prétendus témoignages, c'est à peu près 0,5 % du nombre total de bulletins. Ni la légitimité du scrutin ni les résultats définitifs ne peuvent être remis en question", a déclaré lundi Dmitri Peskov, le porte-parole du gouvernement.

Accusé par l'opposition d'avoir orchestré les falsifications, Vladimir Tchourov, le président de la commission électorale centrale, a assuré que les vidéos prises dans les bureaux de vote pour prouver les manipulations et les bourrages d'urnes puis diffusées sur Internet avaient été tournées "bien avant le jour du vote dans des appartements privés". De son côté, Valéri Zorkine, le président de la Cour constitutionnelle, dresse un parallèle entre la contestation actuelle et celle des nationalo-communistes (rouges bruns) opposés à Boris Eltsine en 1993, qui avait été délogée au canon du Parlement.

L'élite au pouvoir ne parvient pas à s'adresser à sa classe moyenne. Le Kremlin a d'ores et déjà perdu la bataille sémantique. Sa formation politique, Russie unie, n'est plus appelée autrement par la rue que "le parti des voleurs et des escrocs", les grands chantiers de modernisation sont tournés en dérision, on ne compte plus les blagues sur le projet de "logement abordable" (avec un crédit entre 15 % et 18 %) tant vanté par le président Dmitri Medvedev.

Bien avant le vote du 4 décembre, une chanson intitulée Notre asile psychiatrique vote pour Poutine avait fait le tour de la Toile.

Dans la blogosphère, le tandem a été affublé de surnoms : "Nano président" pour Dmitri Medvedev, "le crabe" pour Vladimir Poutine, en référence à la phrase prononcée en février 2008 à l'issue de son second mandat, selon laquelle il avait "ramé pendant huit ans comme un esclave sur une galère". En russe, "comme un esclave" se dit "kak rab", d'où l'abrégé "krab".

La dérision touche des cercles plus larges encore. Les Moscovites nantis, directeurs financiers, milliardaires et leurs épouses en vison et rivières de diamants, se précipitent aux représentations du Citoyen poète, un spectacle satyrique hebdomadaire de génie réalisé par l'écrivain poète Dmitri Bykov et l'acteur Mikhaïl Efremov. Le public rit à gorge déployée tandis que Mikhaïl Efremov ridiculise le tandem, décrit par lui en train de jouer au badminton, le sport favori de Dmitri Medvedev qui y a récemment consacré une vidéo. Après la diffusion de cette dernière, l'armée avait passé commande de 10 000 raquettes et volants.

"Les langues se sont déliées. Ceux qui ont gagné sont ceux qui ont inventé la nouvelle langue. Une fois ridiculisé, aucun tyran ne peut plus être pris au sérieux", explique l'ancien dissident Andreï Mironov.

Marie Jégo

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