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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:08

 

 

Source : mediapart.fr

EPR: EDF se voit ordonner d'arrêter le chantier

|  Par Pascale Pascariello

 

 


L'autorité de sûreté nucléaire a découvert de graves dysfonctionnements sur une machine au sein du bâtiment du futur réacteur nucléaire. Sommée de réagir, EDF a fait la sourde oreille. Jusqu'à ce que le ministère du travail lui ordonne d'agir en toute urgence le 13 décembre, selon des documents publiés par Mediapart.

Le danger est réel au cœur de l’EPR de Flamanville et EDF l’a sciemment ignoré. Selon des informations recueillies par Mediapart, EDF a ignoré des rappels à l’ordre délivrés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant ses installations. À tel point que le vendredi 13 décembre, c’est le ministère du travail qui a dû officiellement mettre en demeure l’électricien de prendre sans plus attendre « toutes les mesures utiles pour remédier à une situation dangereuse » pour les salariés. Cette fois, EDF va devoir s’exécuter. Autant dire que les retards et les surcoûts vont encore s’accumuler sur ce chantier pharaonique.

Initialement, le nouveau réacteur nucléaire devait être prêt en 2012 et coûter 3,3 milliards. Aux dernières nouvelles, le projet a été reporté à 2016 pour une somme de 8,5 milliards d’euros. Mais c’est sans compter sur ces nouvelles déconvenues : l’autorité de sûreté nucléaire a recensé 15 non-conformités sur une machine centrale du chantier. Et la société Socotec, accréditée par EDF pour une vérification de cette même machine, en a relevé 43 !

La découverte a été faite cet automne. Le 16 octobre, une pièce du chariot du pont polaire installé à l’intérieur du bâtiment du réacteur casse et fait une chute de plus de 20 mètres. Par miracle, aucun salarié n’est blessé. Mais après cet incident, l’ASN décide de procéder le 25 octobre au contrôle de ce pont polaire (voir photo ci-dessous), une machine essentielle à l’installation des équipements, qui servira au déplacement des pièces du réacteur, et dont la moindre défaillance peut avoir des conséquences sur la sûreté nucléaire et la sécurité des travailleurs.


Vue de la machine (pont polaire et chariot en jaune): les deux chariots provisoires sont en rouge 

Selon le rapport d'inspection que nous avons pu consulter, l’ASN découvre qu’EDF a ajouté deux chariots provisoires sur ce pont pour permettre de lever des charges importantes tels que le générateur de vapeur (560 tonnes). Mais que ces chariots temporaires ne sont pas compatibles avec celui déjà présent. Il peut donc y avoir collision des chariots alors même qu’ils transportent des masses de plus de 500 tonnes. Pire : il n’existe aucun dispositif d’arrêt d’urgence !

Le 12 décembre, le constat des inspecteurs, que Mediapart a pu se procurer, est alarmant : « Le contrôle de la conformité de cet équipement fait apparaître de nombreuses non-conformités qu’EDF n’entend pas lever avant d’utiliser l’équipement » malgré les courriers reçus de l’ASN le 8 novembre et l’alerte de la Socotec le 25 novembre. Le premier électricien de France s’apprêtait même à utiliser cette machine ce lundi 18 décembre pour mettre en place la cuve du réacteur mettant ainsi en danger les salariés et les installations.

L’ASN a donc dû saisir le ministère du travail en toute urgence pour mettre en demeure in extremis l’électricien et faire respecter les principes généraux de prévention. Une première sur le chantier de l’EPR.

 

 

Une année noire pour l'EPR ?

Certains défauts pourraient faire sourire s’il ne s’agissait de sûreté nucléaire : « Les instructions figurant sur les commandes des chariots provisoires sont en anglais (…) du fait que les opérateurs chargés de commander cette machine sont de nationalité hollandaise et ne parlent pas français. » D’autres, beaucoup moins, comme l’absence de dispositif limitant les charges soulevées ou l’absence d’accès de secours aux extrémités du pont. Ce qui signifie que dans l’état actuel, la capacité maximale de 650 tonnes de levage pourrait être dépassée, sans que rien ni personne sonne l’alerte, et alors même que le pont ne pourrait nullement supporter un tel poids. De quoi provoquer un grave accident à l’intérieur du bâtiment réacteur.

