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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 17:27

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Squat 12/08/2014 à 15h46

Expulsion de La Cantine des Pyrénées : fin d’un lieu de vie alternatif

Juliette Harau | Rue89
Léa Scherer | Journaliste


 

Depuis deux ans, on pouvait venir manger un morceau pour pas cher à La Cantine des Pyrénées, squat militant parisien dans le XXe arrondissement où les précaires venaient prendre quelques conseils pour des démarches sociales.

Ce lundi, la police a procédé à l’évacuation des lieux – situés en face de Rue89 – alors que les militants étaient en vacances. Les quatre personnes qui logeaient sur place se sont retrouvées à la rue.

Farida est assise sur sa valise. C’est là qu’elle garde ses dossiers médicaux. Cette chômeuse de 47 ans, expulsée à 7 heures du matin avec les trois autres squatteurs, attend sur le trottoir, entourée de son barda.


Farida entourée de ses affaires, après l’expulsion de La Cantine, le 11 août 2014 (Léa Scherer)

Dans les cabas en plastique : ses vêtements, son sac de couchage, un drap, un oreiller. Des ustensiles de cuisine dans un carton : « Surtout le couscoussier, si je l’ai pas, je suis pas bien. » Des provisions dans un chariot à roulette. Un bidon d’eau de 5 litres.

Chemisier bleu et lunettes rectangulaires noires, Farida « présente bien ». Lorsqu’on propose de la photographier, elle s’offusque avec humour de ne pas être encore maquillée. Il faut dire que les forces de l’ordre les ont surpris dans leur sommeil.

Quatre fourgons de gendarmerie

A côté, les maçons empilent les parpaings pour murer la devanture et les fenêtres du premier étage de feu cette maison de quartier improvisée et illégale. Des locaux occupés depuis décembre 2012 par un collectif se revendiquant de la lutte sociale et anticapitaliste, réuni sous l’association Kulture Zéphémère.

Le 331 rue des Pyrénées – sous les fenêtres de Rue89 – était devenu une cantine le midi et un local pour des ateliers, cours de français ou projections de films certains après-midi ou en soirées :

« Un espace de solidarité au sein d’un quartier pour permettre à celles et ceux qui y vivent, non seulement de se rencontrer, mais aussi de s’entraider. »


Un ouvrier mure la devanture de La Cantine (Léa Scherer)

Restent deux policiers qui veillent sur le travail des ouvriers. Les quatre fourgons de gendarmes mobiles dépêchés le matin sont partis sur les coups de 10 heures. Les huissiers, un peu plus tard.

L’un d’eux, qui ne peut ni ne veut parler, s’approche tout de même de nous :

« Il faut voir les deux côtés de la balance. Regardez ce qu’on a saisi. »

Sur son smartphone, le représentant de la justice montre la photo d’un « classeur des aides sociales en tout genre que l’on peut gratter ». Il se délecte de cette provocation des squatteurs tombée entre ses mains.

Une militante, amusée par l’anecdote, explique :

« On faisait de l’aide aux sans-papiers les samedis après-midi et on formait un collectif de mal-logés le dimanche. Le classeur permettait d’expliquer les procédures administratives auxquelles pouvaient avoir recours les personnes précaires. »

Quelles solutions ?

Par téléphone, la mairie du XXe arrondissement de Paris nous a précisé les options soumises aux militants de La Cantine. Un vœu a été présenté au Conseil de Paris les 12 et 13 novembre derniers, par Danielle Simonnet, membre du Parti de Gauche. Réponse donnée par le Conseil :

 

« La ville s’engage à étudier des solutions pour permettre la pérennité des activités de La Cantine, gérée par l’association Kulture Zéphémère. »

 

La mairie a proposé la mise à disposition temporaire d’un de ses locaux non-utilisés. Néanmoins, aucun des locaux actuellement à disposition n’est adapté à leur activité de restauration. La seule solution définitive aurait consisté en la signature d’un bail à tarif réduit auprès de Paris Habitat. Or, l’association refuse de s’engager dans un bail commercial, en contradiction avec ses convictions politiques. »

Pour ce qui est de la procédure juridique enclenchée à l’encontre du squat, les occupants se savaient en suspens.

Le tribunal de grande instance de Paris a rendu un ordre d’expulsion le 6 septembre 2013, décision confirmée en appel en janvier 2014.

L’activité militante avait néanmoins perduré. Depuis la mi-juillet, La Cantine avait pris ses congés d’été et devait rouvrir le 15 août.

La Miroiterie, « squart » (squat artistique) voisin, rue de Ménilmontant, a été délogé lui aussi en juillet.

La cohésion de quartier fonctionne encore ce mardi matin. Alertés par Facebook ou par SMS, quatre voisins viennent proposer leur aide.

Un militant passe des appels, il cherche un véhicule pour transporter les affaires des expulsés. Farida garde son calme, résolue. Une fois les affaires stockées quelque part, « le must, ce serait de prendre une douche ». Elle ne voit pas plus loin pour le moment.


Quatre voisins venus prêter main forte (Juliette Harau)

Son ex-« colocataire », Noëlla (le prénom a été modifié), est plus remontée. Les deux autres occupants de La Cantine ont déjà mis les voiles.

Farida, prioritaire Dalo (Droit au logement opposable), est la seule qui bénéficiait d’une proposition de relogement d’urgence à Nanterre. D’urgence donc temporaire. Elle préfère se débrouiller plutôt que de se déraciner pour quelques jours ou quelques semaines d’hôtel.

La Parisienne, bien rodée, a enchaîné les squats depuis qu’elle a perdu son appartement :

« Le Malandrin, puis le 194 rue des Pyrénées et le 210. Maintenant ici. »

« La propriétaire aussi a des difficultés financières »

Maryse habite le quartier et a déjà connu les galères de logement. Elle commente la situation depuis une terrasse de café :

« C’était bien La Cantine, les gens mangeaient pour pas cher, ils pouvaient venir chercher des conseils. Tant que c’est vide on devrait laisser les occupants y habiter. »


Le mur de briques en construction (Juliette Harau)

Le mur de briques, qui paralyse ce qui était encore hier un lieu de vie, laisse perplexe.

Vers 16 heures lundi, les squatteurs sont partis, restent les ouvriers qui achèvent leur travail :

« Il ne faut pas raconter n’importe quoi, la propriétaire aussi a des difficultés financières. »

Le locataire aurait arrêté de payer son loyer, avant de donner les clés aux squatteurs au moment de partir. L’ouvrier ajoute :

« Qu’est-ce que vous feriez si vos locataires ne payaient pas ? »

Une dame en sweat-shirt bordeaux se tient en retrait depuis le début de matinée. Désignée comme la propriétaire, elle semble bouleversée, ne souhaite pas s’exprimer auprès des médias. Elle est émue aux larmes quand elle évoque brièvement une situation personnelle qui l’étouffe.

En face, le collectif n’a « pas les moyens de payer un loyer exorbitant ». Les activistes appellent à se réunir ce mardi à 16 heures devant la mairie du XXe. Les négociations en vue de trouver d’autres locaux adaptés à leur activité n’ont jusque-là pas abouti.

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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