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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:51

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

 

 

"Fab lab", bidouille et partage… bienvenue dans le monde des makers

Nicole Penicaut

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Publié le 02-08-2014 à 17h27

Leur devise : "Do it Yourself!". Bricoleurs passionnés, informaticiens créatifs, geeks ou créateurs, ils sont de plus en plus nombreux à partager leur savoir-faire et révolutionnent la manière de produire.

 

Gilles Azzaro, "art makers" réalise des sculptures sonores; Kevin Poissonnier, des fourmis à l'imprimante 3D ; Nathalie Bruyère et son mari Pierre Duffau ont créé des robots en kit. (Photos Guilaume Rivière pour le
Gilles Azzaro, "art makers" réalise des sculptures sonores; Kevin Poissonnier, des fourmis à l'imprimante 3D ; Nathalie Bruyère et son mari Pierre Duffau ont créé des robots en kit. (Photos Guilaume Rivière pour le

 

 

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"Des bidouilleurs !" C'est ainsi que Bastien Dupuy et Ludovic Delhomme se définissent. Autodidactes, ils ont commencé par bricoler une imprimante 3D dont les plans étaient en accès libre sur le Net. "On l'a améliorée, et maintenant on en fabrique six par semaine", expliquent-ils en montrant la carapace métallique de ce drôle d'engin capable de reproduire n'importe quel objet en trois dimensions...

"Do it yourself !" c'est leur devise ! Bastien et Ludo sont les archétypes des makers, ces nouveaux fabricants passionnés qui veulent tout réaliser eux-mêmes, des coques de téléphone mobile aux robots de leurs rêves... Ces artisans de l'ère numérique - tous connectés à internet - forment une vaste communauté, qui bouillonne de créativité.

 
 

Leur grand-messe : les Open Bidouille camp

Ils ont leurs grand-messes : les Open Bidouille Camp (des jamborees de geeks), ou les Maker Faire, foires de l'innovation lancées il y a sept ans par l'Américain Dale Dougherty. En juin dernier, la première édition parisienne a réuni 7 500 visiteurs.

Les makers ont aussi leur revue - "Make :", lancée par le fondateur des Maker Faire -, leurs dix commandements - une charte de l'entraide et du partage écrite par Neil Gershenfeld, professeur au prestigieux Massachusetts Institute of Technology de Boston (MIT) - et leurs gourous, notamment Chris Anderson, l'une des figures les plus influentes du Net, auteur de "Makers. La nouvelle révolution industrielle".

Pour cet ancien rédacteur en chef du magazine "Wired", les makers vont tout révolutionner : de la nature des produits (tous personnalisés) à la manière de produire (en petite série, localement et à la demande) en passant par la consommation (sans gaspillage et en prolongeant la durée de vie des objets). Parti de Californie, le mouvement explose en France. Voyage dans la galaxie des makers...

 

Nathalie Bruyère, 46 ans, prof de design à l'Institut supérieur des Arts de Toulouse, a mis au point des petits robots en kit avec son mari, l'architecte Pierre Duffau. Ensemble, ils ont créé un fab lab maison d'où sortent des jouets que les petits assemblent pour mieux prendre goût aux technologies. Le prix des kits couvre matériel et logistique. Programme, logiciels, droits sont gratuits et ouverts. (Photo Guillaume Rivière pour "le Nouvel Obs")

Derrière le "maker" le fab lab

Pour trouver le maker, cherchez d'abord le fab lab (ou lab fab pour "laboratoire de fabrication" en VF) ! Ces ateliers new-look où sont installées imprimantes 3D, machines de découpe laser, fraiseuses... poussent partout en France. Il s'en ouvre tous les mois, à l'initiative des universités, des grandes écoles, des villes et même des grandes entreprises.

Lire Fab lab : un atelier high-tech pour petits génies de demain  

Moyennant une petite cotisation ou une participation modeste en fonction du temps d'utilisation des machines, tout le monde peut y travailler. Les geeks y conçoivent leurs robots. Les bricoleurs du dimanche y réparent une pièce de leur tondeuse, les étudiants architectes y peaufinent leurs maquettes, les designers y usinent leurs prototypes de lampe, les créateurs de bijoux y impriment leurs moules en 3D... Tout ce petit monde s'active, dans le plus parfait esprit communautaire.

Tellement de gens m'ont aidé que je me sentirais comme un voleur si je ne renvoyais pas l'ascenseur !" résume Jean-Michel Rogero, 39 ans.

Cet ingénieur dans l'aéronautique est un fidèle d'Artilect, le plus ancien des fab labs français, créé à Toulouse dès 2009. Il compte aujourd'hui 700 adhérents qui versent 30 euros de cotisation annuelle, les uns pointus en électronique, les autres férus de mécanique. Chacun apporte son savoir-faire.

Esprit collectif et partage de savoirs

A force de fabriquer des trains en modèle réduit de la Première Guerre mondiale, Christian est devenu un pro de l'imprimante 3D. Il aide tous ceux qui peinent à s'en servir. Un gars lance l'idée d'installer une voile de kitesurf sur un bateau. "Chiche !" répond un autre du fond de l'atelier.

Au lab fab de Rennes, une initiative municipale, l'esprit est tout aussi collectif. Un étudiant des Beaux-Arts de Brest, He Gong, qui rentre à vélo le soir, regrette que les automobilistes le voient mal... Aurélien Janvier, étudiant en première année de Telecom Bretagne, lui propose de concevoir un clignotant pour son vélo.