Face au silence d’EDF, le ministère ne mâche pas ses mots. Ces défauts induisent des « risques pour les salariés amenés à intervenir lors de ces opérations de levage notamment risques de chutes, de collision et d’accrochages de charges, d’écrasement du personnel ou de heurt des salariés lors des manutentions ». Le document poursuit : « Ces risques sont d’autant plus importants qu’il s’agit, dans le cas présent, de charges importantes, jusqu’à 560 tonnes selon le maître d’ouvrage, qui seront manutentionnées par différents organes d’une même machine commandés par des salariés d’entreprises différentes dont certaines étrangères, nécessitant de communiquer dans une langue commune d’opérations. »

Le premier électricien de France dispose à présent de six mois pour rendre sa machine conforme. D’ici là, interdiction formelle de l’utiliser. Contactée lundi par Mediapart avant la publication de cet article, EDF n'a pas donné suite à nos sollicitations. Mais interrogé par l'AFP plus tard dans la soirée, une fois notre article mis en ligne, un porte-parole a déclaré : « Nous avons bien reçu cette demande de l’inspection du travail vendredi concernant ce rapport », mais « le chantier n’est pas arrêté », ajoutant que les informations seront transmises «  à l’Inspection du travail en temps et en heure. Cela fait deux mois que nous discutons et échangeons avec eux. Nous avons déjà produit un rapport provisoire [le 25 novembre], nous sommes en train de travailler sur ce rapport définitif », a-t-il assuré.

Le coup est d'autant plus rude qu’il y a encore une semaine, le premier ministre Jean-Marc Ayrault vantait la technologie nucléaire française en Chine lors d’une visite du chantier des EPR de Taishan. Et que l’épisode survient à la veille d’une année 2014 potentiellement explosive pour l’électricien. Trois enquêtes préliminaires concernant l’EPR sont en passe de se conclure après vingt mois de perquisitions et d’auditions.

La première concerne l’accident mortel d’un ouvrier, le 24 janvier 2011. Un soudeur a été heurté par une grue Bouygues qui a fait chuter l’échafaudage sur lequel il se trouvait à 18 mètres de hauteur dans le bâtiment du futur réacteur. Dans leur procès-verbal adressé au procureur de la République, les gendarmes retiennent la responsabilité de deux entreprises pour « homicide involontaire par une personne morale avec manquement délibéré à des règles de sécurité ». Le procès doit s’ouvrir le 31 janvier prochain à Cherbourg, avec sur le banc des prévenus Bouygues, le bétonneur de l’EPR.

La deuxième concerne des accidents du travail non déclarés. L’affaire remonte à février 2011. Sur 377 accidents du travail en un an, 112 accidents n’ont pas été déclarés. Là encore, les conclusions des gendarmes confirment l’infraction.

Enfin la troisième enquête, et non la moindre, concerne l’emploi de salariés étrangers, roumains et polonais en majorité, sur le chantier par l'intermédiaire de deux entreprises, Elco et Atlanco. Les charges portées contre Bouygues par l’OCLTI, l’Office centrale de lutte contre le travail illégal en charge de l’enquête, sont lourdes : « dissimulation d’activité et de salariés », « recours sciemment au travail dissimulé », « prêt illicite de main-d’œuvre », « marchandage ».

Pour disposer d’ouvriers à tout moment, Bouygues a fait appel à la société d’intérim Atlanco, de droit irlandais, ayant recruté ses employés en Pologne et Roumanie, pour les mettre à disposition en France, en les rattachant à des bureaux situés à Chypre. Sur le terrain, les ouvriers polonais encadrés et dirigés par Bouygues n’avaient ni congés payés ni droit au chômage. Et un salaire inférieur à la convention collective française.

Ce système de fraude sociale dont Bouygues a bénéficié entre 2009 et 2012 sur l’EPR lui a permis de faire quelques belles économies contrairement à l’Urssaf qui estime le préjudice global entre 9 et 12 millions d’euros. L’année 2014 s’annonce décidément coûteuse pour EDF.

 

 

Source : mediapart.fr

 

 

 

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