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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 17:13

 

Médiapart

 

 

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C’est sans doute l’une des plus importantes journées depuis la révolution égyptienne de février 2011. A l’appel du mouvement Tamarod (rébellion en arabe), ce dimanche 30 juin, plusieurs centaines de milliers de personnes défilent en Egypte contre le gouvernement des Frères musulmans et le président de la République, Mohammed Morsi. A 16h, une estimation militaire officieuse mais reprise par la presse égyptienne faisait état de 3 millions de manifestants anti-Morsi. En fin de journée, les rassemblements semblaient encore plus massaifs, à tel point que plusieurs observateurs et blogueurs égyptiens estimaient qu'il s'agissait d'une mobilisation bien plus importantes que lors de 25 et 28 janvier 2011.

 

The Big Pharaoh @TheBigPharaoh

This is only ONE, UNO, UN street in Cairo leading to the presidential palace. #Jun30 pic.twitter.com/kw5YfIFQck

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Tamarod revendiquait samedi 22 134 465 de signatures pour sa demande de destitution du président, près de dix millions de plus que l’ensemble des suffrages obtenus par Morsi lors de son élection à la présidence il y a tout juste un an. L’opposition égyptienne craint la mainmise des Frères musulmans sur les organes de l’Etat, quand ceux-ci renvoient dos-à-dos manifestants et partisans de l’ancien régime, responsables selon les «Frères» des blocages institutionnels actuels et de la dégradation de l’économie.

Ce matin dès l’aube, plusieurs milliers de personnes sont venues rejoindre les tentes dressées samedi sur la place Tahrir au Caire.

 

La place Tahrir à l'aube, une image partagée sur les comptes twitter des activistes égyptiens 
La place Tahrir à l'aube, une image partagée sur les comptes twitter des activistes égyptiens

 

Toute la journée de dimanche, les rues du centre-ville étaient décrites comme vides par les habitants de la capitale égytpienne, la plupart des commerçants et chefs d'entreprises ayant demandé à leurs employés de ne pas venir travailler.

 

Evan Hill @evanchill

Cairo's streets are deserted. Every business I know gave their employees the day off.

 

 

Erin Cunningham         @erinmcunningham

speechless! RT @bencnn: Photo: cairotraffic: no problem. #30June #Egypt pic.twitter.com/MLCBjJbGBv

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A la mi-journée, des manifestations d’ampleurs aux cris de «Morsi dégage!» avait lieu notamment place Tahrir au Caire, à Menoufia, Chaequiya, Alexandrie, Gharbia, Beni Suef, dans le sud du Sinaïd, à Damietta, Suez et Post Said, contre un seul rassemblement de plusieurs milliers d’Egytpiens en faveur du président, à Nasr City au Caire. En fin de journée, le cortège des anti-Morsi devait se former devant le palais présidentiel entrouré de blocs de bétons, dans le quartier d'Héliopolis au Caire.

 

The Daily News Egypt @DailyNewsEgypt

MT ‏@NoraBeh Protesters at the #Palace say the main event will start around 6 pm when all marches converge there #June30

 

 

18h dimanche, place de l'opéra 
18h dimanche, place de l'opéra© Cendrine Cazenave

«Nous sommes manifestons pour débouler le dictateur en devenir et ôter la pierre qui nous bloque le chemin de la démocracie», écrit la chroniqueuse Dalia Ziada. A Paris aussi, les Egyptiens expatriés, pro comme anti-Morsi, ont prévu de se rassembler place Saint-Michel et place de l'Opéra.

Parmi les singularités des défilés de ce dimanche en Egypte, la présence d'un cortège de policiers mené par l'ancien ministre de l'intérieur, Ahmed Gamal El Din, en poste d'août 2012 à janvier 2013. Dans plusieurs défilés du Caire, des soldats se sont également mélés aux manifestants.

Le mouvement ne se fait pas entendre uniquement dans la rue. Au moins huit parlementaires ont officiellement démissionné, a indiqué samedi dans un communiqué Ahmed Fahmy, le porte-parole du Conseil de la Choura, la chambre haute du Parlement dominée par les musulmans conservateurs. Ce dimanche, la ville de naissance du président Morsi, El-Adwa, dans le delta du Nil, est elle-même divisée, comme le raconte un reportage du journal Al Ahram.

De leur côté, les Frères musulmans ont appelés leurs jeunes à défiler ce dimanche pour soutenir Morsi et défendre la légitimité de président élu. Sur son compte twitter, le porte parole des «Frères» a lui affirmé que ses militants étaient victimes d’attaques de « brigands », référence à l’époque Moubarak lorsque des voyous à la solde du régime attaquaient les manifestants pour les disperser.

