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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:23

Reportage | LEMONDE | 20.09.11 | 15h57   •  Mis à jour le 21.09.11 | 07h29

Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et Toulouse (Haute-Garonne) Correspondants - Dix ans après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, le nitrate d'ammonium, à l'origine de la catastrophe qui avait fait 30 morts, fait toujours peur. Le projet du groupe norvégien Yara, premier producteur mondial de cet engrais qui entre également dans la composition d'explosifs, d'utiliser le port de Bayonne pour ses exportations suscite ainsi de nombreuses oppositions locales.


Pour rassurer la population, et à la demande de Yara, qui possède une unité de production à Pardies, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a prévu d'organiser, le 28 septembre, un test de circulation "à blanc" : un train censé transporter du nitrate d'ammonium reliera la gare d'Artix au port de Bayonne.

Ce trajet de 70 kilomètres permettrait à Yara d'économiser 300 000 euros par an. L'exportation des engrais se fait aujourd'hui depuis Port-la-Nouvelle (Aude), à proximité de Narbonne, au terme d'un itinéraire compliqué : à cause d'une portion trop pentue de la ligne qui longe les Pyrénées, les trains font un détour de plus de deux cents kilomètres par Bordeaux et Toulouse.

Le nitrate d'ammonium, qui se présente sous la forme de petits granulés blancs, est conditionné dans des "big bags". A Bayonne, les grues du port devront transborder ces sacs d'une capacité allant de plusieurs quintaux à une tonne à bord de cargos. Malgré toutes les précautions prises, ce projet se heurte à un front du refus : les maires des communes riveraines du port, de droite comme de gauche, ont écrit au préfet qu'ils refusaient "catégoriquement d'accueillir le trafic de matières hautement explosives envisagé par la société Yara".

Du côté du bassin de Lacq, où se trouve l'usine Yara, on fustige la frilosité d'un littoral soumis au tourisme. Le député, maire (PS) de Mourenx, David Habib, regrette ainsi "le peu de goût de la partie basque du département pour l'industrie". Le sujet est politiquement sensible : initialement prévu cet été, l'essai de transport ferroviaire à blanc avait été repoussé après les élections sénatoriales.

Le dossier revêt aussi une dimension économique. Les élus béarnais redoutent la fermeture de l'usine Yara, qui emploie 94 salariés. La menace a été publiquement évoquée par le directeur du site et confirmée par un cadre du groupe norvégien : en cas de refus, l'usine pourrait fermer "à l'horizon 2012". Inquiète, la section CGT de l'entreprise appuie la demande de Yara. "Les gens vivent avec le fantasme de l'explosion de Toulouse. Alors qu'avec moins de 20 trains par an, le risque est nul", estime un militant syndical.

Depuis des années, les chargements de nitrate d'ammonium passent quasiment inaperçus à Port-la-Nouvelle, où une petite station balnéaire jouxte un port industriel abritant six sites Seveso.

"Je sais que le produit représente un danger", reconnaît Jérôme Strauss, chef de centre de l'entreprise de manutention (CLTM) chargée des opérations, qui travaillait dans la banlieue de Toulouse quand l'usine AZF a explosé. Son entreprise est agréée pour manipuler des produits de classe 5.1 (appelés "comburants", qui deviennent dangereux en présence d'un combustible), à laquelle appartient le nitrate d'ammonium.

Une vingtaine de petits cargos emmènent chaque année l'engrais depuis Port-la-Nouvelle vers les pays d'Afrique et du bassin méditerranéen. Dans l'année qui a suivi l'explosion d'AZF, les exportations de nitrate d'ammonium ont paradoxalement doublé. Le trafic a encore été multiplié par deux depuis, pour atteindre environ 30 000 tonnes par an.

Le commandant du port explique qu'un périmètre de sécurité est délimité à chaque chargement de nitrate : les pompiers sont mobilisés, prêts à noyer les cales du navire à l'aide de motopompes au moindre signe d'incendie. Les autres activités portuaires sont suspendues pendant les opérations de transfert, à proximité desquelles il est absolument interdit de fumer.

"Beaucoup de ports ont cessé l'exportation de nitrate d'ammonium, constate le directeur commercial du port, Laurent Mouillie. Ce n'est pas un produit dangereux en lui-même, mais la réglementation est stricte."

Le stockage des nitrates étant interdit dans les enceintes portuaires, il faut faire coïncider précisément l'arrivée des trains et des bateaux qui convoient l'engrais.

En conséquence, les wagons chargés de nitrate d'ammonium stationnent souvent en gare de Port-la-Nouvelle, à proximité de réservoirs d'hydrocarbures : le dépôt pétrolier de la société Dyneff doit fermer en 2012, selon le plan de prévention des risques de la commune.

Michel Garicoix et Stéphane Thépot

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