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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 22:23
Elections législatives de Septembre 2010 et présidentielle de 2012

…. Ou comment la démocratie Venezuelienne est particulièrement vivace

Lors de ces élections,le parti de Chavez, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), décrochera 98 sièges sur 165. Le chef de file de la gauche radicale latino-américaine n’aura donc pas atteint son objectif de conserver 110 sièges, les deux tiers du Parlement, la configuration qui aurait été idéale selon lui pour « radicaliser » sans obstacles majeurs la mise en oeuvre du « socialisme du XXIe siècle ».
La Constitution vénézuélienne prévoit que seule une majorité des deux tiers de l’Assemblée (soit 110 voix) peut approuver les lois organiques (qui modifient la Constitution). Par ailleurs, les lois qui habilitent le président à légiférer par ordonnance requièrent une majorité qualifiée des trois cinquièmes, soit 99 voix. Un seuil que le PSUV manque d’une voix.

« Il y a un désir de la part de l’électorat de voir un large spectre politique », pense José Vicente Carrasquero, docteur en sciences politiques et professeur de l’Université Simon Bolivar. Sans majorité qualifiée, Chavez ne peut pas faire passer de lois organiques ou faire des nominations clefs sans négocier avec l’opposition. « Chavez est dans une situation critique. L’opposition aura un bon nombre de députés vétérans, pas des novices. Si au lieu de négocier il va à la confrontation, le contraste entre les deux positions sera trop évident et cela lui portera préjudice », selon Carraquero.
Il lui faudra donc discuter, négocier, voire convaincre une opposition dont le seul programme politique clair revient à débarrasser le pays du « tyran » Chávez.

On comprend mieux ainsi les propos de Chavez lorsqu’il parle « d’alliance stratégique avec la bourgeoisie nationale ». Il n’a pas vraiment le choix.
L’élection présidentielle arrivant trés vite. On est donc trés loin de l’image que l’on pourrait se faire d’une dictature. Au venezuela, la politique n’est pas seulement affaire d’état, mais aussi celle du peuple. Et l’opposition est trés bien représentée… une dictature ne se soucierait pas de la constitution de son propre pays ( qu’elle a légalement adoptée par referendum en 1999 ) pour changer cette constitution à son avantage. Ce qui n’est pas le cas. ( tiens ça me fait penser à notre propre référendum sur la constitution européenne de 2005… et ce qui s’en est suivi à Lisbonnes. Fin de la parenthèse )
De plus, ces élections de 2010 ont eu un taux de participation particulièrement élevé (66,45 %) et aucune critique n’a été émise quant à la régularité du scrutin ( sous la surveillance de la communauté internationale ).
Pour rappel, les élections à la présidence de décembre 2006 ont confirmé Chávez à la présidence du pays et ces élections ont été unanimement reconnues comme un processus « transparent, équitable, démocratique » par l’Organisation des États américains, l’Union européenne, l’Association des juristes latino-américains et la Fondation Carter.

La prochaine élection présidentielle au Venezuela sera organisée le 7 octobre 2012, et Hugo Chavez a exprimé l’espoir d’effectuer deux mandats supplémentaires à la tête de son pays.
Le scrutin présidentiel est généralement organisé en décembre au Venezuela.

L’opposition doit organiser une primaire le 12 février pour se doter d’un candidat unique face à Hugo Chavez. Le gouverneur de l’Etat de Miranda, Henrique Capriles Radonski, fait figure de favori face à son rival Pablo Perez, gouverneur de l’Etat de Zulia.
Les chefs de l’opposition ont exprimé leur satisfaction. « Ces élections organisés en octobre 2012 nous laissent le temps de faire une campagne longue », a déclaré l’un d’eux, Henry Ramos Allup.
 » Nous gagnerons en 2012″ estime, quant à elle, Mme María Corina Machado. Ancienne salariée de l’organisation anti-chaviste Súmate – financée par la National Endowment for Democracy, NED – et proche de l’ex-administration de M. George W. Bush, cette dernière fait figure de nouveau « visage » de l’opposition.