 

Gehad El-Haddad @gelhaddad

Various scene of attacks & violence by thugs, #Tamarod activists, Opposition protestors & figures, Blakblock gangs. http://youtu.be/dYaHf7PUyj4  

 



 

Deux sièges du parti liberté et justice, le parti des Frères musulmans, ont du reste brûlés dimanche après-midi dans les provinces d'Al Charqeyyah et al-Dekahlia,  rapportait la chaine Al Jazeera. «Demain ne nous fait pas peur», ont néanmoins affirmé les sympathisants de Morsi, réuni à Nasr city et interrogés par le reporter du Daily news Egypt. Pour le reste, à 19h, la journée semblait s'être déroulé sans affrontements majeurs, malgré les craintes de participants exprimées la veille. « Les Frères musulmans ont toujours utilisé la violence, le terrorisme, la dictature. Je pense qu'ils vont de nouveau l'utiliser contre nous aujourd'hui ! Peut-être que nous ne verrons pas la belle Egypte de l'après 30 juin », redoutait notamment Ahmed Adel, membre du mouvement Tamarrod intérrogé par Radio france internationale.

 

Un nouveau premier ministre pour sortir de la crise?

 

Gregg Carlstrom @glcarlstrom

Tahrir now #egypt pic.twitter.com/4Wnf5yxBSv

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Entre les deux camps, la polarisation a atteint un degré de violence dramatique ces derniers jours, faisant craindre aux Egyptiens que la journée ne dégénère en affrontements meurtiers. Selon le dernier bilan, huit personnes, dont un américain venu enseigner l'anglais ont péri entre mercredi et samedi dans les précédentes manifestations et affrontements entre pro et anti-morsi. L'armée a indiqué qu'elle s'était déployée dans les provinces pour renforcer la protection des installations vitales en cas de graves dérapages.

 

Le journal Tahrir titre "Dégage", dimanche 30 juin 
Le journal Tahrir titre "Dégage", dimanche 30 juin

« Les Frères musulmans ont toujours utilisé la violence, le terrorisme, la dictature. Je pense qu'ils vont de nouveau l'utiliser contre nous aujourd'hui ! Peut-être que nous ne verrons pas la belle Egypte de l'après 30 juin », craignait Ahmed Adel, membre du mouvement Tamarrod intérrogé par Radio france internationale.

Quelles solutions désormais pour Morsi ? Dimanche matin, les rumeurs les plus diverses se répandaient sur les réseaux sociaux et dans les médias, de la reprise en main par l’armée à la proposition secrète de confier le gouvernement à Hamdine Sabahi, l’opposant nassérien de gauche et troisième homme de l’élection présidentielle.

Cette idée de proposer un nouveau premier ministre est d’ailleurs timidement reprise à son compte dimanche matin par le porte-parole des « Frères musulmans » et conseiller du parti liberté et justice, Gehad El-Haddad, dans un entretien accordé à Al Ahramonline. Le porte-parole appelait cependant en fin de matinée sur Twitter les partis qui souhaitent participer au prochain gouvernement à se préparer pour les prochaines élections parlementaires. Une manière d'écarter toute idée de concession à court terme, puisque la date des élections n'est pas encore fixée, ni attendue avant le printemps 2014 du fait des difficultés à élaborer une loi électorale cohérente et de l'oppostion de la Haute cour constiutionnelle, qui a invalidé la précédente.


  Gehad El-Haddad @gelhaddad

Egypt's next parliment will create the government. Those who feel they can contribute to government should start preparing for parl election

Face aux Frères musulmans, l'oppostion demeure unie, malgré l'hétérogénéité du Front de salut national, qui s'étend des partisans de l'ancien régime jusqu'aux progressistes. Samedi, Mohammed El Baradeï et Hamdine Sabahi ont adressé des messages de soutien aux manifestants, Sabahi appelant à poursuivre « les buts de la révolution » et « à construire le futur de la nation » en manifestant ce dimanche 30 juin. Les deux hommes ont eux-mêmes défilé bras-dessous, bras-dessous dimanche.

Le souhait du Front du salut national, la principale coalition de l’opposition, est d'obtenir la constitution d’un gouvernement d’union nationale, d'amender le projet de constitution jugé brouillon et trop islamisant, avant d'organiser des élections anticipées dans six mois. Trois demandes refusées par Morsi jusque-la. Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Guardian et publié dimanche 30 juin dans la matinée, Mohamed Morsi a maintenu cependant son offre de dialogue concernant la constitution, et fustigé les «forces étrangères» qui interfèrent dans les affaires du pays, sans pour autant nommer d’Etat en particulier.

 


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