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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 18:24

 

 

source : www.mediapart.fr

 

En Italie, la rue dit « non » aux réformes Renzi

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Le parlement italien a adopté le 3 décembre la réforme du marché du travail voulue par Matteo Renzi. Cette loi surnommée le Jobs Act, d'orientation libérale, abolit notamment l'article 18 qui protégeait les salariés en CDI de tout licenciement abusif. Les syndicats italiens ont riposté ce vendredi 12 décembre en appelant à une grève générale, qui a très largement mobilisé à travers le pays.

C'était sa première grève générale : Matteo Renzi a été confronté ce vendredi 12 décembre au premier mouvement de grande ampleur depuis son arrivée à la présidence du conseil, en février dernier. Mobilisés autour du mot d'ordre « Cosi non va », (« Ce qui ne va pas »), la plupart des secteurs d’activité, publics comme privés, ont été touchés : transports, santé, éducation, administration. Côté transports, 80% des autobus et 50% des trains et des avions ont été bloqués, rapporte le site du quotidien Il Fatto Quotidiano. A l'origine de la mobilisation : les deux grandes confédérations syndicales, la CGIL et l'UIL – traditionnellement plus modérée –, totalisant à elles deux quelque 8 millions d'adhérents. Syndicalistes, mais aussi opposition de gauche, mouvances autonomes et simples citoyens ont protesté contre le « Jobs Act », cette libéralisation du marché du travail votée la semaine dernière, mais aussi contre le projet de loi de finances 2015, qui augure d'un nouveau budget d'austérité dans la péninsule italienne.

La banderolle des syndicats, dans le cortège romain

C'est à Turin et à Rome que les manifestations ont été les plus importantes. Dans la capitale du Piémont, qui a vu défiler, d'après les syndicats, quelque 70 000 personnes, le président de la République Giorgo Napolitano a manifesté son inquiétude : « La grève générale convoquée pour aujourd'hui est sans aucun doute un signe de tension considérable entre les syndicats et le gouvernement. J'espère que les décisions déjà prises vont pouvoir être discutées. » De son côté, la secrétaire générale de la CGIL, Suzanna Camusso, a assuré que la protestation allait continuer. « Nous ne nous sentons pas menacés », a-t-elle lancé.

A Rome, où les syndicats ont compté quelque 40 000 manifestants, le cortège était particulièrement animé. Beaucoup sont venus avec tracteurs, taxis, ambulances, bétonnières… et les manifestants ont procédé à un lâcher de ballons représentant le président du conseil affublé d'un nez de Pinocchio. « Renzinocchio » est d'ailleurs un mot qui revenait régulièrement dans les slogans. Arrivé Piazza Santi Apostoli, le cortège s'est arrêté, débordant dans les rues alentours. « Nous avons occupé Rome », ont lancé les responsables syndicaux depuis une tribune. « Nous allons mener une nouvelle résistance et cette place montre que nous allons le faire », a ajouté le secrétaire général de l'UIL, Carmelo Barbagallo. De son côté le chef romain du parti Sel (Gauche, écologie et liberté), Nichi Vendola, a tweeté depuis le cortège : « Le gouvernement a pris une mauvaise direction. Nous devons tourner radicalement la page. »

 
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Il governo ha imboccato una direzione sbagliata. Bisogna cambiare radicalmente pagina.

"Nous devons radicalement tourné la page", a tweeté Nichi Vendola

D'autres cortèges ont rassemblé un peu partout dans le pays, notamment à Naples (50 000 personnes dans la rue) et à Palerme (15 000 manifestants). Des affrontements ont opposé police et manifestants, notamment à Milan et à Turin, où les autorités ont procédé à plusieurs interpellations.

Inflexible, le gouvernement a réaffirmé ses positions par la voix du ministre du Travail, Giuliano Poletti : « Nous écoutons la rue mais nous allons de l'avant avec les réformes. Aujourd'hui, l'Union européenne nous demande de la cohérence sur nos engagements. »

 

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Scontri e fumogeni a Milano http://ow.ly/FNffc  