Cette opposition opère d’ailleurs un rapprochement – probablement stratégique – vers le centre de l’échiquier. Si l’on exclut les références au secteur privé, le document « 100 solutions pour vivre et progresser en paix » de la MUD, à l’iconographie maladroitement « blanche » pour un pays très largement métis, fait – c’est nouveau – la part belle aux promesses sociales : « garantir la continuité et la qualité des politiques et des programmes sociaux », « éliminer l’extrême pauvreté », « approuver un système de couverture sociale large et universel, financé par l’impôt, qui garantisse à toute la population des services adéquats et de bonne qualité », etc. Non seulement la droite accepte le PSUV et le chef de l’Etat comme interlocuteurs politiques, mais elle calque une partie de son programme politique sur le leur.

Or, dans ce domaine, les résultats de l’administration Chávez sont difficilement égalables – malgré les maintes tentatives d’obstruction de ceux qui promettent aujourd’hui de… faire mieux que lui. Depuis son arrivée au pouvoir, la pauvreté a été réduite de moitié, les dépenses sociales réelles per capita ont plus que triplé, et des millions de personnes disposent désormais d’une couverture médicale. La Commission économique des Nations unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) estime que les inégalités ont baissé de façon beaucoup plus rapide que dans le reste de la région, de sorte que le Venezuela fait aujourd’hui figure de pays le plus égalitaire d’Amérique latine.

résultat donc de cette élection, peu avant l’échéance américaine….

« Chavez a plutôt intérêt à mener une campagne courte que longue et exténuante », a estimé l’analyste Luis Vicente Leon, en faisant allusion à l’état de santé de l’apôtre de la « révolution bolivarienne ».

Selon des analystes, environ un tiers des Vénézuéliens sont encore indécis.

Destabilisations politiques internes et externes

… Ou comment accuser Hugo chavez de dictateur

Certes, le jeu de déstabilisation politique pratiqué par l’opposition (coup d’Etat, lock-out, désapprovisionnement du pays, etc.) ne facilite rien. Certes, les Etats-Unis convoitent les réserves pétrolières du pays – qui pourraient atteindre le double de celles de l’Arabie saoudite –, auxquelles Caracas vient d’accorder un accès privilégié à la Chine. Mais les problèmes auxquels fait face la « révolution bolivarienne » sont majoritairement internes, ce qui n’est pas rare après onze années de pouvoir.

Rappelons l’année 2002…Une destabilisation économique, orchestrée par Washington et l’administration Bush, suivi d’un coup d’Etat renverse M. Chávez, pourtant élu démocratiquement. L’ordre constitutionnel est rompu, l’Assemblée nationale dissoute, le patron des patrons, M. Pedro Carmona, prend la tête du pays. L’Institut international républicain (IRI) – une organisation liée au Parti républicain étasunien – en déduit que « les Vénézuéliens se sont mobilisés pour défendre la démocratie » !!
(Depuis, l’organisation patronale Fedecámaras – fer de lance du coup d’Etat de 2002 – participe au processus électoral)

Ramené au pouvoir par la population et les forces armées demeurées loyales, au bout de 48 heures, le même président se plie, deux ans plus tard, à une procédure de référendum révocatoire. Il l’emporte avec près de 59,10 % des voix. L’éditorialiste du Point Jean-François Revel conclut que M. Chávez est un « dictateur » qui a « étranglé la démocratie » (17 mars 2005) !! Quoi donc !!??

Ceci est renforcé par le boycott des législatives de 2005. L’opposition, qui cherchait à le délégitimer et à destabiliser, une nouvelle fois, la politique de Chavez, avait choisi de ne pas participer à cette élection ( première fois, dans l’histoire du Venezuela)
En boycottant les élections à l’assemblée nationale du 4 décembre 2005, l’opposition laissera délibérément le parlement être dominé par les partisans de Chavez , lesquels remporteront 116 sièges sur 167.
Issue dont la presse à 60% en faveur de l’opposition fera les gros titres, relayés bien entendu par la presse étasunienne et européenne… qui feront de cette écrasante majorité la preuve éclatante de l’état dictatorial de ce pays. Tout en minimisant, ou passant même sous silence, le boycott de l’opposition..
Vous connaissez beaucoup de dictatures où la presse est en majorité aux mains de l’opposition ?
(tiens cela me fait penser à la grande époque de Berlusconi- au paysage audiovisuel italien et à la presse italienne- au faîte de sa gloire. Fin de la prarenthèse)

Cette presse, aura encore quelques rôles à jouer.
comme on le dit, onze ans de pouvoir c’est long, et cela favorise nécéssairement l’apparition des insatisfactions.
Cette insatisfaction populaire se manifeste dans bien des domaines : lenteur de la transformation du pays, corruption, bureaucratie, problèmes d’approvisionnement en nourriture et en énergie ( à cause des lobbies aux mains de l’opposition ) et, bien sûr, insécurité. Ce problème, dont la presse ne manque pas, une fois de plus, de faire ses gros titres. Le pays souffre par ailleurs de la chute relative des cours du pétrole, la manne sur laquelle repose une grande partie des programmes sociaux.
Malgré cela, Le président reste encore très populaire parmi sa base des quartiers populaires pour qui il a créé ces nombreux programmes sociaux.