Les deux inventeurs, comme le font la plupart des makers, ont mis tous les détails de fabrication de leur prototype en ligne. Partout dans le monde d'autres makers peuvent donc s'en saisir, reproduire le dispositif et l'améliorer. C'est l'un des aspects les plus intéressants de ce mouvement. "Beaucoup d'objets sont disponibles, ouverts, perfectibles et personnalisables à l'infini", souligne Véronique Routin, directrice de développement de la Fondation Internet Nouvelle génération (Fing).

 Analyste d'exploitation pour un institut de sondages, Kévin Poissonnier, 37 ans, a une passion : les fourmis. Déjà client du FabLab Lille, installé dans un austère bâtiment de Villeneuve-d'Ascq, il décide de créer sa fourmilière : un support de bois découpé au laser soutenant des circuits de circulation (des "tubes à essai"). Ce n'est pas l'invention du siècle, mais Kévin a pris goût au do it yourself et s'est inscrit à un mooc (un cours en ligne) de France Université numérique (FUN). Son projet : construire sa propre imprimante 3D. 
(Photo Guillaume Rivière pour "le Nouvel Obs")

Réparer plutôt que remplacer

Le maker lutte ouvertement contre le produit standardisé, "fermé" de la production de masse. Il rejette ces objets programmés pour l'obsolescence. Tout doit se réparer plutôt que se remplacer.

C'est un réel plaisir de faire avancer les choses et d'en faire bénéficier la communauté", dit Nicolas Lassabe, le fondateur d'Artilect.

Ce chercheur en aéronautique, maker passionné, invente un robot sur lequel on pourra emboîter, comme sur un Lego, des objets intelligents. Il mettra bien sûr les plans sur internet en open source ("accès libre"), sur un site spécialisé comme Thingiverse. "Nous voulons montrer qu'il y a une autre façon de fabriquer des technologies de rupture", explique-t-il.

Fini, les brevets et les royalties, place à l'économie collaborative. De ce formidable tourbillon créatif naissent de nouvelles entreprises. "Ce n'est pas notre but premier, mais cela semble évident, note Jean-Michel Rogero. Quand on va au "fab lab", les opportunités sont multipliées par trois ou quatre."

A Artilect, le fab lab de Toulouse, Gilles Azzaro, 39 ans, extrait les données d'enregistrements audio (fréquence, amplitude, temps...) pour créer ses premières sculptures en bois découpé au laser par une imprimante 3D. Sa première oeuvre ? La réinterprétation du discours du président des Etats-Unis vantant les mérites des makers ! Trois cent cinquante heures d'impression 3D plus tard, la sculpture était prête. Sélectionnée par le 3D Printshow, l'oeuvre a été exposée à New York. Puis à Washington, à l'occasion de la Maker Faire de la Maison -Blanche.
(Photo Guillaume Rivière pour "le Nouvel Obs")

Les makers s'organisent hors du système

Rien n'interdit à un maker de faire du business avec son invention. Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes ont créé Naïo Technologies, une PME qui produit un robot de désherbage né entre les murs d'Artilect, le fab lab de Toulouse. Bastien et Ludo lanceront, eux, leur start-up en septembre, à l'ombre de (Coh@bit), le fab lab de l'IUT de Bordeaux où ils ont bidouillé leur imprimante 3D.

Puisque les banques n'ont pas encore pris le chemin des fab labs, les makers s'organisent hors du système. Leurs prototypes atterrissent sur des sites de crowdfunding ("financement participatif"), comme KissKissBankBank ou Ulule, où l'on fait appel à la générosité de la communauté.

Tout un écosystème se met en place pour aider chaque projet à franchir plus aisément les étapes vers le marché : prototypage, financement, pré-industrialisation, petites séries, distribution...", explique Véronique Routin.

Un nouveau créneau pour le made in France ? Pour l'instant, les industriels français ne sont pas encore entrés dans le mouvement. Et ce sont plutôt les businessmen chinois, qui, à distance, surveillent les prototypes et proposent leurs services...

Aux Etats-Unis, Barack Obama s'est très tôt déclaré convaincu du pouvoir des fab labs pour "ramener la production industrielle dans les pays occidentaux".

En France, Fleur Pellerin, alors ministre de l'Economie numérique, s'est enthousiasmée pour ce mouvement, bientôt suivie par Arnaud Montebourg. Les ministres ont même lancé un appel à projets. Sur les 140 candidatures, 14 ont obtenu un financement de l'Etat. Un début.

Orange ou Seb sponsorisent des fab labs

Mais déjà l'esprit maker se diffuse à toute l'économie. Certains industriels - Orange, Seb... - sponsorisent des fab labs. D'autres en créent en interne - Renault, Airbus, Air liquide... - pour permettre à leurs ingénieurs d'expérimenter, de prototyper, de tester et réduire la distance entre l'idée et sa concrétisation... à contre-courant de la tendance qui domine depuis vingt ans : la dématérialisation des projets soumis à des cahiers des charges hyperdétaillés et enfermés dans des logiciels de conception assistée par ordinateur ultrasophistiqués.

Cela recrée du lien et cela favorise l'innovation", note Véronique Routin.

Certaines entreprises réfléchissent d'ailleurs à jouer le jeu en proposant au public l'accès aux plans de leurs machines et de leurs pièces pour faciliter la réparation. Google veut le faire avec son téléphone. Le producteur de petit électroménager Seb y réfléchit. Leur pari : le consommateur acceptera de payer un bon prix pour une machine qui dure plus longtemps. Et surtout, il privilégiera un produit que l'on peut réparer voire améliorer. Qui dit mieux ?

 

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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