Affrontements à Milan photographiés par l'agence de presse italienne Ansa

De fait, la grève est arrivée après le vote de la loi contestée, déjà passée par le Sénat puis la Chambre des députés le 3 décembre. Elle a même été adoptée avec les voix de l'aile gauche du Parti Démocrate, qui avait pourtant monté le ton face à Renzi depuis cet été. Dans les kiosques italiens ce vendredi matin, les titres parlaient donc de grève « politique ». Les journaux de droite, sans surprise, critiquaient le positionnement des syndicats, tandis que la presse de gauche pointait la dérive libérale du gouvernement Renzi. Ainsi du quotidien Il Manifesto, qui titrait en manchette « Jobs Achtung » - dans une allusion aux directives venues de Berlin dans le vote de ce « Jobs Act » : « La grève générale contre la réforme du marché du travail et plus généralement contre le pacte de stabilité met en évidence la politique économique ratée du gouvernement, une politique qui favorise la dérive libérale d’un capitalisme débridé, écrit l'éditorialiste. Nous sommes aujourd’hui face à un système capitaliste qui ne sait que demander plus de liberté pour licencier, moins de taxes, plus de privatisations, un capitalisme incapable de projeter une politique industrielle d’investissement, de recherche, de nouveaux rapports de production. »

Cette mobilisation vient par ailleurs éclairer le mépris de Matteo Renzi envers les syndicats et le dialogue social, une de ses marques de fabrique qui le caractérisait, déjà, quand il était maire de Florence. A la veille de cette journée de grève générale, le président du conseil a fait semblant d'accepter la contestation : « Le droit à la grève est garanti par notre constitution et nous allons le respecter », a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse ce jeudi. Revirement, pour la forme, après avoir fait pression sur les syndicats pour que les trains ne soient pas affectés par le mouvement de grève… Depuis son arrivée au palais Chigi en février, Matteo Renzi n'a eu de cesse, en réalité, de fustiger les syndicats. Petit florilège de ses dernières piques : « Pour 3 millions qui descendent dans la rue, il y en a 57 millions qui travaillent »; « Il y a ceux qui passent leur temps à chercher des raisons pour faire grève, moi je m’occupe de créer des emplois » ; « A la fin, c’est toujours la politique qui décide » ; « Ces syndicats passent leur temps à organiser des grèves. Alors que je m'occupe de faire travailler les gens pour combattre un chômage démentiel. »

Pour combattre ce « chômage démentiel », qui avoisinne aujourd'hui les 13 % (plus de 40 % chez les jeunes), Matteo Renzi compte donc sur cette libéralisation du marché du travail entraînée par le « Jobs Act », qui comprend, notamment, l'abrogation de l'article 18. Ce texte de loi donnait la possibilité aux personnes employées dans des entreprises de plus de quinze salariés d'être réintégrées dans leur entreprise en cas de licenciement abusif. C'était devenu un symbole – pour les syndicats qui refusaient toute concession sur cet article comme pour les gouvernements successifs qui avaient tenté, sans succès, de s'en emparer. Ce fut le cas notamment de Silvio Berlusconi, en 2002, qui avait fini par reculer devant la colère de la rue, mais aussi du gouvernement Monti, en 2012. En réalité, plusieurs économistes estiment que la suppression de cet article n'aura pas d'impact car il concerne finalement assez peu d'emplois, dans une économie transalpine constituée à 95 % d'entreprises de moins de dix salariés et qui compte près de 4 millions de travailleurs précaires. Le « Jobs Act » vise en outre à davantage de flexibilité sur le marché du travail : les licenciements dans les entreprises confrontées à des difficultés économiques sont désormais facilités, et un CDI à « protection progressive » est créé, avec possibilité de licenciement pendant les trois premières années.

Matteo Renzi confirme donc son orientation libérale et passe outre la colère de la rue… Il n'était d'ailleurs même pas à Rome ce vendredi, parti pour une visite à Ankara. Le commissaire européen Pierre Moscovici en revanche avait choisi ce jour pour effectuer un voyage dans la capitale italienne... Il y rencontrait Pier Carlo Padoan, le ministre italien de l'économie et des finances. Manière pour la Commission européenne de soutenir les choix de Renzi, a contrario du gouvernement français… Lequel voudrait bien, en réalité, reproduire la copie dans l'Hexagone. « Pour une fois, l'Italie peut être un modèle pour la France sur la réforme du marché du travail », avait déclaré en octobre Filippo Taddei, chargé de l'économie au sein du Parti démocrate. D'après le JDD, le projet de loi du Jobs Act a même été traduit en français et transmis à Matignon.

 

 

 

source : www.mediapart.fr

 

 

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