La dernière tentative de destabilisation par la presse remonte justement aux dernières législatives… et aura encore des répercussions dans les médias européens ( qui dans certaines occasions ne vérifient décidément pas leurs sources … )

mais avant cela,
Un petit cours d’instruction civique… du Venezuela ( courage, c’est pas long… juste un peu compliqué :)

Le scrutin législatif vénézuélien repose, d’une part, sur un scrutin majoritaire par circonscription basé sur le principe de « personnalisation des suffrages » qui réparti cent dix sièges. Et de l’autre, sur un scrutin proportionnel par liste et par Etat qui en attribue cinquante-deux. Trois sièges reviennent par ailleurs aux représentants indigènes du pays.
Il est indéniable qu’un tel dispositif – complexe – tend à favoriser le parti qui remporte le plus de voix : c’est même sa vocation, dans l’optique de faciliter la « gouvernabilité » d’un pays où les partis politiques sont nombreux. Le scrutin législatif de septembre 2010 en rassembla plus de 180 !! ( Ô mais quelle dictature !! … combien de partis aux USA ?? )

Inévitablement, des disparités apparaissent entre les suffrages obtenus par les partis à l’échelle nationale et le nombre de sièges qui leur sont alloués à l’Assemblée. Critiquable, le scrutin majoritaire soulève des interrogations dans tous les pays où il est utilisé.
Au Royaume-Uni, par exemple, où, comme le rappelle Tony Wood, de la New Left Review, le Parti travailliste de M. Anthony Blair obtint plus de la majorité des sièges du Parlement avec un quart des suffrages en 2001, et moins encore en 2005 !!.
( ou, même s’il ne s’agit pas du même type de scrutin, comme aux USA avec les élections de Floride pour la présidentielle. Bon, je ferme la parenthèse pour de bon)
Il est rare toutefois que la presse en conclue que les autorités du pays « cuisinent » le système électoral de façon à doter le pouvoir d’un « gilet pare-balles » contre son opposition.
Et… C’est pourtant ce qui fit El País au sujet du Venezuela, le 28 septembre dernier !!!

Dans cette même édition, le quotidien espagnol affirmait, en « Une », que « le parti du président Hugo Chávez (avait) récolté moins de votes que la coalition de l’opposition », reprenant alors à son compte un calcul de la MUD qui s’attribua très tôt 52 % des suffrages. L’information était fausse : les candidats du PSUV ont rassemblé 5 399 574 voix contre 5 312 293 pour l’opposition, soit 46,23 % des suffrages exprimés contre 45,48 %. !!

La presse internationale nous « bourre » le crane de ces ritournelles, de ces fausses allégations, de ces mots faciles…

France Soir du 21 Octobre 2011 : « Chavez va mieux. Alors qu’un dictateur vient de disparaître de la planète, un autre réapparaît et se déclare en forme ». !!

Effectivement, le président vénézuélien s’est en effet exprimé, dernièrement, sur son état de santé.On lui avait diagnostiqué un cancer. Il a déclaré que le traitement contre le cancer qu’il a suivi ces derniers mois avait été « une réussite ».

« Au cours de ces quatre derniers mois, nous pouvons dire que nous avons franchi une étape vitale dans le traitement de la maladie qui m’a surpris. C’est une stratégie combinée entre chirurgie et chimiothérapie qui s’est conclue de manière positive », a assuré le président. En ajoutant, toutefois, « Il est nécessaire de rester sous surveillance dans ces cas-là, bien que les examens permettent d’affirmer que je suis libéré de la maladie ».

