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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:00

 

Rue89

 

« Rainbow War » 05/09/2013 à 15h43
Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 

Depuis la fin du mois d’août, Istanbul et quelques dizaines d’autres villes turques se couvrent d’arcs-en-ciel. La nuit, munis de pots de peinture de toutes les couleurs, des Stambouliotes peignent des escaliers et certains passages. Un mouvement artistique qui tend à se transformer en mouvement politique : la poursuite, plus calme, des protestations de la place Taksim, réprimées en juin.

 

 

Vidéo postée sur YouTube par des artistes-activistes

                                                                                                                                                                                                                         Ce n’est pas un militant qui a lancé le mouvement, mais un simple commerçant de 64 ans, Huseyin Cetinel, ancien ingénieur des eaux et forêts. Il a commencé à peindre en bleu et vert les premières marches d’un grand escalier voisin, dans le quartier de Cihangir, qu’il trouvait « triste ». Il s’agissait de « faire sourire les passants », a-t-il expliqué. Puis il a continué, avec l’aide d’un ami, jusqu’au sommet. 200 marches : cela leur a pris plusieurs jours et 40 kilos de peinture.

 

Michelle Demishevich @demishevich

Huseyin Cetinel, who painted the stairs in LGBT colours. pic.twitter.com/syW1UbwJep

Voir l'image sur Twitter

 

Les passants ont souri. Les réseaux sociaux ont vanté l’œuvre. Les médias ont commencé à en parler.

 

Gris répressif

Dans la matinée du 30 août, des agents municipaux sont arrivés, ont tout repeint en gris. Du mauvais travail : la couleur, comme une mauvaise herbe, continuait d’apparaître à la base de chaque marche.

Le gris du pouvoir peinant à étouffer les couleurs de la liberté : le symbole était parfait pour réveiller les militants de la place Taksim. Le commerçant-artiste a ironisé :

« Mais d’où vient tout ce gris ? Avons-nous vécu un nouveau Pompéi et avons-nous été couverts de cendre ? »

La peinture grise est déjà, depuis la révolte de la jeunesse turque, le symbole de la répression : elle a recouvert tous les graffitis, affiches et autocollants posés sur les murs des villes. Un nouveau slogan a commencé à recouvrir les murs repeints :

« Nous continuerons jusqu’à épuisement de la peinture grise ! »

Sur Facebook, un appel a été lancé pour repeindre l’escalier : « A vos pinceaux ».

Le maire repasse à la couleur

Ahmet Misbah Demircan, le maire de Beyoglu (la partie centrale d’Istanbul), comprend vite la boulette. Il ordonne immédiatement de repeindre l’escalier en couleur et « tweete » :

« Nous avons terminé le travail préliminaire sur les couleurs des marches. Nous ferons un petit référendum. »

 

A. Misbah Demircan @AhmetMisbah

Renkli Merdivenlerle ilgili ön çalışmalarımızı tamamladık. Mahalleliyle bir araya gelip konuyu tartışacak, minik bir plebisit yapacağız.

 

Puis, dans un second tweet :

« Je voterai oui. J’espère que les habitants le feront aussi. Une ère de marches colorées commence à Beyoglu. »

Le maire a précisé que l’auteur de ce « si magnifique projet » n’avait pas demandé d’autorisation : à la suite d’une plainte d’un voisin, les employés municipaux avaient donc décidé de repeindre en gris l’escalier. Au matin du 31 août, l’escalier a retrouvé ses couleurs.

Mais le maire est intervenu trop tard : la « Rainbow war » est déclarée. Question escaliers, il y a de quoi faire à Istanbul, « la ville aux sept collines ». Et on peut aussi peindre des murs, le sol ou des boules...

 

 

  basakelvan 

   sur instagram

http://distilleryimage2.ak.instagram.com/812ba2a615b011e3b57222000a9e07e9_7.jpg

 

 

Mercredi encore, la police tentait de stopper des militants qui repeignaient un escalier dans le quartier d’Arnavutköy, sur la côte asiatique.

 

MeLeK⚡ @_Tmmob

Polısler gelmeye devam edıyor Arnavutköyde halk tv canli verıyor pic.twitter.com/bssNdLk3bx

Voir l'image sur Twitter

 

Pourtant, selon la correspondante de Libération Selami Oztürk, le maire de Kadiköy a lancé un appel aux citoyens :

« Les résidents de Kadiköy peuvent peindre les rues comme ils veulent. Liberté aux couleurs ! »

En prenant, munis de leurs pinceaux, l’urbanisme « autoritaire » comme cible de leurs protestations, les artistes-activistes restent en tout cas fidèles à l’ADN du mouvement de révolte réprimé en juin par le premier ministre Erdogan : il était né d’une réaction au projet de bétonnage du parc Gezi, aux abords de Taksim.

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Turquie
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