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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 12:10

 

 

Lliberation.fr

  Ecologie : le temps du passage à l’acte

22 août 2013 à 19:26
Par EVA JOLY Députée européenne

La France doit choisir. Notre pays ne peut différer plus longtemps sa mue écologique. Les enjeux environnementaux, sociaux et économiques liés au changement de modèle qu’appelle la crise écologique demandent une action résolue. Soit notre pays prend un tournant déterminé vers la transition écologique, soit le statu quo marquera l’aggravation des périls environnementaux, la dégradation accélérée des ressources naturelles, l’amplification de la menace climatique.

Pour répondre à l’urgence que nul ne peut aujourd’hui feindre d’ignorer, les politiques publiques ne peuvent se contenter d’être teintées de vert, elles doivent être réorientées. C’est bien sûr la tâche du ministre de l’Ecologie que de conduire cette mutation majeure, et nous souhaitons plein succès au nouveau titulaire du poste. Mais c’est, de fait, une question d’orientation politique pour tout le gouvernement. Cela demande un changement de culture, une volonté politique forte et le courage de poser un diagnostic lucide sur l’état des forces en présence.

Le changement de culture, en premier lieu. Le compromis social-démocrate classique ne faisait que peu de place à la question environnementale, la tenant pour une question subalterne. C’est que tous les courants issus du mouvement ouvrier, des plus réformistes aux plus critiques étaient marqués par un double héritage : celui du productivisme, et celui de la priorité donnée à la recherche de la croissance.

C’est à ces dogmes dépassés qu’il s’agit de tourner le dos, pour que le progrès social se conjugue désormais avec la justice environnementale, c’est-à-dire avec le souci de protection de la planète et le droit à un environnement de qualité considéré comme une conquête sociale majeure. Reconnaissons que nous en sommes loin : le conformisme intellectuel continue à imposer une vision classique du monde où l’écologie apparaît comme une thématique parmi d’autres bien plus que comme le fil conducteur d’un nouveau projet de civilisation. De là procède certainement la difficulté à faire naître une véritable volonté politique.

Pour accoucher d’une politique ambitieuse, il faut en effet avoir mis en gestation une nouvelle vision du monde, où l’enjeu écologique est réellement prioritaire et déterminant. Les difficultés de l’actuel gouvernement à donner une traduction budgétaire significative aux discours sur l’écologie révèlent une terrible tétanie de la volonté. La responsabilité politique commande de se soucier de l’état des finances publiques, mais elle commande tout autant de savoir sanctuariser des domaines qui ne doivent pas faire l’objet de coupes budgétaires indues.

Pour dire les choses clairement, une politique d’austérité, en plus de faire le jeu du Front national, empêche toute avancée en faveur de l’écologie en limitant la capacité de notre pays à faire les investissements nécessaires. Nous ne pouvons nous inscrire dans cette perspective mortifère : le peuple de gauche et les écologistes attendent autre chose, et notre pays requiert une autre médecine qu’une purge classiquement libérale.

Ici, on comprend l’importance d’un point capital, les rapports de force en cours pour déterminer la politique de la France. Qui croit que l’essentiel du pouvoir est politique fait fausse route. Il faut bien saisir que le front avancé de la lutte entre les intérêts financiers et le pouvoir politique se trouve être constitué par les enjeux écologiques. C’est ici que se pose en effet avec le plus d’acuité la question de la limitation de la logique de prédation qui est celle du nouvel âge du capitalisme. L’intérêt général passe en effet par la protection des biens communs contre la seule logique du profit immédiat. Les lobbys l’ont bien compris. Ils ne cessent de vouloir limiter l’ampleur des changements, pourtant absolument nécessaires, dans les domaines de l’énergie, de la lutte contre la pollution atmosphérique, de la gestion de l’eau, pour ne citer queces exemples.

Si on passe sous silence que l’écologie est un projet de transformation de société qui, comme le mouvement ouvrier jadis, vient bousculer l’ordre établi, on s’empêche par avance d’agir, prenant le chemin d’une écologie impuissante à être autre chose qu’un catéchisme sans effet.

La nouvelle majorité doit donc accepter l’occurrence d’une confrontation assumée avec les forces de l’argent. La transformation écologique est à ce prix. Le temps du passage à l’acte est venu : des actes forts doivent être posés, qui engagent de manière irréversible la France dans un destin de nation écologique. Faute de quoi, l’alliance entre EE-LV et le Parti socialiste n’aura été qu’un marché de dupes dont la principale victime serait l’écologie.

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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