Est-ce là du journalisme que de commencer son article de cette manière ? où est l’objectivité ?.
En agissant ainsi, la plupart des gens qui ne s’intéressent pas vraiment à la question restent persuadés que Chavez est un ogre pour son peuple !
Je lisais sur un forum, il y a peu, le message d’une dame qui (voulant sans doute rassembler tout le charabia journalistique dont elle fut abreuvée sur le sujet, et ce n’est pas sa faute.. ) faisait, sans doute, un rapprochement entre la misère du peuple et la nationalisation des ressources pétrolières du venezuela pour s’attrister de « La pauvreté à grande échelle, alors que les ressources pétrolières permettraient une amélioration du niveau de vie, d’éducation et de santé. »
Ce qu’elle ignorait, c’est qu’avant ces nationalisations les sociétés étrangères qui extrayaient le pétrole le faisaient à un prix ridicule, pour le revendre, au prix fort, à l’état venezuelien !
Depuis, que le Venezuela a repris son destin pétrolifère en main, ce sont des milliards d’économie… et la production s’est développée.
De plus, c’est le pétrole qui, justement, finance la plupart des programmes sociaux !!

Voilà ce qu’il faut lire sur les forums…
Voilà le résultat de toutes ces tentatives de désinformation et de destabilisation !!
Et la dernière en date de Obama (qui est à l’origine de la vidéo) :

 » Le gouvernement d’ Hugo Chavez restreint les droits universels du peuple vénézuélien, menace les valeurs démocratiques et met en péril la sécurité de la région… » ??

- Quels droits universels ?
celui de pouvoir se nourrir convenablement ? de lutter contre la malnutrition en donnant une alimentation gratuite aux enfants ? d’avoir accés à l’eau potable ? de bénéficier d’une protection sociale ? d’apprendre à lire et à écrire et sortir la grande majorité de la population de l’illétrisme ? d’offrir l’éducation pour tous ? donc de lui permettre un accés au savoir ? d’avoir un revenu décent ? un revenu de protection pour les plus pauvres ( sorte de RMI ) ? De diminuer le temps de travail à 36H… sans diminution du salaire ? d’offrir un toit aux plus démunis ?d’offrir une pension aux mères au foyer les plus démunies ? d’offrir des retraites correctes aux personnes agées ?
Tout cela Hugo Chavez l’a fait !! avant lui, lorsque les USA avaient la main mise sur le pays… tout cela manquait !!
Alors de quels droits universels parle t-il ? celui de s’enrichir sans entrave sur le dos des autres ? celui de s’emparer des ressources naturelles d’un état qui n’est pas le sien ?
Ou simplement nous faire croire que la démocratie Vénézuelienne est une dictature ? comme le Chili sous la présidence de Salvador Allende.. ou comme le chili sous la botte de Pinochet ( lequel des deux les américains ont-ils renversé, déjà … ? Mais qu’elle misère !! )

Et la démocratie ? de quelles valeurs démocratiques parle t-il ?
Il y a des élections libres dans ce pays, non ? personne n’est obligé de venir voter (comme en Belgique) et rien ne les empêche de voter ! et plusieurs partis sont représentés, non ? plus de 100 aux dernières élections !! élections « transparentes, équitables, démocratiques » ( dixit les observateurs de la communauté internationale ).
Alors, il parle de quoi ? du patronat qui n’a pas pu réussir son coup d’état et se maintenir en place en 2002 ?.

Et pour finir…..
« …en péril la sécurité de la région.. »
C’est vrai que tout pays producteur de pétrole n’étant pas dans les petits souliers des américains, risque vite, dans l’état actuel de devenir trés vite une région peu sécurisée… allez savoir pourquoi…

Bon pour en terminer, et répondre à Obama, il serait juste de mettre ici tout ce qu’a pu entreprendre Hugo Chavez pour son peuple.
Pour ce peuple qui se lève tôt… pour le Venezuela d’en bas ( histoire de reprendre les termes de certaines personnes bien prometteuses en 2007), histoire que vous vous fassiez une idée de cette « dictature ».

Une révolution sociale

…Ou comment pris de fatigue je vous cite en entier l’article du Monde Diplomatique (sorry )

Depuis son élection en 1998, Hugo Chávez a entrepris une vaste transformation économique et sociale au Venezuela dans le but d’améliorer le niveau de vie d’une population qui cultivait le paradoxe d’habiter dans l’un des pays les plus riches du continent américain et d’être en même temps plongée dans une singulière pauvreté. Retour sur les réformes du gouvernement bolivarien depuis dix ans.

Hugo Chávez est un président apprécié par son peuple. La popularité du leader vénézuelien s’explique par les réformes économiques et sociales spectaculaires qui ont permis d’améliorer le niveau de vie de la population. Pourtant, rien n’a été simple pour Chávez. Victime en avril 2002 d’un coup d’Etat orchestré par Washington, il fut sauvé par une extraordinaire mobilisation populaire. Par la suite, en 2003, il a dû faire face à un sabotage des infrastructures pétrolières qui a coûté 10 milliards de dollars à l’économie nationale, et est toujours confronté à de multiples tentatives de déstabilisation.

En 2003, le gouvernement bolivarien a pu reprendre le contrôle de l’entreprise d’Etat Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), alors entre les mains de l’oligarchie, ainsi que des ressources énergétiques du pays en nationalisant les hydrocarbures. Désormais, PDVSA est propriétaire à hauteur d’au moins 60% des nouvelles entreprises mixtes. Par ailleurs, en mai 2007, le gouvernement vénézuélien a procédé à la nationalisation de la Bande pétrolifère de l’Orénoque, économiquement très lucrative et qui contient les plus importantes réserves mondiales.

Auparavant, les transnationales pétrolières extrayaient le baril de pétrole pour un coût de production de 4 dollars et le revendaient à l’Etat vénézuelien au prix de 25 dollars pour sa commercialisation, empochant au passage une substantielle plus-value. Ce nouveau système a permis à l’Etat d’économiser 3 milliards de dollars pour la production de 500 000 barils par jour issus des concessions pétrolières de l’Orénoque. Ces nationalisations permettent désormais au pays de disposer de plus de 400 000 barils de pétrole de plus par jour.

Le gouvernement vénézuelien a également décidé d’augmenter l’impôt sur les bénéfices de 34% à 50%, après avoir constaté que plusieurs firmes internationales avaient recours à l’évasion fiscale. Un nouvel impôt sur l’extraction de brut de 33,3% a été créé et génère des revenus supplémentaires à la nation d’un montant d’un milliard de dollars, ainsi qu’une taxe sur l’exportation de brut de 0,1%.

Le gouvernement a lancé un processus de nationalisation de certaines entreprises électriques et de télécommunications qui se trouvent dans une situation de monopole. Les entreprises privées Compañía Anónima Nacional Teléfonos de Venezuela S.A. (CANTV) et Electricidad de Caracas, détenues en grande partie par des capitaux étasuniens, sont passées sous contrôle de l’Etat.
Au niveau agricole, Chávez a récupéré près de 2 millions d’hectares, soit 28,74% des terres productives, aux latifundiaires sur les 6,5 millions d’hectares qui doivent être nationalisés. L’objectif est de développer le domaine de l’agriculture et d’atteindre une certaine souveraineté alimentaire. 49% des terres récupérées ont été redistribuées aux paysans, 40% sont destinées à des projets stratégiques et 11% ont été remises à des coopératives.

Ces réformes ont eu un effet bénéfique sur l’économie vénézuelienne, qui présente 19 trimestres consécutifs de croissance à une moyenne de 11, 2%.

… Où comment opérer une véritable révolution sociale.
Les nationalisations des divers secteurs de l’économie, ajoutées à la hausse du prix du pétrole, ont généré d’importants revenus à l’Etat, qui a entrepris une véritable révolution sociale. La politique du gouvernement a eu des résultats spectaculaires grâce à la multiplication des programmes en faveur des déshérités.

Grâce à la création du Fonden, un fonds spécial destiné à financer les programmes sociaux, le taux de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 20,3% à 9,5% en dix ans.
Au niveau de chômage, le taux est passé de 16,6% en 1998 à 7,1% en 2008.
L’indice d’inégalité entre riches et pauvres a diminué de 13,7% entre 1998 et 2007.
Le nombre de bénéficiaires de pensions de retraite a augmenté de 218,4%.
Les dépenses sociales sont passées de 47,9% du budget de l’Etat en 1998 à 59,5% en 2007.

L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézueliens ont appris à lire grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. A cela s’ajoutent les Missions Ribas et Sucre qui ont permis à plusieurs dizaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. En 2007, le Venezuela comptait près de 12,7 millions d’enfants scolarisés sur une population de 26 millions d’habitants. Le nombre d’inscrits n’a cessé d’augmenter depuis l’arrivée de Chávez au pouvoir. En 2001, il était de 6,9 millions ; en 2002, il a atteint le chiffre de 9,5 millions pour se stabiliser à 11,3 millions en 2004. En 2005, il y avait 11,8 millions de scolarisés et 12,1 millions en 2006.

Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézueliens. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 300 millions de consultations dans les 4 469 centres médicaux créés depuis 1998. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées. En 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. Plus de 104 000 vies ont ainsi pu être sauvées. Le taux de mortalité infantile a été réduit à moins de 10 pour mille. Par ailleurs, grâce à l’Opération Miracle lancée par Cuba, qui consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de maladies oculaires, 176 000 Vénézueliens pauvres ont ainsi pu retrouver la vue.

Pour éliminer les problèmes de malnutrition, le gouvernement a lancé la Mission Alimentation avec la création de magasins alimentaires dénommés Mercal dont les articles sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 30%. Près de 14 000 points de vente ont été installés à travers le pays. La moitié de la population, soit plus de 13 millions de personnes, effectue ses achats dans ces magasins. Par ailleurs, plus de 4 millions d’enfants reçoivent une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. En 1998, ils n’étaient que 250 000 à bénéficier de ce programme. Selon la CEPAL, le Venezuela dispose désormais du troisième taux de malnutrition infantile le plus bas d’Amérique latine derrière Cuba et le Chili.

En 1998, 80% des habitants des villes avaient accès à l’eau potable. En 2007, le chiffre a atteint 92% grâce aux énormes investissements réalisés dans ce secteur. Au niveau rural, des efforts ont également été accomplis passant de 55% en 1998 à 71% en 2007. Plus de 6,5 millions de personnes en ont bénéficié. Le Venezuela a ainsi atteint les objectifs du millénaire fixés par l’ONU pour 2015 dans ce domaine dès 2001.

Le salaire minimum mensuel est passé de 118 dollars en 1998 à 154 dollars en 2003, et 192 dollars en 2005. Il est désormais de 286 dollars, le plus élevé du continent latino-américain. A titre de comparaison, sous la IV République, le salaire de base, dans le meilleur des cas, stagnait et parfois même diminuait. En 1996, alors que l’inflation du pays avait atteint un taux vertigineux de 100%, le salaire minimum était de 36 dollars seulement, alors qu’en 1994, il était de 101 dollars et en 1992 de 132 dollars.

De plus, les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalent à 60% du salaire minimum. Les femmes seules ainsi que les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum. Les mères au foyer âgées de 61 ans recevront désormais une pension complète avec une priorité donnée aux plus pauvres. Par ailleurs, le temps de travail passera à 6 heures par jour et 36 heures hebdomadaires à partir de 2010, sans diminution de salaire. Au niveau du logement, les autorités ont entrepris une politique de grands travaux avec la construction massive de nouveaux habitats destinés aux couches populaires et ont initié une politique de micro-crédits. Grâce à cette révolution sociale, le Venezuela fait désormais partie de la liste des 70 pays disposant d’un indice de développement humain élevé.

… Ou comment mettre en place une solidarité internationale.

Hugo Chávez, qui s’est retiré de la Banque mondiale et du FMI en remboursant par anticipation ses dettes, a étendu son aide aux autres nations américaines en mettant en place l’Alternative bolivarienne pour les Amériques et en créant la Banque du Sud, destinés a promouvoir une intégration économique régionale. Actuellement, le Venezuela offre un soutien financier direct au continent plus important que celui fourni par les Etats-Unis. (tiens pour le plaisir, je le re-cite à nouveau Obama « ..en péril la sécurité de la région.. » ou plutôt : en péril l’influence étasuniene dans la région, non ? ) Pour l’année 2007, Chávez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush. Même les citoyens étasuniens, délaissés par leur propre gouvernement, bénéficient également de la politique altruiste du Venezuela en recevant du combustible subventionné. ( Bah! Chavez, à vouloir être trop bon… )

Le Venezuela est la preuve même qu’un gouvernement peut rapidement contribuer à une réduction drastique de la pauvreté et à améliorer sensiblement le bien-être de sa population, à condition à la fois de disposer de la volonté politique nécessaire et de destiner une partie des richesses nationales aux plus démunis. Caracas constitue la parfaite illustration du renouveau latino-américain où les peuples ont porté à la tête de plusieurs nations des leaders représentatifs de l’intérêt général, avec une réelle volonté politique de mettre un terme aux inégalités qui dévastent le continent. A l’heure où l’économie mondiale est frappée par une crise financière sans précédent, le Venezuela est porteur d’une alternative crédible au néolibéralisme sauvage.

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